- L'image de précharge (Offset ou Bias)
Il s'agit d'un signal électronique
parasite constant qui s'ajoute à l'image de l'objet du
ciel profond. On réalise le Bias en obstruant le
foyer de la caméra et en prenant un temps d'exposition
le plus court possible.
Voici un exemple d'image offset
prise avec la caméra SBIG STL 11000 :
On constate que le signal n'est pas
uniforme, il est plus foncé vers le haut de l'image.
On aperçoit aussi des effets de franges (traits
clairs verticaux). Prendre 30 images Bias et plus pour
en réaliser plus tard un maître Bias.
- Le Noir (Dark)
Le Noir (Dark) sert à capter le bruit de l'électronique (bruit thermique) de la caméra CCD. Il
doit être réalisé avec le même temps de pose que l'objet
à imager et à la même température. Il est à noter
que le Noir contient le Bias. Alors, pourquoi
prendre une image de précharge? Si le Noir n'a
pas été pris avec le même temps
d'exposition que l'image du ciel profond, il faut
utiliser le Bias. En effet, le signal du Bias est
toujours le même ou constant. Si on utilise un
Noir qui n'a pas été pris avec le même temps
d'exposition que l'image du ciel profond, le logiciel de
prétraitement auto équilibrera le Noir avec l'image du
ciel profond, augmentant ou diminuant le signal du Noir.
Il augmentera ou diminuera aussi le signal du Bias ce
qui aura comme résultat de ne pas
soustraire correctement le
Bias de l'image du ciel profond (pour plus
d'explications, cliquer sur ce
lien). Même si on ne l'utilise pas, le Bias peut servir à
vérifier la qualité de la caméra CCD.
Le Noir se prend en obstruant le
foyer de la caméra CCD et en effectuant un temps
d'exposition identique à chaque image composite de
l'objet à imager. Aussi, le Noir doit être pris à
la même température que l'objet à imager (pour que
les pixels chauds et froids soient identiques, voir plus bas). Il peut
être pris avant la séance d'astronomie ou après.
Prendre 5 Noirs (si possible 10 et plus) avec le même temps
d'exposition pour en réaliser plus tard une seule image
Noire qui représente la moyenne des Noirs.
Si la température change de + ou - 2o
durant la nuit, il faut refaire le
Noir.
Personnellement, je réalise mes Noirs d'avance (durant
les jours de pluies par exemple), de sorte que j'ai déjà
en possession des Noirs avec le même temps d'exposition
et à la même température que l'objet que je m'apprête à
imager.
Voici un exemple d'image Noire prise
avec la même caméra SBIG STL 11000 refroidie
à une température constante de - 10o
Celsius et avec un temps d'exposition de
cinq minutes :
Les
points blancs représentent des pixels chauds (Hot
pixels ou
Bad pixels) qui apparaissent toujours au même endroit sur
l'image pour chaque photo composite.
Ces pixels chauds représentent une partie du bruit thermique de
l'image. Sur cette image Noire, il n'y a pas
beaucoup de pixels chauds pour la raison que la caméra
CCD est refroidie à - 10o
Celsius.
Afin de comparer cette image Noire
avec l'image de précharge présentée au point 1 ci-haut,
j'ai augmenté le contraste de l'image Noir dans
l'exemple suivant :
On peut observer les franges verticales de l'image Bias. De plus,
comme dans l'image de précharge, on constate que le signal n'est pas
constant démontrant clairement que le Bias est inclus
dans le Noir. On voit aussi une structure
granuleuse dans l'image Noire plus contrastée. Ce
ne sont pas des pixels chauds additionnels, mais plutôt
le courant d'obscurité de l'image Noire qui ressort
dans cette image à très fort contraste. Les pixels
chauds et le courant d'obscurité disparaîtront de
l'image du ciel profond lors de la soustraction du Noir.
- La plage de lumière uniforme (PLU ou
flat field)
La plage de lumière uniforme (PLU ou
flat field) permet de corriger les problèmes de
vignetage de l'optique utilisé (la lumière a
tendance à diminuer d'intensité au fur et à mesure que
l'on s'éloigne du centre de l'image) et de faire disparaître les
poussières qui se déposent à différents endroits sur
l'optique, la Barlow, le capteur de la caméra, etc. Il
est à noter qu'on peut essayer d'enlever toutes ces
poussières, mais il en restera toujours. Aussi le
PLU permet de corriger les variations de sensibilité des
pixels de la caméra.
On réalise le PLU en photographiant
une zone uniformément éclairée tel qu'un ciel bleu près
du Zénith ou toutes autres surfaces uniformément
éclairées. Prendre au moins 10 images PLU avec le même
temps d'exposition pour en réaliser plus tard une seule
image PLU qui représente la moyenne des PLU.
Voici un exemple de PLU réalisé avec la même caméra SBIG STL 11000 montée au
foyer primaire du télescope Takahashi FSQ 106ED
(GRAS-014). le temps d'exposition de chaque image
PLU est d'une seconde :
J'ai augmenté le contraste de l'image
pour bien faire ressortir tous les défauts. On peut constater
très bien le vignetage (luminance plus sombre sur les bords de
l'image). On voit aussi apparaître des poussières
de différentes grosseurs. On voit aussi les franges verticales du Bias, car le Noir ou le Bias n'a pas été soustrait de
cette image PLU. Par contre, on ne voit pas de
pixels chauds. La raison est que chaque image PLU,
de cet exemple, est d'une seconde et que la caméra est
régulée (refroidissement constant) à -10o
Celsius. Les pixels chauds apparaissent surtout
lors de long temps d'exposition. Aussi le
refroidissement de la caméra permet de diminuer le
nombre de pixels chauds.
Il n'est pas facile de réaliser un
PLU car il doit être produit avec le même équipement qui
à servi à prendre la photo et cet équipement ne doit pas
être réassemblé ou déplacé car les poussières ne seront
plus au même endroit par exemple. La mise au point
doit être identique à celle de l'image prise.
Donc, l'idéal est de prendre le PLU immédiatement après
avoir pris l'image du ciel profond ou de la planète.
À ce moment, il n'est pas facile de trouver une surface
uniformément éclairée car nous sommes en pleine nuit!
Si l'on n'a pas
réalisé un PLU lors de la
session d'astronomie, on peut faire disparaître le
vignetage qui apparait sur l'image en utilisant un
logiciel de traitement spécialisé pour la photo
astronomique. Par exemple avec le logiciel
Iris on peut utiliser la commande
Retrait du gradient (estimateur polynomial ...)
qui donnera de très bons résultats.
Par contre, cette
commande ne fera pas disparaître les poussières.
Le temps d'exposition du PLU
Il est important de ne pas saturer
l'image et aussi de ne pas la sous-exposée. La règle
est la suivante pour les types de caméra CCD suivants :
| |
|
Conversion |
Tons de gris |
Saturation du PLU (35 à 50%) |
|
A/N |
ou couleurs |
35% |
50% |
|
|
|
|
|
|
16 bits |
65 536 |
22 938 |
32 768 |
|
|
|
|
|
|
12 bits |
4 095 |
1 433 |
2 048 |
|
|
|
|
|
|
8 bits |
256 |
90 |
128 |
|
Pour réaliser le PLU, viser un fond
blanc uniformément éclairé. Faire des tests de temps
d'exposition pour arriver aux résultats du tableau.
Prendre au minimum 10 images PLU.
Si le logiciel d'acquisition des
images que l'on utilise ne permet pas de vérifier la
saturation du PLU, on peut utiliser
Photoshop. Ouvrir l'image PLU dans Photoshop et suivre
la procédure suivante :
Avec la souris, se déplacer dans les
parties les plus claires de l'image PLU et vérifier les
valeurs dans l'onglet info (en haut à droite de l'écran)
:
L'information s'affiche toujours en
référence à une image 8 bits, les valeurs en RGB doivent
donc se situer entre 90 et 128. Dans l'exemple
ci-haut, le PLU n'est pas bon car les valeurs RGB
dépassent les valeurs de références.
Pour enlever le bruit thermique et le
Bias aux
images PLU, il est conseillé de soustraire une image
Noire de chacun des PLU, surtout si le temps d'exposition
est de plus de 10 secondes par image. Il faut donc prendre les
Noirs avec le même temps d'exposition et à la même
température que le PLU. Donc prendre les Noirs
immédiatement après avoir pris les PLU.
Choisir la surface de
diffusion du PLU
Voici une façon simple de produire
une image PLU. Elle demande très peut de
bricolage. Le PLU doit être produit immédiatement
après la prise de photos pour éviter que les poussières
se déplacent. Pour produire le PLU il faut une
surface également éclairée. Dû à la grande sensibilité de la
caméra CCD, l'intensité lumineuse peut être faible.
L'important est qu'elle soit uniforme.
1- Utilisation d'une lampe spot du
bureau muni d'une ampoule fluo compacte connectée sur la
batterie Éliminator. On met un linge blanc (type drap)
sur la lampe (aucun danger, l'ampoule fluo n'est pas
chaude)
2- Projection du faisceau lumineux
sur un carton blanc de 3'x3'
3- Le télescope pointe sur le carton
blanc et son faisceau le couvre au complet.
4- Le temps d'exposition est
déterminé manuellement pour arriver à la saturation
correcte du PLU (voir le tableau ci-haut)
5- Prendre au moins 10 photos du PLU
Le montage est le suivant :
Le carton blanc doit être parallèle à
la lampe pour une diffusion de la lumière uniforme.
La méthode
du T-shirt
Une autre méthode
simple sans bricolage de produire une image PLU en pleine nuit est
d'utiliser un T-shirt blanc et un Flash électronique.
On met le T-shirt directement sur le pare
bué du
télescope (mettre 2 couches et s'assurer qu'il n'y a pas
de plis). On démarre une pose de 10 secondes (le
temps pour se déplacer à bonne
distance), on se place à environ 5 mètres (15 pieds) du
télescope, on pointe le flash en direction du champ de
vision du télescope et on démarre le Flash. On
revient examiner l'image à l'ordinateur pour valider
l'intensité lumineuse. La distance varie selon le
type d'image que l'on prend :
| |
- Luminance : 5 mètres
(15 pieds)
- Filtre H-Alpha,
Rouge, Bleu, Vert : 2 mètres (7 pieds)
- Caméra CCD couleur :
2 mètres (7 pieds)
- APN (800 ou 1600 ISO)
: 1 mètre (3 pieds)
|
Ces distances approximatives peuvent
varier selon l'intensité du flash, la sensibilité de la caméra CCD ou APN
et l'ouverture focale du télescope.
Utiliser donc ces distances de base pour débuter et
ajuster ensuite celles-ci en tenant compte de votre
équipement.
Une méthode rapide
pour vérifier la saturation du PLU est de regarder
l'histogramme pour s'assurer que l'information se trouve
entre le milieu et le 3/4 de l'histogramme comme dans
l'exemple suivant :

Regarder aussi
l'image à l'écran, on doit voir les poussières et le
vignetage comme dans l'exemple
suivant :
Il reste à prendre des poses de 10
secondes en actionnant le flash à cet intervalle (10
poses ou plus selon votre préférence).
La boîte
à PLU
On peut aussi construire une boîte à
PLU (Flat Field). Voici des exemples
intéressants que j'ai
trouvés sur Internet :
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Personnellement, j'ai
construit ma boîte à PLU en m'inspirant du plan
de JF Brunelli.
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