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VIGILE -
HEBDO
BULLETIN HEBDOMADAIRE DE WWW.VIGILE.NET
LE COMBAT POUR L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC
![]()
Tant que l'indépendance n'est pas faite, elle reste à faire. ( Miron
)
Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. ( Beaumarchais
)
Le
vendredi 7 avril 2006. Numéro 155
Bonjour ! Cette semaine, la rédaction de VIGILE-HEBDO vous
conseille les articles suivants :
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Maurice Séguin, l'historien
visionnaire du Québec contemporain.
On dit de quelqu'un qu'il est visionnaire parce
qu'il a « une vision juste de l'avenir ou de certaines réalités. » Tel est
le cas de Maurice Séguin. Pourtant, les Québécois
Français persistent à l'ignorer, à ne
pas vouloir même le lire et, pire encore,
ne veulent même pas en parler. [...] Refuser d'aborder Maurice Séguin, le traiter en paria ou l'ignorer
sciemment sous de nombreux prétextes trompeurs, ne serait-ce pas là
pratiquer une forme de censure collective ? Dans ce cas, on ferait bien de
se demander pourquoi les Québécois Français n'osent pas l'étudier calmement et avec la patience
nécessaire pour trouver dans cette pensée les éléments de réflexions
fondamentales sur les enjeux du Québec actuel. Une chronique indispensable
de Bruno Deshaies, historien et fondateur de
l'Académie de l'indépendance. Ajoutons que, si
nous connaissions un tant soit peu notre histoire, le Québec serait
indépendant depuis des lustres ! Mais sur ce
point, notre ignorance, comme nos préjugés, sont sans
limites.
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Le Québec n'a pas les moyens
d'être si riche.
Le bon docteur Philippe Couillard
paraît plus nerveux. Le ministre, que nombre d'observateurs
qualifient de politicien teflon, commence à montrer des signes
d'agacement devant la tournure que prend le dossier des méga-hôpitaux
universitaires. Les sondages sont dévastateurs : les trois-quarts des
Québécois pensent qu'il faut un seul méga-hôpital ( La Presse, 29 mars ) Malgré
tout, le ministre a réaffirmé qu'il y aurait deux projets
sans davantage revenir sur les raisons qui pourraient
justifier une telle décision. Le peuple se trompe encore
une fois, sans doute... [...] Un texte de Robert Laplante, directeur
de L'Action nationale.
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Pour une approche réaliste de
la souveraineté et en finir avec certains sophismes.
Après maintenant quarante
ans de tergiversation et de chicanes,
les indépendantistes ont épuisé tous leurs droits à
l'erreur. L'heure de l'union sacrée devra bientôt sonner,
car comment convaincre un assez grand nombre de
Québécois de la nécessité et de la faisabilité de
l'indépendance si les souverainistes eux-mêmes demeurent incapables de
solidarité, tout embourbés qu'ils sont dans leurs arguties
procédu-rales et leurs sophismes. Selon l'auteur de ce
texte, Marc Brière, voici cinq sophismes que les
indépendantistes traînent comme autant de boulets :
l'impasse référendaire, l'art de se dorer la pilule, une majorité
référendaire de 50%+1, la normalité nationale et enfin,
pour certains, le désir de sauver le monde.
Selon lui ( et il n'est pas le seul à
le penser, ndlr ) il faut reprendre le
bâton de pélerin et convaincre nos
concitoyens : en d'autres mots, leur parler de la nécessité vitale de
l'indépendance. Un article à lire et et qui
suscite une discussion salutaire.
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Qui est Stephen Harper ?
Nous poursuivons cette semaine
la publication de l'enquête de Pierre Dubuc, directeur de
L'Aut'Journal, sur ce personnage très inquiétant pour notre
nation...Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le nouveau premier
ministre du Canada sans jamais oser le demander
!
III- Stephen Harper
et la question du Québec.
IV- Stephen Harper et
la question linguistique.
V-
Stephen Harper, père de la Loi sur la
clarté.
VI- Le Canada de
Stephen Harper.
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DOMAINE
INTERNTIONAL.
Malade, la France
?
Un organisme en faillite dont la réforme
s'impose de toute évidence. Sur fond d'angoisse sanitaire provoquée par les
menaces de peste aviaire, telle apparaît la France aux yeux d'une cohorte de «
déclinologues » de droite [...] Un éditorial d'Ignacio Ramonet, directeur
du Monde diplo-matique.
Contrats de première embauche
: la médiocrité superlative de la droite.
Le point de vue d'un Québécois à Paris, Dave
Anctil, étudiant à la Sorbonne-Panthéon et collaborateur de L'Action
nationale.
Petits
arrangements sur le dos des salariés.
Des « contrats de première
embauche (CPE) » au projet de mobilité sélective des travailleurs migrants
en discussion à l'Organi-sation mondiale du commerce, en passant
par la directive européenne Bolkenstein, on assiste à
une offensive sans précédent contre les travailleurs.
Jamais l'impératif du profit à tout prix n'a été aussi
cyniquement officialisé. Comme si, à la surface du globe,
il n'existait plus de citoyens, mais simplement des
actionnaires. [...] Un article de Bernard Cassen publié dans Le
Mon-de diplomatique de novembre 2005. Troublant.
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LA CITATION DE LA
SEMAINE.
La francophonie est la
seule institution internationale ( sommets,
agences, ministres, budget ) qui se définisse par
une langue. Le terme francophone lui-même n'est pas
neutre, et sa naissance est politique. Forgé vers 1880 par le géographe
communard Onésime Reclus ( frère d'Élisée), il entendait regrouper,
au-delà du colonialisme, un vaste empire de langue, de culture
et de valeurs républicaines, destiné à faire pièce aux
Prussiens campés derrières les Vosges. Fort
utilisé au Québec, le mot francophone fut repris, après les
indépendances, par les présidents Léopold Sédar Senghor (
Sénégal ), Habib Bourguiba ( Tunisie ) et Hamani Diori ( Niger ) afin
de penser et de désigner une forme d'alliance post-coloniale
de coopération apaisée avec l'ex- métropole,
réalisant en somme le rêve de Reclus.
La francophonie est une géographie qu'un projet mobilise ;
qu'elle ait été conçue à propos du français n'est pas un
hasard.
Cette langue
présente en effet trois caractères propices à un tel dessein. Elle est
essentiellement politique ; tissant le social, elle institue la
citoyenneté : parler français, c'est toujours appartenir. En
France, les noces de la langue et du pouvoir sont
anciennes : en témoignent les mythes fondateurs
des Serments de Strasbourg du francien
( dialecte supposé d'Île-de-France devenu langue royale
) et de l'édit de Villers-Cotterêt (1539), vus comme la
constitution progressive d'une langue d'État. La francophonie
n'est que l'extension au monde, durant le XXe siècle, de cette
capacité à produire du politique.
Ensuite, le
français possède un socle stable et normé. Depuis
le XVIIe siècle, le travail grammatical est allé bon
train ; il eut pour objet prioritaire la correction syntaxique,
monumentalisation sur le modèle latin. Antoine de Rivarol, d'ordinaire si léger,
avait vu juste, qui parlait de la syntaxe incorruptible de
cette langue « universelle ». Répandu sur les cinq
continents, le français est d'abord une
syntaxe, que l'on prononce diversement.
Cette langue
enfin s'accompagne de représentations collectives. Elles
concernent sa norme et son impérieux respect, quelque insatisfait
qu'il soit par principe, inquiet par habitude : la mystique de la langue se
conforte de l'insécurité linguistique, Dieu restant caché. Elles portent sur son
statut : le français est un idiome qu'il faut défendre, depuis toujours (
Joachim Du Bellay ne fut pas un précurseur ) et contre lui-même au besoin (
tel est le ressort du purisme ). Elles portent la conviction
que l'Histoire ou, mieux, la Nature lui ont confié la mission
d'exprimer des valeurs. Ce que partagent les
francophones, c'est avant tout l'affection
pour leur langue, et des idées bien
arrêtées à son égard.
La spécificité
du français, par suite, est d'être à la fois une langue et
un l ogos. Tous deux furent construits sous le signe de
l'unité : c'est bien ce monologisme qui, au plus vrai,
fonde la francophonie. « Dans les décombres de la
colonisation, écrit Léopold Senghor, nous avons trouvé
cet instrument merveilleux : le français. » Outil de libération et de
fraternité, certes, mais par l'amour partagé du bien dire , le privilège
accordé à une forme et l'idée d'un lien
grammatical entre les hommes. La francophonie est
d'essence monoligique ; on n'explique pas autrement
qu'un projet politique international ambitieux ait pu se fonder sur ce qui n'est
qu'un ensemble structuré de sons. À ce titre, l'abbé Henri Grégoire
qui, au cours de la Révolution française, brisa les chaînes de
l'esclavage, inventa la notion de patrimoine
culturel, conçut une politique en faveur du français
langue nationale, mais entreprit aussi de ranger la
diversité dialectale au cabinet des curiosités, partage avec Onésime
Reclus la paternité de la francophonie.
De nos jours, les
revendications des écrivains et des artistes (créolisation,
promotion joyeuse des parlures), la recherche
scientifique (qui met en valeur les variations phonétiques et lexicales du
français), le discours politique pluraliste des institutions francophones
invitent toutefois à s'interroger sur l'actualité d'un tel fondement. Si
l'on tient en effet que le plurilinguisme est une chance ( et tout
francophone est au moins bilingue), la variété des vocables une richesse,
la néologie un gage de vitalité ; si l'on attend de la
francophonie qu'elle illustre, pour le moins, la diversité qu'elle défend dans
le monde, il convient alors de critiquer les représentations
unitaires fondatrices. C'est de bon sens, de saine politique
et dans l'esprit d'une francophonie vivante ; mais que l'on y prenne garde : on
risque alors de saper l'édifice.
L'ardente obligation
de maintenir, dans un monde multipolaire, un dynamisme
francophone, un espace d'échanges et de création,
une langue enfin partagée vaut sans doute que l'on en coure le
risque.
Bernard Cerquiglini, Une langue en partage? , article
paru dans Le Magazine littéraire à l'occasion de l'année de la
francophonie 2006, numéro spécial de mars
2006,
pp. 36-37.
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