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Trous noirs dans des systèmes binaires
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Un trou noir accompagné dune étoile «normale», i.e. non comprimée et, de
préférence, visible de la Terre, formant un système binaire, peut être détecté
grâce au mouvement de son partenaire. En effet, dans un système binaire, les deux astres
tournent lun autour de lautre. De la Terre, létoile apparaîtrait
tourner autour de
rien. Le «rien» en question est appelé un compagnon invisible,
et est habituellement une étoile effondrée (naine
blanche, étoile à neutrons ou trou
noir). Selon leffet Doppler, lorsque le compagnon visible sapproche de la
Terre, son spectre lumineux est décalé vers le bleu, tandis quil «rougit»
lorsque létoile séloigne. On peut déterminer la «binarité» dune
étoile en vérifiant si les raies dabsorption, les raies sombres du spectre
correspondant à la «signature» de létoile, oscillent de façon régulière,
trahissant le mouvement de rotation des astres. La lumière émise
par une étoile, qui compose son spectre, est particulière à celle-ci. Les différences
dans les spectres proviennent du fait que les étoiles nont pas toutes la même
composition chimique, donc némettent pas toutes de la même façon. Ainsi, le
spectre lumineux est une propriété caractéristique permettant didentifier une
étoile. |
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Cependant, les systèmes binaires ne contiennent pas nécessairement des trous noirs.
Pour le déterminer, il faut mesurer la masse du compagnon obscur. Il peut sagir
dune étoile peu lumineuse, ou dune étoile gravitationnellement effondrée.
Les naines blanches et les étoiles à neutrons possèdent toutes deux une masse limite.
Au-delà de cette limite, le compagnon obscur est soit un trou noir, soit une étoile
massive cachée par un nuage de poussière; il existe plusieurs cas
semblables, dont entre autres Epsilon Aurigae, un système avec compagnon obscur qui
ellipse létoile tous les 27 ans, et dont la durée de révolution est de 2 ans.
Cest cette longue durée qui élimine la possibilité dun trou noir.
Cependant, cest du côté des systèmes binaires sources de rayons X, produits
lorsque des électrons subissent une brutale décélération, quil faut regarder
pour la suite. En effet, un système binaire peut engendrer plusieurs phénomènes X,
reliés ou non aux trous noirs. Les systèmes dont le compagnon obscur est un pulsar, i.e.
une étoile à neutrons expulsant un jet de matière qui tourne de façon régulière,
présentent cette régularité constante, caractéristique des pulsars, qui élimine la
possibilité dun trou noir. Cependant, les sources X binaires erratiques peuvent en
renfermer un. |
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Certaines sources sont agitées de brutales éruptions X soudaines; ce sont des
«sursauteurs» (traduction de bursters, aussi appelés sources X
transitoires). Ce sont des systèmes binaires serrés avec transfert de masse. Le
phénomène qui entre en jeu est similaire aux novae chez les naines blanches, i.e. les
explosions thermonucléaires catalysées par laccumulation de matière à la surface
de lastre, sauf quil sagit de pulsars ou de trous noirs. Or, les pulsars
ne sursautent pas. Donc ceux-ci ne peuvent être que de vieilles étoiles à neutrons, qui
ont perdu leur champ magnétique, car cest lintense champ
magnétique des étoiles à neutrons qui canalise les particules chargées en deux jets de
matière, le «phare» qui, en tournant, est responsable de la «pulsation» de ces
étoiles, ou encore des trous noirs. Pour un trou noir, laccumulation de
matière ne peut expliquer le sursaut, car celui-ci na pas de surface. Il faut aller
du côté de laccrétion de matière. Un tel modèle est similaire à
laccrétion de matière présentée précédemment, sauf quici la matière est
«aspirée» de la surface de létoile visible, et elle tombe vers le trou noir en
suivant sa rotation, i.e. en spirale, ou disque daccrétion. |
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Dans lastronomie X, les trous noirs doivent être cherchés parmi les sources X
qui ne sont ni périodiques ni récurrentes. Pour ce faire, on commence par mesurer les
fluctuations de luminosité X sur de très courtes durées. La raison est que, comme le
disque daccrétion est excessivement chaud, il se forme des instabilités, des
sortes de «bulles chaudes», provoquant un sursaut de rayons X. Pour les détecter, on
mesure la vitesse des fluctuations: comme celles-ci, représentant un changement de
configuration de lastre, ne peuvent voyager plus vite que la lumière, une
fluctuation inférieure à 1ms, par exemple, indique la présence dune étoile très
compacte. Une fois une telle source observée, il faut encore la peser. Lastronome
ne dispose que du spectre de létoile, sil nest pas noyé dans celui du
disque daccrétion. Le déplacement des raies par effet Doppler permet de calculer
une fonction de masse, comportant trois inconnues: les deux masses et linclinaison
du plan orbital par rapport à la direction dobservation. En procédant à des
approximations, on peut déterminer la masse de létoile compacte, avec une certaine
«barre derreur» (incertitude). Si la barre inférieure est supérieure à 3,2M¤, masse maximale dune étoile à neutrons, alors le
candidat est nécessairement un trou noir. |
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Cygnus X-1 est une source X coïncidant avec une étoile visible, HDE 226868, une
géante bleue chaude et massive: entre 25 et 40 M¤. Selon
les calculs, son compagnon compact aurait au moins 7M¤ et
tournerait à une orbite de 30x106 km (orbite
extrêmement serrée). Celui-ci est donc très probablement un trou
noir. Il en existe
dautres découverts de la même manière, dont notamment LMC X-3 et A0620-00; on peut citer dautres trous noirs potentiels, dont V404 Cygni, GRO J0422+32
et LMC X-1. Il est donc possible de détecter un trou noir lorsque celui-ci fait
partie dun système binaire dont le compagnon visible est connu. Cette méthode est,
pour linstant, la plus efficace pour détecter des trous noirs. Cependant, elle
nest pas sans défauts. Certains la contestent, disant que les approximations
utilisées pour calculer la masse du compagnon obscur sont trop inexactes. Quoi quil
en soit, le fait demeure que plusieurs candidats ont été observés ces dernières
années. Cest principalement le lancement du télescope spatial Hubble qui a permis
deffectuer ces calculs avec une précision suffisante. Il existe également un autre
type de phénomènes susceptibles dêtre causés par des trous noirs: cest
lintense activité au centre de certaines galaxies, qui renfermeraient peut-être un
trou noir de plusieurs millions de masses solaires.
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