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BULLETIN HEBDOMADAIRE DE WWW.VIGILE.NET
LE COMBAT POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC
![]()
Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron
)
Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. ( Beaumarchais
)
Le
vendredi 3 mars 2006. Numéro 150
Bonjour ! Cette semaine, la rédaction
deVigile-Hebdo vous conseille les articles suivants
:
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La difficulté d'unir les
forces indépendantistes.
[...] La lutte nationale que mènent les
Québécois-Français depuis plusieurs décennies demeure jusqu'à ce jour
inconstante et surtout incon-sistante. Elle donne
principalement dans toutes sortes de directions, tant au plan
de la doctrine de l'indépendance que dans les stratégies
politiques et référendaires et même des combats sociaux qui n'en finisent plus
de se multiplier en divisant d'autant plus l'ensemble des forces. Il est
navrant de constater que les chefs successifs du Parti
québécois soient tellement obsédés par les référendum, mais
beaucoup moins quant à l'objet même de leur cause : l'indépendance du Québec.
Ils en parlent généralement du bout des lèvres et presque en s'excusant.
[...]
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Une capsule de
médiocrité.
[...] Pour calmer les têtes brûlées qui
prétendent que le premier geste à poser pour sortir de ce régime consiste à
cesser de se penser dans les catégories des autres pour
se dire dans les exigences du
pays réel, rien de mieux que de servir à tout le monde
une bonne capsule de médiocrité. [...] Dans
cinq articles du Devoir publiés le
22 février, Robert Laplante, directeur
de L'Action nationale, voit « un
moment fort » dans la chronique de [notre] enlisement
provincial. Cet éditorial important est à lire
absolument.
Une révolution
s'impose
Partick Bourgeois, du journal Le Québécois,
commente ici l'éditorial de Robert Laplante et lui accorde toute
l'attention qu'il mérite.
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DOMAINE
INTERNATIONAL.
Dix ans après le grand
compromis : de la fédération yougoslave aux protectorats
européens.
L'après-Dayton a-t-il commencé ?
Outre le débat sur le Kosovo, s'engagent les négociations
d'adhésion ou de pré-adhésion entre l'Union européenne
et l'ensemble des pays post-yougoslaves
des Balkans de l'Ouest. Derrière
l'autosatisfaction de façade, les impasses des
protectorats posent les questions des
minorités, mais aussi du rôle social des États
dans la construction de l'Europe. [...] Cet article,
de Catherine Samary, a paru dans Le
Monde diplomatique
de janvier 2006. [...]
Encore une fédération qui a mal tourné et dont
les anciennes composantes essaient péniblement de
s'intégrer à l'Union européenne !
Irak : le spectre de la guerre
civile.
Le dynamitage de la mosquée de Samarra, lieu
saint des chiites, et les représailles sanglantes contre les sunnites ravivent
les craintes d'un éclatement du pays. Et soulignent l'impuissance des
Américains. Un article de Jean-Paul Mari paru dans le Nouvel Observateur
du 2 mars 2006.
Effervescence au Proche-Orient
: les chiites écartelés entre Téhéran et Bagdad.
La victoire de la liste parrainée par
l'ayatollah Sistani aux élections législatives irakiennes a fait surgir la
crainte d'une « menace chiite ». Pour-tant, les débats au sein des communautés
chiites reflètent avant tout une grande diversité religieuse et politique. Un
article d'Ahmad Salama-tian paru dans le Monde diplomatique de juillet
2005.
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LA CITATION DE LA
SEMAINE.
Les récentes déclarations de
monsieur Gilles Duceppe de constituer une armée de
défense au Québec a provoqué des réactions diverses,
hostiles dans beaucoup de cas, favorables mais sceptiques chez d'autres. Sans
doute, monsieur Gilles Duceppe connaît la nécessité, dans les
conditions actuelles, d'aborder une question
interdite. Même les indépendantistes du Québec, qui ne
veulent absolument pas de guerre
d'indépendance, refusent d'en parler, comme si
le fait de l'ignorer allait éloigner le spectre d'une guerre. En parlant
de la bête, on lui voit la tête. Cet aphorisme semble
influencer beaucoup de Québécois qui croient éviter un danger ou
un problème en évitant de le mentionner. Ce dont on ne parle pas
n'existe pas. Cette mentalité simpliste ignore le fait que la réalité précède le
langage. Et s'il se produisait une guerre qui n'a aucun rapport avec
l'indépendance ? - une guerre qui serait comme la phase d'éclatement de
conflits de pouvoirs qui durent depuis trop longtemps au Canada, entre
Ottawa et les provinces ? Personne ne veut la guerre, mais la guerre sugit
souvent lorsqu'on croyait que tout était en ordre et que la paix était
définitivement installée. Toujours, on a refusé d'envisager la
réalité en face. On croit qu'une guerre commence avec les armes et
les armées et c'est faux.
L'état de guerre existe longtemps avant les
confrontations armées, souvent sans que personne ne s'en rende compte, ou
presque. Il y a guerre lorsqu'un pouvoir agit arbitrairement au service
d'intérêts particuliers et fait plier les autres à sa volonté.
En matière de guerre, l'arbitraire et la violence légale mais
illégitime et injuste subsistent longtemps avant que l'éclatement et
la violence armée. C'est la catharsis. Comme un abcès qio
crève, le poison accumulé se videra jusqu'à la
lie. (sic)
Lorsque sortent les armes et les armées
et que commencent les confrontations, la
guerre comme telle a au moins quarante ans,
le plus souvent davantage. Pour l'arrêter, il aurait fallu procéder
très longtemps avant, alors que violences légales et injustices se
multipliaient, que les oligarches et les autocraties en place
opposaient une fin de non recevoir aux demandes légitimes en
provenance des autres, comme si une position de force pouvait durer
perpétuellement.
On croit facilement au Québec que les guerres
commencent avec les discours sur la guerre, alors que c'est l'inverse qui se
produit. Lorsqu'on commence à discourir sur la guerre, c'est que
les éléments de cette guerre sont déjà en place depuis longtemps. La
réalité précède toujours le discours qui l'identifie et la
qualifie.
Les guerres ne sont pas provoquées par les
discours, mais par l'ignorance, l'inertie, l'entropie, la rigidité, la
cupidité et le refus de pourvoir des autorités en place, de ceux qui sont
en position de force et agissent comme si les autres
n'existaient pas. En polémologie, ( étude systémati-que des conflits et
des guerres ) on constate que l'inaction, le refus de composer et d'agir
de la part de ceux qui détiennent les pouvoirs et les moyens du pouvoir ont été
et demeurent les premières causes de la guerre. Les Romains, qui
n'aimaient pas la guerre, qualifiaient objective-ment ces situations de
casus belli. Les premiers, ils cherchaient à éviter la guerre et n'y
avaient recours que lorsqu'il n'était plus possible de
faire autrement. Et encore ils restaient ouverts à la reprise
des négociations. Toute paix véritable ne peut se réaliser que
dans l'honneur de toutes les parties en cause. Il n'y a pas de paix dans
le déshonneur.
En osant proposer une armée de défense
pour le Québec, monsieur Duceppe a fait preuve de
courage et d'authentique lucidité. Avec les
meilleures intentions du monde, la paix n'est jamais acquise ni définitive.
Oser aborder au Québec une question
aussi interdite, il fallait le faire. Sachant à
quel point cette question est potentiellement explosive
pour tout politicien indépendantiste qui ose
l'aborder, monsieur Duceppe n'en a pas dit davantage. Il laisse à
tous les Québécois le soin de faire preuve d'une maturité nouvelle
et d'ouvrir enfin le débat sur un problème difficile, cela va
sans dire.
La première chose à faire : s'instruire en
profondeur. Elle est superficielle notre connaissance de la paix, de la guerre
et des problèmes reliés à la défense des États, de la diplomatie qui
fait partie de cette défense, mais n'en constitue
qu'un volet, de l'économie de temps
de guerre, économie de survie apte à servir dans toutes les
catastrophes nationales, du problème central de la formation,
l'entraînement et l'acquisition d'un savoir et d'une discipline collective
et autres questions qui intéressent les peuples adultes et habitués à se
gouverner eux-mêmes depuis assez longtemps. Notre connaissance de ces
problèmes essentiels dépasse à peine le niveau de l'image et des
impressions à charge émotive élevée et paralysante pour le
jugement critique. Pour combattre la guerre, il faut
commencer par combattre l'ignorance. Plus nous serons
instruits et formés, plus nous serons sûrs de nous-mêmes et sans
crainte devant les confrontations qui s'annoncent et dont nous
souhaitons tous qu'elles ne tourneront pas au plus
mal. [...]
Dans cette perspective fondamentale, envisagée
à l'intérieur d'un espace géographique continental qu'on
appelle Canada, le Québec n'est pas casus
belli. Il est trop soumis et trop habitué à se
soumettre, même chez les indépendantistes, qui mettent un soin
judicieux à respecter les lois en toutes choses au risque de tout perdre.
Toutes les guerres qui se sont produites sur le territoire
québécois servaient des intérêts étrangers à ses
habitants, d'abord l'oligarchie française, puis l'oligarchie anglaise et
finalement l'oligarchie orangiste et loyaliste concentrée à Toronto. C'est
pourquoi, sans doute, les Québécois ont tellement de difficultés à se croire en
guerre et à reconnaitre la nécessité d'organiser une armée de
défense territoriale, la première de leur histoire. Ils ne se perçoivent pas
comme une menace et ne se sentent pas menacés. [...]
Jean-René-Marcel Sauvé, Guerre perdue : guere gagnée, article
paru dans L'Action nationale, numéro de janvier 2006 pp. 17 à 22.
Monsieur Sauvé, géographe et
ancien
militaire est l'auteur de l'essai Géopolitique et avenir du Québec,
publié chez Guérin en 1994.
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