Lee Harvey Oswald

  1. Sa Jeunesse
  2. Dans les Marines
  3. En U.R.S.S.
  4. Retour aux USA
  5. L'attentat contre JFK
  6. Retour à la page du président!


  7. Lee Harvey Oswald, l'assassin du président John F. Kennedy. La Commission Warren l’a tenu responsable de la mort du président Kennedy et de l’officier de police de Dallas, l’agent Jefferson Davis Tippit. Il fut également accusé d’avoir blessé le gouverneur du Texas, John Connally qui se trouvait à bord de la limousine présidentielle au moment de l’attentat.

    Mais que savons-nous de ce jeune homme accusé du meurtre du 35e président des États-Unis? Cette page est dédiée à Lee Harvey Oswald afin de mieux le connaître. Vous pourrez par la suite, vous forgez une idée réelle de cet individu.

    Lee Harvey Oswald est né le 18 octobre 1939, à la Nouvelle-Orléans en Louisiane. Sa mère Margueritte Claverie, s’était mariée en 1929 avec un commis du nom de Edward John Pic Jr. Ce mariage ne fut pas une réussite, elle divorça en 1931 quelques mois à peine après l’anniversaire de son premier fils, John Edward Pic.

    En 1933, elle épousa Robert Edward Lee Oswald, lui-même récemment divorcé. De cette union, naîtront deux garçons, Robert Edward Lee, né en 1934. Et deux mois avant la naissance de Lee Harvey, son père mourut d’une crise cardiaque en août 1939. Incapable de subvenir aux besoins de sa famille, elle envoya Lee, vivre avec son frère Charles Murret à la Nouvelle Orléans.

    À l’âge de trois ans, Lee Harvey fut envoyé à l’orphelinat Bethlehem Children’s Home tenu par l’église évangélique luthérienne. Un an plus tard, il rejoignit sa mère à Dallas. Ensuite, ils déménagèrent pour Benbrook à Fort Worth. Sa mère rencontra un nouvel amant et Lee s’attendait très bien avec lui, mais la relation avec sa mère et son nouveau père de dégrada, elle divorça en 1948. Il passa ses journées tout seul. Sa mère travaillait toute la journée et Lee n’avait pas le droit d’inviter des amis chez lui.

    Sa mère ne demeurait jamais très longtemps au même endroit, ce qui occasionna à son plus jeune fils des problèmes scolaires. Voici un tableau illustrant les nombreux déménagements :

    Dates:Lieux:
    18 octobre 1939Alvar Street (Nouvelle-Orléans)
    19401242 Congress Street
    Mars 19411010 Bartholomew Street
    Janvier 1942831 Pauline Street
    Printemps 1942111 Sherwood Forest Drive
    Janvier 19444801 Victor Street (Dallas)
    Automne 1945Granbury Road (Fort Worth)
    Été 1946311 Vermont Street (Covington, Louisiane)
    Janvier 19471505 Eight Avenue (Fort Worth)
    Mars 19483300 Willing Street
    Été 1948San Saba Street
    Automne 19487408 Ewing
    Août 1952325 East 92nd Street (New York)
    Septembre 19521455 Sheridan Avenue (Bronx, New York)
    Janvier 1953825 East 179th Street
    Janvier 1954757 French Street (Nouvelle Orléans)
    Printemps 19541454 St. Mary Street
    Printemps 1955126 Exchange Place
    Juillet 19564936 Collingwood (Fort Worth)

    Source: Rapport Warren Appendices XIII

    Les fréquents déménagements pouvaient expliquer l’absentéisme de Lee à l’école, il avait également été ridiculisé par son accent et sa manière vestimentaire du sud par les autres jeunes élèves de New York. C’est pour éviter ceci qu’il passa le plus clair de son temps dans les bibliothèques locales et au zoo. Des plaintes pour absence furent déposées contre Lee. Il fut placé en observation psychiatrique pendant trois semaines au New York City Youth House.

    Lee demeura au Youth House du 16 avril au 7 mai 1953. Sa mère se rappela ce que son fils lui avait dit à l’époque :

    « Mère je veux sortir d’ici. Il y a des enfants qui ont tué des gens, et qui fument. Je veux m’en aller ».

    Le docteur Renatus Hartogs remis son rapport et affirma :

    « Ce robuste garçon de treize ans a des ressources intellectuelles supérieures et un développement se situant à peine en deçà de ses possibilités mentales, en dépit de l’absentéisme scolaire chronique qui l’a amené à Youth House. Nous n’avons découvert aucune altération neurologique ni de déformations mentales de caractère psychotique. Le diagnostic dans le cas de Lee doit être celui d’un trouble de la personnalité avec certaines caractéristiques schizoïdes et des tendances à l’agressivité passivité. Il faut considérer Lee comme un enfant émotionnellement perturbé, qui souffre du traumatisme créé par un isolement et une privation d’ordre affectif, un manque d’affection, une absence de vie familiale et son rejet par la mère préoccupée d’elle-même et pleine de conflits ».

    Le docteur Hartogs proposa de mettre Lee Harvey en liberté surveillée, à condition qu’il recherche aide et conseils auprès d’un centre spécialisé. Il proposa également à madame Oswald de rechercher une organisation familiale. Les services sociaux de la ville de New York étaient débordés et ne purent venir en aide à la famille.

    Son assiduité à l’école s’est améliorée, sa mère est venue solliciter du tribunal que son fils cesse d’être sous surveillance judiciaire, elle voulait retourner au Texas ou en Louisiane. Le juge a refusé, alors de sa propre autorité, elle a pris l’enfant et disparurent tous les deux.

    Sa mère retourna avec Lee vivre à la Nouvelle-Orléans, il entra à Beauregard Junior High School et commença à se faire des amis parmi ses camarades de classe. À quinze ans, il découvrit le goût de la musique classique. Il eut pour la première fois des activités pour des jeunes de son âge. C’est à la même époque qu’il entra dans le Civil Air Patrol, il fit la connaissance d’un instructeur nommé David Ferrie.

    Suite à cette expérience, il voulut s’engager dans les Marines, les autorités lui demandèrent de revenir dans un an à cause de son âge. Lee se dénicha du boulot comme commis de bureau et garçon de course. Dans ses temps libres, il les passa à la bibliothèque. Il partit avec sa mère pour Fort Worth, il laissa tomber ses études. C’est à ce moment qu’il développa son intérêt pour les idées de gauche. À peine une semaine après son 17e anniversaire de naissance, il entra chez les Marines, il s’engagea le 24 octobre 1956 à Dallas.



    Marines

    Il se reporta au Marine Corps Basic Training, où il passa des tests d’aptitude de routine. Les résultats obtenus démontrèrent que sa compréhension et son élocution étaient correctes, cependant il avait des faiblesses en arithmétique et en analyse. Lee commença son entraînement de base, soit dix semaines de manœuvres. Il ne connut pas d’ennuis concernant les rigueurs de la vie d’un nouveau Marines. C’est au champ de tir qu’il eut de la difficulté à se classer. Sa formation se termina le 20 janvier 1957.

    Il passa ensuite au camp Pendleton en banlieue de San Diego, où pendant deux mois il mit au point ses techniques de combat. Durant son séjour à cette base, Lee discutait avec les autres membres de son unité de la guerre de Corée, il critiquait ouvertement le président Eisenhower concernant sa politique en Corée. Il se tracassait pour le nombre de morts que faisait cette guerre.

    Suite à son entraînement au combat, il fut affecté à la Naval Air Technical Training Center à Jacksonville, Floride. Durant les six semaines, il étudia les théories du radar, la lecture des cartes et les procédures du contrôle aérien. Il reçut les cotes de 4.7 pour sa conduite et de 4.5 pour sa compétence, le maximum est la note cinq. Par la suite, Lee partit pour Kessler Air Force Base qui se trouve dans la ville de Biloxi au Mississippi.

    C’est à cette base qu’il se perfectionna à la surveillance au radar. Lee Harvey termina septième de sa classe lors de l’examen final.

    Il était maintenant prêt pour un service outre-mer ayant en poche sa spécialité d’opérateur en électronique aéronautique. Le 21 août 1958, il embarqua à bord du l’USS Bexar qui se dirigeait vers le Japon pour la base d’Atsugi. Tout au long de la traversée du Pacifique, en plus de son entraînement quotidien, il s’exerça sur des cartes. Le navire s’amarra à la base Yokosuka à quelques kilomètres de Tokyo. Et il prit la route de la First Marine Air Wing.

    « La First Marine Air Wing était stationné à la base d’Atsugi (à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Tokyo), construite par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale.Elle n’abritait pas seulement la First Marine Air Wing, mais aussi un grand groupe d’immeubles, le ‘Joint Technical Advisory Group’, qui cachait en fait l’une des principales bases opérationnelles de la CIA en Asie. Atsugi était une base fermée : entre autres opérations secrètes, c’était de là que la CIA dirigeait son fameux programme ‘espion du ciel’ U-2 Top Secret, qui était le principal moyen d’information sur l’Union Soviétique et la Chine ».

    Oswald comme tous les hommes qui avaient accès à ce lieu secret devait détenir une mention «Confidentiel», mais en raison de son travail spécialisé, Lee reçu la mention « Secret » et plus tard, il obtint le plus haut niveau soit le « Crypto », ce niveau était accordé aux responsables traitant des données Top Secret à la base.

    Durant son séjour à cette base, Lee acquis une assurance, lui qui était toujours un garçon réservé et ne buvait pas. Il entra dans la bande, il découvrit les joies de boire et de courir les filles. Tous ceux qui l’ont côtoyé affirmaient qu’il était très agréable à vivre, il était sympathique et toujours de bonne humeur. Sur le plan professionnel, il apprenait vite et bien, son travail était excellent, il réussit rapidement à gagner l’estime de ses camarades et de ses supérieurs.

    Deux accidents sont venus marquer le séjour de Lee Harvey Oswald à la base. Le premier est survenu lorsqu’il acquit un pistolet Derringer calibre 22, Oswald savait très bien qu’il ne pouvait posséder une telle arme, il se blessa légèrement. Il passa en cour martiale et fut inculpé. La cour le condamna :

    « À vingt jours de réclusions avec travail disciplinaire (avec six mois de sursis à moins qu’il ne démissionne), cinquante dollars d’amende et une rétrogradation au rang de deuxième classe (il venait d’être promu caporal), la cour décida que sa blessure ‘était arrivée au cours de son service et était en rapport avec son inconduite’ ».

    Ses compagnons croyaient qu’il avait forgé cette histoire afin de ne pas suivre son groupe pour une mission aux Philippines. Si tel était le cas, Oswald manqua son objectif car il prit la route des Philippines, monta à bord du Terrell County LST-1157. Après dix semaines, Lee revint avec son unité à la base d’Atsugi. En septembre 1958, son unité se rendit à Formose. Une époque où les nationalistes chinois luttaient contre les communistes.

    « Une nuit alors qu’il était de garde, et Oswald n’a jamais caché qu’il avait cela en horreur, il se passa quelque chose de mystérieux et on entendit soudain plusieurs coup de feu. L’officier de garde arriva en courant et trouva Oswald bouleversé et tremblant de peur. Il raconta qu’il avait vu des hommes dans les bois et, les ayant sommé en vain de lui répondre, il avait ouvert le feu sur eux. À la grande surprise de ses camarades, on le ramena en avion au Japon pour un traitement médical’, mais il allait très vite se retrouver affecté à une autre unité de Marines, à Iwakuni, à 650 kilomètres au sud-ouest de Tokyo. À Iwakuni, il se lança dans l’étude du russe, se préparant, selon toutes les apparences pour une mission d’un genre très différent ».

    Il se mit à lire de la littérature gauchiste tout en affirmant des idées marxistes. Allant même jusqu’à semer le désordre. Malgré tout, ses officiers supérieurs ne lui en tenaient pas rigueur. Avant ce changement radical, Lee connut un autre incident, cette fois à l’intérieur d’un café à Yamato. Il dut affronter la cour martiale et se défendit lui-même. La cour l’innocenta, mais le condamna pour avoir employé des mots provocants. Il fut envoyé au cachot. C’est après cet incident qu’il tenta de se donner les allures d’un rebelle.

    Il poursuivit son étude du russe, mais cette fois-ci en Californie. Il passa son examen des Marines et cet examen démontra :

    « Qu’il commençait à bien saisir cette langue, tout en révélant qu’il manquait de pratique ».

    Lee se passionnait pour le russe, s’améliorait de jour en jour et plaisantait du communiste avec ses compagnons. Ses camarades le surnommaient Oswaldkovich. La Commission Warren fut-elle au courant des études de russe par Oswald?

    « C’est Lee Rankin, le Conseiller principal de la Commission Warren qui révéla le pot aux roses. L’école Monterey allait devenir plus tard l’Institut de Langue de la Défense et cela signifiait qu’Oswald avait suivi une formation accélérée de russe. Ce fait était totalement inconnu à l’époque de la publication du Rapport Warren dans lequel, alors que les membres de la Commission avaient accès aux informations de Rankin sur l’École Monterey n’a été mise à jour que lorsque des documents Top Secret ont été divulgués en vertu de la loi sur la Liberté de l’Information en 1974 ».

    À quelque jour de sa démobilisation, il tenta d’obtenir une démobilisation anticipée qu’il transmis au Département de la Défense. Il lui fallut deux semaine pour l’obtenir, ce qui est inhabituel dans les circonstances.

    Le 11 septembre 1959, il fut libéré et retourna chez sa mère à Fort Worth pour quelques jours. Le 16 septembre, il prit la route vers la Nouvelle-Orléans, en laissant pour sa mère une somme de 100$ U.S. Arrivée à la Nouvelle-Orléans, il s’acheta un billet sur le Maryon Lykes qui appareilla pour Le Havre en France, le 20 septembre 1959.



    U. R. S. S.

    Le navire arriva au Havre en France, le 8 octobre et Lee repartit aussitôt pour Southampton en Angleterre. Le lendemain, il s’envola pour Helsinki en Finlande. Il y demeura pendant cinq jours. Avant de quitter la Finlande, Oswald s’acheta pour trois cent dollars en chèque de voyage, une somme astronomique pour ce jeune homme venant tout juste de quitter les Marines. On sait pertinemment que Lee avait reçu 203$ U.S. des Marines lors de son départ, il a laissé une somme de 100$ à sa mère, il lui restait donc 103$ pour faire le voyage en Nouvelle-Orléans. Il s’est acheté un billet pour un aller simple sur un navire de marchandises. Un billet qui a dû littéralement faire fondre son montant de 103$. Alors comment Oswald a-t-il fait pour financer ce voyage en Europe? La Commission Warren est très vague à ce sujet, elle affirme que Lee a dû économiser, " un effort considérable pour économiser sur un solde de simple soldat ". Aucune preuve ne fut déposée par la Commission afin d’étayer cette preuve.

    Il se présenta au consulat soviétique afin d’obtenir un visa d’entrée. Le 15 octobre, Lee quitte Helsinki en train pour Moscou en U.R.S.S. Arrivée à Moscou, il débarque à l’hôtel Berlin, un hôtel luxueux. Comme tout bon touriste visitant Moscou, il prit le circuit touristique de luxe. Lee rencontra Rimma Chirakova, guide de l’Intourist. Elle lui fit visiter l’ensemble de Moscou. C’est alors qu’Oswald joua son rôle de transfuge. Il confia à sa guide qu’il désirait ne pas revenir aux Etats-Unis et qu’il aimerait vivre en Union Soviétique. La jeune guide informa ses supérieurs qu’un jeune américain aimerait devenir citoyen soviétique. Le 20 octobre, les autorités soviétiques donnèrent leur réponse par l’entremise de Rimma. Le lendemain, elle informait Lee que les autorités soviétiques ne donnaient pas l’autorisation de demeurer en terre soviétique. Cette décision le choqua, il fut déprimé et tendu comme si quelque chose en dépendait.

    Ses motivations à vouloir demeurer sur le territoire soviétique devaient être plus qu’un simple caprice d’adolescent. C’était devenu une nécessité. Oswald devait-il répondre à des inspirations dites organisationnelles? Ceci expliquerait son obstination à rester en Union soviétique. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, il existait un programme de défection mis en place par la CIA. Oswald était-il candidat? Selon la Commission Warren, Oswald n’était qu’un partisan du marxisme. Pourtant lors de son séjour en U.R.S.S., il aurait pu prouver sa réelle intention de devenir un véritable communiste à part entière, mais jamais Oswald n’a adhéré au parti communiste. Le but ultime de tout communiste. Un véritable communiste aurait adhéré sans hésiter au parti, est-ce que Lee Harvey n’était qu’un simple informateur pour l’agence de renseignements américaine? Jusqu’à maintenant rien n’indique le contraire.

    Dans quelques heures, il devait quitter l’Union soviétique car son visa venait à expiration. En après-midi, il devait faire une dernière tournée touristique avec son guide. Son guide l’attendait, mais Lee ne se présentait pas. Elle alla cogner à sa porte, aucune réponse. Elle alla chercher de l’aide, ils trouvèrent Lee dans la salle de bain, il avait tenté de s’ouvrir le poignet. " La coupure n’était pas plus qu’une égratignure; la veine n’avait pas été touchée ".

    Il passa près d’une semaine à l’hôpital Botkin à Moscou. C’était certainement pour mieux le surveiller. Il insista toujours sur sa demande, il voulait à tout prix rester en U.R.S.S. Surtout, il avait informé les autorités soviétiques son intention de dévoiler quelques secrets. Mais du côté soviétique, on croyait :

    Peut-être est-il suivi par quelqu’un aux Etats-Unis, etc. Oswald ne l’avait pas dit, mais il en donnait l’impression. D’avoir peur de rentrer ".

    Dès sa sortie de l’hôpital, il démontra aux Soviétiques sa véritable intention de demeurer en Union soviétique. Il alla au consulat américain et rencontra le consul Richard E. Snyder. Il lui remit une lettre disant qu’il voulait renoncer à la citoyenneté américaine. Le consul tenta de le convaincre du contraire, mais en vain. Le consul l’informa qu’il devrait revenir lundi car le samedi, jour de la venue d’Oswald, les bureaux étaient fermés et aucune révocation de citoyenneté ne pouvait être traitée. Lee n’est jamais revenu au consulat pour remplir les formalités d’usage.

    C’est alors que l’attaché naval communiqua aux Opérations Maritimes l’intention d’Oswald de livrer aux Soviétiques des informations concernant les radars.

    Bizarrement, les archives montrent qu’une semaine avant l’envoi de ce message, le même attaché naval avait déjà télégraphié à Washington au sujet d’Oswald. On pourrait facilement croire qu’il y a eu une erreur dans les dates et qu’Oswald était venu à l’ambassade une semaine auparavant, le samedi 24 octobre. Cela rendait la demande de conseil de Richard Snyder, sur la procédure de révocation de citoyenneté, plus compréhensible. Malheureusement, cela impliquerait aussi que le visa d’Oswald aurait expiré le jour même de son arrivée et qu’il serait tailladé le poignet avant même qu’on lui refuse l’autorisation de rester ".

    Ce n’est qu’à l’aube de l’année 1960 que les Soviétiques accordèrent l’autorisation à Oswald de demeurer sur leur territoire à titre de résident permanent. Ils l’envoyèrent à Minsk en Biélorussie. Le KGB fit enquête sur ce frêle américain. Les autorités locales s’occupèrent de Lee et lui trouvèrent un boulot à l’usine radio de Minsk où il sera payé 700 roubles par mois. Il fut embauché comme régulateur.

    Et un soir lors d’une soirée dansante, Lee rencontra Marina Nikolaeva Prusakova, une jeune préparatrice en pharmacie. Il remarqua la jeune femme de dix-neuf ans qui venait à peine de faire son entrée dans la salle. Il invita Marina à danser. Elle croyait que Lee venait des pays baltes par son accent. Elle découvrit plus tard que c’était un Américain. Ils dansèrent toute la soirée. Ensuite, ils se joignirent au groupe et allèrent chez l’un de leurs amis. C’est à ce moment que Marina apprit que Lee était un transfuge.

    Lee se mit à parler des États-Unis et Marina contesta les propos de ce jeune Américain.

    Il disait beaucoup de bien de son pays et de façon très intéressante. J’étais contente qu’il veuille me montrer son pays sous son meilleur jour […] Mais il disait très fièrement qu’en Amérique les appartements étaient plus beaux, moins surpeuplés, qu’il y en avait pour tous les goûts dans les magasins à condition d’avoir de l’argent. Il disait aussi que l’Amérique était plus démocratique et que tout le monde pouvait dire ce qu’il pensait dans la presse, à la radio, ou à la télévision ".

    Étrange qu’un nouveau transfuge parle ainsi de son pays, Oswald était-il devenu un nouvel ambassadeur américain? Lee continua à fréquenter Marina et alla même à la proposer en mariage. Ils se marièrent le 30 avril 1961.

    Oswald en avait plus qu’assez de la vie soviétique. Il estimait que la bureaucratie de l’Union soviétique était une perversion du socialisme. Une lutte effrénée s’engagea avec la bureaucratie soviétique afin de sortir du pays.

    Lee et Marina eurent un premier enfant, une petite fille qu’ils nommèrent June. Le couple rentra aux États-Unis le 1er juin 1962, après une lutte laborieuse avec les autorités soviétiques. Selon son épouse, Lee fut « débriefé » par un agent du FBI.



    U. S. A.

    Dès son retour aux États-Unis, le couple Oswald s’installa au Texas. Oswald fit la connaissance d’un curieux personnage, George De Mohrenschildt. Cet homme était employé comme ingénieur dans une compagnie pétrolière texane. Celui-ci avait comme ami George Herbert Bush, qu’il surnommait respectueusement « Poppy ». Les connaissances de De Mohrenschildt ne se limitaient pas uniquement au futur 41e président des États-Unis. Dans son carnet d’adresses, on retrouvait le nom de Lyndon Baines Johnson, vice-président sous Kennedy, sans oublier le directeur du FBI, J. Edgar Hoover. Il y avait aussi des magnats du pétrole, mais également Jean DeMenil, de la Schlumberger Wells Service Company. Cette dernière avait comme raison sociale l’évaluation de la nature des sols pour le compte des compagnies pétrolières. Elle se servait d’explosifs et d’instruments de mesures géologiques afin de déterminer la nature du sol. À l’été 1963, un de ses entrepôts s’était fait dévaliser, et des explosifs avaient été volés.

    Comment se fait-il que De Mohrenschildt se trouvait avec un jeune homme comme Oswald, diamétralement opposé quant à son statut social et à son éducation? De Mohrenschildt était comme un « baby sitter ». Était-il un agent de la CIA?

    L’auteur Jim Marrs explique que la CIA avait utilisé De Mohrenschildt afin de débriefer Oswald. Le débriefing est une séance au cours de laquelle un agent d’exécution rend compte de sa mission. Ainsi, même après son séjour en URSS, Oswald est demeuré en contact avec des membres de la CIA. Gary E. Taylor, une connaissance d’Oswald, a témoigné devant la Commission Warren et a affirmé :

    "Si Oswald avait obtenu de l’aide pour comploter dans l’assassinat du président, elle serait venue plus probablement selon moi de la part de George De Mohrenschildt. "

    Oswald se trouvait des emplois, mais ne les gardait pas. En juillet 1962, il avait trouvé un emploi à Fort Worth dans une entreprise de métal. Son employeur était satisfait de son rendement, mais Oswald affirma à son épouse qu’il avait été congédié. En fait, c’est lui qui avait quitté volontairement son emploi. Le couple déménagea ensuite à Dallas. En octobre 1962, il se rendit au bureau d’emploi du Texas. Le 11 octobre, il se trouva un emploi dans une firme de photographie, un travail qui le passionnait. Cependant, la Commission Warren soutenait que Lee avait perdu son emploi en raison des journaux communistes qu’il lisait. Son employeur n’eut pas le choix; il dut le congédier.

    Il avait de la difficulté à se trouver un emploi, mais cela ne l’empêcha pas d’acheter, en février 1963, une carabine italienne par la poste. Il acheta par bon postal la Mannlicher‑Carcano 6,5 avec une lunette d’approche grossissant quatre fois. Il commanda sa carabine chez Kleins Sporting Goods, au nom de A. Hidell, P.O. Box 2915, Dallas (Texas). Il reçut sa carabine le 20 mars 1963. Le dimanche 31 mars, il demanda à Marina de le prendre en photo avec sa carabine, en tenant dans sa main droite un journal gauchiste, The Militant & The Worker. La photo fera la une du magazine Life du 21 février 1964. Oswald aura même dédicacé la photo en inscrivant à l’arrière : « Hunter of Fascists » (Le chasseur de fascistes).

    Le mercredi 10 avril, il prit sa Mannlicher et tenta d’éliminer le général à la retraite, Edwin A. Walker, un homme reconnu pour ses idées d’extrême-droite. Vers 9 h, Oswald visa le général, qui était assis à son bureau. Il tira une balle, qui n’atteignit jamais sa cible. La balle percuta le rebord de la fenêtre et ricocha au-dessus du bras du général.

    Oswald revint chez lui. Il était tout pâle, selon les dires de son épouse. Il était très nerveux et transpirait abondamment. Marina lui demanda des explications, surtout qu’elle avait trouvé dans un placard une note avec une clé.

    On retrouvait sur la note une liste de directives :

    1. Voici la clé de la boîte postale se trouvant à la poste principale de la ville, Ervay Street…
    2. Envoie l’information sur ce qui m’est arrivé à l’ambassade (russe) et joins les coupures de journaux (si on parle de moi dans les journaux). Je crois que l’ambassade viendra t’aider.
    3. J’ai payé le loyer jusqu’au 2, ne t’inquiète pas.
    4. J’ai payé l’eau et le gaz.
    5. L’argent de mon salaire va arriver. Il sera envoyé à notre boîte postale. Va à la banque et encaisse le chèque.
    6. Tu peux jeter ou donner mes vêtements.
    7. Certains de mes documents sont dans la petite valise bleue.
    8. Le carnet d’adresses se trouve dans mon bureau sur la table au cas où tu en aurais besoin.
    9. Nous avons ici des amis. Et la Croix-Rouge t’aidera aussi.
    10. Je t’ai laissé tout l’argent que j’ai pu, 60 dollars… Toi et June…
    11. Si je suis vivant et fait prisonnier, la prison municipale se trouve au bout du pont par où nous passons toujours pour aller en ville…

    Était-ce une répétition avant les événements du 22 novembre 1963?

    Il mit le cap sur la Nouvelle-Orléans. C’est dans cette ville que le personnage d’Oswald s’est forgé. Il rencontra Guy Banister, un ex-agent du FBI qui détenait une agence de détective. C’est également là, dans les bureaux de Banister, qu’il fit la connaissance de David Ferrie, un gars qu’il avait connu dans le Civil Air Patrol en 1955. Il fit également la connaissance de Clay Bertrand, un type avec un niveau de vie très élevé. Il était directeur du International Trade Mart de New Orleans.

    Tantôt il collaborera avec des anticastristes, tantôt avec une organisation procastriste qu’il mit sur pied, le Fair Play for Cuba, et dont il était le seul membre. Oswald devint de plus en plus mystérieux, le temps de tramer son personnage. Il alla au Mexique afin d’obtenir un visa pour Cuba, visa qu’il n’obtiendra jamais. Il revint vivre à Dallas. Il se loua une chambre en banlieue de Dallas, car le couple connaissait des ratés et les problèmes se multipliaient. Cependant, la logeuse d’Oswald n’aimait pas les gens qui parlaient une autre langue que l’anglais. Oswald téléphonait à Marina et lui parlait en russe, ce qui déplaisait énormément à la dame. Elle lui demanda de partir. Lee se trouva un nouvel endroit. Il alla se nicher au 1026 North Beckley Street à Oak Cliff. Il tenta de décrocher un boulot. Il s’efforçait de soutirer un emploi comme typographe. Toutefois, il avait donné comme référence Jaggars-Chiles-Stovall, l’entreprise de photographie qui l’avait engagé, mais l’avait congédié comme fauteur de troubles.

    Mme Paine, chez qui logeait Marina, joua un rôle important dès le retour de Lee à Dallas, un rôle presque aussi grand que son témoignage effectué devant la Commission Warren. C’est cette dame dévouée qui procura le travail à Oswald au Texas School Book Depository. Le 15 octobre, il rencontra Roy Truly, responsable du personnel. Il embaucha Oswald comme magasinier à 1,25 $ l’heure. Le lendemain, Lee travaillait au 411 Elm Street.

    Marina donna naissance à une autre fille. La vie d’Oswald allait prendre un nouvel envol. Il était devenu un père modèle avec plein d’amour pour ses filles. Elle portera le nom d’Audrey Marina Rachel Oswald.

    Le 1er novembre, Oswald allait recevoir une visite qui allait bousculer sa vie. C’était l’agent du FBI, James P. Hosty. C’est encore Mme Paine qui s’occupa de l’agent, car Marina était aller se faire coiffer et Lee était au travail. Il faut se demander comment cet agent a pu obtenir l’adresse de Mme Paine à Irving. La dernière adresse d’Oswald inscrite dans son dossier était celle de Neely Street.

    Fidèle à son habitude, Ruth Paine répondit aux interrogations de Hosty. Marina arriva et l’agent lui posa quelques questions. Elle lui demanda de ne pas causer de tort à son époux, qui venait à peine de se trouver un emploi.

    Lee apprit la visite de l’agent du FBI et son comportement devint quelque peu troublé. Il donna des directives à Marina afin qu’elle puisse lui décrire la voiture, comme sa couleur et le nombre de portières, et lui demanda surtout de bien noter le numéro de la plaque d’immatriculation.

    Le 5 novembre, l’agent Hosty revenait à la demeure de Ruth Paine. Il lui demanda son opinion sur Oswald et si elle pensait qu’il avait des problèmes de santé mentale. Maintenant, le FBI s’intéressait à la santé psychologique d’Oswald.

    Lee, incommodé par la visite du FBI, téléphonait plus régulièrement chez les Paine pour demander si le FBI était passé. Marina attendit la visite du week-end de Lee pour lui faire part de la visite de l’agent Hosty. Lee fut encore plus tourmenté que la première fois. Il demanda à Marina si elle avait observé la voiture de l’agent fédéral. Elle n’avait que noté la plaque d’immatriculation.

    Il écrivit une lettre à l’ambassade de l’URSS. Il rapporta le nom de l’agent du FBI et souligna le fait que le FBI ne s’intéressait pas encore aux activités du Fair Play for Cuba. Il dénigrait également les méthodes employées par le FBI. Pourquoi Lee décida-t-il d’écrire à l’ambassade soviétique? Était-ce une stratégie pour les événements futurs?

    Une semaine après la seconde visite d’Hosty chez les Paine, Oswald se rendit au bureau du FBI. Il voulait s’entretenir avec l’agent Hosty, mais celui-ci n’était pas au bureau. Il lui laissa une note.

    On n’a jamais su exactement ce que pouvait bien renfermer cette note. Le supérieur de l’agent Hosty, Gordon Shanklin, lui demanda de la détruire. Pourquoi? Était-ce une menace contre le FBI? Était-ce une note sur ce qui se tramait à Dallas? Ni Shanklin ni Hosty ne purent répondre à cette question bien simple : Que contenait la note d’Oswald?

    Le 17 novembre, Marina, par l’entremise de Mme Paine, tenta de joindre Lee au téléphone. Il ne s’était pas présenté de tout le week-end chez les Paine et elle était inquiète. Malheureusement, il n’y avait aucun nom qui correspondait à un Lee Harvey Oswald. Marina était furieuse. Le lendemain, Lee contacta Marina. Elle était encore exacerbée. Oswald dut avouer qu’il n’habitait pas chez sa logeuse sous son vrai nom. Il avait employé le nom de O.H. Lee. Marina était encore sous le choc.



    L'attentat contre JFK

    Il est difficile de cerner l’emploi du temps d’Oswald entre le 15 et le 21 novembre. Tout le monde s’accorde pour dire que le jour, Lee se rendait au travail. Mme Earlene Roberts a affirmé devant la Commission Warren qu’elle n’avait jamais vu Oswald sortir le soir. Le mardi 19 novembre, le quotidien The Dallas Times Herald publia le parcours que devait emprunter le cortège présidentiel. C’est en lisant ce journal qu’Oswald a su que le président passerait sous les fenêtres de l’entrepôt où il travaillait. Tous les employés ne parlèrent que de cet événement.

    Le 21 novembre, Oswald changea ses habitudes. Il demanda à Wesley Frazier de le reconduire chez Ruth Paine. Habituellement, Oswald jouissait du privilège que lui offrait Frazier pour le reconduire chez les Paine lors du week-end. Ce jour là, il donna comme raison qu’il devait quérir des tringles à rideaux pour sa pension de Oak Cliff.

    Lee tenta de se réconcilier avec Marina à la suite de la question de son identité chez sa logeuse. Il alla se coucher vers 21 heures, Marina le suivit vers 22 heures.

    Le matin du 22 novembre, Lee partit rejoindre son ami Frazier. Il avait posé sur la commode la modique somme de 170 dollars et dans une tasse, il avait déposé son alliance. Tenta-t-il d’attirer l’attention de Marina afin qu’elle communique avec lui sur son lieu de travail?

    Selon un témoin, Lee portait sous son bras un long paquet qui semblait lourd. Il le déposa sur la baquette arrière de la voiture de Frazier. En sortant la voiture de la cour, Frazier jeta un œil à l’arrière et vit le paquet sur sa banquette. Il demanda à Lee ce que contenait le paquet. Oswald lui répondit que c’était des tringles à rideaux.

    Le collègue d’Oswald stationna sa voiture derrière le dépôt. Lee prit son paquet en le maintenant sous son bras. Ce paquet, selon la Commission Warren, devait contenir la Mannlicher-Carcano. Frazier marchait derrière Oswald et celui-ci tenait toujours son paquet sous son bras.

    À 8 h 30, Roy Truly, le responsable de l’entrepôt de livres, vit Oswald effectuant son travail. Il faut noter qu’au 6e étage du dépôt de livres, des travailleurs effectuaient des réparations au plancher.

    Oswald travaillait au 6e étage, soit sur le même étage où cinq travailleurs exécutaient des travaux. Ces travailleurs quittèrent l’étage pour aller casser la croûte. Oswald fut aperçu au 5e étage par ces ouvriers qui prenaient le monte-charge jusqu’au rez-de-chaussée. L’un d’eux dut remonter, ayant oublié son veston et ses cigarettes. Il revit Oswald, toujours au 5e étage, près de la grille du monte-charge.

    Bonnie Ray un, employé du dépôt décida de dîner à la fenêtre du 6e étage car, selon lui, c’était le meilleur endroit pour observer le président passer sous la fenêtre. Il attendait ses autres collègues, mais ceux-ci avaient décidé de rester au 5e étage. Il rejoignit ses collègues aux fenêtres sud-est du 5e étage, vers 12 h 20.

    Dealey Plaza fourmillait de monde. Le cortège tourna sur Houston Street, puis descendit Elm Street. Un premier coup de feu éclata. Plusieurs le confondirent avec la pétarade d’une motocyclette. Il fut suivi d’un second coup de feu. La limousine ralentit dangereusement; la tête de JFK éclata. Mme Kennedy, prise de panique, monta sur le coffre arrière de la Lincoln. Un garde du corps rejoignit l’épouse du président, qui reprit sa place aux côtés de son époux, blessé mortellement.

    Un agent de police faisant parti du cortège pénétra dans l’entrepôt de livres et rencontra le directeur du dépôt. Il monta d’un étage et aperçut Oswald prendre une boisson gazeuse. Le policier demanda à Truly s’il le connaissait. Truly se porta garant d’Oswald en affirmant que c’était l’un de ses employés.

    Lors de son interrogatoire devant la Commission Warren, le policier Baker allégua qu’Oswald n’était pas nerveux, ne transpirait pas et n’était nullement essoufflé. Tout le contraire de l'attentat raté contre le général Walker au printemps.

    Oswald sortit du dépôt par la porte principale. Une importante confusion régnait sur Dealey Plaza. Il décida de prendre l’autobus, mais celle-ci fut prise dans un embouteillage monstre. Oswald jugea qu’il était préférable de prendre un taxi. Il monta à bord, juste au moment où une vieille dame voulait le prendre. Il s’apprêtait à céder sa place à la dame, mais elle lui répondit que le chauffeur lui en appellerait un autre.

    La course du taxi prit fin au 500 North Beckley et Oswald fit le reste à pied. En arrivant à sa pension, sa logeuse, Mme Roberts le vit entrer précipitamment. Il s’engouffra dans sa chambre, prit un blouson et un revolver. Il était encore dans sa chambre lorsque Mme Roberts remarqua une voiture de police s’arrêter juste devant chez elle. La voiture se mit à klaxonner, puis elle repartit brusquement. Oswald sortit de sa chambre. Mme Roberts l’informa qu’on avait tiré sur le président, mais ne fit aucun cas de cette information.

    La logeuse regarda par la fenêtre et vit Oswald sur le bord du trottoir à l’arrêt d’autobus. C’est la dernière fois qu’elle l’aperçut. Selon la Commission Warren, Oswald a dû marcher 1,5 kilomètre pour se retrouver sur la 10th Street. Le signalement du tireur fut donné sur les ondes de la police. Vers 12 h 45, un agent de police vit un homme marcher sur la 10th Street. Cet homme correspondait au signalement diffusé sur les ondes. Le policier ralentit et décida de s’arrêter. Oswald s’appuya sur la fenêtre de la voiture et causa avec ce policier. Celui-ci sortit de la voiture. Avant même qu’il ne puisse dégainer, toujours selon la Commission Warren, Oswald abattit le policier J. D. Tippit, qui mourut sur le coup.

    Et selon la commission, Oswald prit la fuite. Il remonta Jefferson Street. Pris de panique, il s’introduisit dans un magasin. Il décida par la suite de se faufiler dans le Texas Theater. On y présentait les films Cry of Battle avec Van Heflin et War is Hell. Il est certain qu’Oswald n’allait pas au cinéma pour apprécier la performance de Van Heflin.

    Les policiers convergeaient au Texas Theater. Le propriétaire désigna Oswald qui n’avait pas payé. Ils commencèrent par contrôler les autres cinéphiles. L’agent Macdonald arriva près d’Oswald; celui-ci bondit et frappa le policier, qui tomba dans l’allée. Les autres policiers accoururent et maîtrisèrent Oswald. On lui passa les menottes. Oswald clamait qu’il ne résistait pas à son arrestation. Plusieurs badauds s’étaient assemblés à l’entrée du cinéma. La police de Dallas venait d’arrêter le tueur de Tippit.

    Oswald fut interrogé par les policiers. Une arme fut trouvée au 6e étage du Texas School Book Depository. Aux petites heures, le samedi, la police organisa une conférence de presse avec Oswald.

    J’ai été interrogé… Mais j’ai protesté à ce moment-là pour dire que, pour ce charmant petit interrogatoire, on ne m’avait pas accordé l’assistance d’un avocat. Je ne sais vraiment pas de quoi il s’agit. Personne ne m’a rien dit, sauf que je suis accusé d’avoir tué un policier. Je ne sais rien de plus. Ce que je demande, c’est qu’un avocat vienne me représenter.

  8. Avez-vous tué le président?
  9. Non. Je n’ai pas été accusé. En fait, personne ne m’a encore rien dit. La première fois que j’en ai entendu parler, c’est quand les journalistes m’ont posé la question dans le couloir.
  10. Vous êtes accusé! Oswald, vous êtes accusé.
  11. Le visage d’Oswald se transforme. Il réalise qu’on vient de l’accuser de l’assassinat de Kennedy. On le ramène à sa cellule et un journaliste lui demande : « Qu’avez-vous à l’œil M. Oswald? » Il se penche vers lui et répond sèchement :« Un flic m’a frappé. »

    Bientôt, on fit le lien avec l’arme retrouvée et Oswald. Ainsi, il venait d’être accusé du meurtre de Tippit, d’avoir blessé le gouverneur Connally et d’avoir assassiné le 35e président des États‑Unis.

    Oswald sera interrogé pendant 15 heures. Le dimanche 24 novembre, vers 11 h 20, on se prépara à le transférer à la prison du comté. La police de Dallas prit des mesures exceptionnelles pour la protection du présumé assassin du président Kennedy.

    Oswald fut amené dans le sous-sol, où une voiture l’attendait, mais il n’y parviendra jamais. Un propriétaire de bar, un dénommé Jack Rubenstein, mieux connu sous le nom de Jack Ruby, ouvrit le feu sur Oswald, qui était menotté à deux policiers. Oswald, blessé sérieusement à l’abdomen, fut ramené à sa cellule. Un policier lui fit un massage cardiaque. Il fut transporté à l’hôpital Parkland. Oswald ne parlera plus; il succomba à sa blessure. Il est mort dans la même salle que le président Kennedy, deux jours plus tôt.

    Oswald emporte avec lui ses secrets et toute la vérité sur ce qui s’est vraiment passé, le vendredi 22 novembre 1963. Jamais il n'aura avoué avoir tué Tippit et encore moins d'avoir assassiné le président Kennedy.

    Le lundi 25 novembre, il fut inhumé au cimetière Shannon Rose Hill à Fort Worth (Texas). Oswald a-t-il assassiné John F. Kennedy? Était-il vraiment un bouc émissaire, comme il l’a affirmé lui‑même dans les locaux de la police de Dallas? Oswald ne pourra plus jamais répondre à cette interrogation, car Jack Ruby aura fini le boulot.



    Personnages importants dans l'entourage immédiat d'Oswald:
    Marina Oswald épouse de Lee.
    Ruth Paine, c'est elle qui a logé Marina lorsque Lee est allé à la Nouvelle Orléans.
    George DeMorenschildt ami du couple Oswald et fort probablement le mentor de Lee Harvey.
    Earlene Roberts logeuse de Lee Harvey au 1026 North Beckley Street.
    James Hosty agent du FBI enquêtait à Dallas sur le cas Oswald.
    Wesley Frazier voisin des Paine et a reconduit Lee Harvey au dépôt le matin du 22 novembre 1963.
    Jack Rubenstein mieux connu sous le nom de Jack Ruby assassina Oswald dans les locaux de la police de Dallas.

    Pour continuer