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 L'ère de l'autoroute
 
  

Gilles Parent
gilpar@total.net

 

Cost of Urban Sprawl

Transportation, Land Use and Sustainability

Urban Sprawl

Urban Sprawl Sources

 

Dossier : L'Automobile et l'environnement
17 heures : les automobilistes prennent les ponts d'assaut pour retourner vers la banlieue.
Les autoroutes, elles, sont souvent construites à grands frais. Plus d'autoroutes pour accommoder les banlieusards ou plus de banlieusards pour profiter de ces nouveaux accès routiers? Encore une fois, c'est le principe de l'œuf et de la poule. Le cercle vicieux est engagé: si la congestion devient un problème dans une banlieue donnée, on construit d'autres infrastructures routières, l'accès à cette banlieue devient alors plus facile, ce qui incite plus de gens à s'y établir… jusqu'à ce que les problèmes de congestion réapparaissent!

De 1941 à 1951, la banlieue montréalaise connaît une croissance de 75%. Entre 1951 et 1961, la ville de Laval et les secteurs est et ouest de la Communauté urbaine de Montréal voient leur population tripler. Entre 1970 et 1990, la population de l'Ile de Montréal passe de 2 millions à 1,8 million, tandis que celle du reste de la région métropolitaine croît de 700 000 à 1,2 million. À la même époque, environ la moitié des nouveaux Lavallois proviennent de Montréal.

Par ailleurs, le centre-ville de la métropole est profondément transformé avec la construction d'une autoroute est-ouest qui déchire son quartier chinois. Les murs aveugles, au niveau du sol, de la multitude de buildings rendent inintéressante la circulation piétonne. L'auto envahit le centre-ville. En 1949, à Montréal, la superficie réservée aux terrains de stationnement et à la circulation représentait 33% de la surface du centre-ville. En 1962: 36%. En 1972: 42%. Aujourd'hui, plus de 45%.

Dans les grands centres urbains, les immeubles aux murs aveugles enlèvent tout intérêt à la circulation piétonne.

En se dirigeant vers les banlieues, les gens plus fortunés laissent derrière eux une concentration de pauvreté à Montréal. Malgré tout, son centre-ville demeure un lieu animé, fréquenté par la population, même en dehors des heures de bureau. C'est ce qui distingue Montréal des autres grandes villes d'Amérique du Nord.

Depuis le début des années 90, l'étalement urbain montre des signes évidents d'essoufflement. La chute de la natalité, le vieillissement de la population, la nature et la taille des ménages réduisent la demande pour les maisons unifamiliales typiques des banlieues. On observe cependant le développement des banlieues lointaines. Celles-ci peuvent se permettre de moins taxer leurs citoyens en n'offrant aucun service ou en les réduisant au minimum (aréna, bibliothèque, centre culturel, sécurité, entretien des infrastructures). Elles attirent ainsi les gens du centre ou des banlieues plus rapprochées. Une fois installés, les nouveaux banlieusards réclament des écoles, des services et les taxes augmentent jusqu'à ce qu'ils soient tentés de déménager encore plus loin.

Qu'elles soient lointaines ou rapprochées, les banlieues sont construites en fonction de l'automobile. Il y est plus facile d'utiliser son véhicule pour aller chercher un litre de lait au dépanneur situé à « deux coins de rue » plutôt que de marcher. Et si ce n'était que ça... La vie de banlieue s'avère plus énergivore et surtout, beaucoup plus coûteuse que les apparences le laissent croire.

Création :20/04/1998
Dernière modification : 20/04/1998

 
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