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 Les premiers tours de manivelle
 
  

Gilles Parent
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Classic Car Source

Eventure : Electric Vehicle History

Micro Car History

 

Dossier : L'Automobile et l'environnement
Voiture et air frais… quelques décennies avant que la pollution ne devienne un problème.
Imaginons un cycliste en pleine action. Sa jambe effectue un mouvement de haut en bas. Transmis au pédalier, ce va-et-vient se transforme en un mouvement rotatif qui entraîne la roue du vélo. Si on remplace la force musculaire du cycliste par une explosion contrôlée, la jambe par un jeu de piston et de bielle, le pédalier par un vilebrequin, on obtient un schéma assez précis du fonctionnement d'un moteur à combustion interne. Simple? N'empêche qu'il a fallu plusieurs décennies avant que quelques principes de physique assez bien connus des scientifiques ne prennent la forme d'un moteur pouvant propulser une automobile.

Sans doute parce qu'il était plus évident de transformer la vapeur en une force motrice, c'est ce type d'énergie qui fut privilégié au départ. La vue d'une locomotive à vapeur en marche nous permet de comprendre une partie de son fonctionnement. On fait bouillir de l'eau avec un combustible, généralement du charbon, puis la vapeur obtenue est dirigée vers un cylindre où elle pousse un piston. Grâce à un système de valves, le piston se remplit et se vide successivement, et on obtient éventuellement un mouvement de va-et vient. Des bielles extérieures actionnent de gigantesques roues et c'est parti. Relativement simple, le moteur à vapeur présente de sérieux désavantages si on veut l'utiliser dans une automobile. Il est lourd, lent à mettre en marche et nécessite l'utilisation d'un combustible qui doit brûler à une température élevée.

Et si on éliminait la vapeur comme intermédiaire en se servant directement d'un combustible pour mouvoir les pistons? C'est peut-être la remarque que se sont passée les pionniers du moteur à combustion interne. Toujours est-il qu'à partir de 1860, les Lenoir, Beau de Rochas, Otto, Daimler, Benz, Maybach, De Dion, Bouton, Panhard, Levassor, Diesel et autres procèdent à la mise au point de moteurs de plus en plus performants. La plupart sont ingénieurs. Certains tomberont dans l'oubli. D'autres associeront leur nom à des marques connues: Daimler-Benz, Ford, Olds, Renault, etc.

1913 : sortie en famille sur quatre roues.
Mais avant que l'automobile dotée d'un moteur à essence envahisse les pays industrialisés, il y eut un court intermède où la voiture électrique connut une certaine popularité. Autour de 1890, on comptait aux États-Unis 10 millions de vélos, 25 millions de chevaux et ... 4 200 voitures. De ce nombre 40% étaient munies de moteur à vapeur, 22% de moteur à essence et 38% de moteur électrique. Lorsque le grand Thomas Edison se déplaçait en ville, il le faisait au volant d'une rutilante Studebaker électrique conçue spécialement pour lui. La propreté des voitures électriques, leur silence, la simplicité de leur mécanique et leur facilité de conduite les avantageaient par rapport à leur rivales à essence.

À partir de 1899, la Electric Vehicle Corporation décide de créer une conglomérat et achète à peu près toutes les entreprises qui produisent des voitures électriques aux États Unis. Après avoir possédé un actif de 18 millions de dollars, une somme énorme pour l'époque, elle fait lamentablement faillite en 1907. La faible puissance de ces véhicules et surtout leur autonomie restreinte mettent fin à leur production. En 1912, il y avait tout de même 34 000 automobiles électriques en circulation.

Deux hommes ont notamment contribué à planter les derniers clous du cercueil de l'auto électrique. D'abord, Charles F. Kettering, qui a mis au point le démarreur électrique en 1911. Avant cette invention, il fallait une certaine force physique pour actionner la manivelle des premiers moteurs à essence, ce qui les désavantageait. L'autre personnage, Henry Ford, est mieux connu. Même si les premières voitures de Ford ne possédaient pas de démarreur électrique, elles offraient un autre avantage incontournable: leur prix dérisoire. Le modèle T ne coûtait que 850 dollars en 1909 et 260 dollars en 1925. La voiture électrique, souvent très luxueuse et coûteuse, n'était tout simplement plus dans la course.

Création :01/05/1998
Dernière modification : 01/05/1998

 
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