Note Importante: Cet article a été composé en 1992-1993, au moment ou la plongée technique commencait à être popularisée. Depuis ce temps, les normes et pratiques ont évoluée considérablement. Entre autres, la plongée profonde à l'air, de plus en plus, est considérée comme dangereuse, même par les plongeurs techniques. Certaines agences de formation ont révisées leurs normes quand à l'enseignement de la plongée à l'air profond.

LA RÉVOLUTION «HI-TECH»
Par Michel Therrien
INTRODUCTION

Depuis quelques années, et maintenant plus que jamais, nous faisons face à la révolution «hi-tech». Tous les magazines ont produit des articles sur la plongée au Nitrox, aux mélanges gazeux, ainsi que la plongée profonde. Certains magazines ont opté pour présenter le plus d'information possible (ils renferment même une section dédiée à la plongée avancée), tandis que d'autres se font beaucoup plus conservateurs.

 Il en résulte que de plus en plus de plongeurs s'identifient par erreur à la communauté de plongeurs techniques et par conséquent, le taux d'accidents de plongée pourrait remonter en flèche au cours des prochaines années. Il n'est plus rare maintenant que les élèves des cours de plongée avancée s'interrogent sur les limites imposées par les associations de plongée récréative. Ceci est parfaitement compréhensible en quand on lit des témoignages dans les magazines de plongée récréative présentant des plongeurs qui devraient théoriquement être morts. J'ai même vu récemment dans un magazine, une publicité d'une association de plongée qui forme des plongeurs à une profondeur de 300 pieds à l'air! Il sera maintenant primordial d'enseigner adéquatement les limites de la formation des élèves, ainsi que les raisons qui motivent ces limites.

 

ÉVOLUTION DE L'ENSEIGNEMENT

Autrefois, la plongée était enseignée d'une façon rigoureuse, voire militaire. On formait des plongeurs ayant des capacités physiques et techniques impressionnantes, mais on se préoccupait peu de leurs attitudes. On se rappelle que la plongée sous-marine était reconnue comme un sport dangereux et les plongeurs eux mêmes étaient identifiés comme faisant partie d'une population de machos. L'équipement utilisé à cette époque apportait des niveaux de performance et de sécurité inférieurs à ceux apportés par l'équipement disponible aujourd'hui (détendeurs «up-stream» à petit débit, veste de type collier ou pas de veste compensatrice, protection thermique peu efficace).

 Ensuite, des associations de plongée récréative ont modifié leur façon d'enseigner et d'autres associations ont été créées. Ces associations, dont l'ACUC, la FQAS, NAUI et les autres, accordent une grande importance à l'attitude des plongeurs quant à la sécurité et elles préconisent une formation continue des plongeurs. De plus, celles-ci ont reconnu des limites convenables pour l'utilisation des équipements et des techniques de plongée récréative. Entre autres, les programmes d'enseignement préparent les plongeurs à effectuer des plongées sécuritaires à des profondeurs atteignant 100 pieds ou 130 pieds sans décompression.

 Cette initiative a eu un effet absolument spectaculaire pour notre sport. Le taux d'accidents a chuté et de plus en plus de gens s'intéressent à la plongée. DAN, la CMAS et autres ont même obtenu des polices d'assurances couvrant le transport et le traitement des plongeurs accidentés; et ce, à coûts raisonnables. DAN publiait récemment que le taux d'accidents de plongée était maintenant aussi bas que 0.03% -- le même qu'aux quilles! Bien entendu, la sévérité des accidents n'est pas comparée.

 Nous faisons maintenant face à un nouveau phénomène : certains plongeurs récréatifs se sentent trop contrôlés, et tel que mentionné dans l'introduction, ils ont accès à une foule d'information et de témoignages sur des plongées dépassant les limites sportives. Par chance, la plongée en profondeur n'intéresse qu'une infime partie de la population de plongeurs (environ 10%). Par contre, ceux qui décident de plonger plus profond s'exposent à des dangers auxquels ils n'ont pas été préparés lors de leur formation. La plupart de ces gens ignorent les techniques et dangers, tandis que les autres s'identifient souvent par erreur à une nouvelle catégorie de plongeurs; «les plongeurs techniques».

 

LA CONTROVERSE

Avant de poursuivre et de résumer la controverse qui se vit actuellement face à ce type de plongée, on doit d'abord définir ce qu'est la plongée technique. Cette activité regroupe les spécialités de plongée pour lesquelles un plongeur récréatif n'est pas formé. Ces spécialités comprennent les types ou combinaisons de types de plongée suivantes : plus profonde que 130 pieds, de pénétration en caverne ou épave, avec décompression, avec gaz spéciaux incluant Heliox, Trimix, Nitrox, Oxygène, Argon et autres. La plongée technique se pratique avec des équipements avec lesquels les plongeurs récréatifs ne sont pas familiers, et selon des méthodes non conventionnelles et non intuitives pour ces derniers. Les coûts associés à ce type de plongée sont aussi hors du commun. Le coût des gaz requis pour chacune des plongées variera de 30$ à plus de 200$, versus 5$ pour une plongée récréative. On sait qu'il est possible d'acquérir un équipement complet de plongée récréative pour un peu plus de 2 000$. Le plongeur technique devra quant à lui, dépenser de 6 000$ à plus de 10 000$ pour pratiquer son activité avec un niveau de sécurité acceptable.

La plongée technique est un type de plongée hautement controversé. Certaines associations reconnaissent que ces types de plongée sont réalisables, mais préfèrent que les plongeurs récréatifs en apprennent le moins possible sur le sujet. De plus, plusieurs autorités médicales et de plongée condamnent tout simplement certains domaines de la plongée technique (dont la plongée à l'air plus profond que 130 pieds et la plongée avec décompression).

 Les arguments veulent que le plongeur technique n'ait pas le support requis pour effectuer ce genre de plongée. En effet, celui-ci dispose rarement d'un système de communication verbale avec son copain et le tendeur en surface. De plus, contrairement aux plongeurs commerciaux, les plongeurs techniques n'ont généralement pas accès à une chambre de recompression sur le site de plongée.

 Plusieurs médecins affirment qu'il n'est pas sécuritaire de plonger avec de l'air comprimé à une profondeur qui excède 130 pieds en raison des effets de la narcose à l'azote. Selon David Sawatzky M.D., certains plongeurs peuvent apprendre à améliorer leurs performances sous l'effet de la narcose. Ces plongeurs semblent ralentir et se concentrer davantage sur la tâche à effectuer, compensant ainsi pour le ralentissement des fonctions cervicales. S'ils sont expérimentés, ils peuvent exécuter les tâches à accomplir, mais en plus de temps qu'à la surface. Les plongeurs très expérimentés peuvent ainsi effectuer des plongées routinières à plus de 130 pieds avec un degré d'efficacité acceptable. Par contre, selon Dr Sawatzky, s'il survient une nouvelle situation ou une urgence, ceux-ci pourraient être incapables d'y faire face sous l'effet de la narcose et mourir en raison de la mauvaise capacité de prise de décision.

 La communauté de plongeurs techniques reconnaît les dangers associés à la narcose à l'azote mais juge que l'on peut faire face à la plupart des situations et ce, avec un entraînement rigoureux et des techniques de plongée avancées. C'est ainsi que la profondeur maximale généralement acceptée en plongée à l'air technique est de 190 pieds; ce qui équivaut approximativement aux limites de la US Navy, de la DCIEM et de la NOAA. À noter qu'à cette profondeur, aucune confiance ne devrait être accordée en la performance d'un humain qui respire de l'air comprimé selon Dr Peter B. Bennett. De plus, afin d'éviter un accident causé par la toxicité de l'oxygène, les plongeurs techniques limitent généralement leur exposition à l'oxygène à 1.4 ATA, ce qui correspond à environ 190 pieds en respirant de l'air comprimé.

 En ce qui concerne le support accordé aux plongeurs techniques comparé à celui des plongeurs commerciaux, la communauté reconnaît que certains éléments de sécurité sont manquants. Il est toutefois intéressant de noter que les masques «plein visage» munis d'un système de communication deviennent maintenant populaires et que certains cercles de plongeurs techniques se sont procurés des chambres de recompression portables (S.O.S. Hyperlite) pour la modique somme de 30 000$US. Même si l'on reconnaît qu'une situation idéale peut difficilement être rencontrée, les plongeurs techniques affirment qu'il est maintenant possible d'effectuer des plongées profondes ou avec décompression avec un niveau de sécurité acceptable. Grâce aux nouvelles technologies, il est maintenant et plus que jamais possible de rester sous l'eau en sécurité et avec un confort acceptable. Laissez-moi vous décrire quelques équipements qui se sont perfectionnés à un niveau suffisant pour assurer la sécurité du plongeur. Il est à noter que l'équipement spécialisé porté par le plongeur technique ne se limite pas aux pièces d'équipement qui suivent:

Régulateurs

Plusieurs détendeurs offrent maintenant des performances qui excèdent les normes militaires. Il est essentiel d'avoir un détendeur à haute performance afin de réduire l'effort d'inspiration et d'expiration à grande profondeur. Jumelé à de bonnes techniques de respiration et de plongée, il permettra d'éviter une augmentation du taux de CO2 qui affecte le degré d'ivresse des profondeurs et la sensibilité à la toxicité de l'oxygène.

 On retrouve également, des masques plein visage avec détendeur intégré qui offrent aux plongeurs : confort, sécurité, ainsi qu'un moyen de communication.

 Valves

Les plongeurs techniques plongent avec un miminum de deux sources d'air de qualité égale (deux détendeurs à haute performance). Les systèmes de valves permettent maintenant de relier ces détendeurs à deux ou plusieurs cylindres de plongée et de fermer n'importe quel des régulateurs à tout moment. De plus, on peut isoler les cylindres afin de limiter les pertes d'air en cas de bris du système de valves ou d'un disque de surpression.

 Les meilleurs systèmes de valves se composent de parties scellées à l'aide de joints toriques souples et non d'anneaux de métal (ce qui permet à la valve de résister aux déformations causées par les impacts). Les valves peuvent être complètement ouvertes ou fermées en tournant la poignée de 1½ tours.

 Quantité de gaz disponible

Avec les derniers développements (cylindres Genessis ou HP3.5, titane, OMS et Beuchat), un plongeur peut aisément transporter d'assez grandes quantités d'air pour effectuer des plongées techniques et sortir avec une marge de sécurité acceptable (généralement 1/3 à 1/2 de la capacité d'air ou d'autres gaz). Il est maintenant possible de transporter plus de 400 pieds cubes de gaz en une seule plongée. De plus, quelques compagnies produisent maintenant des systèmes en circuit-fermés qui permettent au plongeur de rester sous l'eau pour une période variant de 6 à 12 heures, indépendamment de la profondeur.

La protection thermique

Les combinaisons étanches présentement disponibles permettent de garder le plongeur bien au sec. Certains modèles haut de gamme sont très résistants et protègeront le plongeur en cas d'impact avec des objets coupants (à l'intérieur d'une épave par exemple). Les sous-vêtements haut de gamme avec isolant appelé Thinsulate® développé par 3M, conservent une bonne isolation même lorsque mouillé. Les plongeurs techniques utilisent également un gaz spécial pour gonfler le vêtement isothermique. Ce gaz plus lourd et plus dense que l'air s'avère un meilleur isolant.

 Compensateurs de flottabilité

En raison de la quantité d'équipement requis pour les plongées, les plongeurs techniques doivent posséder des compensateurs de flottabilité de grande capacité (40 à 60 livres de levée). Le vêtement sec ne suffit pas pour effectuer une plongée sécuritaire avec une bi-bouteilles. Afin de combler les besoins des plongeurs de pénétration et des autres plongeurs techniques, quelques compagnies ont développé des compensateurs dorsaux qui apportent un meilleur contrôle de l'inclinaison et du balancement du plongeur sous l'eau. Lors des «grosses» plongées, un plongeur portera deux de ces compensateurs. Une compagnie a même produit un compensateur dorsal redondant (qui comprend deux sacs et deux boyaux de gonflage automatique).

 Gaz de décompression

Les plongeurs techniques effectuent généralement les décompressions à l'aide de Nitrox 50 et de l'oxygène pur. Bien que l'utilisation de ces gaz représente un risque accru lors de la manipulation, les risques d'accidents de décompression sont grandement réduits. Théoriquement, les durées des paliers peuvent être réduites lorsqu'on respire un gaz qui comprend moins de gaz inerte (azote). Les plongeurs techniques effectueront généralement les mêmes paliers que s'ils respiraient de l'air comprimé, se dotant ainsi d'une marge de sécurité appréciable.

 

LES RISQUES INHÉRENTS À LA PLONGÉE PROFONDE

Quelque soient les capacités théoriques et pratiques du plongeur et peu importe la quantité d'équipement qu'il porte, la plongée plus profonde comporte plusieurs risques additionnels. Les éléments suivants peuvent être employés lors d'un cours de plongeur avancé ou de plongeur spécialiste en profondeur pour bien faire comprendre les limites de la plongée récréative:

 La narcose à l'azote

Tel que mentionné précédemment, il est peu probable que l'on puisse réagir adéquatement en situation d'urgence sous l'effet de la narcose. De plus, le stress accentue radicalement son effet et peut instantanément anéantir les capacités de jugement du plongeur.

 Par exemple, en 1988, une équipe de trois plongeurs a planifié une plongée à 130 pieds dans une carrière. Un des plongeurs a signalé qu'il narcosait à 100 pieds et a décidé d'arrêter la descente. Pendant qu'il discutait avec le chef de palanquée, l'autre plongeur continuait sa descente. Le chef de palanquée a signalé au premier plongeur de rester là et est allé chercher l'autre plongeur. Lors de son arrivée à 130 pieds, il a regardé plus haut pour trouver le premier plongeur, qui avait disparu! La narcose a frappé comme un marteau dans le front et le chef de palanquée a eu le jugement nécessaire pour décider de remonter. Par contre, il était négatif et jamais il n'a pensé à mettre de l'air dans son vêtement étanche! Lorsqu'il a regardé son profondimètre, environ une minute plus tard, il était à 145 pieds. Il est remonté en s'agrippant à la falaise avec ses mains. Heureusement, aucun accident ne s'est produit lors de cette plongée. Les plongeurs ont tous effectué leurs paliers de décompression ensemble.

 Il est clair que l'équipe de plongeurs dont je fais mention a été beaucoup plus chanceuse que l'équipe qui a plongé à la carrière d'Oka le 17 octobre 1990.

 L'accident de décompression

Des statistiques sur les accidents de plongée disponibles auprès de Divers Alert Network, démontrent que les possibilités d'accidents de décompression augmentent radicalement lorsque le plongeur descend plus profond que 80 pieds. Lorsqu'on utilise une table de plongée ou un ordinateur, on doit se poser la question quant au risque d'accident auquel cette table nous soumet. Par exemple, les limites de non-décompression pour la table US Navy apportent un risque variant entre 2% et 5% pour les plongées plus profondes que 40 pieds. Ceci veut dire que 1 plongeur sur 45 aurait un accident de décompression lors d'une plongée de 25 minutes à 100 pieds (en profil carré) et que 1 plongeur sur 23 aurait un accident de décompression lors d'une plongée à 200 pieds! Il est à noter que le risque augmente rapidement lors des plongées successives et avec décompression (il peut atteindre 50% lors des plongées en expositions extrêmes).

 La table de l'IMCME nous apporte de meilleurs résultats avec un taux de risque de 1% lors des plongées avec courtes décompressions et un taux de 5% à 10% lors des plongées à expositions extrêmes. Il est important de noter que la table de l'IMCME pour la plongée récréative ne doit pas être utilisée pour la planification de plongées avec décompression. Il est préférable de se munir du manuel des procédures de plongées de l'IMCME qui renferme les tables complètes de plongées à l'air.

 Certains plongeurs se servent d'ordinateurs de plongée et pensent être en parfaite sécurité. Dans le rapport d'accident 1988 de DAN, on trouve que le nombre d'accidents de décompression chez les utilisateurs d'ordinateurs est particulièrement élevé. Ceci s'explique par le fait que lorsque les plongeurs acquièrent un ordinateur, ils changent leurs façon de plonger; ils plongent plus profond, en multi-niveaux et effectuent des plongées successives avec profils renversés.

 Même si les ordinateurs semblent aussi conservateurs que la table canadienne (les ordinateurs UWATEC - US Diver Monitor, Aladin et autres affichent des limites de non-décompression comparables aux limites de la table de l'IMCME), il n'en est pas toujours le cas. Par exemple, pour une plongée avec décompression à 130 pieds pour 30 minutes, les ordinateurs mentionnés (fonctionnant avec l'algorithme Buehlmann ZHL-16) imposeront un temps de remontée de 28 minutes. Pour le même profil, la table DCIEM impose un temps de remontée de 38 minutes, soit 10 minutes de décompression obligatoire supplémentaire!

 La table canadienne offre un taux d'accident d'environ 1% à 3% pour ce genre de plongée. Il faut affirmer que pour un plongeur récréatif, c'est déjà trop! Voilà pourquoi il est essentiel d'effectuer des arrêts de sécurité et d'éviter d'effectuer des plongées avec décompression. Les plongeurs techniques utilisent de l'oxygène et de l'air enrichie à l'oxygène (Nitrox) pour les plongées qui demandent plus de 20 minutes de décompression afin de réduire les risques d'accident.

 Un accident de décompression n'a pas que des conséquences physiques (blessures temporaires ou permanentes ou la mort), mais aussi des conséquences psychologiques importantes. Ce genre d'accident pourrait facilement être appelé la MTS du sport aquatique! Le plongeur affecté se sentira certainement coupable, pointé du doigt et rejeté par la communauté de plongeurs. Et ce, surtout s'il a excédé les limites pour lesquelles il a été entraîné.

 Les problèmes qui peuvent survenir pendant la plongée

Outre la narcose à l'azote et l'accident de décompression, le plongeur doit savoir qu'il est loin de la surface lorsqu'il plonge plus profond. A 130 pieds, la surface se situe à au moins 2 minutes 10 secondes si aucune décompression n'est à effectuer. Tous les problèmes que l'on peut rencontrer sous l'eau doivent pouvoir être réglés rapidement sur place, y compris les problèmes physiques et d'équipements.

LA FORMATION DISPONIBLE

Toutes les associations de plongée récréative ont fixé des limites quant à la profondeur maximale à laquelle un plongeur récréatif peut s'aventurer. Mondialement, la limite de 130 pieds est reconnue et au Canada, on reconnaît que 100 pieds est une limite raisonnable en raison des conditions environnementales de la plongée.

 Il est généralement reconnu que le cours de plongée avancée prépare le plongeur à plonger à une profondeur maximale de 100 pieds. Les plongeurs peuvent être préparés à effectuer des plongées entre 100 et 130 pieds en suivant un cours de spécialisation en plongée profonde. Ce cours leur apportera des connaissances additionnelles en ce qui a trait aux théories de décompression, aux lois de la physique, à la narcose à l'azote, à l'équipement spécialisé, à la gestion du stress, aux situations d'urgences, aux techniques de décompression, etc.

 Certaines associations spécialisées offrent maintenant des cours en plongée technique. On retrouve des programmes d'enseignement pour la plongée à l'air jusqu'à 190 pieds (IANTD) ou 300 pieds (PSA), la plongée au Nitrox, la plongée au Trimix, la décompression à l'oxygène, la plongée de caverne et d'épave et autres. Le tableau présenté sur cette page énumère les associations ainsi que les brevets qu'elles offrent.

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CONCLUSION

Le présent article ne vise absolument pas la promotion de la plongée technique. La plus importante chose à en retenir est que les limites de la plongée récréative sont bien fondées. Elles sont fondées sur les capacités des plongeurs ayant une bonne «aquacité», les équipements et les techniques utilisés lors de l'enseignement et les connaissances acquises par le programme de formation. Mais avant tout, ces limites représentes celles auxquelles les plongeurs maximisent le plaisir à tirer de la plongée tout en réduisant les risques d'accidents.

 Il restera toujours des plongeurs qui voudront s'aventurer plus loin. Certains risqueront leur vie afin de battre des records et d'autres plongeront profond afin d'explorer des épaves, des falaises ou des fonds marins que la masse de plongeurs n'a pu voir et piller.

 Il importe que tous les plongeurs intéressés soient conscients des dangers liés à la plongée en profondeur. Si certains ressentent absolument le besoin d'aller plus profond, il est primordial pour leur sécurité et pour la réputation de notre sport que ces gens acquièrent les connaissances (la formation) et se procurent l'équipement requis pour pratiquer ce genre de plongée.

 Ceux qui décident d'apprendre seuls peuvent probablement le faire plus lentement, mais ils ne pourront se permettre qu'une ou deux erreurs parmi les centaines d'erreurs qui ont déjà été commises par les plongeurs décédés.

 

* * *

1 Plusieurs magazines à grand tirage ont publié le témoignage de Bret Gilliam qui a battu le record de plongée profonde à l'air. M. Gilliam a plongé à 452 pieds avec un cylindre contenant 100 pieds cubes d'air comprimé en 1990.

2 La plongée technique est certainement née au même moment que la plongée sous-marine elle-même, mais elle n'est publicisée que depuis quelques années dans les magazines de plongées sous-marine récréative à grand tirage.

3 Voir le livre "NSS CAVE DIVING MANUAL", pages 157 à 160 pour l'explication de la narcose par le Dr David Sawatzky.

4 "At depths greater than 180 feet (6.5 ATA), no trust should be placed in human performance or efficiency while breathing compressed air." - Peter B. Bennett, "Inert Gas Narcosis & HPNS", dans Diving Medecine.

5 L'oxygène devient toxique pour le système nerveux central à une pression partielle de 1,6 atmosphère, soit 218 pieds à l'air. Un des effets probable de cette toxicité la convulsion. Différents facteurs peuvent affecter la suceptibilité du plongeur à la toxicité à l'oxygène, dont le temps d'exposition, le taux de CO2 dans le sang, et plusieurs autres.

6 Les masques plein visage utilisés par les plongeurs techniques sont le AGA DIVATOR et le EXO-26.

7 Avec quatre cylindres d'acier de 95 pieds cubes et le gaz spécial dans le vêtement sec, le plongeur sera fortement négatif à la surface et ce sans même porter de ceinture de plombs! Une veste primaire d'au moins 50 livres de levée est requise pour ce genre de plongée en plus d'une veste secondaire.

8 Le contact de l'oxygène sous pression avec des matières non compatibles, comme les graisses, sièges, joints toriques et l'air présents dans les équipements de plongée sportive, peut provoquer une combustion spontanée et explosive. Les équipements utilisés avec l'air enrichie à l'oxygène ou l'oxygène pur doivent être adaptés et nettoyés en suivant des procédures spéciales.

9 IMCME: Institut Militaire et Civil de Médecine Environnementale.