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VIGILE -
HEBDO
BULLETIN HEBDOMADAIRE DE WWW.VIGILE.NET
LE COMBAT POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC
![]()
Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron
)
Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. ( Beaumarchais
)
Le
vendredi 10 mars 2006. Numéro 151
Bonjour ! Cette semaine, la rédaction
deVigile-Hebdo vous conseille les articles suivants
:
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Ça suffit
comme ça !
Les individus comme les
collectivités subissent les pressions du conditionnement politique au point
de se comporter selon le désir de l'autre et non du leur. C'est ce qu'exige le
fédéralisme pour fonctionner un peu normalement. C'est pourquoi nous croyons
l'indépendance de moins en moins probable, parce que les Québécois sont
incapables non seulement de la vouloir, mais surtout de la vouloir
fermement. ( Ndlr. De sonda-ge en sondage, cette volonté connaît
des hauts et des bas perpétuels, au gré des événements. ) Ils sont
enfermés dans leur servitude et dans un individualisme
mortel pour la nation qu'ils prétendent former.
[...] Voici une chronique de Bruno Deshaies pour
le moins...explosive ! À lire
absolument.
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Les fruits
empoisonnés.
Le Québec a tellement l'habitude des solutions
bancales qu'il devient de plus en plus difficile de faire la part des choses
lorsque vient le temps de débattre de la pertinence et du bien fondé des
solutions mises de l'avant par nos institutions. La décision de la Régie de
l'énergie nous en a fourni un exemple typique la semaine dernière.
L'annonce de l'augmentation de 5,3% des tarifs
d'électricité a frappé dur. Les perspectives qu'elle ouvre
laissent encore plus songeur : 12,2% et 5.8% pour les deux prochaines
années. [...] Un éditorial de Robert Laplante, directeur de L'Action
nationale.
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Géopolitique du
kirpan.
[...] L'histoire du kirpan
à l'école [est] une bonne excuse pour
discréditer le Québec, son gouvernement et son
système judiciaire que n'ont pas manqué d'exploiter les
archontes de la Cour suprême. Le texte de la décision arbitraire
prise par la Cour suprême envoie paître le Québec au nom
de l'idéologie multiculturaliste contre laquelle
se seraient rendus coupables surtout ses
enseignants, qui doivent être rappelés à l'ordre. [...]
Nous n'avons pas besoin de la Cour suprême pour nous dicter notre
ligne de conduite. [...] Un texte de René-Marcel
Sauvé.
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DOMAINE
INTERNATIONAL.
Spécial Maroc : portrait d'un
royaume en mouvement.
Tourisme, luxe, et art de
vivre...Les élites marocaines rêvent de transformer
le royaume chérifien en Floride ou en Californie de
l'Afrique. Mais le peuple, accablé de misère, peut-il
suivre ? Ou bien se réfugiera-t-il dans un
islamisme de tous les dangers ? La réponse dépendra de la
capacité du pouvoir royal à moderniser le
pays sans déchirer la société. De Rabat à
Marrakech en passant par Tanger, Le Nouvel
Observateur dresse le portrait d'un Maroc en
mouvement. Articles d'Amandine Penna, de Serge Raffy, Sara
Daniel et Farid Aichoune. Un survol très intéressant d'un pays de 29
millions d'habitants où l'extrême pauvreté du peuple côtoie la richesse des
élites et surtout celle du roi Mohamed IV dont la fortune est évaluée par
la revue Forbes à quatre milliards cinq cents millions de
dollars... http://www.nouvelobs.com/hebdo.html
Inextricable, le conflit du
Sahara occidental rebondit.
Pour avoir participé à des manifestations
contre la présence marocaine au Sahara occidental, 14 Sahraouis
emprisonnée dans des conditions extrêmement pénibles ont comparu devant la
justice à El-Ayoun, le 13 décembre dernier et ont été lourdement
condamnés. Certes, l'Organi-
sation des Nations Unies juge que le problème
de ce territoire, annexé en 1975 par le Maroc, doit être réglé à
travers la tenue d'un référendum d'autodétermination, mais Rabat n'en veut
pas. Un article signé Khadija Finan paru dans Le Monde
diplomatique de janvier 2006. Un retour salutaire sur un conflit
oublié.
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LA CITATION DE LA
SEMAINE. ( suite de la semaine dernière )
En Nouvelle-France, la géographie a été un
facteur majeur de défense territoriale naturelle. La vallée du
Saint-Laurent est à 1600 kilomètres de l'océan Atlantique, l'un des
océans les plus dangereux du monde à traverser. Les vagues géantes sont comme
des montagnes et pendant l'histoire de la Nouvelle-France au cours
du XVIIe siècle, plus de la moitié des navires affrétés vers
le Saint-Laurent ne sont jamais arrivés à destination. Certes, il y a eu
une amélioration pendant le XVIIIe siècle, ce qui ne change rien au fait que,
quelle que soit la qualité des navires et de la navigation, le golfe du
Saint-Laurent est l'une des mers intérieures les plus dangereuses du monde pour
les navires qui s'y aventurent. La preuve : ses fonds sont jonchés de plus
de 4000 épaves, comprenant deux flottes de guerre
anglaises.
Le fleuve n'est pas
mieux non plus avec ses hauts fonds
où allaient s'échouer les navires qui
restaient pris pendant des mois avant
qu'on puisse les dégager. Ce danger n'est
pas complètement écarté, même de nos jours.
Toute cette voie naturelle navigable pouvait
demeurer fermée pendant huit mois par année pour cause de
banquises. Encore de nos jours, des navires de commerce
se retrouvent pris dans les glaces et
incapables de s'en sortir avant
le printemps. En partant, donc, la nature s'est bien chargée
d'assurer la défense de la Nouvelle-France et du Québec qui
allait suivre, ne serait-ce qu'en imposant
des limites sérieuses à la navigation maritime en haute mer,
premier facteur de richesse pour le commerce
international. Les voies maritimes à grand débit
sont aussi les plus exposées aux guerres commerciales qui finissent
par des guerres armées.
Les obstacles terrestres
échafaudés par la nature et qui ont bien servi la défense
de la Nouvelle-France sont aussi impressionnant que les
obstacles maritimes. Au nord, d'est en ouest, l'immense bouclier
précambrien, qui recouvre plus des trois quarts du territoire
du Québec et s'étend plus loin encore,
jusqu'à recouvrir la moitié de tout
l'espace continental canadien, a été et
demeure un obstacle quasiment infranchissable. Même les
chemins de fer , routes et autoroutes, ne permettent pas d'en couvrir
toute la superficie, seulement une très infime partie. Jamais personne n'a
été capable de lancer contre la Nouvelle-France une attaque en provenance du
bouclier.
Au sud, les Appalaches sont plus
franchissables et, effectivement, plusieurs attaques
sont survenues de ce côté dans le passé. D'abord
de la part des Anglais, qui tenaisnt la côte de la
Nouvelle-Angleterre et empruntaient soit les vallées des
rivières Kennebec et Chaudière, soit la rive ouest du lac Champlain, pour
mener leurs invasions. Après l'invasion anglaise de
la Nouvelle-France et l'indépendance américaine, les invasions en
provenance du sud par les couloirs appalachiens se sont répétées à
quelques reprises et ont toutes été repoussées. La logistique de
défense du Saint-Laurent, opérant à partir de lignes
intérieures, rendait cette défense réalisable avec une
économie de moyens. De nos jours, les possibilités d'une
guerre avec les États-Unis ou les États américains
frontaliers sont moins que probables, à cause des
facteurs suivants :
Le dégagement continuel des
activités industrielles et commerciales de la région
américaine du lac Champlain depuis la construction du
canal Érié et son ouverture en 1825. Toutes
ces activités se sont alors déplacées vers Buffalo,
en face du lac Érié, nouvelle tête
de pont américaine vers les grands Lacs en passant par la
vallée de la Mohawk, la vocation industrielle et
commerciale de Buffalo se confirmait. La région du lac Champlain a perdu
toute son importance stratégique du passé. Elle est devenue un paradis du
tourisme local, où les Québécois qui ont de l'argent à dépenser sont plus
que bienvenus.
Le dégagement majeur des
populations des États américains du nord-est et du
Midwest après la crise du pétrole des années 1970 et
par la suite. Selon des études qui ont suivi ce vaste mouvement
brownien de population et d'activités, plus de 40 millions
d'Américains ont quitté le nord des États-Unis pour aller
travailler et vivre dans le sud, appelé Southern Belt,
dont l'économie actuelle est plus considérable que celle de l'Europe.
Pour survivre, les populations restées sur
place au nord-est et dans le
Midwest américain ont créé un vaste
mouvement de coopératives connu sous le vocable
de North-East-Midwest Coalition for Economic
Advancement, qui utilise fréquemment le troc
et la monnaie de troc ( In Ithaca we trust ), pour mener à
bien ses affaires, mais les régions frontalières au Québec sont devenues les
plus pauvres des États-Unis. Les gens qui les habitent sont plus proches
de nous que les autres Américains, surtout les riches du sud, qui exercent
sur les affaires et la politique étrangère américaine un contrôle qui
frise l'absolu.
La croissance continuelle de ce
qu'aux États-Unis on appelle le stadehood. Après plus de
deux siècles d'indépendance et de croissance, les états américains
tendent de plus en plus à devenir des États avec la majuscule. Or, la
constitution américaine dispose de mécanismes souples pour permettre le
transfert de pouvoirs de Washington vers les États qui le demandent. Les
Américains ne tiennent pas à ce que les questions de statuts et de
pouvoirs deviennent causes de guerres civiles dans leur pays. Ils
savent que de telles questions sont extrêmement complexes et
que chaque cas doit être pris en particulier, sans généralisations à outrance.
Jusqu'à l'arrivée des chemins de fer, les cow-boys s'occupaient de régler les
problèmes de frontières. À présent, ces problèmes, de
plus en plus vastes, font l'objet d'études attentives dans
les universités américaines. Dans cette perspective, l'intervention en
Irak, voulue par les riches États du sud, est un anachronisme pour
les autres États. Le Québec qui peut acheminer le pétrole
importé par le Saint-Laurent, le raffiner et le distribuer à la fois
sur son territoire et dans les États du nord-est, se retrouve
dans une tout autre position géopolitique.
Revenons à la défense du Québec, cette fois
sous le régime anglais.
Tout ce que les
Français avaient appris en matière de
défense territoriale de la Nouvelle-France, les Anglais
le savaient en partant. Ils connaissaient bien les
obstacles naturels qui protègent le Québec contre
les invasions en provenance de l'extérieur. Ils
savaient que leur armée ne pouvait seule défendre le territoire et qu'ils
devaient eux aussi dépendre des milices territoriales locales pour en
assurer la défense. Ils savaient qu'ils dépendaient des
Habitants pour leur logistique militaire. Aussi, dès les
débuts, avaient-ils intérêt à nous ménager , nous faire
des concessions et gagner du temps,
premier facteur en cause dans toute
stratégie de guerre. En Amérique du
Nord en 1760, l'Angleterre devait organiser la défense du Québec, non
contre la France, mais contre les Yankees qui préparaient la révolution
américaine.
( À suivre... )
René-Marcel Sauvé, Guerre perdue ; guerre gagnée, article
paru dans L'Action nationale, numéro du janvier 2006, pp. 28 à 32.
Monsieur Sauvé, géographe et ancien
militaire est l'auteur de l'essai Géopolitique et avenir du Québes,
paru en 1994 aux éditions
Guérin.
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