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HEBDO
BULLETIN HEBDOMADAIRE DE WWW.VIGILE.NET
LE COMBAT POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC
![]()
Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron
)
Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. ( Beaumarchais
)
Le
vendredi 24 février 2006. Numéro 149
Bonjour ! Cette semaine, la rédaction
deVigile-Hebdo vous conseille les articles suivants
:
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Petite leçon sur les
fondements de l'optique indépendantiste.
[...] Les rengaines
fédéralistes sont connues. Le dernier livre d'André
Pratte s'ajoute à ce rayon des bibliothèques
consacrés à l'idéologie fédéraliste. Pour bien paraître, la position
d'André Pratte tourne autour du problème qui suit : « Il s'agit de savoir
si l'indépendance est la voie la plus sûre pour le développement
futur du Québec sur les plans culturel, économique et social. Bravo
! Les défenseurs tenaces de la liberté devraient savoir
depuis longtemps que l'indépendance est UN BIEN EN
SOI, tant en politique qu'en économie et en culture.
[...] Notre chroniqueur, Bruno Deshaies, se penche donc aujourd'hui sur le
dernier opuscule d'André Pratte, chantre du fédéralisme à la
solde de Gesca et de Power Corporation.
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Derrière la ligne
Maginot.
[...] Le Canada est un pays anglais qui
dépense des sommes importantes pour faire semblant qu'il ne l'est pas. Et depuis
Trudeau, au moins, en dépit de la persistance dans la population
d'une grogne certaine fondée tout aussi bien sur le
racisme larvé que sur l'incompréhension indifférente ou ignorante,
les gouvernements successifs ont continué de jeter de l'argent dans la
mascarade. Par-delà les discours ronflants, ils l'ont fait en pensant que cela
leur permettrait de calmer le Québec, de tenter de contrer le mouvement
souverainiste en continuant de nier la réalité nationale québécoise
et en se donnant, en prime, une coquetterie identitaire pour essayer de se
démarquer des États-Unis. Cet argent n'a jamais été investi pour
promouvoir le français, mais bien pour assurer « l'unité nationale « et
c'est pourquoi, jamais, on n'a été soucieux à Ottawa de
l'efficacité de cette politique, eu égard à la situation réelle de la langue
française. [...] Un éditorial de Robert Laplante, directeur de
L'Action nationale.
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Peuple à genoux devant la race
supérieure.
Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale,
les Américains et les Anglais n'ont pas cessé de faire la guerre aux quatre
coins de la planète en faisant la morale à tout le monde. À ce
sujet, je vous conseille de lire Le livre noir des États-Unis de
Peter Scowen. Un article de Michel Brûlé du journal
MIR.
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DOMAINE
INTERNATIONAL.
La cartographie, entre
science, art et manipulation.
La carte géographique n'est pas le
territoire. Elle en est tout au plus une représentation, une «
perception ». La carte n'offre aux yeux du public
que ce que le cartographe ( ou son commanditaire ) veut
bien montrer. Elle ne donne qu'une image tronquée, incomplète,
partiale, voire trafiquée de la réalité. Voilà de quoi sonner le glas des
illusions de cette partie du public qui lit la carte comme un fidèle reflet
de ce qui se passe sur le terrain. [...] Un article passionnant
de Philippe Rekacewicz paru dans L'Atlas 2006 du Monde
diplomatique. http://www.monde-diplomatique.fr/2006/02/REKACEWICZ/13169
La multinationale du XXIe
siècle : Wal-Mart à l'assaut du monde.
En 1992, le président des États-Unis eut cette
formule : « Le succès de Wal-Mart est le succès de l'Amérique. » Désormais la
multinationale de la distribution est devenue
la plus grosse entreprise du monde. Et le
dumping social qu'elle pratique - elle
vient d'être condamnée à 172 millions de dollars d'amende pour
avoir refusé à ses employés une pause-déjeuner - contamine
l'économie occidentale. Ainsi, au nom de la lutte contre
Toyota, General Motors, qui a déjà
annoncé 30 000 suppressions d'emplois, entend
imposer à ses ouvriers une baisse des salaires,
et à ses fournisseurs une réduction de prix.
Delphi, le plus gros équipementier américain, voudrait
carrément payer des salaires de 9,50
dollars de l'heure au lieu de...28
dollars actuellement. [...] Un article de Serge Halimi
paru dans Le Monde diplomatique de janvier 2006. Un
article à lire sur cette multinationale implacable...
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LA CITATION DE LA
SEMAINE.
[...] L'impérialisme
américain est l'héritier, la suite, la
continuation de l'impérialisme britannique. Lord Durham ( 1 ) avait déjà prévu que l'impérialisme
anglais et l'impérialisme américain formeraient un tout
et occuperaient l'Amérique. Il n'avait pas prévu que
l'impérialisme américain dévorerait en quelque sorte son géniteur, le
supplanterait. Ce que nous voyons dans la guerre de l'Irak, c'est que
l'Angleterre n'a pas le choix, elle doit suivre. Son rejeton
occupe toute la place. L'impérialisme américain est souverain. Il est
planétaire. Il intervient dans les États indépendants comme il l'entend.
Il peut imposer la démocratie à l'Irak sans aucun respect du processus
démocratique, comme il l'a fait à la Barbade, au Chili, au Honduras, au
Nicaragua. L'intérêt américain lui tient lieu de droit, parce
que l'Empire est au-dessus de tout. Il est la raison suprême. Il est
intéressant de suivre dans le livre de Howard Zinn,
Une histoire populaire des États-Unis, De 1492 à nos
jours, le développement fulgurant de cet impérialisme. Au début du
vingtième siècle, les États-Unis interviennent de façon barbare aux Philippines.
Ils exigent que le marché chinois soit ouvert au commerce mais que l'Amérique
latine reste un marché fermé, sauf aux États-Unis, évidemment. Ils
interviennent un peu partout dans le monde, non pour protéger les droits des
minorités, mais pour imposer leur puissance. Zinn
montre bien que les Américains, à l'occasion de la guerre de 1939-1945, sont
bien décidés à « mettre les Anglais hors-jeu et à prendre leur place ». Ils y
réussissent et imposent leur ordre un peu partout dans le
monde.
L'impérialisme américain est
une réalité politique et économique, mais il
est surtout un fait global de civilisation. Il
repose sur une foi indélébile en la supériorité de
l'être américain qui s'exprime par les expressions the biggest in the world,
the best in the world. L'Américain, à ses propres yeux, est le type le plus
accompli d'humanité qui soit. Il est détenteur des valeurs de la
liberté, de la démocratie, de la modernité. Il ne fait aucun
doute que, pour beaucoup d'Américains, l'Amérique a une
mission spirituelle à remplir. God bless America. Dieu
a fondé l'Amérique pour assurer le salut de l'espèce humaine. Il
faut lire le discours d'inauguration de Bill Clinton
pour saisir jusqu'à quel point la nation américaine se
reconnaît une mission spirituelle universelle.
Les professions de foi de Bush, son
recours fréquent à Dieu ne sont pas aléatoires, gratuits.
Ils tiennent à la croyance du peuple américain à sa vocation
providentielle. On peut penser que Bush se sert de la
religion, qu'il s'en pare de façon
hypocrite. En réalité, il en va tout autrement. La
religion de Bush est indissociable de
l'impérialisme américain. L'impérialisme américain n'est pas au
service de la religion, comme le croit Bush, il est une religion.
Mais il faut bien comprendre qu'il ne s'agit plus dans ce cas du christianisme,
mais d'une religion d'État qui est une reviviscence du paganisme. Pour
Bush, Dieu et César sont indissociables. Ce peuple n'est pas un peuple
parmi les autres peuples, il est un peuple à part, exceptionnel. C'est
pourquoi il peut bien fairer partie des Nations unies, mais quand la
communauté des peuples ne le suit pas, il marche seul. Il ne se sent pas
obligé de se plier aux décisions de L'ONU. L'Empire est
au-dessus de l'ONU, au-dessus du droit international. Les
États-Unis défendent l'idéal démocratique, mais quand les intérêts
de l'impérialisme américain l'exigent, ils peuvent bafouer les règles de
la démocratie. C'est pourquoi le langage est alors si
faux. Dans la guerre de l'Irak, les Américains parlent de guerre préventive. Ils
font la guerre pour éviter la guerre. Ils veulent imposer la démocratie par des
moyens dictatoriaux, tyranniques. C'est que l'intérêt impérial est au-dessus du
droit, au-dessus de l'ordre international. Le droit international
est bon pour les autres. Les Nations unies sont
la première tentative institutionnelle de créer un ordre démocratique
international. Or, les Américains ne veulent pas d'un ordre
démocratique international. Ce qu'ils souhaitent, ce
qu'ils recherchent, c'est l'hégémonie de l'Empire
américain.
Or voilà que la France proclamait que la guerre
contre l'Irak n'était légitime que dans le cadre des Nations unies.
C'était, au point de départ, la bataille de David contre Goliath. Mais la
majorité des peuples se rangèrent derrière la France. Dans le monde entier on
acclama Chirac, on manifesta contre la brutalité américaine. La France
exprimait alors la protestation de la civilisation
contre la barbarie, la protestation de la conscience contre
l'arbitraire impérial.
Chez nous, à l'occasion de
ces événements récents, une disparité s'est
affirmée entre le Québec, francophone, et le
reste du Canada, majoritairement anglophone. Notre culture française
nous mettait en garde contre les prétention de l'impérialisme américain, mais le
Canada anglais appartient au monde anglo-saxon, il se reconnaît en lui. «
La vocation de mon pays, disait Bernanos de la France, n'est pas de donner
la grandeur ou la richesse au monde, c'est d'y maintenir
l'espérance. » Nous sommes à cent lieues des prétentions
de l'Empire américain.
La guerre en Irak illustre on ne peut mieux le
caractère hégémonique de l'impérialisme américain auquel
se rallie d'une certaine façon le monde anglo-saxon. De même que
les Américains n'admettent pas que l'on mette en question leur
intervention en Irak, que l'on conteste leur prétention à se
situer au-dessus du droit international, au-dessus de la communauté
internationale représentée par l'ONU, de même le Canada anglais se
croit autorisé de rapatrier unilatéralement la Constitution, à
refuser que le Québec se gouverne et s'administre selon ses propres
convictions et sa personnalité particulière. Le rapatriment unilatéral de la
Constitution est absolument cohérent avec les tendances de l'impérialisme
britannique de Lord Durham. Le Canada anglais
nous impose sa forme de démocratie, comme les Américains
le font, ou veulent le faire, pour l'Irak.
Les événements actuels m'ont fait prendre une
conscience aiguë de la situation du Québec au milieu du monde
anglo-saxon de l' Amérique du Nord. Nous sommes bien
petits pour tenir tête au plus grand empire qui ait jamais existé et qui se
présente comme la réussite exemplaire de la mondialisation et de la
modernité. Le Canada lui-même est, à sa
dimension, l'héritier têtu de
l'Empire britannique. Dans la marche difficile vers l'indépendance,
nous ne tiendrons le coup que si nous développons une
conscience politique très vive. L'impérialisme n'hésite pas à recourir à
la force, mais il sait aussi être insinuant, prétentieux, intimidant. Il
contamine ses victimes et en fait des militants
très actifs comme l'ont été les Laurier , les Trudeau et
tant d'autres. Hubert Guindon disait : « Je pense que nous n'avons
pas du tout fait nos classes. Nous n'avons pas appris que l'Angleterre n'a
jamais rien cédé, et ce sont les fils de l'Angleterre que nous avons en face de
nous. ( 2 ) Les fils de l'Angleterre,
mais surtout un résidu de l'Empire britannique. C'est ce qui explique que « le
comportement du Canada, en 1995, est celui d'un empire ». ( 3
) Le Canada n'est pas fondé sur une volonté
démocratique du respect du droit des peuples et des citoyens, mais
sur une volonté impériale léguée par l'Empire britannique. Le coup de
force de 1982, écrit Philpot, « est représentatif de la
domination coloniale du Québec par le Canada. » Si nous
voulons faire l'indépendance, nous devons prendre conscience que nos adversaires
ne situent pas le débat au niveau des revendications démocratiques, mais
défendent avant tout et par tous les moyens les intérêts de
l'Empire.
Paul-Émile Roy, L'Irak, les États-Unis, la France et nous, article paru
dans L'Action nationale, numéro de janvier 2006, pp. 12 à
16
( 1 ) Nos amis de
l'étranger doivent savoir que Lord Durham ( 1792-1840 ) est l'auteur d'un
célèbre et méprisant Rapport sur l'Amérique septentrionale
britannique publié en 1839 à la suite de la rébellion de
1837-1838 sauvagement réprimé par les troupes anglaises et dans lequel
l'auteur recommandait l'Union du Haut et du Bas-Canada ( l'Ontario et le Québec
actuels ), mettant ainsi en minorité la population
française. De plus, il préconisait l'institution d'un
gouvernement responsable et l'assimilation pure et simple de
la population canadienne (nous étions alors les seuls Canadiens
et appelions les autres les Anglais . Cette union
sera adoptée à Londres en 1840. L'actuelle
constitution canadienne en
découle.
( 2 )
L'insoumission sociologique, Entrevue avec Hubert Guindon,
par Stéphane Stapinski, Les Cahiers d'histoire du Québec au XXe
siècle, Centre de recherche Lionel-Groulx, no 8, automne 1997, p
206.
( 3 )
Robin Philpot, Le Référendum volé, Montréal, Les Intouchables, 2005,
p.52.
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