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1- Charles Lesieur fut notaire
royal et procureur fiscal à Batiscan. Il a eu 7 enfants dont 6 garçons :
Charles Lesieur,
Julien Lesieur/Duchesne,
Jean-Baptiste Lesieur/Desaulniers,
Antoine Lesieur/Lapierre,
Joseph Lesieur/Coulomb.
Pierre Lesieur ( le plus jeune)
Charles Lesieur (fils) et Julien Lesieur/Duchesne étaient les seigneurs d'Yamachiche
(fief GrosBois Est) vers 1702.
Pierre Lesieur fut seigneur lui aussi à la suite de Charles.
2- Marie Boucher, épouse d'Etienne de Lafond, sur du gouverneur de
Trois-Rivières Pierre Boucher, sieur de Grosbois.
3- Jean-Baptiste a été le premier à prendre le nom de Desaulniers.
Désormais ses descendants vont aussi le porter.
Le chemin Charles-Lesieur est
fort probablement la toute première voie de circulation qui ait existé pour permettre
aux premiers colons de se rendre à l'extérieur d'Yamachiche par la voie terrestre.
Ce chemin est demeuré fort humble et, s'il a résisté à toute fermeture, il a dû subir
de l'empiètement, du laisser-aller et de l'indifférence car personne ne s'aventure plus
sur ce chemin, autrefois si fréquenté, qui ne comprend que deux habitations et une
ferme.
Avant la construction de l'autoroute 40 et de sa voie de service, le Chemin
Louis-Gatineau, le Chemin Charles-Lesieur était l'accès pour se rendre aux chalets du
Lac Saint-Pierre.
Ce chemin était le Chemin du Roy puis on l'a désigné comme chemin des Granges,
particulièrement à cause de ses granges aux toits de chaume tissés avec l'herbe à lien
qu'on retrouvait au Lac Saint-Pierre.
Monsieur Lucien Girardin est fort probablement le dernier artisan qui peut encore
aujourd'hui construire un toit avec de l'herbe à lien.
L'herbe à lien est un foin huileux qui a la particularité, comme les plumes d'un canard,
de ne pas absorber l'eau mais de la faire glisser.
Le coton de l'herbe à lien est creux, la plante a une hauteur de 5 à 6 pieds à
maturité et ses propriétés huileuses font qu'elle ne pourrit pas.
On la recueillait après les gelées puisque c'est à ce moment qu'on avait l'assurance
que ses graines étaient tombées et qu'elle sécherait plus vite. De plus, les graines
étaient piquantes et causaient des irritations sur la peau.
L'herbe à lien était donc le matériau idéal pour construire des toits, surtout des
toits de grange parce que ces bâtiments étaient bâtis de matériaux moins nobles,
utilisant le pin, le sapin et l'épinette.
Autrefois, on cueillait des tonnes d'herbe à lien qu'on vendait en gerbes d'un diamètre
d'un mètre de circonférence, appelées bottes, au coût de 2.00$ ( en 1967 ) la botte.
On plaçait ces bottes dans le sens vertical de la toiture sur des gaules (habituellement
des petits conifères très longs ) que l'on distançait d'environ 15 pouces dans le sens
horizontal du toit.
On procédait un peu comme aujourd'hui en ce sens qu'on installait les gaules sur
lesquelles on déposait les bottes en commençant par le bas de la toiture. La première
rangée de bottes était installée le pied vers le bas et la pointe de la gerbe vers le
haut.
On installait une seconde gaule au centre de la botte ( qui mesurait environ 5 pieds,
rappelons-le ) et on l'attachait avec la gaule du dessous avec de la broche à balle mais
les plus anciens utilisaient de la hart de coude ( ça ne s'écrit peut-être pas
nécessairement comme ça...), soit des branchailles très petites et très flexibles.
Tout en haut de la toiture, il n'y avait que l'épaisseur d'une botte, soit environ 2
pouces d'épais mais la rangée du bas pouvait être d'un bon deux pieds.
La seconde rangée de botte était installée la tête en bas et attachée de la même
façon et on procédait ainsi jusqu'au toit où on plaçait les dernières bottes comme
une cheminée, l'eau s'y infiltrant mais coulant ainsi sur l'herbe à lien qui demeurait
lisse puisque huileuse, à moins que du foin s'y soit mêlé.
Un toit de chaume ( ou si vous préférez d'herbe à lien ) pouvait durer jusqu'à 75 ans
mais était par contre très inflammable.
L'herbe à lien poussait surtout aux abords du Lac Saint-Pierre puisqu'on ne voulait pas
nécessairement de ces plantes sur les bonnes terres agricoles, l'herbe à lien n'étant
pas non plus l'idéal pour nourrir les animaux.
De nos jours, il n'y a plus d'herbe à lien comme autrefois car le foin qui pousse entre
les tiges en altère la qualité et il serait trop long de les séparer manuellement. Le
rejet d'huile déversée par les grands navires dans le chenal du fleuve Saint-Laurent a
également largement contribué à détruire la flore de ses rives, dont l'herbe à lien.
Le 26 mai 1980, on donna à ce chemin l'appellation Chemin Charles-Lesieur:
..."afin d'honorer un fondateur de Yamachiche dont le chemin mène à la terre
ancestrale"...
Toutefois, le conseil municipal n'a pas souscrit à la suggestion du comité de toponymie
de désigner également le chemin Saint-Jacques, de la route 153 en allant au Pont du
Canton puis de là, vers le sud, jusqu'à son intersection actuelle comme Chemin
Charles-Lesieur. Ce bout de chemin a conservé le nom de Chemin Saint-Jacques et la terre
ancestrale étant située du côté ouest de la route 153, le Chemin Charles-Lesieur ne
mène donc pas directement à la terre ancestrale.
Le père de Charles Lesieur portait le même prénom, Charles.
Papa Charles épousa la nièce de Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières et unique
possesseur de tout le territoire d'Yamachiche.
Papa Charles décéda à l'âge de 50 ans laissant une veuve de 39 ans et 7 enfants.
Oncle Pierre Boucher supporta adéquatement sa nièce allant même jusqu'à céder aux
deux aînés de sa nièce, Charles et Julien, une partie d'Yamachiche, soit Grosbois Est,
pour 160.00$ le 12 septembre 1699. Charles et Julien Lesieur, par cette transaction,
devenaient co-seigneurs.
Il faudra attendre le Traité de Montréal du 4 août 1701 pour faire la paix avec les
Indiens et on présume que Charles attendit jusqu'en 1702 ou 1703 ou même 1704 pour
s'installer à Yamachiche alors que son frère Julien n'y arriva qu'en 1707.
En ce qui le concerne, l'historien Napoléon-Caron ne croit pas qu'il fut possible que ce
soit avant 1703 que s'établirent les premiers colons à Yamachiche. Il explique sa
position pour 1703 ou même 1704 par les titres de la vente aux frères Lesieur qui
n'étaient pas clairs en ce sens que les lignes séparatrices d'avec leurs voisins
n'étaient pas reconnues légalement.
Les Gélinas étant alors les censitaires des seigneurs Lesieur, il avance plutôt la
thèse que les Lesieur se sont établis, qu'ils ont bâti une maison dans laquelle ils ont
hébergé les trois frères Gélinas à leur arrivée à Yamachiche.
On reconnaît là l'hospitalité typique des gens d'Yamachiche d'autant plus que les deux
enfants dont je vous ai parlé précédemment, le petit Jean-Baptiste Bellemare et la
petite Marie-Françoise Lesieur ont eu la particularité tous deux d'avoir été les
premiers nés d'Yamachiche, d'avoir été les premiers enfants baptisés provenant
d'Yamachiche en plus de s'être épousés, le 30 mai 1746.
La seigneurie des frères Lesieur , on le présume, ne devait être que de la forêt et
c'est à la force de leurs bras qu'ils durent l'exploiter.
C'est par le fleuve que les gens arrivèrent de Trois-Rivières, la construction de la
première route, le Chemin Charles-Lesieur, était un passage allant d'une résidence à
l'autre et non pas le tracé en droite ligne qu'on connaît aujourd'hui.
C'est donc à un chemin fort primitif qu'on faisait affaire et il n'y a pas d'écrit à
savoir quand ce premier chemin a été tracé. Toutefois, on sait que le grand chemin
Royal qui allait de Trois-Rivières à Montréal fut ouvert en 1721.
Ce serait par une ordonnance de Louis XIV mais il se trouve que c'est pendant le règne de
Louis XIV que nous retrouvons dans les familles de la Nouvelle France la coutume à
l'effet que le fils aîné portait le même nom de famille que son père alors que les
autres fils prenaient un autre nom, pour l'adjoindre au nom de leur père.
Par la suite, ce nom venait à prédominer chez certaines familles.
Comme les familles étaient très nombreuses, ce changement de nom évitait toute
confusion et chaque fils devenait ainsi la souche d'une famille distincte.
Chez les Lesieur de Papa Charles, on appliqua l'ordonnance:
Charles conserva le nom de Lesieur
Julien prit le nom de Duchesne
Jean-Baptiste devint un Desaulniers
Antoine adopta le nom de Lapierre
Joseph est à l'origine des Coulomb.
Comment en arrivait-on à choisir un nouveau nom ?
Le généalogiste François-Sévère Desaulniers avance l'explication suivante:
..."Pour revenir au mot Desaulniers, on l'explique par le fait que sur les rives de
la Petite Rivière d'Yamachiche il pousse des aulnes, en grande quantité. Jean-Baptiste
Lesieur ayant établi sa demeure sur les bords de cette rivière, ses frères et ses amis
le désignaient toujours sous le nom de Jean-Baptiste des aulniers. La tradition de
famille, du reste, s'accorde avec cette version"...
Ainsi, l'ancêtre commun des
était
Bellefeuille
Dufresne
Robert Rivard
Laglanderie
Loranger
Descôteaux
Boulanger
Claude Lefebvre
Villemure
Auger
Lottinville
François Lemaître
Duhaime
En ce qui concerne la seigneurie, elle fut subdivisée et resubdivisée à maintes
reprises puisque le fils aîné héritait de la moitié des biens et les autres fils se
partageaient l'excédent de l'héritage. Au fil des générations, les terres se sont
ainsi resubdivisées entre ces dizaines, voire même ces centaines d'héritiers.
Nicolas Rivard
Ancêtre des Rivard d'Amérique
Par rapport au plus grand nombre de colons arrivés au XVIIe siècle en Nouvelle-France,
les Rivard se trouvent historiquement privilégiés. Car on connaît maintenant jusqu'à
Thamas Louche et Perrine Mercier, les arrière-grands-parents de Jeanne Mullard, mère de
Nicolas et de Robert Rivard, deux pionniers de la Mauricie.
Par les Louche et les Mullard, les Rivard canadiens peuvent être fiers du fait qu'ils
connaissent, du moins partiellement, un passé qui remonte dans le temps à près d'un
demi-millénaire.Qui peut dire mieux, à part les familles issues de la grande noblesse?
Départ pour le Canada;
Le vendredi 6 mars 1648, Nicolas se présente en la maison du notaire Chouaiseau, qui
rédige pour lui le contrat que voici: *Fut présent Nicolas Rivard
demeurant à Toulouvre, lequel a volontairement promis et s'est obligé par corps et biens
à et envers maître Noël Juchereau sieur des Chastellées demeurant pour lui Pierre
Juchereau sieur des Moulineaux demeurant à Toulouvre ad ce présent, savoir est d'aller
par ledit Rivard servir ledit Juchereau sieur des Chastellées audit pays de la
Nouvelle-France autrement dit Canada pour le temps de trois ans à commencer du jour de
l'embarquement qui se fera en cette année à la Rochelle et finissant au débarquement
qui se fera au bout dudit temps en France de le nourrir pendant ledit temps et a été ce
fait moyennant la somme de soixante et six livres tournois pour chacun an que ledit
Juchereau a promis de payer ou faire payer par ledit maître Noël son frère audit Rivard
par chacun an sur lequel somme celui Rivard a reconnu avoir reçu dudit Juchereau la somme
de quinze livres tournois dont il se tient content.
Défenseur des colons...
Nicolas Rivard n'hésitait pas à se porter à la défense des faibles. Le 13 août 1663,
on le voit porter plainte contre Michel Peltier de Laprade, le futur seigneur de Gentilly.
Le vaillant capitaine de milice assumant pleinement son rôle, a trouvé chez Peltier un
nommé Pierre Retoucq "étendu, sans parole", après une violente querelle.
Nicolas porte alors plainte contre l'assaillant et un tribunal composé de Pierre Boucher,
Quentin Moral et Louis Laurent condamnera le défendeur à vingt livres d'amende.
"Nicolas Rivard, écrit madame Jeanne Patenaude, avait comme caractère
propre, un attrait et des aptitudes, il faut dire, le portant à s'occuper de la chose
publique: en maintes occassions, les Archives nous le présentent comme ayant pris
l'initiative de défendre les intérêts communs des habitants du Cap ou de Batiscan, et
les actes notariés ou les procès-verbaux s'ecpriment très souvent à peu près en ces
termes: Nicolas Rivard, sieur de la Vigne, habitant du dit lieu, sachant lire et écrire
agissant pour et au nom de tous les colons, se faisant leur procureur et défendeur,
demande, ect... et les pétitions étaient adressées à l'Intendant, aux autorités
civiles ou religieuses, ect..."
Marque d'une pitié singulière...
Au recensement de 1681,Nicolas a 60 ans et il demeure avec sa femme et ses dix enfants à
Bastiscan. Il y exercera la fonction de capitaine de milice jusqu'en 1698,c'est à dire
jusqu'à l'âge de 81 ans.En fait, il achève son voyage en ce bas monde. Le 1*juillet
1701,on le conduira à son dernier repos,au petit cimetière paroissial.Il était resté
actif jusqu'à la fin.Sur son acte de décès, le curé inscrit qu'il a manisfesté toutes
les marques d'une pitié singulière.Catherine sa femme,lui survivra près de huit ans,
étant aussi inhumée à Bastiscan le 28 juin 1709. Nicolas Rivard de La Vigne et
ses descendants les;
Rivard,Dufresne,Préville,
Lacoursière,Lanouette,
Laglanderie-Beaucourt,
Bouin,Tessier
Lavigne & Pérusse
Nicolas Rivard et Catherine de Saint-Père ont été les parents de sept fils et trois
filles;Nicolas (1654-1719), marié à Elisabeth Trotier, puis à Françoise Marien, veuve
de Sébastien Grenat; Jeanne (1656-1698), marié à Charles Dutaut;Julien, sieur de la
Glanderie (1657-1708), marié à Elisabeth Thunay;François, sieur de Lacoursière
(1659-1726), marié à Madeleine Lepellée, puis à Geneviève Chêne dit Lagrave; Pierre,
sieur de Lanouette(1661-1724), marié à Catherine Trotier; Madeleine (1663-1737), marié
à Pierre de Lafond; Michel (1665-1687); Jean, sieur de Préville (1668-1731), marié à
Geneviève Trotier; Catherine (1673-1703), marié à Alexis Marchand; Antoine, né en
1675, vivant encore en 1697, destinée inconnu.
Plusieurs surnoms;
Les descendants de Nicolas Rivard ont porté divers surnoms, ce qui complique quelque peu
leur généalogie.L'ancêtre se faisait aussi appeler Lavigne, surnom qui est passé à de
nombreuses famille ayant vécu sur la rive-sud, face au comté de Champlain.
Julien le second fils de Nicolas, est à la tête de la branche des Laglanderie.Ce surnom
à complètement disparu.Son fils Joseph a épousé Elisabeth Thunay dit Dufresne. Les
descendants de ce couple on conservé le surnom de leur mère; c'est ce qui explique la
présence de nombreuses famille Dufresne en Mauricie.
Les Lacoursière descendent de Francois, le troisième fils de Nicolas.Les Lanouette
(Pérusse)et Lavigne descendent principalement de Pierre, le quatrième fils. Les
Préville nous viennent de Jean, le sixième fils.François le fils de Julien, a pris le
surnom de Laglanderie-Beaucourt.A la quatrième génération, on retrouve même
Jean-Baptiste Préville dit Gervais.
Où vivent les Rivard?
Grande avaleuse de ressources humaines, la région montréalaise a attiré vers elle le
plus grand nombre des descendants de l'ancêtre Nicolas. Il s'y trouve au moins 450
familles Rivard, 700 Lavigne, 650 Dufresne, 80 Lacoursière et autant de Lanouette, de
même que plus de 50 Préville, et quelque Pérusse.Cependant, les Lavigne et les Dufresne
peuvent appartenir à d'autres familles, notamment aux Tessier dit Lavigne, aux Bouin dit
Dufresne et aux Pérusse. La Mauricie compte près de 300 familles Rivard, plus de 200
Dufresne, plus de 150 Lacoursière, près de 100 Lavigne et quelque Lanouette.Ces familles
sont aussi passablement nombreuses dans la région de Québec.