Il est né vers 1799 selon les différents registres et recensements que j'ai pu trouver. Il se marie avec Eugénie Villeneuve, le 12 septembre 1825 à Rigaud.

Ce registre est assez difficile à lire parce que l'encre a transpercé le papier et qu'une ligne est écrite en double. Voici la transcription : Le 28e mariage de l'année entre Joseph Robinson et Eugénie Villeneuve. Le douze Septembre Mil huit cent Vingt et cinq après la publication de trois bans de mariage faite au prône de la messe paroissiale pendant trois Dimanches consécutifs entre Joseph Robinson fils majeur de Jacque Robisson et de Marie Trottier Ses pére et mére en la Seigneurie d'Argenteuil d'une part Eugenie Villeneuve et Eugenie Villeneuve fille mineure de feu joseph Villeneuve et de Marie Anne Suzanne ses pére et mere en la Seigneurie d'Argenteuil d'autre part. Je prêtre Soussigné n'ayant Découvert aucun empêchement quel conque entre les parties Susdites Vue l'approbation de leurs parens respectifs et avoir recu leur mutuel consentement leur ai donné la bénédiction nuptiale en présence de Richard Trottier oncle de l'Epoux de j.Bte Robinson Son frére, d'Amable quénel oncle de l'Epouse, de François Hyacàthe leur ami et témoins dont tous ai nsi que l'Epoux et l'Epouse ont déclaré ne Savoir Signer Lecture faite A. C. Labroquerie ptre.
Lors de son mariage, Eugénie Villeneuve vient d'avoir 15 ans. Elle est née le soir du 27 octobre 1810 et a été baptisée le lendemain à Rigaud. Son parrain et sa marraine sont Philibert Sabourin et Marguerite Eugenie Rochbrune.
Le 5 Novembre 1832, Joseph Robinson achète la terre #18 au côté sud du rang appelé le Coteau des hêtres. Il paie la somme de 28 livres, soit environ $100. Cette terre mesure 3 arpents par 30. Aucun bâtiment n'y est construit. Joseph paye la somme de 8 livres et prome
t de payer le reste en trois paiements annuels. A cette époque, les banques ne prêtent pas aux gens. Le vendeur est le prêteur. Pour garantir ce prêt, Joseph doit hypothéquer sa terre.
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Donc Joseph doit bâtir lui-même sa maison. En voici quelques photos, qui ont été prises au cours des années 1970. A cette époque, ele était inhabitée. Elle a été démolie vers la fin des années 1970. La partie de droite est la partie originale de la maison.
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Le 11 novembre 1835, Joseph passe chez le notaire pour faire son dernier paiement et obtenir sa quittance pour son hypothèque.
Le 18 mars 1840, son épouse Eugénie Villeneuve meurt. Elle est inhumée le 20 dans le cimetièrede St- André. Joseph est maintenant seul avec sept enfants à sa charge dont l'âge varie entre 18 mois et 13 ans, soient Jacques dit Jean-Baptiste, Euphrosine, Marie, François dit Francis, Rosalie, Louis et Emilie.
Joseph n'est pas resté veuf longtemps. En fait, il se remarie dès l'automne avec Esther Papineau.

Ils se sont épousé à l'Église de St-André, Qc. Sur le registre nous lisons : Le 9e mariage de l'année entre Joseph Robifson et Esther Papineau. Le vingt quatre Novembre mil huit cent quarante, après la publication de trois bans de mariage faite aux prônes de nos mefses paroifsials entre Joseph Robifson cultivateur veuf majeur de Eugène Villeneuve de cette paroisse d'une part et Esther Papineau fille majeure d'Antoine Papineau et d'Agathe Bône aufsi de cette paroifse d'autre part, ne s'étant découvert aucun empêchement, nous prêtre Soufsigné avons reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Jacques Vivarais, ami de l'époux, de Antoine Papineau père, de Barthélémi Poitras ami de lépoux, lesquels et les dits époux ont déclaré ne savoir Signer L:F. Belleau ptre Curé
Esther Papineau est native de St-Benoit, Qc. Sur son certificat de baptême, nous lisons : 105e baptême de l'année. Le huit mai mil huit Cent vingt, par nous prêtre, curé Soufsigné, a été Baptisée Ester, née du jour du légitime mariage d'antoine papinault laboureur et d'Agathe Baulnes Ses père et mère de Cette paroifse, le par rain a été JeanBaptiste Baulnes et la marraine marguerite Demers, oncle et tante de l'enfant, qui ont déclaré ne Savoir Signer. M. J. Félix Ptre.

Au recensement de 1842, Joseph est inscrit sous le nom de Jos Roberson. Il est dit fermier et propriétaire d'une maison où vivaient 10 personnes. Ils sont tous nés au Canada et d'origine française. Il y a 1 mâle et 1 femelle de moins de 5 ans(Benjamin et Emilie), 2 mâles et 2 femelles entre 5 et 14 ans(Louis, Rosalie, François et Marie), 2 mâles célibataires entre 14 et 18 ans(Euphrosine et Jean Baptiste), 1 homme marié entre 30 et 60(Joseph) et 1 femme mariée entre 14 et 45(Esther Papineau). Ils sont tous catholiques romains. 5 mâles et 4 femelles sont inscrits comme étant des personnes de couleur. Joseph posséde un lot de 90 âcres dont seulement 6 sont défrichés. En 1841 il a récolté 50 boisseaux d'avoine, 20 boisseaux de blé d'Inde et 50 boisseaux de patates. Il posséde 4 bêtes à corne, 2 chevaux, 4 moutons et 1 porc. Il a aussi produit 8 livres de laine.
En 1854, deux des fils de Joseph achètent une terre de l'autre côté du rang. Elle porte le #17. François et Jacques alias Jean-Baptiste sont voyageurs. Jean-Baptiste est nouvellement marié avec Domitilde Bertrand. Il meurent tous les deux au mois d'Août, sans avoir fait de testament. Une chicane s'amorce donc entre la jeune veuve, Joseph Robertson et les enfants de son premier mariage, pour une question d'héritage. Un inventaire des biens appartenants à Jean-Baptiste est fait, ainsi qu'un pour les biens d'Eugénie Villeneuve, afin de connaître la valeur des biens à séparer entre les héritiers. Cette chicane semble se calmer vers le 21 Mars 1855 quand Joseph, alias Joe Robinson, paie la balance de l'hypothèque de ses deux fils décédés et devient le nouveau propriétaire du lot #17. Il ne donne pas la part de terre à la veuve de son fils Jean-Baptiste. Ils doivent avoir réglé leur compte autrement, parce que son nom n'apparaîtra plus jamais dans les papiers de la succession de la famile.
La famille de Joseph ne cesse de grandir et la maison en bois du lot 18 devient trop petite et est en mauvais état. Il doit donc en ériger une nouvelle.

Il se fait donc construire une maison de pierre de style québécois sur le lot 17. Elle mesure environ 8 mètres par 9 mètres (26 pieds et 2 pouces par 29 pieds et 10 pouces) à l'extérieur avec des murs d'environ 60 cm (2 pieds) d'épaisseur. Ces photos datent des années 1970. La maison porte alors l'adresse 193 Coteau des Hêtres. Les bâtiments ont été démolis à la fin des années 1970.
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Joseph se rend chez le notaire le 24 Décembre 1857, afin de dicter son testament. Voici un résumé de ce qu'il contient. Premièrement Je recommande mon âme à Dieu. Deuxièmement, je lègue en portions égales tous mes biens meubles et immeubles à tous mes enfants, qui seront vivants après mon décès, issus de mon mariage avec Esther Papineau. Au cas ou un ou plusieurs d'entre eux seraient décédés avant moi, leur part ira à leurs enfants issus de leur mariage. J'exclus tous mes enfants issus de mon mariage avec Eugénie Villeneuve parce qu'ils ont déjà reçu leur part. Ils sont: Euphrosine, Marie, Louis et Emilie Robinson. Je veux que mes dettes soient payées et que tous les torts et dommages que j'ai pu causés soient réparés, à même mes biens. Je veux que des prières soient dites pour le repos de mon âme. Je nomme Esther Papineau comme exécutrice testamentaire. Je révoque tout autre testament que j'ai pu faire précédemment.
Au recensement de 1861, 12 personnes vivent dans la maison de Joseph Robinson. Joseph(58), Isal Papano(42), Benjamin(17), Peter(15), Esther(13), Nercise(11), Antoine(10), Thomas(9), Margaret(8), Joset (7), John(4) et Domathilde(2). Joseph est un fermier. Ses fils sont tous journaliers. Ils sont tous catholiques et inscrits comme mulâtres exceptée Esther Papineau qui a une remarque disant « A white woman ? »(Une femme blanche?) Esther et Narcisse vont à l'école. Une seule famille habite leur maison qui est construite en bois rond et comporte un seul étage. Joseph possède 2 lots de terre pour un total de 180 âcres dont 106 sont développés. De ces 106, 66 sont cultivés et les 40 autres servent de pâturage. Les 74 restants sont boisés. Sa ferme est évaluée à $4000 et ses équipements agricoles à $150. Il a cultivé 3 âcres de blé et a récolté 30 boisseaux, 5 âcres d'orge pour 120 boisseaux, 4 âcres de pois pour 30 boisseaux, 40 âcres d'avoine pour 700 boisseaux, 7 âcres de sarrasin pour 120 boisseaux, 2 âcres de blé d'Inde pour 40 boisseaux, 5 âcres de patates pour 600 boisseaux et ½ âcre de navet pour 30 boisseaux.
Le 5 Octobre 1870, Joseph qui déclare être malade, fait venir le notaire chez lui afin de faire un 2e testament. Ses dernières volontés sont les suivantes: Je donne à mon plus jeune fils Moïse Robinson, le lot #17 sur le côté nord du Coteau des hêtres, à condition qu'il supporte sa mère, Esther Papineau qui devra en tout temps résider sur la terre. Après la mort de mon fils Moïse, je la lègue à tous ses enfants né de son légitime mariage, à parts égales. Dix de mes enfants, nés de mon mariage avec la dite Esther Papineau recevront, à parts égales, le lot #18 au côté sud du Coteau des hêtres et tous mes biens meubles, marchandises, argent, et tout autres effets de toutes sortes, nature ou qualité. Ils sont: Benjamin, Esther, Narcisse, Antoine, Marguerite, Noé, Josephine, Domitilde, Xavier et Moïse. Toutes mes dettes devront être payées à même ma succession. Je charge aussi mes dits dix enfants de payer à leur trois frères: Joseph, Pierre et Thomas la somme de quatre dollars chaque immédiatement après mon décès. Je nomme Esther Papineau seule exécutrice de mon testament. Elle devra élire deux personnes désintéressées pour inventorier et diviser ma succession pour en faire dix parts égales, comme bon leur semblera afin d'éliminer toute dispute. J'exclue tous mes enfants issus de mon premier mariage avec Eugénie Villeneuve de ma succession parce qu'ils ont reçu tout ce que je considère qu'ils devaient recevoir dans ma succession. Je révoque tout testament que j'aurais pu faire précédemment.
Au recensement de 1871, 13 personnes vivent sous le même toit. Joseph Robertson(72), Ester(56), Benjamin(31), Pierre(24), Ester(23), Antoine(20), Thomas(18), Margaret(17), Josette(15), Noah(14), Mathilda(11), Exvia (8) et Mosis(7). Ils sont tous nés dans la Province de Québec et sont tous catholiques romains. Joseph y est dit d'origine africaine, tandis qu'Esther et leurs enfants sont d'origine française. Joseph et ses fils Benjamin et Antoine sont fermiers. Pierre est journalier. Ester Robinson est la seule personne qui est âgée de plus de 20 ans qui sait lire et écrire. Joseph est le propriétaire de 2 lots de terre dont seulement un est développé. Sur la ferme il y a une maison et 4 bâtiments de ferme. Il possède 1 carriole et 2 wagons. Sa machinerie agricole se compose de 2 charrues, une faucheuse et une machine à vanner. Des 180 âcres, 120 sont améliorés et 25 servent de pâturage aux animaux. Ses terres sont cultivées comme suit: 8 âcres de blé du printemps qui produisent 45 boisseaux, 4 âcres de patates qui donnent 600 boisseaux et 15 âcres de foin qui en donnent 7 tonnes. Il a aussi récolté 12 boisseaux d'orge, 150 boisseaux d'avoine, 10 boisseaux de seigle, 10 boisseaux de pois, 1 boisseau de fèves, 25 boisseaux de sarrazin et 15 boisseaux de blé d'Inde. Il possède plusieurs animaux dont: 4 chevaux âgé de plus de 3 ans, 7 vaches laitières, 7 bêtes à cornes, 9 moutons et 2 porcs. Il a tué ou vendu pour l'abattoir ou l'exportation 1 bovin, 2 moutons et 3 porcs. Il a aussi produit 50 livres de beurre, 20 livres de laine et 20 verges de tissus fabriqué maison. Il a 15 cordes de bois de chauffage qui sont prêtes pour l'hiver.
Joseph Robinson décède le 25 Mars 1875 et est inhumé deux jours plus tard à St-André, Qc.

La 5e sépulture de l'année, étant celle de Joseph Robertson alias Robinson. Le texte nous donne l'information suivante : Le vingt-sept Mars mil huit cent soixante quinze Nous Soussigné Curé de St André avons inhumé dons le cimetière le corps de Joseph Robertson alias Robinson décédé depuis deux jours, âgé de soixante seize ans époux légitime de Esther Papineau de cette province Etaient présents James Curran et Gilbert Clément qui ont déclaré ne savoir signer. Deux mots en marge bons. A Seguin Ptre
Les enfants de son 2e mariage sont : Binjamin, Archange, Joseph, un fils décédé à la naissance, Peter dit Pierre, Esther, Narcisse, Antoine, Thomas , Marguerite dite Margaret, Josephte, Noé dit Noah, Domitilde dite Mathilda et Méline, François Xavier dit Xavier et Moïse.
La mort de leur père agit comme un détonateur pour la poursuite de la succession d'Eugénie Villeneuve par ses enfants. Des tutelles multiples et même une poursuite en Cour Supérieure essaieront de venir à bout de cette dispute, qui sera réglée à l'amiable entre eux, selon une entente inconnue.
Le 4 Juillet 1877, Esther Papineau décide de faire évaluer la succession de Joseph Robinson, afin de connaître la valeur des parts que ses enfants doivent recevoir. Elle nomme Alfred Center et Walter Cummings comme évaluateurs, selon les dernières volontés de son défunt époux. Après avoir prêté serment, les deux évaluateurs procèdent à l'inventaire en commençant à l'intérieur de la maison où ils ont trouvé :
- Un pendule $2.00
- Un bureau $5.50
- Une table à dîner $6.00
- Une huche $5.00
- Une couchette $2.50
- Un lit $2.00
- Trois chaises de salon $1.50
- Un poêle double $5.00
- Une table de cuisine $1.50
- Une grosse horloge suisse $1.00
- Un lit et couchette $2.00
- 14 boisseaux de sarrasin $7.00
- 14 livres de laine $3.50
- Balles de laine de 6 livres $1.80
- 1½ boisseaux de seigle $0.90
- Un rouet $0.40
- Un lit et une couchette $2.00
- Une pelle $0.50
- Deux matelas de plumes $4.00
- Blé d'Inde $1.00
- Six pots à lait $1.00
- Lot de plat en terre cuite $4.00
- Un poêle à cuisson $7.00
- Un plat $0.25
- Deux boisseaux de blé d'Inde $1.20
- Un collier $0.40
- Deux brides $0.60
- Un mors $18.00
- Une vieille faux $4.00
- baculs et ses chaînes $1.00
- Un collier en fer $0.50
- Une vieille hoy $18.00
- Un petit harnais $1.00
- Huit oies $3.00
- Une vieille charrue en fer $2.00
- Une charrue en service $10.00
- Machine à filer de maison et un vieux tanneur $10.00
- Herse double $3.00
- Râteaux et fourches $1.30
- Deux outils pour couper les bûches $2.40
- Sept jeunes cochons $14.00
- Neuf vaches évaluées à différents prix $152.00
- Une vieille jument $20.00
- Trois génisses âgées de 2 ans $30.00
- Une génisse âgée d'un an. $8.00
- Six moutons $24.00
- Cinq agneaux $10.00
- Une vieille charrette à foin $14.00
- Trois veaux $5.50
- Grains et autres effets $120.00
- Dépôt à la Banque du bureau de Poste $149.31
- Obligation due par Angus Loynachan $500.00
- Trois ans d'intérêts $72.00
Total : $1260.76
Les dettes dues par la Communauté sont de $151.45. La moitié revenant à Esther Papineau est de $529.43. L'autre moitié est divisée en dix ce qui donne des parts de $52.94 pour chacun des enfants nommés au testament. Esther Papineau promet de leur donner leur part s'ils renoncent aux biens énumérés dans l'inventaire. Ils s'empressent tous d'y renoncer mais ne seront pas payés ce jour-là.
Le 7 Juillet 1885, Esther Papineau se rend chez le notaire avec plusieurs d'entre eux. Elle donne à : Antoine, Domithilde et Moïse Robinson, leur part dans l'héritage de leur père. Ils reçoivent chacun la somme de 52.94 , comme calculé lors de l'inventaire fait en Juillet 1877. Comme Xavier et Esther Robinson sont décédés intestats et sans enfants, leur parts retournent à la succession pour être redistribuées entre les huit autres enfants. Ils reçoivent donc un supplément de $9.62 chaque. Pierre et Thomas reçoivent aussi reçu leur part de quatre dollars chacun ainsi que leur part de $9.62.
Ensuite, elle vend sa moitié du lot #18, maintenant #715, au Coteau des hêtres à son fils Antoine Robinson pour la somme de $700. Il devra payer cette somme d'argent à ses frères et soeurs en sept versements annuels de $100 chaque, en commençant un an après le décès de sa mère. Le taux d'intérêts sera de 5% par année et devra lui être payé jusqu'à sa mort. Après la mort de celle-ci, les intérêts devront être payé à ses enfants en les calculant à partir de ce jour. La terre devra rester hypothéquée jusqu'à parfait paiement de la dette. Esther Papineau exige que tout soit fait de cette manière parce qu'elle veut que chacun de ses enfants aient une part d'héritage, comme si elle leur avait fait une simple donation ou un legs testamentaire.
Finalement, elle fait une donation entre vifs à son fils Moïse Robinson, dans un an de ce jour, du lot #17, maintenant renumroté 826, suivant certaines conditions.
- Payer les futures rentes seigneuriales.
- Lui payer, jusqu'à la fin ses jours, la somme de $25 par année dès qu'elle ne sera plus capable de travailler sur la ferme.
- Lui donner la moitié est de la maison, sur les deux étages.
- Lui donner ½ âcre de terre au côté nord de ses appartements pour cultiver un jardin qu'il devra labourer au besoin et fumer à tous les deux ans.
- Lui fournir une bonne vache laitière qu'il remplacera au besoin et qu'il nourrira et pacagera toute l'année.
- Lui fournir un de ses meilleurs chevaux ainsi qu'une voiture, convenable pour chaque saison pour la conduire selon son bon plaisir, deux jours par mois.
- Lui laisser utiliser le puits.
- Lui fournir chaque année, 6 cordes de bois coupés, empilé près de la maison et prêt à être brûlé.
- En cas de maladie, aller lui chercher le docteur ou le prêtre qu'elle paiera elle-même.
- Lui permettre d'aller n'importe où sur le lot de terre et les bâtiments
- Après sa mort, payer à ses frères et soeurs, la somme de $700 en sept versements égaux à 5% d'intérêt, à être calculés après sa mort et devront être payés annuellement.
Le 11 décembre 1886, J. Palliser, avocat de Thomas Bédard porte plainte à la Cour de circuit contre Esther Papineau et Moïse robinson pour une dette impayée. Le jour même, la Cour ordonne au huissier de saisir les biens de celle-ci jusqu'à concurrence de la somme de $54.50 et ordonne à la Défendante de se présenter devant la Cour de circuit à Lachute qu'elle entende la confirmation du verdict et qu'elle reçoive une copie légale de celui-ci.
Le 13 Décembre, entre 2 :00 et 4 :00 pm, le huissier David Raitt se rend au domicile de d'Esther Papineau afin de procéder à la saisie de ses biens. Il prend : Une vache rouge et en laisse une, une génisse rouge, un veau rouge et blanc, un buggy, une paire de herses, une charrue, un sleigh double, un train, 20 poules, un coq, un poêle double, une machine à coudre, une commode et une huche. Il laisse un poêle double. Dans la grange, il a prends environ 4 tonnes de foin et 3 tonnes de paille. Comme ils ne remboursent pas cette dette, le 7 mars suivant, l'avocat de Thomas Bédard demande l'exécution de la vente des biens saisis dès le 31 mars suivant, afin de récupérer la somme d'argent en cause.
Esther Papineau se remarie à St-André avec Louis Gagné le 7 Février 1888 à St-André. Il est le beau-père de ses fils Antoine et Moïse.
Le 25 Juin 1888, Esther Papineau donne à sa fille Marguerite Robinson sa part d'héritage dans la succession de son père. Elle lui donne aussi la part de son frère Xavier et de sa soeur Esther devant le notaire Alphonse Berthelot et reçoit ainsi sa quittance.
Le 8 Mars 1890, Esther Papineau, Louis Gagner et Moïse Robinson se rendent chez le notaire afin de modifier une clause dans la donation que celle-ci a faite à son fils en 1885. Elle annulle la clause où l'on mentionne qu'il devra payer à tous ses frères et soeurs la somme de $700. Cette somme sera réduite à un dollar qu'il devra donner à chacun d'entre eux, sans intérêt, un an après le décès de sa mère.
Esther Papineau est décède le 4 Mars 1896 et est inhumée dans le cimetière de St-André.
La 8ème sépulture de l'année. Le Six marS mil huit cent quatre-vingt Seize, nouS SouSSigné, curé de St- André, avonS inhumé au cimetière de cette paroisSe le corpS de ESther Papineau, épouSe de Louis Gagnier décédée depuis deux jours en cette paroisSe, à l'âge de Soixante Seize anS. Etaient présents: NarciSSe Robertson et Antoine Robertson qui ont déclaré ne Savoir Signer ; lecture faite¸ F.A. DugaS. Ptre.
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| La pierre tombale d'Esther Papineau se situe à gauche dans la vieille partie du cimetière de St-André, à la droite de la grosse croix. Elle est faite de marbre blanc, et est très bien conservée. On peut y lire : Ici repose le corps de Esther Papineau Epouse de Joseph Robertson Décédée le 3 Mars 1896 Agée de 75 ans . |
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Beaucoup de données me manquent encore, comme la date et le lieu de naissance de Joseph, mais les recensements nous donnent des indices importants. Tous ceux faits entre 1842 et 1871 mentionnent qu'il est né au Canada et originaire de la province de Québec. Il faisait partie de la première génération qui épousait des femmes blanches parce qu'il n'avait pas le choix. En fait au recensement de 1842, sur les 2710 personnes qui habitent le comté, seulement 13 personnes sont enregistrées comme étant des personnes de couleur dont 9 sont des membres de la famille de Joseph. Il n'y avait qu'un seul autre couple mixte qui avait un fils dans tout le comté. Les deux autres personnes étaient des femmes qui travaillaient dans deux maisonnées différentes, l'une comme servante et l'autre comme aide sur une ferme laitière.
Joseph et ses deux épouses n'ont jamais su lire ni écrire. Ils avaient d'autres talents. Ils cultivaient la terre et faisaient leur propre vêtements à partir des tissus qu'ils fabriquaient. L'un d'entre eux jouait même du violon, selon le premier inventaire des biens qui a été fait en 1854. Ce talent musical sera transmis à plusieurs générations et le nom Robertson sera connu à travers tout le Coteau des Hêtres. Plusieurs années plus tard, les anciens parle encore d'eux.