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Trous noirs stellaires
La grande majorité des trous noirs seraient dorigine stellaire,
cest-à-dire issus de leffondrement gravitationnel dune vieille étoile.
Lors de la vie courante dune étoile, appelée la Séquence Principale, celle-ci
doit résister à sa propre gravité, qui tend à la comprimer en son centre. Pour ce
faire, elle «brûle» de son carburant stellaire, composé principalement
dhydrogène, créant ainsi une force dirigée vers lextérieur qui résiste à
la gravité. Cette force est issue de réactions thermonucléaires dans le cœur
de
létoile. À lintérieur du cœur règnent des températures de lordre
de 15 millions de degrés Kelvin; lintense chaleur est suffisante pour
amorcer des réactions de fusion nucléaire, combinant deux atomes dhydrogène en un
seul atome dhélium. Ce processus libère une quantité colossale dénergie,
selon le principe déquivalence E=mc2 dEinstein, car létoile
peut ainsi fusionner des tonnes de matière par seconde. (pour
des explications supplémentaires sur le cycle de vie des étoiles,
cliquez ici).
Voici une analogie
intéressante: toute lénergie électrique consommée sur le territoire des
États-Unis en une année est libérée par fusion nucléaire en une seconde par le
Soleil. |
Cependant, il vient un moment où le carburant nucléaire fait défaut. À ce moment,
létoile devient une géante rouge; elle consomme lhydrogène situé dans ses
couches extérieures et gonfle de façon démesurée. Dans environ 5 milliards
dannées, le Soleil deviendra une géante rouge, et sa taille sera supérieure à la
taille de l'orbite terrestre. Après la phase de géante rouge, létoile a
trois possibilités, dépendant de sa masse. Le Soleil, qui est peu massif, se
transformera en naine blanche; cependant, pour une
étoile plus massive, la naine blanche est instable. Au-delà de 1,4 M¤, où M¤ représente une masse solaire (la masse du Soleil), lunité standard de
masse en astronomie, la naine blanche ne peut exister et létoile devient une
étoile à neutrons. Or, celle-ci possède
également une masse limite, qui se situe aux alentours de 3,2M¤.
Ces masses limites ont été calculées par S. Chandrasekhar et dépendent dun
phénomène nommé pression de
dégénérescence. Au-delà de 3,2M¤, cest la
formation dun trou noir, qui lui ne possède aucune masse limite. |
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Lorsquune étoile seffondre pour former un trou noir, il ny a
absolument rien qui puisse arrêter son effondrement. Cest le triomphe de la
gravitation. Toute la masse de létoile est comprimée, en un instant, jusquà
un point de densité infinie et de volume nul: la singularité. Cest, du moins, ce
que prédit la Relativité Générale, la théorie qui a «enfanté» les trous noirs. À
ce moment, il se produit un phénomène très intéressant: la lumière émise par
létoile est piégée, elle ne peut sortir du puits gravitationnel ainsi formé.
Pour bien saisir les phénomènes en jeu, il est primordial de se défaire de lidée
de Newton que la gravité est une force. Einstein propose plutôt quelle est la
courbure de lespace-temps provoquée par la présence dune masse. Imaginons
que lespace-temps soit ramené à un plan, un drap: les trois dimensions de
lespace ne font quune et le temps est lautre. Si lon dépose, sur
ce drap, une sphère lourde, elle crée une dépression: cest cette déformation qui
est responsable de la gravité. Tout objet passant trop près de la sphère sera attirée
vers elle, «tombera» dans le trou. Ainsi, la lumière, qui prend toujours le chemin le
plus bref entre deux points (principe de Fermat), est incurvée par le trou noir parce que
lespace-temps lui-même est incurvé. Elle va tout droit, mais dans une structure
courbe. |
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Le «seuil critique» doù la lumière ne peut échapper est lhorizon des
événements. Il est en quelque sorte la frontière du trou noir, le «point de non
retour»: il est semblable à une membrane qui ne laisse passer la matière que vers
lintérieur et doù absolument rien ne sort. Lhorizon est délimité par
les trajectoires des rayons lumineux tout juste retenus par le trou noir. Un trou noir
na pas de surface véritable; lhorizon nest que la limite à partir de
laquelle la lumière reste prisonnière du puits
gravitationnel. Celui-ci forme une sphère parfaite; son rayon se nomme rayon de
Schwarzschild; à cette distance, le temps disparaît, et lespace
devient infini. Cest une singularité. Un tel rayon existe pour tout corps,
et détermine le volume que le corps doit occuper pour retenir la lumière en vertu de son
attraction gravitationnelle. Pour le soleil, le rayon de
Schwarzschild est de 2,9 kilomètres, tandis quil est de 8 millimètres pour la
Terre. Cependant, de tels niveaux de compression nexistent nulle part dans
lunivers, à part bien sûr à lintérieur des trous noirs; les étoiles à neutrons, qui sont les objets
les plus comprimés à part les trous noirs, napprochent même par la compression
nécessaire. Certains physiciens, dont Stephen Hawking,
croient que de telles conditions auraient existé dans les toutes premières secondes
après le Big Bang. Les trous noirs décrits ici sont une solution particulière aux
équations dAlbert Einstein de la Relativité Générale: cest un trou noir de
Schwarzschild, caractérisé entre autres par sa sphéricité parfaite et son immobilité,
i.e. il nest pas en rotation autour de lui-même. Il existe
dautres solutions à ces équations, notamment celle de Kerr, décrivant un trou noir dynamique, i.e. en rotation.
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