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On se rappelle lénoncé du principe de relativité : «
toutes les lois de la physique sont les mêmes dans les référentiels galiléens ». En
mécanique classique, on a démontré la conservation de lénergie totale (énergie
cinétique plus énergie interne) et la conservation de la quantité de mouvement pour un
système isolé. Par conséquent, daprès le principe de relativité, il doit en être de
même dans la dynamique relativiste.
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Or, lexpression classique p = mv de la quantité de
mouvement fait apparaître un facteur de proportionnalité scalaire (m) entre la quantité de
mouvement et la vitesse dune particule. En relativité, nous pouvons supposer que la
relation entre p et v fait intervenir une fonction dépendant non seulement
de la caractéristique m de la particule mais aussi de sa vitesse v.
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Nous allons donc essayer de déterminer quelle est la nature de cette
fonction à laide de létude dune expérience imaginaire de choc entre deux
particules, utilisant la loi de conservation de lénergie et de la quantité de mouvement
: cest lexpérience de Lewis et Tolman.
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Considérons deux observateurs O1 et O2, respectivement
dans les référentiels R1 et R2. R1 est animé dun
mouvement vers R2 non accéléré de vitesse +ve dirigée selon laxe O
2x2 commun aux deux systèmes (voir figure 1).
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Lobservateur O1 lance selon laxe O1y1
une sphère B de masse m avec une vitesse V, tandis que O2 lance la sphère
A de même masse m dans la direction O2y2 avec la vitesse V. Ce cas particulier,
plus facile à interpréter, ne diminue en rien la généralité des résultats obtenus.
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On remarque dautre part quavec les notations choisies, les quantités v
e et V sont des modules.

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Les vitesses mesurées par O1
a) avant le choc (i)
Les vitesses en x et en y de la masse B sont

Les vitesses en x et en y de la masse A sont
Ce dernier résultat est obtenu à laide de léquation (17) avec v||
nulle.
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b) après le choc (f)
Les vitesses en x et en y de la masse B sont
Les vitesses en x et en y de la masse A sont
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Les vitesses mesurées par O2
a) avant le choc
Les vitesses en x et en y de la masse B sont
Les vitesses en x et en y de la masse A sont
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b) après le choc (f)
Les vitesses en x et en y de la masse B sont
Les vitesses en x et en y de la masse A sont
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Les deux masses entrent en collision au moment où les deux observateurs sont
au même endroit (au point de rencontre sur la figure). Le choc est supposé élastique et donc les
deux particules sont supposées se trouver dans le même état avant et après le choc.
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Les deux observateurs mesurent des masses respectives identiques quand les
sphères sont animées de la vitesse ±V. Cependant, puisque nous avons vu que déplacement, temps
et vitesse ont des valeurs différentes quand elles sont mesurées dans deux systèmes différents
en mouvement relatif, il ny a pas de raison de supposer à prime abord que la sphère A a
une masse m pour O1 ou bien que la sphère B a aussi la même masse m pour O2
.
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Après la collision, les deux observateurs doivent observer la loi de
conservation de la quantité de mouvement (nous avons dit que cétait parce que les deux
systèmes devaient obéir au principe de la relativité : observer les mêmes lois). En d
autres termes, lobservateur O2 doit observer un changement de la quantité de
mouvement de sa sphère A égal et opposé à celui quil voit pour la sphère B. De plus, la
variation quil observe pour sa sphère est égale à celle que lobservateur O1
voit pour la sienne. Ce dernier point est dû au fait que les deux observateurs voient
exactement le même phénomène pour leur sphère respective (il sagit en effet de masses
égales lancées à des vitesses égales dans les référentiels respectifs ce dernier point
naurait pas été vrai sil en avait été autrement).
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La conservation de la quantité de mouvement, pour O2, selon l
axe x2 mène à :

La sphère B est lancée par lobservateur O1 et vue par
lobservateur O2. De léquation (22), nous déduisons immédiatement
et, de façon identique, pour la sphère A vue de O1 :

Tout ceci est évident. Cela veut dire quun observateur qui observe sa sphère
(ou bien celle lancée par lautre observateur) ne voit pas, lors de la collision, un
changement de masse. Cest pour lui un choc élastique « classique » sans modification
détat de la sphère.
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La conservation de la quantité de mouvement, pour O2, selon laxe y
permet décrire léquation :

où V représente le module de la vitesse de la sphère A, après le choc, vue par O
2, ou bien, dune manière symétrique, le module de la vitesse de la sphère B, après
le choc, vue par O1.
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Cest à ce stade de notre étude que nous allons montrer que lobéissance
au principe de la relativité dEinstein va nous obliger à considérer les masses mi
et mf comme différentes. En effet, léquation (23) établit la loi de conservation de
la quantité de mouvement. Si nous supposons classiquement que mi = mf, elle
mène à une absurdité : le membre de gauche de léquation (23) est égal à son inverse
(c'est-à-dire à l'inverse du membre de droite). Donc, si la relation (23) nest pas vérifiée
avec mi = mf, cela veut dire que nous ne pourrons pas accepter le fait
classique que les deux masses mi et mf sont égales.
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Alors, que valent-elles ?
Lobservateur O2 qui voit sa sphère A entrer en collision avec la
sphère B observe les vitesses des sphères suivantes (en modules) :
la vitesse de A est
V
la vitesse de B est

où nous avons utilité la relation de Pythagore pour obtenir la vitesse totale.
Les deux particules obéissent aux lois classiques de la dynamique et après la
collision, il voit les vitesses respectives (en modules) :
la vitesse de A est
V
la vitesse de B est

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Puisque que lutilisation de la définition classique de la quantité de mouvement
(p = mv) dans la loi de conservation de cette quantité mène à une impossibilité,
nous allons définir la quantité de mouvement par la nouvelle expression:

où M(v) représente une fonction de la vitesse v et de la masse m de la particule.
Donc, p a la direction de v et son module est égal au produit de |v|
par une fonction M(v) encore indéterminée.
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Nous avons dit que le principe de relativité imposait luniversalité des lois de
la physique et puisque cest à cause de ce postulat que nous avons rejeté lexpression classique
de la quantité de mouvement, il faut que cette nouvelle expression (24) soit conforme à ce postulat. On
admet donc que dans un système isolé de particules, la quantité de mouvement totale se conserve.
Pour revenir à la collision des deux sphères, nous allons appliquer la loi de conservation de la
quantité de mouvement, vue par lobservateur O2.
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La loi de conservation de la quantité de mouvement utilisée par O2 donne
les expressions suivantes :
 | Pour les composantes x de p tel que défini par (24) : |
 | Pour les composantes y de p : |


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Or, les masses A et B au repos sont égales. On peut laisser tomber les indices. Les
fonctions M(V) sont deviennent alors uniquement fonction de la vitesse.


où on a remplacé la vitesse finale de la masse B par sa valeur.
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Léquation (25) est vraie quel que soit V. À la limite quand V®
0, on obtient :


On identifie alors M(ve) avec la masse relativiste de la sphère et M(0)
avec la masse au repos de cette même sphère. La relation (26) devient la relation bien connue

où m0 est la masse au repos et m la masse se déplaçant à la vitesse v.
Cette notion de variation de masse en mécanique relativiste amène, comme nous lavons déjà
prévu, une nouvelle expression pour la quantité de mouvement :

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La masse relativiste augmente quand la vitesse augmente. Si la vitesse v est faible
devant c, la masse mesurée est la masse au repos. Lorsque v®c, la masse
relativiste tend vers une valeur infinie.
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La vérification expérimentale de ces résultats théoriques a été faite de
nombreuses fois. Dès 1909 (la théorie dEinstein date de 1905) Buächener a obtenu la
confirmation des résultats théoriques. Il a mesuré le rapport e/m (rapport de la charge
électrique sur la masse) de lélectron et a trouvé quil était essentiellement
constant aux faibles vitesses mais diminuait de plus en plus rapidement à mesure que la
vitesse de lélectron approchait de celle de la lumière.
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