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                                  LE COMBAT POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC  
                                                                                                          Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron )                                            
                                                                                     Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. ( Beaumarchais )
 
                                                                        Le vendredi 17 février 2006. Numéro 148
 
                                   Bonjour ! Cette semaine, la rédaction deVigile-Hebdo vous conseille les articles suivants :
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L'enseignement de l'indépendance : un très gros travail à abattre.
 
[...]  Le mouvement  souverainiste ne connaîtrait pas des déchirements  idéologiques  constants, fruits amers de sa propre incurie, si la pensée de Maurice Séguin lui permettait de tirer les choses au clair une bonne fois pour toutes. Des pensées floues engendrent des actions contradic-toires. Les souverainistes  du  Québec  devraient le  savoir  après tant  d'années. [...]  Ainsi Bruno  Deshaies  conclut-il sa  chronique de  cette semaine. Un texte à lire et à relire...
http://www.vigile.net/ds-deshaies/docs6/240.doc   
 
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Harper pédagogue.
 
[...]  Minoritaire ou non, cela ne changera rien à sa  politique, il va mettre en oeuvre son  programme. Cet  homme sait qu'aux jeux du  pouvoir les hésitants et les craintifs sont toujours  perdants. Ceux-là qui  pensent qu'il mettra  l'audace au  vestiaire pour  louvoyer n'ont rien appris de son  parcours.  Comme  les  polititiens et  les  stratèges  républicains  qui   l'inspirent,  Harper  a  fait  le  pari  de  séduire  par  l'audace  et  la détermination. Il  ne  renoncera  certainement  pas  au  clientélisme.  Mais  il  le  pratiquera  par la  fermeté. Il  séduira  en  offrant des repères clairement  définis, en montrant la  confiance qu'inspire la force  franchement  assumée. [...] Un éditorial signé Robert  Laplante, directeur de L'Action nationale. 
http://www.action-nationale.qc.ca/bulletin/06fevrier13.htm
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Le ver est dans le fruit étapiste.
 
[...] L'étapisme, c'est d'abord le gouvernement  provincial. C'est la  continuité  avec le système  dénoncé,  pointé  du doigt, mais jamais mis en danger. « Cette  idée [ l'étapisme]  n'a  jamais  rompu et  ne rompt  toujours pas  avec une  vision  provincialiste des  choses »,  affirmait  Pierre Bourgault. Pour faire un gouvernement  national, il n'y a qu'une seule façon de  procéder. Il faut que le  gouvernement  se considère comme le seul représentant du peuple, élu par le peuple et pour le peuple. Et ce, dès son élection, sans aucune autre considération. 
 
Sinon, nous sommes tous condamnés, tel Sisyphe, à rouler des pierres vers le sommet d'une mythique  montagne pour  l'éternité. Nous ferons semblant  de ne pas nous rendre  compte, qu'en arrivant  au sommet, à la suite de  la dégringolade de  notre fardeau  au pied de la  montagne, que notre travail aura encore été  vain. Que si nous ne  changeons pas  fondamentalement  notre  façon de voir  les choses, c'est-à-dire rompre avec  l'étapisme ( le provincialisme ), notre combat ne  deviendra  rien  d'autre  qu'une  chimère. [...]  Un  texte de Sasha-A. Gauthier,  Sophie Saint-Gelais, Marilyne Lacombe, Willie Gagnon et Félix Pinel, tous du Mouvement pour une élection sur la souveraineté. À lire absolument. http://www.vigile.net/06-2/14-gauthier.pdf  
 
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DOMAINE INTERNATIONAL.
 
SPÉCIAL INDE : la naissance d'un géant.
 
Nouvel  acteur  de  la  mondialisation,  la plus grande  démocratie de la  planète  semble  décoller enfin. L'avenir  passe par sa reconnaissance internationale et la lutte contre des inégalités sociales abyssales. Voyage  au  pays  des  Gandhi.  Un dossier de  Stéphane Arteta, Sarah Halifa- Legrand,  Vincent  Jauvert, Doan  Bui,  Natacha  Tatu et  Sylvain  Courage  paru  dans Le Nouvel  Observateur  du jeudi 16 février 2006. À  lire absolument.
http://www.nouvelobs.com/dossiers/p2154/index.html  
 
Casser l'apartheid à la française.
 
[...]  Lorsque le terme « intégration » fait son apparition dans les années 1980, il séduit : contrairement à l'« assimilation », il semble admettre le respect de la culture, des traditions, de la langue et de la religion des nouveaux citoyens français. Mais, à l'usage, il s'avère piégé. Dès lors que l'intégration ne  fonctionne pas, c'est en effet vers les jeunes des banlieues  que se pointe un doigt  accusateur,  comme pour leur  demander : 
« Pourquoi  ne faites-vous pas  l'effort de vous intégrer ? » Au lieu de se tourner vers une société  incapable d'assurer  l'égalité des droits et des chances de tous les enfants, quelles que soient leur  origine, la couleur  de leur peau, la  consonnance de leur prénom et nom, leur  confession. [...]  Un texte de Dominique Vidal paru dans Le Monde diplomatique de décembre 2005.    
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/12/VIDAL/13002 
 
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LA CITATION DE LA SEMAINE. 
 
Quiconque se dit « de langue française » ou simplement  connaît bien cette langue sait que l'expression  « gouverneur général »  ( au masculin comme au féminin ) évoque la sujétion, la dépendance. Seuls une colonie ou un territoire ne jouissant que d'une souveraineté limitée ont à leur tête un gouverneur  général  chargé d'y représenter la puissance  tutrice ou la métropole. Cette désignation, parfaitement  ridicule dans le  cas du Canada est sans doute l'une des  illustrations les plus  éloquentes de la  méconnaissance ( pour ne pas dire de  l'ignorance )  du  français  à Ottawa, dans le haut appareil fédéral.
 
Ainsi, entre  moult  exemples,  l'appellation  « honorable »  pour  les  ministres,  parfaitement  étrangère au génie de la  langue  française, objet d'étonnement parmi les autres francophones. Je me rappelle, lors des  réunions de la francophonie  internationale, dans les  premières  années ( on finit  par s'y résigner ),  certains  délégués ou  journalistes de divers  pays  me  demandaient : « Pourquoi  faut-il, chez vous, insister  sur  le caractère  « honorable » des  ministres. Cela ne va-t-il pas de soi ? »  J'invitai, en vain, à quelques  reprises, le  protocole  fédéral  à  abandonner cette pratique purement britannique dans les rencontres des instances francophones. Les hauts  fonctionnaires et tout l'appareil fédéral sont à ce point inféodés à la tradition britannique qu'ils ne peuvent rien concevoir d'autre.
 
De même, la ridicule formule de « l'opposition officielle », comme si les autres partis d'opposition n'étaient qu'officieux, tolérés. En français, on dira : le premier ou le principal parti d'opposition.
 
Et comment ne pas évoquer le fameux  « discours du trône », bel exemple à la fois  d'anglicisme et de servilité. Heureusement,  à  l'Assemblée nationale,  on dit correctement : déclaration de politique générale, par laquelle le gouvernement annonce ses projets d'ordre législatif  et aussi, parfois, fait un certain nombre de commentaires sur la conjoncture nationale et internationale.
 
J'allais oublier le délicieux  « sous-ministre », calque de deputy minister, où l'on  confond  allègrement l'ordre administratif et l'ordre  politique. On doit dire plutôt le secrétaire général du ministère, qui est assisté de directeurs généraux, chacun de ces derniers ayant sous ses ordres  un ou des directeurs. 
 
Enfin, l'actualité nous invite à dénoncer la fameuse « balance du pouvoir » ( balance of power ) qui se dit en français : être en position  d'arbitre ou détenir un pouvoir d'arbitrage.
 
Au-delà de cet  appareil et de ces  traditions  britanniques, c'est  la  méconnaissance  grandissante du  français chez les nôtres qu'il  faut hélas encore une fois dénoncer. Il y a en effet une  aggravation  constante de la situation : loin de jouer le  rôle de  facteur de  redressement  que  l'on attendrait d'eux, l'école - au sens large - et surtout les médias oeuvrent dans le sens contraire. 
 
Quelques  exemples  élémentaires de cette action  pernicieuse, parmi  les fautes  les plus courantes :  « tablettes », qui désigne en français une petite table amovible ou un bloc pour écrire, utilisé constamment au sens d' « étagère » ( terme qu'on ignore apparamment ) « forcer », au lieu d' « obliger, « entraîner », « imposer », etc., alors qu'en français on force une porte, une clôture, une barricade.
 
On constate encore  l'ignorance  de la différence  entre la langue  correcte et la langue familière, y compris dans les médias  écrits ( ainsi : « en prendre pour son rhume », dans le titre d'un grand quotidien ). Il y a lieu de reconnaître cependant que la presse écrite, les grands  quotidiens notamment, reste dans l'ensemble moins gravement  atteinte que les médias  électroniques, même si l'on y  observe  aussi  un  recul  sensible d'une année à l'autre. 
 
Mais c'est  surtout  Radio-Canada, dans  ses  diverses  variantes  radiophoniques  et  télévisuelles  qui,  au  cours  des  dernières  décennies,  a véritablement régressé. Jadis la langue qu'on y parlait était une référence : ce n'est plus le cas. Reconnaissons que la programmation est dans l'ensemble heureuse et variée, avec plusieurs émissions de très bonne classe. La  majorité  des  présentateurs et  des  animateurs parlent  une langue correcte, parfois excellente. Ce sont certains correspondants et apparemment certains rédacteurs qui abaissent, parfois  sensiblement, le niveau de l'ensemble. 
 
Relevons aussi l'impuissance de certains  animateurs à se renouveler : on nous sert toujours la même  formule chaque jour, du genre « on s'en va à...» -  le « nous » n'existe  plus - et  le fameux « au retour » aussi  ridicule  qu'incorrect. On reste sidéré devant  certaines perles qui  justifie-raient la constitution d'un florilège. Ainsi : « accusé d'avoir  menti sur quand il  aurait posé ce geste », « on ne peut dire comment  salée sera la facture »...
 
Pour en revenir à notre  triste et fautif   « gouverneur général », il importe  de rappeler  que le Canada  est une monarchie parlementaire, que le chef  de  l'État est la  reine ou  le  roi, selon  les  époques, qui  pour cause de force  majeure  est  représenté  dans  son  bon  royaume canadien ( comme dans les autres royaumes ) par une personnalité qui a rang et qualité de vice-reine ou de vice-roi, selon les époques ( « la petite reine noire du Canada »  comme écrivait joliment Le Figaro ).
 
Mais  comme le  gouvernement  fédéral a bien d'autres  préoccupations que le  respect du  français et que la fonction publique fédérale n'y est guère sensible, il y a fort à parier que les choses vont rester en l'état et que le salut du  français  attendra, comme le salut du  peuple québécois lui-même, l'accession du Québec à la souveraineté.
 
             Jean-Marc Léger, Retrouver sa langue -- « gouverneur général » , l'attrait de la sujétion , dernier de deux articles publiés dans Le Devoir du mardi 7 février 2006.
                 Monsieur Léger est journaliste et conseiller en relations internationales. De plus, il est l'un des principaux maîtres d'oeuvre de la Francophonie.          
 
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