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Pendant que les pauvres de Nice et les soi-disant tels se disputaient les aumônes des Templiers à la rue Seleya, un manège particulier s'opérait de cette rue à la rue du Malonat. Des mendiants, porteurs d'un sac assez volumineux et paraissant assez lourd, venaient heurter à la petite maison mystérieuse; ils en ressortaient bientôt après avec leur sac vide, puis revenaient encore avec un autre sac plein et ainsi de suite. On devine quels étaient ces hommes. La majeure partie des trésors du Temple de la commanderie de Nice était en sûreté. Grâce à un ancien plan dérobé par elle, Bertrade avait découvert la cachette promise dans lesfondations primitives du château. Après avoir pris certaines précautions, les chevaliers divisèrent ce plan en quatre fractions égales qu'ils se distribuèrent. Cependant le drame sanglant ourdi par Philippe le Bel s'accomplissait. Le sire d'Arlac avait ouvert ses lettres closes. Dans sa précipitation à en apprendre le contenu, il ne s'était pas aperçu de la violation dont elles avaient été l'objet. A la tête de ses soldats, il envahit à la pointe du jour le Temple de la rue Seleya et fit main basse sur les objets de prix que les chevaliers n'avaient pu emporter. Ayant laissé une garde suffisante dans cette demeure, où il enrageait de ne trouver âme qui vive, il dépêcha son lieutenant Mathieu de Levens à Sainte-Marie déjà cernée par de nombreux archers, et marcha lui-même sur le Temple du Var. Les huit chevaliers préposés à la garde de ces deux postes n'avaient pas voulu croire à la nouvelle qu'Auger leur avait transmise secrètement. Attaqués presque à la même heure, ils se défendirent, eux et leurs écuyers, avec une incomparable valeur. Accablés par le nombre ils furent pris et conduits dans les prisons de Meyrargues et de Pertuis. Quant aux trente-sept Templiers partis de Nice la veille, croyant aller à la croisade, ils tombèrent au pied de l'Esterel, dans un guet-apens imaginé par le sénéchal de Provence qui redoutait la valeur de ces preux. Auger et ses amis, cachés au Malonat, n'apprirent que le lendemain cette catastrophe. Leurs écuyers, serviteurs d'une fidélité à toute épreuve, s'étaient dispersés dans la ville, et sous divers déguisements, attendaient, de leur côté, les événements.
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Page Web créée par Kathleen Couillard Dernière modification: 20 avril, 2000 |