La configuration d'équipement n'est pas une quantité de composantes disparates, mais un ensemble cohésif d'éléments qui complète un système. Chacun de ces éléments peut affecter la performance et l'utilisation des autres éléments de la configuration. Il est important pour le plongeur de développer une habileté à bâtir, analyser et évaluer des configurations d'équipement en fonction de la sécurité et la performance de celles-ci. Je tiens à répéter très fort que de posséder un équipement ne fait pas de vous un plongeur sécuritaire. Une formation adéquate est un des éléments clé de la sécurité en plongée. La configuration d'équipement est un des sujets importants traités lors de tout bon cours lié à la plongée technique.
Une dernière chose avant d'expliquer ma configuration. Lorsqu'on fait des changements à un ou plusieurs éléments du système, il ne faut pas hésiter à demander des conseils à d'autres experts. C'est ce que j'ai fait récemment lorsque j'ai voulu adopter des éléments de la configuration de type Hogarthian.
Ma configuration a grandement évolué depuis que j'ai été initié à la plongée technique en 1990. J'ai appris par la lecture de plusieurs livres, articles de magazines, forums sur l'internet et aussi par video. Par contre, j'ai appris à comprendre les configurations d'équipement lors des multiples cours de plongée technique que j'ai suivi (avec plusieurs moniteurs).
Le vêtement
sec: Mon principal vêtement sec est un DUI CF-200X avec fermeture
éclair à l'avant. Ce vêtement a démontré
une excellente fiabilité et de plus, lorsque comparé avec
mon autre vêtement sec, un Viking Pro, il est beaucoup plus flexible.
Le DUI est un vêtement de type 'coquille' dont la flottabilité
ne varie pas vraiement avec le changement profondeur. À cause de
ses caractéristiques de poids et de séchage, j'évaluerais
sérieusement le DUI TLS-350 si j'avais à acheter un nouveau
vêtement.
Une carastéristique importante
à choisir est le type de joints d'étanchéité.
Plusieurs plongeurs apprécient les joints en latex. C'est ce que
j'utilisais initialement avec mon Viking. Après avoir réalisé
que ces joints se brisent facilement et doivent être remplacés
annuellement (si on plonge assez sérieusement), j'ai décidé
de sacrifier un peu d'étanchéité pour gagner en fiabilité
et durabilité. J'utilise maintenant des joints en néoprene.
Le
sous-vêtement: La plongée technique sécuritaire
implique une certitude que nous pouvons rester au chaud sous toutes conditions.
Mon sous-vêtement DUI avec Thinsulate pour plongée en eau
froide m'accorde beaucoup de confiance en ce domaine. J'ai déjà
oublié de retourner mon joint étanche de cou lors d'une plongée
aux Escoumins (3 degrés C). Bien que complètement mouillé,
j'ai complété cette plongée de 60 minutes sans inconfort
important. Cela est très rassurant lors de plongées avec
paliers de décompression ou il est requis de rester sous l'eau peu
importe les difficultés rencontrées.
J'utilise aussi un sous-vêtement Viking à cellules ouvertes pour les plongées en eau tempérée (> 15.5 degrés C).
Cylindres:
Lors de plongées profondes ou lors de plongées en pénétration,
j'utilise un ensemble bi-bouteilles OMS de 95 pieds cubes (15l). Ces cylindres
sont assemblés à l'aide de bandes Dive-Rite en acier inoxidable.
Les cylindres de 95 pieds cubes representent le meilleur rapport capacité/prix
et ils sont très adéquats pour nos conditions de plongée.
Le système de valves consiste en un ensemble à deux sorties
et avec isolateur (de marque Dive-Rite). Ces valves me permettent de gérer
adéquatement la plupart des problèmes possibles avec le système
de survie du plongeur (cylindres, valves et détendeurs). Il y a
plusieurs années, je plongeais avec un ensemble bi-bouteilles montés
de façon indépendantes (chacun des deux cylindres avait sa
propre valve K). Je réalise maintenant tous les problèmes
associés avec ce système, dont celui de la compléxité
augmentée de la gestion des gas. Au moins deux plongeurs sont morts
au Québec dans les dernières années en utilisant cette
configuration (un en plongée sous glace et un en plongée
d'épave).
Harnais:
Je possède deux plaques avec harnais que j'utilise pour les plongées
techniques. La première est une plaque en ABS de marque Dive-Rite
qui a été modifée suite à l'influence de la
communauté de plongeurs d'épaves. Ce harnais comprend deux
ensembles d'anneaux en D aux épaules, deux anneaux à la taille,
deux anneaux en laiton servant à rassembler les bouts de courroies,
une courroie sous-cutale de 3 cm de largeur (avec un anneau de VSM - véhicule
sous-marin - attaché à la boucle de ceinture de taille) qui
est attaché avec une attache rapide en plastique, une courroie de
poitrine avec attache rapide et anneau en D (pour attacher ma lampe principale
lorsque pas utilisée), et une attache rapide à l'épaule
gauche. Tout en étant très pratique et facile à utiliser,
la fiabilité de ce système est questionnée par plusieurs
experts à cause de l'attache en plastique et des coutures des courroies.
Le WKPP (Woodville Karst Plain Project) applique le principle KISS (simplicité)
à la conception du harnais. Ils ont démontrés qu'un
harnais très simple peut être utilisé même lors
de plongées extrêmes.
Mon nouvau harnais est monté sur une plaque en acier inoxidable
'Lacasse Speciale'. Cette plaque m'a permis d'éliminer complètement
les plombs qui etaient requis lors des plongées avec mon sous-vêtement
DUI. Le harnais comporte simplement une courroie continue qui contrairement
à mon harnais Dive-Rite, ne croise pas derrière mon cou.
J'ai conservé deux ensembles d'anneaux en D aux épaules.
L'ensemble du haut est utilisé pour attacher mes bouteilles décrochables,
tandis que l'ensemble du bas est utilisé pour attacher mes lampes
de sécurité. Ces dernier anneaux seront remplacés
par un modèle différent (plus petit). J'ai ausssi conservé
deux anneaux en D à la taille. Toutefois, ceux-ci sont montés
beaucoup plus près de la plaque. Mon moulinet de sécurité
est attaché à l'anneau de droite tandis que deux bouteilles
décrochables et mon manomètre à pression sont attachés
à l'anneau de gauche. Je n'ai plus de courroie de poitrine et ma
courroie sous-cutale en est maintenant une de 5 cm avec deux anneaux (un
en avant et un en arrière). Il est à noter que l'anneau avant
n'est pas attaché à la boucle de ceinture de taille, mais
simplement à la courroie de sorte que la traction est effectuée
sur la plaque en arrière au lieu de sur la ceinture de taille (lorsque
je pilote mon VSM).
Au bas de la plaque, j'attache un sac de renflouage (pour la plongée en épave ou en eau libre). J'attache aussi une lampe de sécurité ou une bouteille d'argon au côté gauche de ma plaque.
Détendeurs:
Mes détendeurs primaires sont maintenant des Scubapro G500/MK20
et G250/MK20. J'utilises aussi des Sherwood Ultima pour mes bouteilles
décrochables (sauf pour mon détendeur de décompression
à l'oxygène qui lui est un Sherwood Blizzard adéquatement
converti).
Je dois admettre que
bien que j'apprécie la versatilité des détendeurs
Scubapro, je ne suis pas aussi impressionné par leur performance
que peuvent l'être certains magazines (lorsque comparés avec
mes Ultima). Ils offrent toutefois une performance honnête. Je crois
qu'il est important d'utiliser un détendeur de forme normale (du
moins pour celui qu'on donnera au copain en détresse). Il y a toujours
un risque que le receveur ne puisse purger le deuxième étage
adéquatement si celui-ci est un de type Poseidon Jetstream (lorsque
la purge est orientée vers le haut). Le premier étage MK-20
présente certains compromis. Sa conception rend le positionnement
des boyaux difficile permet aussi l'eau et les débris de pénétrer
dans la chambre du piston.
Tous
mes détendeurs à l'exception de mon détendeur d'oxygène
sont assemblés avec des adapteurs DIN. Ces adapteurs sont définitivement
plus sécuritaires lorsque montés sur les cylindres dorsaux.
Toutefois, cette caractéristique reste à discuter dans le
cas des bouteilles décrochables.
Un aspect important de la configuration est la méthode d'utilisation des détendeurs. Dans le passé, j'avais l'habitude de plier mon long boyau sur le côté droit du bi-bouteille et plus tard, sur le côté de la plaque dorsale. À ce moment, je respirais le détendeur sur le boyau court qui était accroché à mon cou. Le détendeur secondaire (avec le long boyau) était attaché à mon épaule droite avec un bout de tube en latex et une attache.
Respirer le détendeur attaché au long boyau a certainement été le changement apporté qui a eu le plus d'impact sur ma configuration. Le meilleur moyen d'utiliser ce détendeur est d'enfiler le boyau à droite, sous le boitier de batterie pour la lampe (monté à la taille), à travers la poitrine et autour du cou. Le détendeur secondaire (avec un boyau de longueur normale) est attaché au cou avec un tube en latex. Il est évident que cet arrangement permet un déploiement très rapide du détendeur qui peut sauver la vie de notre copain en difficulté. Cela élimine aussi le besoin de développer l'habileté à récupérer le détendeur (comme enseigné dans les cours de niveau I) car le détendeur secondaire est juste sous le menton et le principal ne peut aller plus loin que le côté droit de la poitrine. J'ai affirmé que ce changement a eu le plus d'impact sur ma configuration car j'ai dû au même moment modifier le positionnement de mes bouteilles décrochables en plus de changer de lampe principale.
Avant de changer de sujet, j'aimerais attirer votre attention sur le fait que seulement deux deuxièmes étages et un manomètre sont utilisés sur un ensemble bi-bouteilles. En fait, je n'ai pas plus de boyau sur un bi-bouteilles qu'un plongeur récréatif en aura sur un cylindre simple. De plus, dans le but de rendre ma configuration plus efficace (et hydrodynamique), certains boyaux sont coupés "sur-mesure". Ainsi, le long-boyau de détendeur est d'une longueur de 7 pieds tandis que le boyau de veste compensatrice est de 15 pouces et celui du manomètre à pression est de 26 pouces (en réalité, celui-ci devrait être de 22 pouces).
Lampes:
J'utilise présentement une lampe d'American Underwater Lighting,
modèle Spectrum-14, comme lampe principale. Celle-ci, montée
sur mon côté droit à la taille est tenue en place avec
une boucle de ceinture dédiée. Telle qu'expédiée,
le cordon liant la batterie avec la tête d'éclairage est trop
long. J'ai coupé 9 pouces de celui-ci de sorte que le cordon est
tendu lorsque je tiens la lampe au bout de mon bras gauche.
Je
possède aussi une lampe Dive-Rite NL 12/24 que j'utilises lors de
plongées en cavernes peu profondes. Le boitier de batterie est attaché
sous mon ensemble bi-bouteilles. Bien que confortable et hydrodynamique,
cette configuration est moins stable que ma configuration principale (avec
la lampe AUL montée à la taille). De plus, le boitier rectangulaire
de batterie Dive-Rite n'est pas recommandable pour les plongées
plus profondes.
Veste compensatrice:
J'utilises une veste Dive-Rite de type Wings (maintenant appelée
Classic Wings) avec mon bi 95. Celle-ci donne entre 50 et 60 livres de
levée et donne un assez bon profile. Il faut noter que je n'ai pas
de fonction de vidange rapide sur le boyau de gonflage. Celui-ci diminuerait
la fiabilité de la veste. Par contre, je me suis assuré que
le boyau de gonflage fabriqué "sur mesure" (12 pouces) est bien
fixé au moyen de deux attaches en plastique à chaque bouts.
Personnellement, je crois que plusieurs engins dangereux sont présentement en vente sur le marché. Lorsqu'on évalue une veste, il faut déterminer avec honneteté la capacité de levée requise pour effectuer des plongées sécuritaires (plus gros n'est probablement pas meilleur). Mon vêtement étanche sert de veste auxiliaire. Si je plongeais en vêtement humide (quelque chose que je ne fais plus), je considèrerais utiliser une deuxième veste empilée sur la veste principale (quelque chose comme la Dive-Rite Junior).
La configuration pour la plongée récréative semble bien simple lorsqu'on considère ce qui est enseigné durant les cours de plongée de base. Toutefois, le plongeur pourrait bénéficier des développements effectués en plongée de caverne et en plongée technique. J'aimerais spécifier que ce ne sera pas la première fois que la communauté des plongeurs de cavene auront contribué à la sécurité en plongée récréative. Après tout, Sheck Exley a inventé la règle des tiers, l'octopus et la veste compensatrice sont aussi des éléments qui ont été développé pour et par les plongeurs de caverne.
Je déteste voir des plongeurs ou étudiants qui laissent trainer leur octopus ou console partout autour d'eux. Comment réagirais un plongeur en détresse s'il recevait un détendeur peu performant et plein de vase après un délais trop long (à cause que vous cherchiez le %*/# octopus)?
J'utilise deux configurations de détendeurs pour la plongée
récreative. La première est celle décrite dans la
section précédente avec une valve H sur un cylindre simple.
La deuxième utilise un détendeur simple très conventionnel
(un Artic de US Diver) qui a été modifié pour augmenter
la sécurité. Le deuxième étage primaire attaché
à un boyau de 5 pieds est passé sous le bras, à travers
la poitrine et autour du cou. Le deuxième étage secondaire
(l'octopus) est attachée à un boyau de longueur normale et
est suspendu au cou avec un tube en latex. Il est important de noter qu'un
tuba ne peut pas être attaché au masque avec cette configuration
(cela gênerait le déploiement du détendeur en cas d'urgence).
La console est attachée à un anneau d'épaule au côté gauche.
Comme c'est le cas pour ma configuration
de plongée technique, les boyaux de veste compensatrice sont aussi
coupés sur mesure. Ce boyau est de 15 pouces lorsque j'utilises
la veste Dive-Rite Wings Junior (avec un boyau de gonflage de 12 pouces).
Il est de 22 pouces lorsque j'utilises ma veste Dive-Rite Transpac/Sport
Wings.