JFK n’a pas seulement hérité de l’affaire de la Baie des Cochons fomentée par l’administration Eisenhower, elle lui a légué aussi le Vietnam. Un conflit qui coûta excessivement cher aux Américains, autant du côté économique, social et politique.
L’origine du conflit vietnamien survient après la Seconde guerre mondiale. Lorsque les deux grandes Métropoles que représentaient à l’époque l’Angleterre et la France ont vu leurs colonies aspirer à l’indépendance. Le Vietnam, colonie française, n’a pas échappé à l’inspiration de l’autodétermination.
Le mouvement vietnamien dirigé par le leader révolutionnaire, Hô Chi Minh, profita de la reddition japonaise qui occupait jusqu’à la fin de la guerre le territoire vietnamien. Hô Chi Minh s’empara d’Hanoi, la capitale du Nord.
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| Hô Chi Minh le leader de la révolution |
L’empereur Bao Dai qui avait été placé sur le trône par les Japonais, abdiqua et devint conseiller spécial du premier gouvernement de la nouvelle République Démocratique du Vietnam.
La déclaration d’indépendance fut faite unilatéralement à Hanoi en septembre 1945. Bao Dai déclara à la foule :
Cette déclaration jeta le fondement d’un conflit entre la Métropole française et le nouveau gouvernement vietnamien.
Les Français durent capituler après un siège de 55 jours. C’est en juillet 1954 grâce aux accords de Genève que la France et la République Démocratique du Vietnam mirent fin officiellement au conflit.
La Grande-Bretagne, l’URSS, les États-Unis, la Chine populaire, le Laos et le Cambodge avaient participé aux discussions sur l’avenir des colonies en Indochine.
Suite à ces discussions l’indépendance du Laos; du Cambodge et du Vietnam furent reconnue. Le Vietnam était partagé en deux zones à partir du 17e parallèle. La réunification du pays devait s’effectuer après les élections qui devaient être organisées en 1956, comme le prévoyaient les Accords de Genève.
Malheureusement cette élection référendaire sur l’unification du pays avait été sabotée. Le président Dwight D. Eisenhower soutenait le président Ngo Dinh Diêm, il était un anticommuniste, contrairement à Hô Chi Minh qui avait amené le Vietnam à l’autodétermination. La philosophie de Minh se rapprochait de celle des Soviétiques. La CIA avait participé aux efforts de sabotage des élections.
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| Ngo Dinh Diêm soutenu par les Américains |
C’est à partir de l’arrivée de Diêm au pouvoir que les États-Unis se sont engagés progressivement dans le conflit du Vietnam. Jusqu’en 1963, les États-Unis s’étaient contentés d’envoyer des conseillers militaires. À la fin de soixante-trois, 16 500 Américains se retrouvaient au Vietnam. Ils étaient nombreux à prendre part à des combats, sous l’administration de Kennedy 78 perdirent la vie.
Au début de sa présidence, Kennedy avait été échaudé par l’affaire de la Baie des Cochons, il préféra employer une campagne antiguérilla au Laos. Il préférait mieux s’engager au Vietnam. Surtout plus d’un million de réfugiés avaient fui le communiste. Pour le président, le Vietnam était le « bon endroit ».
Il envoya à Saigon, le vice-président Johnson qui dû se faire prier. Il était accompagner par la sœur du président, Jean Kennedy et de son époux Steve Smith.
À son retour, Johnson conseilla au président de soutenir à fond Diêm. Un an plus tard c’est au tour de l’Attorney Général des États-Unis, Robert F. Kennedy, d'aller au Vietnam. Il déclara :
Le président se méfiait de la mentalité militaire. Cependant avec le Vietnam, JFK avait donné carte blanche au Pentagone dans le dossier. Contrairement à la crise des missiles à Cuba, il avait opté pour la mise en « quarantaine ». Le président avait gagné son pari. Ce fut une grande victoire politique, mais le Vietnam n’était jusqu’à présent pour son administration qu’une guerre locale. Le président a tenté, selon un expert du Vietnam, de limiter l’usage massif du napalm, des défoliants et des mines antipersonnel sans toutefois y parvenir.
La politique de Kennedy se limitait qu’à sauver le Vietnam, les universitaires et les journaux américains ne s’opposaient pas encore à la politique du président.
Sa politique allait changer radicalement en 1963. La guerre se transformait peu à peu en une guerre américaine.
Un spécialiste de la guerre du Vietnam qui avait siégé au sein du Conseil national de la sécurité déclara en 1978 devant un comité d’enquête :
Malgré tous les moyens déployés les résultats ne répondaient pas aux attentes de l’administration Kennedy. Était-ce vraiment le résultat décevant qui amena le président à changer sa politique au Vietnam?
Selon un journaliste Charles Bartlett qui interrogea le président concernant le Vietnam. Kennedy lui répondit :
La guerre au Vietnam devenait maintenant un enjeu électoral. Il avait affronté directement les Soviétiques à Cuba, mais au Vietnam c’était une toute autre affaire. Le président usa d’un stratagème et accueilli dans ses rangs, un républicain bien convaincu, Henry Cabot Lodge. Qu'il nomma comme ambassadeur au Vietnam. De plus, Kennedy ne croyait pas que les États-Unis aient beaucoup d’avenir au Sud-Vietnam, mais qu’ils devaient y rester jusqu’au élections de 1964.
Ce qui préoccupa davantage Kennedy était une sale rumeur qui circulait à l’effet que Diêm avait entrepris des pourparlers avec le Nord. Le nouvel ambassadeur et le président prirent au sérieux les démarches du Sud Vietnam, ce qui allait à l’encontre de la politique américaine menée depuis 1954. JFK ne faisait plus confiance à Diêm.
Surtout que les relations entre Diêm et les Américains devenaient tendues. En mai 1963, la guerre du Vietnam pris un tournant important lorsque Diêm ordonna à ses troupes d’ouvrir le feu sur des moines bouddhistes. Ceux-ci protestaient contre la répression religieuse. Le leader vietnamien poussa l’audace à envoyer ses hommes dans les temples bouddhistes afin de détruire des caches d’armes.
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| Un moine qui s'immole par le feu sur la place du marché à Saigon |
En juin à Saigon un bonze s’immola par le feu, la photo fut publiée dans tous les grands journaux américains. Ceci plaça le président dans une situation inconfortable, il devait maintenant faire quelque chose afin de rétablir la situation. La solution ultime était de remplacer Diêm à la tête du gouvernement vietnamien. En dépit du nationalisme et de l’anti communiste de Diêm, le leader vietnamien ne répondait plus aux attentes de l’administration Kennedy.
À l’époque personne n’était au courant de cette machination qui se tramait à Washington, mais avec les « Pentagon Papers » et des documents déclassifiés, on apprit que la CIA et le général Duong Van Minh ont collaboré ensemble.
Selon des témoignages, JFK tenta d’empêcher l’assassinat de Diêm en lui offrant le droit d’asile. La rumeur des pourparlers informels entre le Nord et le Sud devenait plus persistante. Il n’était pas question pour les Américains, du moins pas avant, les élections présidentielles de 64 de quitter le Vietnam.
Le 12 septembre 1963, le président Kennedy déclara publiquement lors d’une conférence de presse :
Le processus du coup d’état s’enclenchait. Le cabinet de Kennedy se trouva scindé, le fossé entre les factions s’élargissait. L’histoire des missiles de Cuba en octobre 1962 avait plongé le gouvernement dans une crise qui avait laissé des marques profondes. Le Vietnam plongea ce même cabinet dans un schisme encore plus inquiétant que la crise des missiles.
La faction « Pro-Diêm » recommanda une série de sanctions, y compris le retrait éventuel d’un millier de « conseillers » américains et une diminution de l’aide-économique.
Ce compromis qualifié comme tel par le secrétaire à la Défense Robert McNamara : « Cette position entraînerait une réconciliation avec Diem ou le renversement de celui-ci ».
C’est à partir de ce compromis qu’est apparu le fameux Mémo # 263 du National Security Action qui prévoyait un retrait de 1 000 hommes à la fin de 1963. Ceci représentait qu’un retrait minime. Sachant que Kennedy avait des intentions bien arrêtées pour les élections de 1964. Ceci pourrait satisfaire l’électorat américain pro-paix.
Robert Kennedy qui avait joué un grand rôle dans l’affaire des missiles prit position contre Diêm. Il exigea même des sanctions brutales. Il lança :
L’Attorney général avait déjà façonné des projets d’assassinat contre Castro, et maintenant, il jeta tout son poids dans un plan pour éliminer Diem. Le général Maxwell Taylor avait déjà prévenu l’administration que :
Venant d’un militaire cette déclaration prouve que l’administration Kennedy était passablement divisée sur l'intervention. La solution la plus facile était un retrait pur et simple, mais JFK ne voulait pas affronter les Républicains sur cette question. Pourtant, il avait admis dans ses rangs Cabot Lodge et les Républicains auraient leur part de responsabilité dans la décision. Le 2 novembre 1963 eut lieu le coup d’état et Diêm fut assassiné. Le New York Times titrait le 4 novembre :
Pourtant Diêm ne représentait pas une menace politique pour les États-Unis. Il n’avait rien d’un Fidel Castro sauf qu’il était nettement plus vulnérable que lui.
Selon plusieurs spécialistes qui se sont penchés sur la question :
Kennedy n’aura plus à se soucier d’affronter l’électorat américain concernant la question vietnamienne, 20 jours après l’attentat de Diem, des coups de feu éclatèrent au Texas sur la place Dealey.
Après que les coups de feu se sont tus, les inquiétudes de JFK sur le Vietnam venaient de s’estomper.
On connaît la suite des événements, après l’assassinat de Kennedy à Dallas, les États-Unis se sont enlisés au Vietnam comme l’avait prédit le général Taylor. La guerre locale s’était transformée en guerre américaine.
Robert Kennedy accorda en 1964 une interview, celle-ci est conservée par bibliothèque de son frère. L’Attorney général écorcha l’entourage de JFK. Seymour Hersh dans son livre : La face cachée du clan Kennedy cite l’entrevue effectuée par Robert.
Il conclu son entrevue en affirmant que :
Le président Kennedy n’a pas voulu envoyer de troupe à Cuba, en aurait-il fait autant au Vietnam?
La théorie des dominos avait inspiré les administrations d’Eisenhower; de Johnson, de Nixon et de Kennedy.
Le retrait des troupes, même en partie comme l’avait espéré Kennedy ne fut que spéculation. Johnson qui a succédé à Kennedy a gardé en place le secrétaire de la Défense, Robert McNamara, et le secrétaire d’État, Dean Rush. Ils ont suivi allègrement le président Johnson dans l’intensification des combats au Vietnam.
Le mouvement d’opposition a débuté timidement en 1964, la guerre du Vietnam a reçu une couverture médiatique sans précédent. Les médias ont contribué à la montée du mouvement pacifiste. Les images des corps des soldats tués au Vietnam revenant aux États-Unis se succédaient à un rythme effréné. Depuis ce temps, l’armée a gardé un contrôle sur les images diffusée, encore aujourd’hui en Irak, le contrôle est bien exercé.
Johnson s’est embourbé et a vu la population américaine protestée contre cette guerre. Il avait largement gagné les élections de 64, mais décide de ne pas se représenter pour les présidentielles de 68. Robert F. Kennedy se lança dans la campagne, mais ne parviendra jamais au sommet de son frère. Il fut abattu à son tour à Los Angeles, après une belle victoire aux primaires de la Californie. Celui qui avait fomenté pour assassiner Castro et Diem devenait la victime.
Richard Nixon remporta facilement la victoire sur le candidat démocrate, Hubert Humphrey qui n’a pu rallier ses troupes en novembre 68. La convention des démocrates à Chicago avait laisser un goût amer. La police de la ville employa une force démesurée pour contenir les manifestants anti-guerre.
Nixon avait un plan secret pour terminer la guerre. Il mit en place une politique de lent désengagement. Ceci ne l’a pas empêché de bombarder intensément le territoire nord vietnamien.
Le président Nixon organisa un coup d’état au Cambodge afin de renverser le roi Sihanouk. Du déjà vu dans cette guerre. Celui-ci était accusé par l’administration Nixon de ne pas lutter contre les Viêt-Cong qui utilisaient le territoire cambodgien.
La guerre du Vietnam laissa des plaies béantes chez nos voisins du Sud. L’image d’un hélicoptère sur le toit de l’ambassade américaine quittant la ville de Saigon tombée aux mains des Viêt-Cong.
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| L'hélicoptère sur le toit de l'ambassade américaine à Saigon |
Ce gâchis aurait-il pu être évité?
Aujourd’hui, il est facile d’analyser les actions effectuées par les administrations qui ont succédé à Eisenhower. Avec les détails que nous connaissons, John F. Kennedy auraient pu mettre un terme à cette guerre. Malheureusement, son spectre pour les élections de 64, lui a altéré son jugement.
De peur d’affronter les Républicains sur la question vietnamienne, JFK a voulu attendre à plus tard. Même avec le renversement de Diêm, le Vietnam n’a pas résisté à l’invasion Viêt-Cong.
Il aurait fallu de l’audace et du courage pour retirer les conseillers militaires basés au Vietnam. Kennedy l’aurait-il fait après les élections de 1964?
Si on se base sur la politique de son successeur, Lyndon Baines Johnson qui a gardé avec lui les hommes de Kennedy, il est fort probable que le président Kennedy n’aurait pas retiré ses troupes.
Jugement facile, certes, mais de nombreux Américains ont péri dans ce pays du continent asiatique.
Profil et Courage en politique? JFK en a manqué une certaine dose dans le dossier vietnamien. Sa gestion dans l’affaire des missiles à Cuba fut adroitement tenue, mais au Vietnam, il a su donner raison à ses détracteurs. Kennedy s’est avéré n'être qu'un mythe.
Franklin Delano Roosevelt affirmait ceci :
Kennedy aurait-il gagné les élections présidentielles de 1964? Peut-être, mais une chose est certaine, il aura perdu la guerre du Vietnam.
| MILITAIRES TUES au VIETNAM | 58 178
| Militaires tués sous le président Kennedy | 78
| Militaires tués sous le président Johnson | 37 044
| Militaires tués sous le président Nixon | 21 056
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