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Auger revint en toute hâte rue Seleya. La terrible nouvelle trouva d'abord ses compagnons incrédules; mais quand le chevalier leur eut indiqué, non sans quelque trouble, la source de ses informations, ils passèrent de l'indignation à la colère. Cependant, comme il n'y avait pas de temps à perdre en imprécations inutiles on tint conseil. « Frères, nous n'avons point à donner désormais des preuves de notre courage. Il nous reste mieux à faire que de défendre notre liberté et notre vie, contre les séides de Philippe le Bel. Nous, morts ou prisonniers, le trésor, objet des convoitises du monarque indigne, tomberait infailliblement en son pouvoir. Notre ordre ne peut être détruit entièrement. II aura donc besoin un jour de toutes ses ressources pour rebâtir le Temple. Je propose d'enfouir l'amas d'argent et de bijoux confié à notre loyauté et de veiller de loin à sa conservation pour la gloire future de notre illustre confrérie. Nos existences, vous dis-je, lui seront désormais plus chères que notre trépas ». Ainsi parla Auger. Son conseil fut partagé, quoique l'exécution présentât de grandes difficultés On ne pouvait songer, en effet, à cacher la fortune de la commanderie sur place; il eût été imprudent, d'un côté, d'éveiller l'attention. Que faire ?
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Page Web créée par Kathleen Couillard Dernière modification: 20 avril, 2000 |