Le 24 octobre 1981.
Monsieur Lévesque,
Permettez-moi de vous redire combien il m’a coûté de vous transmettre une souffrance, un doute, une inquiétude. Bref, une sorte de brèche dans votre sécurité intérieure.
J’aurais tant voulu prendre le tout sur moi, mais, à tort ou à raison, il me semblait plus sage de procéder comme je l’ai fait.
Je ne peux que vous rappeler l’analogie avec ce moment de ma vie où j’ai dû révéler à …… que …….
J’y pensais depuis quatre ans(ou même six), je cherchais le bon moment. Il n’y avait pas de bon moment. (1)
J’adorais …. et pourtant je devais prendre le risque de démolir son univers affectif. Je lui ai parlé. Calmement. Non sans avoir versé des gallons de larmes avant et après, dont …. n’a rien su par ailleurs.
À la lumière de cette analogie, je souhaite que deviniez la profondeur de la tendresse « fraternelle » (?) que je vous porte, et mon immense désir de vous protéger contre toute adversité.
À bientôt.
Loraine Lagacé
1. Cet événement était connu de RL, mais fait partie de mon intimité. Ce n’est pas d’intérêt public.