Historique de la pêche


Les Iroquois avaient certainement découvert le poulamon ou petit poisson des chenaux bien avant nous, puisque des fouilles effectuées le long des rives du Saint-Maurice, au Nord des Trois-Rivières permettaient de découvrir des ossements de ce gadidé. Ce village indien datait de l'an 1 000 ou 1 100 de notre ère.

Par la suite les Européens posèrent pieds sur cette terre qu'il  fût convenu de désigner du nom de Nouvelle-France. En 1677, les colonisateurs de la famille Turcotte étaient établis le long des rives de la rivière Champlain, où selon les documents d'archives Jacques Turcotte capturait ce poisson à l'époque des Fêtes, d'où son nom de "manne de Noël".

En 1757, le célèbre Bougainville en faisait mention en ces termes : "Il arrive ce poisson avec les réjouissances du jour de l'An, il a sa place dans nos mœurs et coutumes. S'il ne se fait pas valoir dans la littérature, c'est qu'il est muet comme doit l'être un poisson. À nous de parler de lui! Que de gens il a régalés qui n'ont jamais songé à faire son éloge, ou même se demander s'il descendait de noble ou de vulgaire lignée! Je vous le présente. Tout me porte à croire qu'un aimable commerce s'établira entre vous et lui."

En 1757, l'écrivain A.N. Montpetit en faisait mention de cette façon : "On les ramasse à la pelle et on en charge des voitures, qui sont entourées de planches; cette courte visite est incroyable. Au mois de janvier, j'ai vu Théophile Pratte en prendre quatre cents minots en quatre-vingt heures. On estime à quinze mille minots ce qui se prend chaque année."

Dans le journal Le Canada du 23 décembre 1890, on pouvait lire ce qui suit : "Il va venir, il vient, il arrive, ponctuel comme toujours, juste cinquante heures avant la messe de minuit."

À la même époque, ce journal faisait à nouveau mention du poulamon en ces termes : "Apprécié de tout le monde; venant nous voir au temps des Fêtes; d'une digestion facile; inoubliable aux estomacs reconnaissants; préfère être cuit à l'étouffée; fréquente de préférence cette région, parce que c'est un pays de gourmets."

Quand à son nom de poulamon, il serait originaire des Micmacs, ces derniers fréquentant la côte Est. Cette lettre écrite à Benjamin Sulte, par Pascal Poirier de Shédiac au Nouveau-Brunswick, le confirmait le 26 décembre 1890.

"Mon cher Sulte,

Vous cherchez un nom grec ou latin pour en baptiser le Petit-poisson, et vous proposez Poisson de Noël. Cela m'étonne de la part d'un homme qui connaît toutes les sources de notre histoire. Avez-vous oublié que les Acadiens sont de toute éternité les ancêtres des Trifluviens, et que ceux-ci, dans toutes les graves questions qui les agitent, devaient d'abord, quand ils cherchent la lumière, tourner les yeux du côté de l'Orient, c'est-à-dire de l'Acadie?

Eh bien, le nom de poisson que vous cherchez est poulamon, vous n'en trouverez pas d'autres."(Pascal Poirier)

Trois siècles auparavant, c'est-à-dire en 1616, le père Billiard S.J. en faisait mention sous le nom de "ponamo" dans certains documents provenant d'Acadie. Ce mot signifiant poissons d'hiver.


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Dernier mise à jour 11/02/04