VIGILE - HEBDO
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                                LE COMBAT POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC  
                                                                                                      Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron )                                            
                                                                                 Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. ( Beaumarchais )
 
                                                                      Le vendredi 24 mars 2006. Numéro 153
 
                                         Bonjour ! Cette semaine, la rédaction deVigile-Hebdo vous conseille les articles suivants :
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Une société qui se flagelle elle-même.
 
Cette semaine, notre  chroniqueur  a écrit une lettre à la comédienne  bien connue  Marie-Josée Croze, qui  s'est installée  à Paris depuis  2003 et qui se permet de dénigrer la société  québécoise. Bruno  Deshaies  ne craint pas  d'affirmer  qu' « une société qui  se flagelle  elle-même ou qui s'encense continuellement ne peut aspirer à son indépendance collective. Ses complexes la paralysent ». Un article à lire. http://www.vigile.net/ds-deshaies/docs6/245.html  
 
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L'irrationnel et sa rationalité sous-jacente.
 
C'est reparti. La guerre des chiffres, les interprétations contradictoires, les passes d'armes par médias  interposés,  l'inquiétude que même le gouvernement ne peut dissimuler devant les risques d'explosion des coûts et  d'embardée financière  majeure, le dossier des  méga-hôpitaux universitaires  devient de plus en plus  nauséabond. Un autre  comité, secret paraît-il, réunit des  ministres, un  mandat a été confié à un autre pour tenter de calmer le jeu dans la querelle du partage des spécialités entre Sainte-Justine et le  Montreal Children Hospital, des  éditoriaux, des  lignes  ouvertes et puis...toujours  rien de clair, rien de précis. Un  éditorial  de Robert  Laplante, directeur de L'Action  nationale, sur  un dossier explosif. [...] Quand donc serons-nous assez intelligents pour comprendre qu'il ne faut QU'UN SEUL méga-hôpital à Montréal ? À lire absolument.
http://www.action-nationale.qc.ca/06-03/06-03-edito.html
 
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DOMAINE INTERNATIONAL : SPÉCIAL CATALOGNE
 
Entre autonomie et nation.
 
Une histoire, une culture, une langue...une nation ? Un débat  sémantique et  politique  fait  rage en  Espagne  depuis que  la  Catalogne  s'est qualifiée  de « nation »  dans un  projet de statut  d'autonomie  élagie approuvé par près de 90%, fin septembre 2005, par les députés du  parle-ment  de Barcelone. En effet, les « Cortès » ( 1 ) espagnoles ont  donné leur  feu  vert, le 3 novembre, à  l'examen de ce projet qui  pourrait  être adopté en 2006. Le leader de  l'opposition  conservatrice  espagnole, M. Mariano  Rajoy, agite la  menace  d'une  « balkanisation du pays ».  À l'instar  des  députés  catalans,  le  chef du gouvernement  socialiste M. José  Luis  Rodriguez  Zapareto  répond que l'« identité  nationale » de la  Catalogne est parfaitement  compatible avec la constitution espagnole. Un article d'Antonio  Segura I Mas, professeur d'histoire  contempo-raine  et directeur du  Centre d'études  internationales de l'université de  Barcelone. Il a paru dans le numéro de janvier 2006 du Monde diplo-matique.  
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/01/SEGURA_I_MAS/13133
 
Cette langue qui a résisté.
 
[...] L'image de la Catalogne  au sein de  l'Espagne est  singulière. On sait surtout que ses spécificités  culturelles et surtout  linguistiques font qu'il est  difficile de la considérer comme une  région de plus, c'est-à-dire comme ce à quoi la politique officielle des années du franquisme ( 2 )la  réduisait. Ces  particularités  viennent  de  loin.  Il y a déjà  un siècle, la  bourgeoisie  locale  parrainait  la traduction en  langue catalane des classiques,  réformait  la  ville  de  Barcelone, en  faisant  un  lieu  d'avant-garde  dans  le  domaine  des  manifestations  artistiques  aussi  bien architectoniques, picturales que musicales. [...] Un texte de Victor Gómez Pin, professeur à l'université autonome de Barcelone, paru dans Le Monde diplomatique de janvier 2006.
 http://www.monde-diplomatique.fr/2006/01/GOMEZ_PIN/13138
 
( 1 ) Les Cortès constituent le parlement bicaméral espagnol. 
( 2 ) Le franquisme est un régime fasciste instauré en Espagne par le général Franco ( 1892-1975 ), à partir de 1936.
 
 
Progrès et inégalités : la Chine aux deux visages.
 
Au moment où Pékin  annonce une  révision à la  hausse de la  croissance, au point de  figurer au  rang de  quatrième  puissance mondiale, les dirigeants japonais  multiplient les déclarations  alarmistes sur  l'augmentation  continue des dépenses militaires chinoises. Rarement les rela-tions entre les deux pays auront-elles été aussi mauvaises,  malgré des échanges économiques d'une ampleur inégalée. En Chine, les données révisées  montrent un redressement de la consommation - toujours  inégalitaire - et une  montée du poids  des services. Un  article de  Martine Brulard paru dans Le Monde diplomatique de janvier 2006. Un texte  intéressant sur un pays qui sera, dans  quelques  décennies,  la  puissan-ce la plus redoutable du monde.
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/01/BULARD/13087
 
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LA CITATION DE LA SEMAINE. 
 
L'impérialisme  anglais  est  né  au  dix-septième ou au  dix-huitième siècle, et il n'a atteint son apogée qu'au  dix-neuvième siècle et au  début du  vingtième. Il faut le  voir comme une  réalité  globale, ayant  une  dimension  économique et commerciale,  politique et  culturelle. Le mot   « impérialisme » renvoie à  empire, à  domination. L'Empire  anglais  au dix-neuvième siècle, s'impose à une partie importante de la planète. Il est une forme de colonialisme qui permet à l'Angleterre de contrôler le commerce et l'économie de nombreux pays et de leur imposer jusqu'à un certain  point sa langue, sa culture et même sa religion. L'impérialisme  est une forme d'autorité qui s'impose aux pays qu'il  soumet  pour des  raisons  de  politique  et  de  commerce,  mais  il  est  indiscociable d'une  volonté de  domination  culturelle et  spirituelle. L'impérialisme  anglais, au  dix-neuvième  siècle, a  une dimension  politique et  économique, mais plus que cela, le peuple anglais  prétend  qu'il  apporte  au  monde la civilisation. Il est habité par le sentiment de sa supériorité. S'il a réussi à s'imposer aux autres peuples, c'est qu'il a plus de  qualités qu'eux et a le droit de leur imposer, pour leur bien, ses propres choix, ses options, ses manières de vivre. Il est investi d'une mission spirituelle indissociable de sa présence et de son rayonnement dans le monde.
 
Nous avons connu au Canada la forme accomplie de cet impérialisme anglais. Il faudrait examiner toute l'histoire du pays dans cette perspec-tive. Je  m'arrêterai  un moment à un  personnage et à un fait qui  illustrent à la  perfection  mon  propos.  Je parle de  Lord  Durham  et de son fameux Rapport. Nous avons là, figés dans l'histoire, tous les traits caractéristiques de l'impérialisme poussés jusqu'à la caricature.
 
Notons  d'abord que le sentiment  impérialiste est présent dans  tout le Rapport. L'Empire est une réalité absolue qui impose ses exigences et mérite une adhésion  indéfectible. Il y a « dans les institutions  britanniques une capacité  de corriger les maux  présents et de  produire à  leur place un bien-être qu'aucun autre pouvoir ne pourrait donner ». En effet, ces institutions britanniques « unissent le plus grand  développement de la  liberté et de la  civilisation avec l'autorité stable de la monarchie  héréditaire ».  Les  Canadiens-Français, évidemment, sont  d'une autre nature. Ils  sont  intégrés à cette  société  impériale par  la  force des armes, mais « ils  demeurent  une  société  vieillie  et  retardataire dans un monde neuf et progressiste. Ils forment « une nation  insignifiante et  chimérique ». Ce  sont  des gens qui n'ont pas  d'histoire, pas de  culture, des gens qui sont l'objet d'une  profonde  aversion de la part des  Américains et des  Canadiens anglais. Pour  leur  bien  à  eux, il faut donc les assimiler. Les Anglais détiennent le pouvoir politique, la richesse. « Ils ont pour eux l'incontestable supériorité de l'intelligence...ils  appartien-nent à la race qui détient le gouvernement  impérial et qui domine sur le continent  américain ». L'anglicisation  des  Canadiens fraçais  est  le plus grand service qu'on puisse leur rendre.        
 
On a donc, chez Durham, une vision  impérialiste dans toute sa  perfection. Elle  comporte le  sentiment de la  supériorité de l'Anglais sur tous les autres peuples, tant au plan de l'intelligence que du génie pilitique et commercial. C'est ce qui autorise l'Anglais à s'imposer à l'autre pour son propre bien, car sa qualité exceptionnelle lui crée une obligation de dispenser autour de lui, les valeurs démocratiques, la civilisation.
 
L'impérialisme  anglais  qui  inspire  Lord  Durham n'est pas un fait  isolé dans  l'histoire du  Canada.  Il  suffit  de lire Le livre noir du  Canada anglais, tomes I et II, de Normand  Lester, pour  s'en rendre compte. L'idéal de l'Empire britannique, par exemple, est formulé par un député anglophone de Vancouver devant ses concitoyens, en 1914, pour empêcher l'entrée au  Canada d'un groupe  d'immigrants  de  l'Inde. Il s'agit de savoir, dit-il, « si la civilisation qui s'exprime de la façon la plus parfaite dans la loi anglo-saxonne britannique, va ou ne va pas prévaloir sans le Dominion du Canada ». Ce qui est dit, c'est que le British Rule est le produit le plus élevé de de la civilisation et donc doit s'imposer  partout au Canada et  ailleurs. L'impérialisme, on le voit, n'est pas  seulement dans le  sentiment de  supériorité. Il est dans la  conviction  que  lorsque l'on se pense supérieur, on a le droit et le devoir d'imposer  son modèle aux autres. Si l'autre ne se  soumet pas à cet  impérialisme, c'est  qu'il est buté, intolérant, borné, fanatique !
 
C'est  cet  impérialisme qui  explique le  comportement de beaucoup de  Canadiens anglais et  leurs  préjugés à  l'endroit des  Québécois. Les Canadiens anglais  reprochent aux Canadiens français de ne pas  comprendre la  démocrarie, mais ce sont  eux qui la violent. Ils  ont  toujours raison, ils ne  peuvent se  tromper, car ils  sont une  race  supérieure. Ils  sont  convaincus  de  leur « supériorité  naturelle  sur  tous  les  autres peuples de la planèete ». C'est  pourquoi  même si les  Patriotes  avaient raison, même s'ils se comportaient démocratiquement, en respectant les règles établies du Parlement, ils avaient  tort, parce qu'ils n'étaient pas des  Anglais. L'empire  avait raison contre le droit, contre la justice, contre la démocratie. L'Empire c'était Gosford, c'était Colborne, c'était Russell, c'était Durham...( )  On a toujours tort d'être contre l'Empi-re.    
 
                      Paul-Émile Roy, L'Irak, les États-Unis, la France et nous, article paru en janvier 2006 dans L'Action nationale, pp. 9 à 12. Toutes les citations sont tirées
                             du  Rapport Durham et du Livre noir du Canada anglais de Normand Lester.                           
      
                     ( 1 ) Il est bon de rappeler qu'on a donné le nom de chacun de ces odieux personnages à un comté de l'Ontario. Sans commentaire...  
 
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