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Les heures, les jours, les semaines et les mois, les années et les siècles s’écoulèrent sans qu’un seul instant le rossignol cessât de chanter. La lumière du soleil dora toujours la cime des grands chênes ; les insectes ne cessèrent de bourdonner, les fleurs de pousser et d’embaumer, les pinsons, les fauvettes et les mésanges de gazouiller et de caqueter, le coucou de crier son long appel dans le lointain. Durant ce temps, les chevaliers maudits furent brûlés vifs te leur couvent démoli jusqu’à la dernière pierre, et personne ne songea plus au père Gaspard disparu on ne savait comment. Le roi de France mourut, puis ses trois fils : d’autres rois lui succédèrent ; les guerres désolèrent le pays ; les ennemis furent victorieux et ensuite battus. D’autres temps étaient arrivés. Le couvent de Saint-Lantier avait été rebâti et habité par d’autres moines ; mais dans la forêt prochaine, le saint homme était toujours à écouter le rossignol. Enfin, au bout de cinq cents ans, l’oiseau se tut subitement, s’envola et disparut. Il sembla au frère Gaspard que du ciel il tombait sur la terre « Comme ce rossignol chantait merveilleusement bien ! murmura le Templier. Il m’en a fait oublier ma prière ! » Le moine acheva son oraison, se releva et prit le chemin du monastère, en s’arrêtant de ci de là pour cueillir quelque plante utile. A la sortie du bois, le bon Templier s’arrêta tout ébahi. |
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Page Web créée par Kathleen Couillard Dernière modification: 12 avril, 2003 |