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 L'Amérique fuit la ville
 
  

Gilles Parent
gilpar@total.net

 

Mapping Urban Sprawl

New Report Calls for End to Urban Sprawl

Study on Urban Sprawl

 

Dossier : L'Automobile et l'environnement
Lancée en 1956, la Ford Fairlane symbolise la liberté, la jeunesse, la modernité.

Tout commence avec la Révolution industrielle. Alors que le transport maritime est prédominant, c'est autour des ports que s'articulent maintenant les activités économiques. La population s'y concentre et seuls les bien nantis peuvent se permettre de s'établir un peu plus loin. Avec l'industrialisation, les travailleurs s'agglutinent autour des usines créatrices d'emplois. Le territoire urbain s'accroît alors par annexion. À Montréal, entre 1874 et 1918, 24 villages deviennent ainsi des quartiers de la ville. Entre 1920 et 1930, en même temps que le nombre de voitures immatriculées augmente de 150% les banlieues des 96 plus grandes villes américaines connaissent une expansion deux fois plus forte que leur centre-ville. En 1941, aux États-Unis, 2100 localités comprenant entre 2 500 et 50 000 habitants n'ont aucun service de transport en commun. Ces nouveaux banlieusards dépendent entièrement de l'automobile pour assurer tous leurs déplacements.

Cette année-là, les deux tiers des Montréalais habitent à moins de six kilomètres du centre-ville. Montréal est alors une ville dont la densité est plus forte que la plupart des autres villes d'Amérique du Nord.

Durant la période de l'après-guerre, Montréal connaît un boom considérable au point de souffrir d'une pénurie de logements. Les travailleurs se déplacent dans une cohue invraisemblable. On remarque parfois des embouteillages de ... tramways. Le parcours de ces tramways suscite la construction d'habitations en bordure des voies. Il est d'ailleurs difficile de dire si les banlieues d'alors sont créées parce qu'il existe des lignes de tramway ou si c'est l'inverse. C'est la question de la poule et de l'œuf!

Pour la jeune famille du début des années 50, partir pour la banlieue signifie l'accès à un coin de verdure et de tranquillité. Au terme d'une journée de travail en ville, on laisse derrière soi les tracas associés au gagne-pain, pour se retirer dans l'univers familial. L'étalement urbain a souvent une connotation de fuite: au lieu de solutionner les problèmes des quartiers centraux, on se déplace à l'écart des embêtements sans penser aux conséquences, difficiles alors à imaginer.

Pour se déplacer justement, c'est l'automobile qui s'impose comme le véritable déclencheur de l'étalement urbain nord-américain d'après-guerre. À partir de 1950, avec le baby-boom, les 25 plus grandes villes américaines verront leur population décliner au cours des trois décennies suivantes.

Utilisation de l'automobile versus le transport en commun aux États-Unis depuis 1960.

Création :20/04/1998
Dernière modification : 20/04/1998

 
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