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 La pollution à quatre pattes
 
  

Gilles Parent
gilpar@total.net

 
 

Dossier : L'Automobile et l'environnement Paradoxalement, la venue de l'automobile a contribué à assainir l'air des grandes villes, du moins à ses débuts. Il ne faut pas oublier que le transport s'effectuait jusque-là grâce aux chevaux. Or, ces gentilles petites bêtes produisent entre dix et quinze kilogrammes d'excréments chaque jour. Dans la seule ville de New York, on comptait 175 000 chevaux au début du siècle produisant 1,8 million de kilogrammes d'excréments par jour. De quoi donner naissance à des milliards de mouches! Les rues étaient certes nettoyées par des employés municipaux. (Au Québec, on les appelait les pousse-crotte!) Mais souvent, les excréments ramassés sont tout simplement rejetés dans les cours d'eau. Au printemps, au moment du dégel, les rues se couvraient d'un mélange de boue et d'excréments qui dégageait des odeurs nauséabondes. En été, une fine poussière contenant des excréments séchés causait ou amplifiait plusieurs maladies respiratoires ou intestinales, notamment chez les enfants qui jouaient à l'extérieur.

Puis, un bon jour, le cheval du laitier, du boulanger ou de monsieur-tout-le-monde finissait par mourir de sa belle mort. À New York, il en mourait ainsi 15 000 par année. Plusieurs étaient abandonnés sur place. Les services municipaux prenaient souvent plusieurs jours avant de venir cueillir le cadavre. On imagine les conséquences, surtout en plein soleil, au mois de juillet... À quoi ressemblerait New York ou Montréal aujourd'hui si les véhicules à traction animale étaient toujours rois de la route!

Sources :
Les Hommes du pétrole, Daniel Yergin, Stock, Paris 1991
«Transportation's Perrenial Problems», W. Wayt Gibbs, Scientific American, Oct 1997.

Création :20/04/1998
Dernière modification : 20/04/1998

 
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