La collimation est le réglage de
l'alignement des différents éléments optiques d'un instrument
les uns par rapport aux autres. Pour obtenir une image la plus
nette et piquée possible, il est essentiel de bien collimater
l'optique du télescope ou de la lunette. Peut importe la
qualité de l'optique de l'instrument, s'il n'est pas bien collimaté, les images seront de qualité médiocre.
La collimation peut se dérégler par les vibrations dues au
transport de l'instrument. Pour cette raison, il est
conseillé de vérifier régulièrement la collimation de son
instrument. Voici la procédure de collimation pour un
télescope de type Schmidt-Cassegrain.
Pour vérifier la collimation, pointez avec un oculaire de 26 mm
environ, une étoile de brillance moyenne près du zénith.
Personnellement, j'utilise l'étoile Polaire. Laissez le
télescope se mettre à température ambiante avant de commencer ce
test. Une différence de température entre lui et l’air ambiant
provoque une déformation de l’image. Centrez l’image de l’étoile
dans le champ de vision à l’aide de l’oculaire, défocalisez l’image
jusqu’à ce qu’elle apparaisse sous la forme d'un anneau lumineux
entourant un petit disque sombre tel que présenter dans l'image
de la figure 1 :
Figure 1
Les seuls réglages possibles et nécessaires se font par
l'intermédiaire de trois petites vis situées à l’extérieure du
support du miroir secondaire (figure 2) qui se trouve sur la
surface avant du télescope :
Figure 2
Regardez l’image défocalisée de l’étoile pour
voir dans quelle direction le disque sombre est
décalé par rapport au centre de l’anneau lumineux
(1, fig. 1) : remarquez quelle est la partie de
l’anneau la plus fine. Placez votre index sur l’une
des vis de collimation. Vous verrez l’ombre de votre
doigt sur l’anneau de lumière. Déplacez votre doigt
sur le support du miroir secondaire jusqu’à ce que
son ombre soit sur la partie la plus fine de
l’anneau. Regardez alors où est votre doigt, s'il
pointe soit sur une vis ou entre 2 vis, c'est
l'endroit qu'il va falloir régler.
À l’aide des touches de contrôle de la
manette du télescope, à la vitesse la plus lente,
déplacez l’anneau lumineux vers le bord du champ de
vision de l’oculaire, dans la direction où le disque
sombre est décentré dans l’anneau lumineux (2, fig.
1).
Tournez les vis de réglage tout en
regardant à travers l’oculaire. Vous remarquerez que
l’image de l’étoile se déplace à travers le champ.
Si l’image sort du champ, c'est que vous tournez la
vis dans le mauvais sens. Tournez là dans le sens
opposé pour ramener l’image de l’anneau en direction
du centre du champ de vision.
Si la vis que vous tournez devient trop
facile à tourner, vissez les deux autres, autant
l'une que l'autre. Si la vis que vous tournez
devient trop dure, dévissez les deux autres, autant
l'une que l'autre.
Lorsque l’image est à nouveau au centre du
champ de vision (3, Fig. 1), examinez attentivement
la concentricité des anneaux. Si vous pensez que le
disque sombre est toujours décentré dans la même
direction, continuez le réglage en tournant la même
vis. S'il est maintenant du côté opposé, c’est que
vous êtes allé trop loin, et il vous faut tourner la
vis dans la direction opposée. Vérifiez toujours en
même temps le centrage de l’image dans le champ et
la concentricité des anneaux.
Il se peut qu’après un premier réglage, le
disque sombre se soit décalé dans une autre
direction. Dans ce cas, répétez les étapes 1 à 5.
Recommencez le test à plus fort
grossissement avec un oculaire 9 mm ou moins. Tout
défaut de concentricité à un tel grossissement ne
nécessitera que de très faibles retouches sur les
trois vis. Vous aurez ensuite un télescope bien
collimaté.
Dans de bonnes conditions atmosphériques
par turbulence très faible : pour parfaire
l’alignement, vérifiez l'image de l'étoile au plus
fort grossissement possible, après avoir bien fait
la mise au point. Elle doit apparaître sous la forme
d'un petit point (appelé disque d’Airy) entouré d'un
anneau de diffraction. Peaufinez si nécessaire la
collimation par très petites retouches, jusqu'à
centrer le disque d’Airy dans l’anneau de
diffraction. La répartition de la lumière dans
l’anneau doit être homogène. Vous avez maintenant le
meilleur alignement possible de l’optique dans votre
télescope.