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"Encyclopédie Diderot et D'Alembert, 1765"
- La technique de la marbrure a vu le jour au XIIe siècle en Orient.
Elle s’est ensuite répandue au XVe siècle au Moyen-Orient, puis
en Occident au XVIIe siècle. Le développement de la tradition
occidentale a été grandement influencé par une demande de nouveaux
décors en reliures. On vit alors apparaître certains motifs vedettes
dont l’heure de gloire dure des décennies. Portant des noms différents,
les mêmes motifs pouvaient être exécutés simultanément dans plusieurs
pays.
- En Nouvelle-France, les papiers marbrés des livres reliés, apportés
surtout par des religieux, venaient de France, d’Angleterre et
d’Italie. Dans les livres reliés ici au XVIIe, XVIIIe et XIXe
siècles relèvent des mêmes traditions. On ignore cependant s’ils
ont tous été exécutés ici.
- C’est au XVIIe siècle que l’Europe découvrit le charme des papiers
turcs. Le Marbreur ottoman déposait des couleurs sur une gélatine
faite d’une sève épaisse extraite d’un arbustre de la famille
de l’astragalus. Il fabriquait ainsi ses papiers colorés d’un
aspect granuleux. Pour leur part, les européens préparaient leur
mucilage à partir du carragaheen, algue du littoral de la Mer
du Nord et de l’Atlantique. La consistance du mucilage ainsi obtenue
permettait d’exécuter avec le peigne des lignes continues et nettes.
- L’ouvrier marbrait le papier avec cinq couleurs de base et leurs
dérivés : le noir de fumée, l’ocre jaune, le bleu indigo,
le rouge préparé avec du bois du Brésil et le blanc fait avec
de l’eau et du fiel.
- Au XIXe siècle, les progrès de la chimie ont offert une nouvelle
gamme de couleurs : l’outremer Guimet, le vert et le jaune
chrome, le vert émeraude, le bleu de Prusse, le vert anglais.
Cela permit aux marbreurs d’actualiser et de moderniser des motifs
anciens.
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