Les Chiefs de Laval présentent la coupe à ses supporters.

Texte: Sylvain Neveu
Montage: Michel Lacas jr.
Photos: Chroniques Semi-pro et Lylychiefs.

 

Laval, le 17 mai 2003 – C’était jour de célébration en ce samedi soir au Colisée de St-Vincent-de-Paul. Près de 250 personnes se sont déplacés pour venir féliciter les champions de cette septième saison d’activité de la LHSPQ. La direction des Chiefs de Laval a d’ailleurs tenu à remercier tous ces gens qui, par un mercure au-dessus des 20 degrés celcius, se sont déplacé pour rendre hommage à leurs favoris.

 

Pelletier s’improvise maître de cérémonie.

 

Quatorze joueurs étaient présents à cette soirée et c’est Pierre Pelletier qui a pris le micro afin de présenter, à tour de rôle, son équipe et ses dirigeants. Le « coach » avait un bon mot pour chacun d'entre eux, tout comme pour les joueurs absents d’ailleurs qui avaient retrouvé leurs familles en régions éloignées. Mais peu avant, il a fait son entrée en saluant et en louangeant les supporters lavallois, puis, spontanément, le fameux crie de ralliement « Chiefs! Chiefs! Chiefs! » a retenti des quatre coins de la salle. « Encore cette année, j’ai eu la chance de diriger des joueurs incroyables dont je n’oublierai jamais dans ma carrière. Plusieurs personnes ne croyaient pas que l’on puisse gagner cette saison mais nous les avons trahis. » a-t-il fait remarquer, avec un élan de fierté.


Au son de la chanson traditionnelle de Freddy Mercury du groupe Queen, « We are the champions », Pelletier, soulevé par l’émotion, en a rajouté en mentionnant que c’est également pour entendre cet air dédié aux champions que son équipe a gagné. Par la suite, les joueurs et la direction ont été très coopératifs avec les amateurs. On a remarqué plusieurs jeunes admirateurs qui se précipitaient afin d’obtenir des autographes ou photographies de leurs favoris.


Le capitaine était confiant.

 

« Même si l’on tirait de l’arrière 2-3 dans la série, je savais, que nos chances étaient encore très bonnes m’a mentionné Denis Chalifoux. Les 22 gars dans la chambre étaient très unis et ils ont tout donné pour défendre cette coupe. Quand on a remporté la sixième joute à Laval, j’étais confiant et, dans la rencontre décisive, j’ai vu des gars se jeter à terre pour bloquer des lancers et accepter les coups en se sacrifiant pour l’équipe. Au fur et à mesure que le match se déroulait, je n’ai pas vu cela du côté de Thetford Mines. On forme un groupe de gars fiers et expérimentés. » a tenu à souligner celui que l’on surnomme « Le Chat » depuis ses beaux jours avec le Titan de Laval.

 

Bobby Cunningham a choisi un bon environnement.

 

Bobby Cunningham s’est avéré toute une découverte dans le camp des lavallois cette saison. Patineur élégant, efficace dans les deux sens de la glace, il demeure un joueur très dangereux, et cela, même lorsque son équipe joue avec un homme en moins. Après avoir évolué au cours des sept dernières années aux Etats-Unis, soit pour cinq équipes professionnelles différentes, Bobby a choisi de jouer chez lui, au Québec, cette saison. Fait à noter également, depuis la perte de Henderson et le départ de Sbrocca, cet athlète de Delson est celui qui a le mieux complété le trio de Mongeau et Paul. On lui a demandé de nous parler de son excellente saison et de ses 40 filets en 50 parties.

« En premier lieu, je dois donner crédit à Michel Mongeau et Paulo (Denis Paul) car ce sont eux qui ont fait le gros du travail. Quand tu évolues avec des joueurs talentueux comme eux, tu n’as qu’à te placer ou te préparer pour un retour. » dira-t-il bien humblement, et il enchaîne.

« J’avais reçu des offres pour m’expatrier encore cette année mais tu sais, rendu à 28 ans, on pense un peu plus à évoluer dans un bon environnement, un endroit où l’on peut gagner. Lorsque j’ai su que les Chiefs garderaient les Mongeau, Paul, Perna, Dollas, Raby et cie, je savais que je me plairais dans ce style de jeu, a-t-il souligné. Je n’étais pas dépaysé car j’ai joué dans des ligues d’été avec quelques joueurs de l’équipe et également contre quelques-uns dans les rangs professionnels. » ajoute celui qui parle aussi bien le français, sinon davantage que moi!

 

Une verte recrue fière d’avoir été un Chiefs.

 

Âgé de 21 ans, Mario Joly, a joué quatre ans dans la LHJMQ, dont trois saisons près de chez lui à Hull et une autre à Québec. Fait assez inusité, au moment d’écrire ces lignes, ces deux équipes se préparent à évoluer dans le tournoi à la ronde de la coupe Mémorial. Il a fait ses premiers pas pour Laval au mois de décembre, soit contre les Prédateurs de Granby. Joly aurait pu aller jouer pour l’équipe d’Adirondak mais il a préféré la LHSPQ. Ce dernier était on ne peut plus fier de cette coupe.

« Je suis très content de cette victoire et je veux remercier tous mes coéquipiers pour la saison que l’on a connu et, en particulier, Mathieu Raby qui m’a pris sous son aile en me donnant pleins de trucs, nous confie-t-il. Au début, j’ai dû mériter mon temps de glace et je pense que j’ai prouvé que je pouvais tenir mon bout dans cette ligue là. J’ai trouvé cela très plaisant de voir évoluer un joueur comme Denis Paul qui, à 38 ans, continue de se défoncer, cela demeure un bel exemple, et il enchaîne. Il y a beaucoup de monde qui nous aiment pas la face mais on a quand même trouvé les moyens pour gagner » ajoute celui qui a fait du co-voiturage en compagnie de Mathieu Raby.

 

Un tandem de gardiens de buts qui s’entend bien.

 

Il arrive souvent que l’on entrevoit Steve Vézina et Pierre-Luc Therrien ensemble en grande conversation. Ces deux-là acceptent leurs rôles dans l’équipe lavalloise et entretiennent une bonne relation avec l’entraîneur. Pierre-Luc est, à 23 ans, le cadet des deux. Il est débarqué à Laval en fin de novembre 2001. On s’en souvient, son arrivée, combinée peu de temps après à celle des Tobin, Dollas et, pour un court laps de temps, Dennis Pinfold, avait permis grandement aux Chiefs de stabiliser sa défensive. Cette année, il a été blessé à l’épaule gauche, et cela, dès sa première joute de la saison.

« En fait j’ai été inactif durant près de deux mois. On voulait être prudent car l’équipe voulait que je prenne mon temps pour guérir ma blessure. En séries contre St-Jean, j’ai ressenti encore un malaise à mon épaule, Steve a alors pris la relève. Je n’ai jamais eu de problèmes à m’entendre avec les gardiens qui ont évolués avec moi. Je veux que l’équipe gagne et c’est ce qui compte le plus. » nous confie celui qui a conservé un record de 14 gains, 2 défaites et 2 verdicts nuls en saison régulière.

L’autre gardien, Steve Vézina sourit lorsqu’on lui souligne que ses exploits réalisés en finale ressemblent au même scénario que l’an passé. Ce vétéran de 28 ans a toujours sorti de gros matches sous pression depuis que sa carrière a pris de l’ampleur. En 1992, avec les Lions du Lac St-Louis, Steve a remporté la coupe Air Canada, la suprématie du hockey Midget AAA. Au niveau junior majeur, il a également évolué à Beauport et Drummondville, tout en faisant un bon bout de chemin en séries éliminatoires. Par la suite, ce sont les Jets de Winnipeg qui l’ont sélectionné en sixième ronde lors de la séance de repêchage de juin 1994.

« C’est dans l’autobus, après le cinquième match, que Pierre m’a mentionné que je jouerais la sixième rencontre à Laval. Je n’étais pas plus nerveux que d’habitude. Après le premier arrêt j’étais davantage dans ma bulle et les gars ont tout donné pour l’emporter. À Thetford, même s’il y avait beaucoup de bruit, je suis demeuré bien concentré. J’étais prêt et l’équipe a démontré beaucoup de caractère » nous décrit cet athlète de St-Eugène, tout en se disant prêt à revenir à Laval l’an prochain.

 

Michel Mongeau fier pour ses coéquipiers.

 

Celui qui venait d’obtenir 11 points en demi-finale de section, Michel Mongeau, en a encore pour un bon moment avant de rechausser les patins.

« J’ai subi une opération au péroné, on m’a installé des plaques de métal et des vices afin de replacer l’os. Une période de physiothérapie m’attend par la suite afin de retrouver la force. » nous mentionne-t-il.

Mongeau, qui vient d’inscrire son nom pour une troisième fois sur la coupe, était fier de ses coéquipiers après que ceux-ci ont vaincu la meilleure équipe de la ligue cette saison. On l’a mentionné, avec la perte de Henderson, on a tenté plusieurs combinaisons avant de lui trouver un joueur capable de suivre le jeu de son trio. Celui-ci a été davantage efficace en deuxième moitié de saison.

« J’aime passer la rondelle et j’ai toujours aimé jouer offensif. Lorsque j’évolue avec des joueurs de finesse, j’ai beaucoup plus de facilité à les repérer qu’un gros joueur qui se place devant le filet par exemple. » souligne-t-il. Quant à un retour l’an prochain, il est un peu tôt pour en parler dans son cas. « J’aurai bientôt 38 ans et tu sais on ne rajeunit pas.» conclura-t-il.

 

Mathieu Raby partage cela en famille.

 


Mathieu, en compagnie de son fiston qui a soulevé la coupe, et son épouse Stéphanie, est un joueur qui vivait pleinement ces instants de gloire au cours de la soirée. Il a raté la première joute de la série, celle qui s’est soldé par un cuisant revers de 8-4 à Thetford. Son absence était le résultat d’une suspension de trois parties pour avoir quitté le banc dans une altercation contre le Mission de St-Jean. Son retour avait été un facteur de motivation pour son équipe qui l’avait d’ailleurs emporté 3-2 lors du deuxième duel à Laval.

« Dans la dernière rencontre, les gars se sont tenus solidement tout le long des trois périodes. On a tout donné et ça fonctionné, je suis bien content de tout ce qui nous arrive. » tenait-il à dire.

On sait que Mathieu réside et travaille dans la région de Thurso. Il demeure le joueur qui doit faire le plus de route afin de s’amener au Colisée ou encore dans divers arénas de la LHSPQ. Pariez tout de même qu'il sera de retour à son poste la saison prochaine.

 

Dominic Perna opportuniste au bon moment.

 

Pour gagner les Chiefs avaient grandement besoin d’un trio opportuniste et capable d’aller chercher le gros but. En finale, Dominic Perna a élevé son jeu d’un cran au moment où cela comptait le plus. Auteur de 28 points en 14 parties jouées, il est co-meneur avec huit buts marqués en avantage numérique, en compagnie de Patrice Tardif. Sa fiche comporte trois filets victorieux dont un qui a fait trembler le Colisée de Laval au cours de la quatrième rencontre de la finale en surtemps.

« Pour gagner, tu as besoin des 20 joueurs, donc il fallait absolument que notre ligne produise. Écoutes, quand tu joue avec des gars comme Chalifoux et Paul tu obtiens beaucoup de chances de compter. Cette année le « feeling » était différent pour moi en finale car l’an passé, à cause de ma séparation de l’épaule, j’ai manqué les deux dernières games. Là je suis bien content d’avoir eu la chance de faire ma part. » nous mentionne le petit Italien du quartier de Ville St-Michel, à Montréal et celui que ses chums appellent affectueusement, Dominic « One for the road » Perna!

 

Pas encore toi Denis Paul!!!

 

Ces mots proviennent de Denis Desbiens, gardien de but du Prolab et ex-coéquipier de Denis Paul avec le défunt Blizzard de St-Gabriel. Le respect envers Paul est bien connu sur les patinoires de la LHSPQ. Desbiens a encore frais à la mémoire les exploits de ce dernier, soit comme coéquipier et comme adversaire. Récipiendaire de cinq coupes Futura, quel est donc la recette de Denis Paul?

 

« Je ne le sais pas, je ne peux même pas te l’expliquer moi-même. Peut-être le désir de vaincre combiné à la chance d’être à la bonne place, au bon moment, nous dira-t-il. Au cours des trois dernières années, j’ai eu l’avantage d’évoluer pour Pierre Pelletier. Ensemble on a appris à se connaître et, bien que je ne suis pas le gars à aller le voir, il prend toujours des bonnes décisions dans mon cas. Tiens, au début de l’année j’ai évolué sur un troisième trio, j’étais en parfait accord avec cette décision, je le faisais pour l’équipe. Pierre s’est aperçu que ça ne fonctionnait pas comme souhaité, il s’est ajusté et il a trouvé une façon de me motiver. Lorsque nous nous sommes présentés à Thetford Mines pour la game décisive, je n’ai jamais eu de doute sur nos chances. Dans un septième match, sur la route, la pression n’est pas la même, on donne tout ce que l’on peut et ce qui doit arriver, arrivera. » nous explique celui qui symbolise « Mr.semi-pro. » dans le cœur de bien des amateurs.

À la prochaine...

À venir au prochain reportage; " Les commentaires forts pertinents de l’entraîneur Pierre Pelletier sur son équipe."