Loraine Lagacé

Montréal

Journaliste, auteure, conseiller media, writer, media adviser

         

Un peu d'histoire:     Olympe de Gouges : l’une des héroïnes majeures du premier féminisme français qui se développa sous la Révolution de 1789 sans parvenir à imposer l’égalité politique des sexes . Il faudra deux cents ans pour  avoir un accord théorique sur la question!!!...pour une fraction de la planète!!! Elle qui croyait mourir pour quelque chose!!


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 J'ai informé René Lévesque avant la conférence constitutionnelle de 1981.

C'était important pour moi à l'époque. Je crois aujourd'hui que cela ne changeait pas grand-chose puisque de toute façon, nous n'avions aucune carte dans nos mains face au gouvernement fédéral. Mais en septembre et octobre 1981, je m'en faisais un cas de conscience.

Si quelques-uns doutent de la date, c'est que je suis allée deux fois au bureau du PM à l'Hydro-Québec à cette époque, la deuxième fois pour y apporter la cassette de l'enregistrement, que je n'avais pas quand j'ai parlé à René Lévesque  vers le 15 octobre.

Peu après avoir parlé à René Lévesque, j'avais vu Michel Carpentier chez lui un samedi ( nous sommes allés souper chez Frank, rue Saint-Zotique, avec ses deux filles) et je ne lui ai certainement pas demandé d'obtenir un rendez-vous de Lévesque puisque je me rapportais directement au PM, et que celui-ci insistait pour que je l'appelle chaque fois que je le jugeais nécessaire. Michel, que je considérais comme un ami, n'avait rien à voir dans les affaires d'Ottawa, mais, comme j'avais confiance en lui, je lui ai dit douter que Lévesque agirait; c'est à ce moment-là qu'il m'a suggéré de faire un enregistrement de Claude Morin.  Ce que j'ai fait un mois plus tard. ( Je pensais, et sans doute Michel le pensait-il aussi, que Morin était, au minimum, une bombe pour Lévesque).

Quelques jours après le dépôt de la cassette, quand on m'a demandé une transcription, je suis partie d'Ottawa pour aller directement chez Jean-Roch Boivin, à son domicile de Montréal, pour la lui remettre. ( Sa femme m'a gentiment fait  un sandwich aux tomates parce que je n'avais pas pris le temps de manger).

Quant à Claude-Jean Devirieux, je l'ai vu deux fois cet automne-là, et lui en ai parlé, tout comme à Gilles Paquin, pour me conseiller et me protéger. Si des journalistes étaient au courant, je me sentais plus en sécurité. C'était une période extrêmement stressante pour moi, sur la ligne de feu, entre Lévesque et Trudeau, sans soutien de Québec.

Autre preuve que j'ai parlé à Lévesque en octobre 1981: mail10.gif une lettre manuscrite très personnelle que je lui avais envoyée fin octobre 1981 et que j'ai donnée à des journalistes, dont Pierre Godin, il y a quelques années.

Je suis formelle: René Lévesque était au courant au moment de la négociation constitutionnelle de novembre 1981. C'est pour cette raison qu'il avait invité Louis Bernard et Marc-André Bédard à cette rencontre très importante pour laquelle il se sentait, à juste titre, particulièrement démuni.

Quant à Claude Morin, je crois moi aussi qu'il n'a pas trahi le Québec,* *comme je le disais déjà dans ma déclaration de mai 1992, au journal La Presse.  book01.gif

Savoir s'il a été fidèle au PQ? Ce n'est pas à moi de le déterminer. Et puis, qu'est-ce-que ca veut dire être fidèle à un parti qui comprend plusieurs tendances? Les gens qui votent PQ en croyant qu'il y aura encore des élections fédérales après la souveraineté sont-ils des fidèles ou des infidèles? ( Voir lettre à René Lévesque et Claude Morin, un an avant l'affaire Morin, pour comprendre le climat de l'époque).

Pour moi, la seule chose importante était que René Lévesque soit informé.

Je ne sais pas si j'ai eu tort ou raison. Quand je le lui ai demandé, quelques mois plus tard, René Lévesque m'a répondu que j'avais eu raison.

    **Je crois qu'en novembre 1981, il avait compris, tout comme moi, que les forces en présence ne permettraient jamais de faire du Québec un pays, et cette révélation l'a anéanti. **  rl85 

Pour sortir de l'impasse et changer la position du Québec dans le Canada, il a choisi 3 ans plus tard, le beau risque avec Bryan Mulroney.

C'était, à mon avis, la seule chose à faire  pour cesser de tenir un discours dont nous n'avions et n'avons toujours pas les moyens.

L'avenir n'est pas bloqué pour les citoyens du Québec. Nous avons toutes les possibilités de prendre individuellement ou par petits groupes notre place dans les Amériques et dans le monde. C'est aux citoyens de faire cela, pas au  gouvernement.

Notre gouvernement devrait nous pousser à cela par tous les moyens et cesser de poursuivre une chimère qui nous ralentit et diminue notre lucidité sur le monde qui nous entoure.

** À l'émission Tout le monde en parle, Claude Morin a affirmé que je venais de changer d'idée en écrivant sur mon site web qu'il n'avait pas trahi le Québec. Un mensonge de plus! Je dis la même chose qu'il y a 25 ans. On se demande alors ce qu'il me reproche exactement. De ne pas l'avoir cru et d'avoir informé René Lévesque en 1981? Je plaide coupable à cela. D'avoir confirmé à Normand Lester ce qu'il savait déjà, 11 ans plus tard? J'ai fait cela aussi. Quoi d'autre? RIEN  Étais-je la meilleure victime disponible? Peut-être. Une femme, inconnue du grand public, dont  il mine la crédibilité depuis 25 ans, une femme qui après avoir été fervente indépendantiste ne l'est plus depuis 20 ans; facile de la rendre suspecte. Pourquoi ne pas s'en prendre à René Lévesque qui a demandé sa démission?