florida.gif (8671 octets)   Voyage ornithologique Floride   florida.gif (8671 octets)

2 au 12 Mars 2000

(Optimisé sous MS Internet Explorer, 1024 X 768 pixels)

 

Note: Les photos ornithologiques de cette page ont été prises lors d'un autre voyage s'étant déroulé en décembre 2002 et janvier 2003. Vous pouvez cliquer sur les illustrations encadrées en vert  pour obtenir un agrandissement de celles-ci.

 

Participant:        Claude Nadeau

Endroits visités:

Transport:

Hébergement:

Coût total:

Environ 1600 dollars canadiens

Référence intéressante à consulter:

Pranty, Bill.1996. A Birder's Guide to Florida. ABA/Lane birdfinding guide. American Birding Association. Édition révisée.388 pages.

 

Autre lien:

Voyage Floride Décembre 2002 - Janvier 2003

Rapport d'excursion

(Cliquer ici pour télécharger la liste de prise de données. Exigence minimale, MS Office 1997.)

 

Jeudi 2 mars 2000

Dorval - Cincinnati - Atlanta - Miami

Journée consacrée à voyager.

Le départ de Dorval se fait à 9h00. Ayant acheté un billet bon marché avec la compagnie Delta Air Lines, je dois faire deux transferts aux aéroports de Cincinnati et d'Atlanta. Ainsi, mon arrivée à Miami s'est faite aux alentours de 17h30.

Pas le temps de passer aux douanes et de me rendre à l'agence de location de voitures qu'il fait déjà noir... Les oiseaux auront été rares aujourd'hui. Alors que j'ai pu voir quelques Urubus à tête rouge et corneilles à partir des aéroports d'Atlanta et de Cincinnati, ma seule observation de la journée pour la Floride est auditive et se résume au Moineau domestique.

Un peu angoissé d'être seul pour plus de dix jours dans un pays où on ne parle pas ma langue maternelle, je quitte vers les Everglades où je camperai. Heureusement, les routes sont bien indiquées et, en moins d'une heure, je me retrouve aux portes de ce célèbre parc national, fief des alligators et d'une avifaune variée.

Cependant, ma solitude me hante toujours. Je ne cesse de me demander si j'ai bien fait de partir... Je suis inquiet de ce qui pourrait m'arriver.

Allongé dans ma tente, je suis plus que jamais absorbé par mes craintes. Aux aguets, je tends l'oreille, à la recherche de n'importe quel son ou chant pouvant me distraire. Le temps passe, je n'entends rien...

Toujours à l'écoute du moindre bruit, je sens l'arrivée sournoise du marchand de sable... Voilà maintenant que le sommeil m'envahit en dissipant mes craintes... qui, le futur le dira, s'avèreront non fondées.

 

Vendredi 3 mars 2000

Parc National des Everglades

Tamiami Trail

Cinq heures du matin... Le jour n'est pas encore levé et me voilà sur le chemin de mon premier objectif: la «Tamiami Trail».

Frontière nord du Parc National des Everglades en certains points, la «Tamiami Trail» est une route reliant Miami et Naples. Elle traverse une vaste succession de marais peuplés par plusieurs zones buissonnantes offrant d'excellents perchoirs aux échassiers voulant se reposer. 

Le Tantale d'Amérique et la Grande Aigrette y sont particulièrement abondants. Tôt le matin, on peut les apercevoir en grands groupes posés au faîte des arbustes sous le regard d'innombrables Urubus noirs et à tête rouge qui, pour leur part, siègent au sommet des poteaux électriques en attendant patiemment les montées d'air chaud favorables à un vol sans effort.

Cet endroit est réputé comme étant l'un des meilleurs d'Amérique du Nord pour observer le Milan des marais, notamment dans le secteur où les indiens attrapent les touristes en leur offrant des tours de bateaux qui, selon moi, sont ornithologiquement inutiles. Plus précisément, l'espace optimal se situe entre l'intersection de la route 27 et le restaurant Miccosukee (un peu à l'ouest de l'entrée menant au secteur «Shark Valley» du Parc National des Everglades).

De simples arrêts en bordure de route suffisent haut la main pour observer un large échantillon de l'avifaune locale. C'est d'ailleurs ainsi que j'ai procédé pour voir mes premiers milans.  Profitant des élargissements occasionnels de l'accotement routier, je n'ai eu aucune difficulté à repérer plusieurs individus de cette espèce que j'avais fixée comme étant une des hautes priorités de ce voyage.

De simples balayages des zones humides à l'aide du télescope m'ont permis d'en dénombrer environ dix. Cependant, je suis arrivé très tôt dans la journée pour profiter de la période de chasse matinale où les oiseaux rasent le sol à la recherche d'escargots. Plus tard, ces derniers sont plus difficiles à repérer soit parce qu'ils sont posés ou qu'ils profitent des courants d'air ascendants pour planer haut dans les airs.

Mais il n'y a pas eu que des milans! À la fête se sont mêlés l'Anhinga d'Amérique, les Aigrettes tricolores, bleues et neigeuses, le Héron garde-boeufs, les Ibis blancs et falcinelles, le Balbuzard pêcheur, la Buse à épaulettes, le Viréo aux yeux blancs, la Paruline des prés et le Quiscale des marais. Il est à noter que, pour la plupart des espèces mentionnées, les individus se sont montrés plus d'une fois.

Shark Valley

Après un copieux déjeuner rehaussé par deux Milans des marais chassant devant la vitrine du restaurant Miccosukee, je m'engage vers la portion «Shark Valley» des Everglades.Talève violavée - Purple Gallinule

Encore une fois, les espèces aquatiques abondent. Chaque trou d'eau concentre une quantité impressionnante de hérons et aigrettes de toutes sortes. En scrutant attentivement les groupes, il est possible de repérer quelques Spatules rosées. Dans les airs, ibis et tantales se succèdent en volées plus ou moins grandes. Les rigoles bordant la route montrent une quantité moins grande d'échassiers, élevant la Talève violacée au statut d'oiseau commun tandis que le Courlan brun, furtif malgré sa taille, se laisse voir de peine et de misère.

Bien sûr, toutes ces observations se sont faites sous les regards de plusieurs alligators inoffensifs. Malgré leur allure intimidante, ils demeurent des êtres craintifs qui m'ont plus souvent fait sursauter par leur fuite que par leur bravoure!!!

 

Outre les espèces mentionnées, cette première journée a eu un effet doublement positif en dissipant toutes les craintes que j'éprouvais la veille. Savourant une bonne bière dans ma tente, j'entrevois maintenant le reste du voyage avec optimisme. Je ne regrette plus d'être parti!!!

 

Samedi 4 mars 2000 au Mardi 7 mars 2000 (A.M.)

Parc National des Everglades

Ibis blanc - White IbisLes prochaines journées sont consacrées à miroiser au coeur du Parc National des Everglades, véritable paradis pour les échassiers. En effet, je n'ai eu aucune difficulté à observer toutes les espèces de hérons et d'ibis, la plupart étant même vues à tous les jours. De plus, la Spatule rosée ainsi que le Tantale d'Amérique se sont aussi avérés faciles à voir.

Mais les Everglades ne sont pas uniquement synonyme d'oiseaux aquatiques. Rapaces, limicoles et passereaux étaient aussi au rendez-vous. Le récit qui suivra en témoigne bien.

Comme j'ai visité certains sites plusieurs fois, j'ai préféré faire une brève présentation de chacun pour éviter les redondances qu'occasionnerait un rapport d'observations journalières.

Long Pine Key

Long Pine Key est le camping se trouvant tout près de l'entrée principale du parc. Très confortable et paisible, la place n'a qu'un seul défaut et il est de taille: l'absence de douches. Comme j'avais fait toutes mes réservations à l'avance et qu'on ne voulait pas me rembourser, j'ai enduré la situation. Cependant, lors d'une prochaine visite, je tenterai de trouver un camping privé dans la région de Homestead.

Situé au centre d'une pinède clairesemée, l'endroit offre un potentiel ornithologique se limitant principalement au Pic à ventre roux, au Moqueur polyglotte, au Cardinal rouge, au Tohi à flancs roux ainsi qu'à l'omniprésente Paruline des pins.

Toutefois, il est possible d'entendre l'Engoulevent de Caroline, ce qui, pour ma part, s'est concrétisé dans la nuit du 10 au 11 mars.

Royal Palm Hammock

Un impératif !!!

Grande Aigrette - Great EgretRoyal Palm Hammock est l'endroit idéal pour la photographie d'oiseaux aquatiques tels le Grand Héron, le Héron vert, la Grande Aigrette, les Aigrettes bleues, tricolores et neigeuses ainsi que la Talève violacée. Ces oiseaux constituent d'excellents sujets car ils sont communs et s'alimentent souvent à découvert à quelques mètres des sentiers.

La réputation du site n'est d'ailleurs plus à faire: une simple visite au lever du jour permettra de rencontrer plusieurs photographes armés de patience, faisant le pied de grue devant leur oiseau en attendant que la posture espérée se combine à la meilleure lumière.

Ce vaste marécage est aménagé d'une passerelle de bois («Anhinga Trail») qui sillonne les zones de quenouilles et donne d'excellents points de vue sur l'habitat et sur la faune qui l'habite. Les alligators et le Quiscale des marais y abondent, le Petit Blongios est facile à entendre et, à l'instar du nom du sentier, l'Anhinga d'Amérique y niche.

Royal Palm Hammock étant un milieu ouvert, il est aussi intéressant de surveiller son ciel. La Buse à queue courte y est régulière, mais je n'ai pu la voir. Pourtant, j'ai passé beaucoup de temps à scruter l'horizon dans les meilleures heures de la journée. Cependant, les fins de matinée que j'ai consacrées aux rapaces m'ont tout de même permis de faire de superbes observations du très élégant Milan à queue fourchue.

Aussi, le site est bordé par des broussailles qui ne sont pas à négliger pour les passereaux. Le pourtour du stationnement et la «Gumbo Limbo Trail» sont d'excellents endroits pour observer quelques parulines hivernantes (à collier, à croupion jaune, des prés, à couronne rousse, masquée), le Troglodyte de Caroline, le Gobemoucheron gris-bleu, les Moqueur chats et polyglottes, le Viréo aux yeux blancs ainsi que le Cardinal rouge. En une occasion, j'ai eu la chance de voir le Pigeon à couronne blanche et la Paruline polyglotte.

Bref, Royal Palm Hammock constitue un site de très grande qualité et plusieurs visites au cours d'un même voyage en valent grandement la peine.

Paurotis Pond

L'intérêt ornithologique de l'endroit se résume à sa spectaculaire colonie de Tantales d'Amérique et de Grandes Aigrettes, au coeur de laquelle quelques Spatules rosées nichent aussi. La scène est grandiose et vaut le détour: un télescope est cependant nécessaire pour bien pouvoir l'apprécier.

Nine Mile Pond

Capable du meilleur ou du pire, «Nine Mile Pond» mérite tout de même d'être considéré. 

Je suis passé à deux reprises cette année et, outre le Pélican blanc ainsi que quelques échassiers, je n'ai rien vu d'intéressant.

Fait cocasse, en mars 1988, alors que je tentais de me convaincre que je venais de voir des Sternes caspiennes à cet endroit, j'ai eu la joie de consulter mon guide Lane des sites qui disait que cette espèce était susceptible d'y être vue, notamment en hiver... Doux soulagement pour un novice!!!

Snake Bight Trail

Un impératif !!!

«Snake Bight Trail» est un sentier de trois kilomètres traversant la mangrove pour se terminer par une plate-forme de bois donnant une vue prenante sur une vasière côtière. En mars, quelques moustiques sont présents, mais la situation est facilement endurable avec un peu d'insectifuge... De toutes façons, le littoral a tant à offrir que les insectes seront rapidement relégués aux oubliettes.

J'ai visité cet endroit à deux reprises en après-midi et je considère que c'est le meilleur moment pour le faire: le soleil de fin de journée procure une excellente luminosité pour l'observation des laridés, limicoles et échassiers présents en grand nombre sur la batture. Un télescope est toutefois nécessaire.

Avant d'assister au spectacle, il faudra franchir la distance entre la route principale et la côte. La marche peut paraître longue, mais l'effort en vaut la peine. Comme cité plus haut, la zone traversée est une mangrove et elle est excellente pour l'observation des passereaux: le Gobemoucheron gris-bleu, la Paruline des prés et le Viréo aux yeux blancs y sont particulièrement communs. Le Coulicou masqué se voit ou s'entend même en hiver, mais je n'ai pas eu cette chance.

Grand Héron - Great Blue HeronUne fois rendu au bout du sentier, c'est l'apothéose! Becs-en-ciseaux noirs, Pélicans blancs, Avocettes d'Amérique, Pluviers argentés, Barges marbrées, Chevaliers semipalmés, Bécassins roux, Bécasseaux d'Alaska, minuscules et variables sont présents en si grands nombres qu'ils tapissent le littoral. Une étude plus minutieuse de ce dernier produira aussi l'Aigrette roussâtre (les deux formes de coloration), le Grand Héron (les formes blanches et de Wurdeman), le Bihoreau violacé, le Pluvier de Wilson ainsi que le Tournepierre à collier. Bien sûr quelques autres échassiers et limicoles, minoritaires en nombres, peuvent se retrouver au travers cette manne d'oiseaux.

Les laridés aussi sont nombreux. Pour ma part, je n'ai eu aucune difficulté à voir les Sternes royales, caspiennes hansel et de Forster. Les oiseaux volent parfois loin au large, mais quelques uns finiront par s'approcher de très près. Il suffit d'être patient.

Pour terminer, il va sans dire qu'une telle quantité d'oiseaux attire aussi les rapaces. En effet, lors de mes visites, j'ai recensé un maximum de cinq Pygargues à tête blanche ainsi que deux Faucons pèlerins.

Mrazek Pond

Capable du meilleur ou du pire, Mrazek Pond peut être un désert ou un paradis ornithologique. Certains soirs, les Grandes Aigrettes et les Aigrettes neigeuses sont si abondantes qu'elles blanchissent l'étang et les arbustes qui l'entourent. Le spectacle est alors saisissant surtout lorsque quelques Spatules rosées s'y joignent.

D'autre part, le plan d'eau est parfois désert, élevant le simple héron au statut d'oiseau rare.

Mrazek Pond étant un plan d'eau très accessible du fait qu'il se trouve en bordure de route, je recommande un arrêt en tout temps. La pire chose qui puisse arriver c'est qu'il n'y ait rien!

Flamingo

Le voisinage des installations de Flamingo comporte plusieurs zones buissonnantes très riches pour l'observation des passereaux. J'ai consacré une matinée à miroiser dans ce secteur et j'ai pu voir quelques intéressantes espèces de parulines dont la collier, la gorge jaune et la tigrée. Pour leur part, les Viréos aux yeux blancs, les Moqueurs chats et les Parulines des prés abondaient tandis que le Gobemoucheron gris-bleu et le Troglodyte de Caroline se laissaient désirer en se montrant au compte-gouttes.

Aux alentours du restaurant, il est intéressant d'observer les oiseaux présents dans la baie, notamment lorsque la marée est sur le montant. Pélicans bruns, Mouettes atriciles, Becs-en-ciseaux noirs, Sternes caspiennes et royales sont présents à coup sûr et, pour ma part, dame chance m'a permis de trouver un superbe adulte de Bihoreau violacé. L'Aigrette roussâtre et la Sterne caugek sont aussi à prévoir, mais je n'ai pas eu le loisir de les voir à cet endroit.

Eco Pond

Un impératif !!!

Vaste marécage ceinturé d'un sentier, l'endroit est excellent pour l'observation d'oiseaux aquatiques, de rapaces et de passereaux. Comme «Eco Pond» est situé à deux pas du camping de Flamingo, j'en ai fait mon site de prédilection pour la miroise matinale et les résultats se sont avérés plus qu'intéressants.

Le coeur du marais est habité par plusieurs Ardéidés et je me souviens notamment avoir eu de superbes regards sur la Grande Aigrette ainsi que sur les Aigrettes bleues, neigeuses et tricolores. De plus, la Talève violacée, la Poule-d'eau et l'Anhinga d'Amérique étaient faciles à observer.

Cet étang est entouré d'une clôture de bois qui sert souvent de perchoir aux oiseaux. J'ai vu à quelques reprises le Héron vert ainsi que la Buse à épaulettes s'y reposer, s'offrant littéralement en cible aux photographes ravis de pouvoir bénéficier d'une telle aubaine !!!

Pour leur part, les buissons environnants ont beaucoup à offrir et j'y ai notamment vu un couple de Passerins nonpareils, plusieurs Moqueurs chats et roux et quelques espèces de parulines déjà citées dans le compte-rendu.

En terminant, le ciel d'«Eco Pond» est aussi à surveiller. À travers les nombreux Urubus à tête rouge, j'ai pu observer plusieurs Milans à queue fourchue tournoyer au dessus de ma tête tandis que quelques Spatules rosées, probablement en transit entre deux points, filaient d'un vol rectiligne.

 

Mardi 7 mars 2000 (P.M.)

Les Keys de la Floride

L'après-midi du mardi 7 mars 2001 a été consacré à traverser tranquillement les Keys pour atteindre Key West où je passerai la nuit avant de prendre la bateau qui me mènera à ma destination ultime: le Parc National des Dry Tortugas.

J'ai tout simplement été impressionné par la beauté de ce paysage tropical constitué d'une succession de palmiers et de courtes plages se fondant avec les eaux bleues du Golfe du Mexique. Cependant, l'étalement urbain composé en plusieurs endroits d'infrastructures délâbrées et démodées m'a laissé froid.

Quant à Key West, je resterai poli en ne disant que c'est l'attrape-touristes par excellence. Aucune chambre d'hôtel sous les 200 dollars US... un camping lamentable à 55 dollars US... bref, Key West... c'est trop cher pour ce que cela représente... Par respect pour moi-même, j'ai donc décidé de coucher dans la voiture!!!

En route, le seul oiseau digne d'intérêt fut l'Aigrette roussâtre (forme rousse) présente en bordure de route à Fiesta Key. Pourtant, j'ai scruté attentivement les fils électriques, mais je n'ai pu apercevoir de Tyran gris, de Tyran à longue queue ou de Pigeon à couronne blanche réputés comme étant des hivernants occasionnels dans la région.  

 

Mercredi 8 mars 2000 au Vendredi 10 mars 2000

Parc National des Dry Tortugas

Le paradis sur terre!!!

J'ai atteint ces hautes sphères ornithologiques par le biais de la «Yankee Fleet», mais j'aurais pu m'y rendre avec son compétiteur «Sunny Days». Les deux entreprises opèrent des catamarans motorisés ultra rapides reliant Key West aux Dry Tortugas en environ deux heures. La croisière est agréable et aux dires d'un des capitaines, rares sont les fois où la température a été assez mauvaise pour que les opérations soient annulées.

Les deux heures d'escale suffisent amplement pour voir les spécialités de la place (Fou masqué, Frégate superbe, Noddy niais, Sterne fuligineuse). Pour ma part, j'ai décidé de camper, de me la couler douce et de scruter le large en attente de surprises... Qui sait? Le Fou brun et le Phaéton à bec jaune sont réguliers ici!!!

Avis aux fervents de la plongée en apnée... Vous ne serez pas déçus!!! La faune aquatique est abondante et variée, on y retrouve même des barracudas.

Notez cependant que le camping n'offre aucun service et qu'il est impossible d'acheter nourriture ou breuvages.

Garden Key

Garden Key est l'endroit où toutes les activités humaines se passent. Elle porte les ruines du Fort Jefferson (image d'arrière plan) érigé au milieu du dix-neuvième siècle afin de protéger la voie maritime du Golfe du Mexique et ensuite utilisé comme prison militaire pour enfermer les déserteurs de la Guerre Civile. Cette bâtisse occupe presque toute la superficie de l'île et il est facile d'en faire le tour en dix minutes.

En mars, les Noddys bruns, Sternes fuligineuses, et Frégates superbes sont sur les aires de nidification, ce qui n'est pas le cas en décembre-janvier. Plus précisément, noddys et sternes colonisent la pointe la plus rapprochée de Bush Key et ils sont faciles à voir. Quant à elles, les frégates nichent plus loin sur cette même île, mais plusieurs individus profitent des courants d'air au dessus de Fort Jefferson, exposant leur majesté au dessus de nos têtes.

Le meilleur site pour observer les oiseaux se situe du côté nord-est de Garden Key, près des ruines du vieux quai. La vue sur la colonie d'oiseaux marins est excellente et les noddys viennent souvent se reposer sur le quai en fin de journée alors que la lumière est exceptionnellement bonne pour la prise de photographies. À ce moment, j'ai regretté de ne pas avoir d'appareil photo et c'est une des raisons qui a fait que je m'en suis procuré un.

La pointe de Bush Key est aussi un très bon endroit pour l'observations de Laridés de diverses espèces. Mouettes atriciles, Sternes royales, Sternes caugek et Bec-en-ciseaux noirs y ont été présents tout au long de mon séjour. Certains limicoles peuvent aussi s'y attarder, je pense notamment au Chevalier semipalmé, au Courlis corlieu et au Pluvier argenté que j'ai vu à quelques reprises s'alimenter sur les plages de sable.

 

 gardenkey.jpg (50173 octets)

 

Le quai de Garden Key offre aussi une vue sur Hospital Key où niche le Fou masqué. Comme la distance est assez grande, les oiseaux sont difficiles à identifier lorsque posés. Cependant, ils ont l'habitude de se dégourdir les ailes assez souvent en faisant de courts vols qui les amènent à tourner autour de l'île. À ce moment, ils sont faciles à reconnaître. De plus, la patience permettra d'intercepter certains individus qui passeront plus ou moins loin. Ainsi, j'ai pu voir le motif facial de quelques fous et mon décompte maximal pour une journée s'est chiffré à une trentaine d'oiseaux.

Toujours de cet endroit, il est intéressant de vérifier les bouées de navigation situées au nord-est de l'île. J'ai eu la joie d'y observer une dizaine de Fous bruns dont un superbe adulte. Il semble que ce soit le seul Sulidé de la région qui utilise ce genre de perchoirs.

En fait, j'ai repéré un jeune tôt le matin du 9 mars, ce qui m'a incité à redoubler d'ardeur dans mon observation. Tandis que les résultats se faisaient attendre, j'ai décidé de rationner mes vivres et de rester une journée de plus. Qui sait? La miroise de fin d'après-midi sera peut-être meilleure!

C'est exactement ce qui est arrivé! Les oiseaux sont rentrés de la pêche vers quatre heures, moment où le bateau retournait vers Key West. Et j'ai eu droit à tout un spectacle lorsqu'une détestable Frégate superbe est venue se joindre au groupe. Posée au sommet de la bouée, elle tirait sur la queue des fous pour les faire s'envoler. Voulant alléger leur masse corporelle, ces derniers régurgitaient leurs poissons... que notre parasite s'empressait d'engloutir!!!

 

dryttormap.jpg (83304 octets)

 

Côté passereaux, il semble que l'on puisse s'attendre à tout, mais je n'ai pas eu la chance d'apercevoir de raretés: l'oiseau le plus intéressant étant une Paruline à gorge jaune qui s'alimentait dans la cour du fort. Parmi les autres espèces, notons une abondance de Parulines à couronne rousse, deux Parulines à collier, une noir et blanc ainsi qu'un Gobemoucheron gris-bleu.

Malgré cette tranquilité relative, les guides que j'ai consultés recommandent fortement de ne pas négliger les zones buissonnantes car certaines espèces des Antilles s'égarent souvent ici.

 

Samedi 11 mars 2000

Des Everglades au Lac Okeechobee et alentours

Cette journée est consacrée à parcourir les alentours du Lac Okeechobee à la recherche du Caracara huppé.

Ma sortie du Parc National des Everglades s'est avérée fructueuse. À peine ai-je franchi quelques kilomètres que  je  localise plusieurs Tourterelles à ailes blanches sur les fils tandis qu'un Bruant sauterelle, posé en bordure de route, chante discrètement. Quant à elle, la Pie-grièche migratrice abonde, le total d'individus pour la journée s'élevant à vingt. Cependant, la grande surprise s'est révélée être un couple de Martins tristes (Common Myna) en banlieue de Homestead.

Un peu plus tard dans la matinée, alors que je roulais au hasard dans les rangs avoisinant Lake Placid,  je n'ai eu aucune difficulté à voir quelques Geais à gorge blanche ainsi que cinq Grues du Canada. Quelques arrêts aux abords de champs ou de forêts inondés ont produit la Corneille de rivage ainsi que le Canard brun, mais le Caracara se fait toujours attendre.

La persévérance comblera finalement mes ambitions. Toujours aux alentours de Lake Placid, je repère l'oiseau tant attendu au sommet d'un poteau téléphonique en bordure d'un champ aride. Il est nerveux et ne se laisse observer que quelques secondes avant de s'envoler vers le soleil. Heureux, je file vers West Palm Beach où je passerai la nuit.

 

Dimanche 12 mars 2000

Réserve nationale de faune de Loxahatchee

Un dernier avant-midi de miroise avant de profiter des plages de Miami m'a amené à la Réserve nationale de faune de Loxahatchee.

Chemin faisant, j'ai découvert un nid de Conure veuve derrière un transformateur électrique en banlieue de West Palm Beach. De plus, les Ardéidés se sont montrés communs en bordure de route, notamment pour l'Aigrette bleue et le Héron garde-boeufs.

J'ai cependant été déçu une fois rendu sur le site. Ayant déjà visité la place en 1988, je m'attendais à revoir une manne d'ibis, de dendrocygnes, de talèves et de grues. Mais ce ne fut pas le cas. J'ai donc du me contenter de quelques autres espèces de hérons, d'un vingtaine de Canards bruns, de quelques Sarcelles à ailes bleues, de Pics à ventre roux et de Grands Pics.

Je n'ai pas eu de chance pour l'Ani à bec lisse. Bien que régulier à Loxahatchee, il devient de plus en plus rare au fil des ans.

En route pour Miami, j'ai fait un détour par Kendall, espérant le Bulbul orphée ou l'Oriole maculé. La tentative fut vaine mais j'ai tout de même aperçu un Canard musqué soutenant le vol sur le terrain du «Baptist Hospital».

 

C'est ainsi que s'est terminé ce merveilleux voyage d'ornithologie... Quelques pas dans le sable de Miami Beach, un bon souper au restaurant, une nuit à l'aéroport de Miami en attente de l'avion qui me ramènera à Dorval le 13 mars 2001... et la dure réalité d'un retour dans le froid et la neige!!!

Claude Nadeau, 9 novembre 2001

 

 

En complément d'informations:

Floride Décembre 2002 - Janvier 2003

 

Retour à la page d'accueil