LE PÈRE MATÉO CRAWLEY

UN PROPHÈTE DE NOTRE TEMPS
 
 


 

 Le Père Matéo Crawley, un grand apôtre de Jésus Roi d’Amour qui, par sa  réputation de
sainteté, a conquis l’univers nous raconte , dans son langage imagé, l’histoire d’une famille qui s’est laissée réconcilier par Jésus. Ecoutons-le. Le récit est tiré du volume: “Jésus Roi d’Amour” édité
à Chambly en 1946. La famille dont il est question est celle de Béthanie, près de Jérusalem.

La première fois que Jésus vint demander l’hospitalité à Béthanie, on le reçut, Lazare et  Marthe seulement, Madeleine avait quitté le foyer. On Le reçut, dis-je, avec une certaine réserve, un mélange de timidité, d’honneur et de curiosité.. C’était un homme fameux, ce faiseur de miracles dont tout le monde parlait. Qui pouvait-il être?..Un rabbi !..On se sentit honoré, curieux..mais ce fut tout; on garda des distances respectueuses et, sans doute, on se contenta de L'écouter et de Le servir.
Néanmoins quelque chose d’attirant dut émaner de la personne du Sauveur car, lorsqu’il  partit, Lazare et Marthe osèrent Lui dire timidement:” Revenez!”.

Et Jésus revint.

Cette seconde fois, un sentiment nouveau se faisait jour dans les  coeurs. On s’était préparé à  Le recevoir, on désirait son arrivée. ..on L’attendait même sur le seuil et  quand Il  fut là, on osa s’approcher plus près...., la conversation se fit plus intime, plus joyeuse. Le Maître était si bon, si simple.

Quand Il partit, les cœurs  étaient gagnés. Ce  fut avec insistance que le frère et  la soeur supplièrent : 0 Maître, revenez!... daignez faire de notre demeure votre pied-à-terre.”

 Et Jésus promit qu’Il serait leur ami!

Ah! cette troisième réception de Jésus à  Béthanie, comme elle fut différente des autres. Ecoutez-la bien, c’est celle de l’Intronisation: Les âmes étaient dans l’allégresse... on s’était mis en fête. II y avait des fleurs partout! Lazare et  Marthe comptaient les heures...Oh! que le Maître tardait à venir!...

Bientôt on n’eut plus le courage d’attendre, on alla au-devant de Lui...., puis, après L’avoir introduit et installé à la meilleure place, on s’approcha tout près,. ..plus de distances aujourd’hui...c’est l’amour, c’est la familiarité. La conversation se fit tout intime, les coeurs se versèrent les uns dans les autres. ..et tellement.. .qu’à un moment donné, Lazare voyant le Maître si doux, si bon, si compatissant, si puissant, se jeta à genoux, et joignant les mains sur les genoux de Jésus, des sanglots dans la voix, il confia le douloureux secret de la famille:

“Maître!...nous sommes deux!..., nous étions trois. Marie,  notre soeur, qu’on nomme aujourd’hui Madeleine, n’est plus avec nous. Elle est la honte de notre foyer.

Et Jésus mêla ses larmes à celles de Lazare, et quand il quitta “ses amis” ce soir-là, II laissa tomber dans leurs âmes la parole d’espérance:

“Je vous le promets...Madeleine reviendra!”

On sait le reste..., la pécheresse aux pieds de Jésus, chez Simon, et son admirable conversion.

La quatrième fois que Jésus revint à  Béthanie, ils étaient trois de nouveau.

Elle était là,  Marie-Madeleine, la grande ressuscitée du Maître... et, désormais, l’Évangile nous la montrera ne quittant plus les pieds de son Sauveur. ..et autour de Jésus, près, tout près de son Coeur, leur Centre et leur Vie, les trois désormais inséparables, et Béthanie refait pour I’éternité!

Jésus savait bien, Lui qui sait toutes choses, la peine de cette famille; mais cependant, il a attendu , pour porter remède, que cette peine Lui ait été confiée. Il a attendu pour faire son grand miracle, d’avoir été reçu au foyer et d’y avoir trouvé l’amour confiant et l’amitié. C’est savoureux, n’est-ce pas? On aurait de la difficulté à se représenter la scène autrement. Et le Père Matéo nous assure que, ce que Jésus a réalisé à Béthanie, 1l veut aussi le réaliser en chacun de nos foyers. 1l nous dira:

“Est-ce que vous souffrez? C’est presqu’une cruauté et une parole inutile de vous poser une telle question. Pour beaucoup d’entre vous, elle avive une blessure intime. Et qui pansera cette blessure? Est-ce que vous croyez encore aux consolations des hommes?. ..Personne ne pourra jamais consoler cette mère en deuil, cette jeune fille, cette jeune femme qui ont perdu l’objet de leur affection. On a créé, pour panser les blessures corporelles, des oeuvres de miséricorde; est-ce qu’il n’y aura pas une Croix-Rouge pour les âmes déchirées? Si, la voilà: la royauté du Maître dans la famille. II frappe à la porte. Mets-toi vite à genoux et dis- Lui:  De notre maison Viens faire un autre Béthanie Pour que nous t’aimions comme Lazare Marthe et Marie.

retour