Le post mortem du Promutuel de Rivière-du-Loup.
Par
Sylvain Neveu
Montage : Michel Lacas jr.
7 avril 2003---Le 16 mars dernier marquait la dernière joute de la saison 2002-2003 pour le Promutuel de Rivière-du-Loup. Une saison, faut-il se le rappeler, parsemée de hauts et de bas. Je me suis toujours intéressé de près au rendement de cette équipe du Bas St-Laurent depuis son arrivée dans le circuit semi-pro. En voici d’ailleurs mon expertise bien personnelle.
Cette concession appartient à un consortium de sept actionnaires, tous des hommes d’affaires de Rivière-du-Loup. Les noms qui se sont fait entendre le plus régulièrement depuis le début des activités de cette concession, sont évidemment ceux des actionnaires majoritaires, Paul et Yvan Thibault ainsi que Guy Simard. Ce dernier est bien connu dans la région pour son implication dans la station radiophonique Ciel FM.
Une saison morte fort occupée.
Le Promutuel, à sa deuxième campagne dans la LHSPQ, nous aura présenté une édition améliorée. Même si l’équipe a connu un début de saison tumultueux, dû à de nombreux changements autant chez les joueurs que le poste d’entraîneur et directeur-gérant, il en demeure qu’elle nous a démontrée de belles choses, spécialement en deuxième moitié de saison.
Peu avant le début du calendrier, la direction de l’équipe avait réussi à mettre plusieurs vétérans aguerris sous contrat, on pense notamment aux Jean Bourgeois, Dany Leblond et Benoit Deschamps. L’arrivée d’un défenseur réputé tel que Normand Rochefort ainsi que celle du médiatisé pugiliste Tom Beaton ranimait tous les espoirs chez les partisans de l’équipe. Les trois premiers n’ont fait que passer, Beaton lui, même si on lui a déroulé le tapis rouge, s’est avéré une grosse déception pour la direction et les amateurs. Ce dernier aura représenté l’image d’un joueur n’ayant affiché que très peu de désir et d’appartenance pour son équipe. Peu fiable, il s’est d’ailleurs désisté en quelques occasions les veilles de certaines rencontres.
Cette saison, les dirigeants avaient confié les reines de l’équipe à Karl Bouchard, ce dernier connaissait bien le personnel en place pour avoir cumulé les fonctions d’assistant-entraîneur la saison précédente. On a également nommé Jonathan Hawey, un homme de hockey issu de l’université de Moncton, comme remplaçant de Pierre Leclerc au poste de directeur-gérant.
La chimie ne s’est pas concrétisée.
Bouchard a éprouvé des difficultés à s’adapter dans son nouveau rôle. Hawey, quant à lui, aura prit des décisions douteuses, non seulement au plan hockey mais également du côté administratif. De plus, sous son régime, la chimie espérée ne s’est jamais concrétisée. Ce qui devait arriver, arriva, le couperet est tombé et tous les deux auront été remplacés à pied-levé après seulement une quinzaine de rencontres.
Pat Caron, qui a évolué jadis avec les Denis Chalifoux, Donald Audette, Patrice Brisebois et Martin Lapointe avec le Titan de Laval, a succédé à Karl Bouchard derrière le banc tandis que Pierre Leclerc, un directeur-gérant apprécié des joueurs, a réitéré ses anciennes fonctions dans l’équipe.
Surprenants en deuxième moitié de saison.
Après avoir traversé cette tempête, le Promutuel, avec un mélange de vétérans et de recrues, aura réussi à faire écarquiller les yeux des amateurs soit en connaissant une heureuse séquence au cours de la deuxième moitié du calendrier. Ils se sont alors permis de quitter le bas du classement afin de talonner le Lacroix de Windsor et le Paramédic du Saguenay dans la course au quatrième rang.
Un duo respecté.
Pour un, le duo composé de Yves Bertrand et Yannick Landry a connu ses moments de gloire. Bertrand, un vétéran qui en est à septième saison dans la LHSPQ, s’est même hissé en tête des compteurs de la ligue en entamant le dernier droit. On ne prenait alors plus le Promutuel à la légère. Malheureusement, peu avant la fin du calendrier régulier, la guigne est venue briser cette chimie instaurée lorsqu’une malencontreuse blessure à Yves Bertrand aura mis fin à cet élan victorieux.
Aucun doute, cet impondérable aura eu un impact majeur sur la fin de saison du Promutuel. On a alors réalisé que cette équipe manquait de profondeur pour aller chercher le « killer goal », celui qui fait mal à l’adversaire et change le verdict d’une rencontre. Un élément important auquel la direction de l’équipe devra tenir compte au cours de la saison morte.
Solide dans les buts.
Dans les filets, nous avons remarqué que Dany Lavoie, proclamé la recrue défensive dans la section Est la saison dernière, a débuté lentement sa saison. Dany ne s’est pas laissé abattre pour autant, il a trimé dure durant les pratiques et la chance aura fini par lui sourire. Il a été un pilier dans la remontée au classement chez cette équipe. Un joueur qui est à son meilleur dans les rencontres à haut niveau d’intensité, il représente une valeur sûre pour l’avenir.
Un capitaine dédié à son équipe.
Place au capitaine, Francis Garand. Voilà un gars qui vit de hockey semi-pro 24 heures par jour. Francis représente un excellent ambassadeur pour cette équipe et, comme le dit l’expression, il a le logo tatoué sur la poitrine. Lui, on a dû avoir utilisé un quatre litres d’encre et une bonne semaine de travail afin de dessiner ce tatouage! Un vrai, on l’a vu en plusieurs occasions servir d’intermédiaire entre la direction et les joueurs acquis provenant de la section ouest. Au cours de la saison, il a également déménagé ses pénates dans le bas du fleuve afin de pouvoir « focusser » davantage sur son équipe. Il s’est intégré à la vie de Rivière-du-Loup et cela, dès son arrivée avec l’équipe en 2001. Aujourd’hui, il est le nouveau directeur-gérant du club de golf de Cacouna, situé en banlieue de son nouvel alma mater.
Garand, sans être un « goon », aime bien jeter les gants à l’occasion. Ses mises en échec relèvent du spectaculaire et peuvent parfois réveiller son équipe ainsi que la foule dans une rencontre un peu plus somnifère. Outre son apport dans le vestiaire, il représente ce style de joueur qui doit compiler les statistiques suivantes, soit autour de vingt-cinq points par saison et près de 150 minutes de pénalités. Mission accomplie cette année, même s’il a raté près de dix rencontres suite à une blessure.
Le réveil et de l’expérience.
À sa deuxième saison dans la ligue, Dominic Rhéaume est sorti de sa torpeur. Un ancien du Collège-Français de Longueil et de Verdun, tout le monde savait qu’il possédait d’excellentes mains. Après avoir accumulé dix-sept points la saison dernière, ce dernier aura éclaté pour une récolte de soixante points cette saison. Une autre raison de la progression du Promutuel et un ingrédient au noyau de l’équipe.
Les vétérans André Alie ainsi que Denis Leblanc, l’ex-capitaine de Pont-Rouge, auront mis une partie de leur expérience à contribution. Il en sera de même pour Francis Boulay et Alain Côté acquis du Garaga un peu plus tard dans la saison.
Le « p’tit Bill », un joueur
prometteur qui n’a pas froid aux yeux.
Jean-François Béliveau, en voilà un qui n’a pas froid aux yeux. Cet ailier droit à caractère robuste, fait partie de la bonne relève du Promutuel et de la LHSPQ. Un joueur qui ne recule devant personne et cette première année d’apprentissage lui servira grandement pour la saison prochaine, un nom à retenir. Après avoir fait sa marque avec ses poings dans la LHJMQ, le « p’tit Bill », nous provenant de Victoriaville, tout comme le célèbre Jean Béliveau, a continué sa progression avec les Aigles Bleus de l’université de Moncton. Actuellement âgé de vingt-cinq ans, ce dernier s’est perfectionné en marketing et il gagne sa vie aujourd’hui pour le réseau TVA qui a pignon sur rue à Rivière-du-Loup.
Cette saison, il aura écopé de plus de 300 minutes de pénalité. On l’a vu jeter les gants devant les Mike Breault, Louis Bédard, François Pagé, Dan Kopec et Patrice Martineau pour en nommer que quelques-uns. Il fera sa place dans cette ligue et, ce qui est remarquable chez lui, c’est qu’il possède un coup de patin fort respectable ainsi que certaines habilités non négligeables comme attaquant. Béliveau est également reconnu comme un joueur qui apporte de l’énergie dans le vestiaire.
La jeune relève.
Parmi la relève on remarque également le défenseur de 21 ans, Hugo Lévesque qui, bien qu’il ne soit pas le plus gros, ne craint pas de s’impliquer. Patrick Chouinard est un autre jeune défenseur de 21 ans que l’on a vu dans la LHJMQ soit avec les Tigres de Victoriaville et les Remparts de Québec. Jouant à l’intérieur de ses limites, ce dernier n’hésitera pas à aller défendre un coéquipier dans le besoin.
Daniel Clermont, également âgé de vingt-un ans, est un jeune « sniper » qui a joué son hockey junior à Campbellton, au Nouveau-Brunswick. Cette saison, tout en s’exécutant avec peu de temps de glace, il a réussi à faire bouger les cordages à quatorze reprises, tout en récoltant dix-sept mentions d’aides. Une première année d’expérience qui lui sera profitable pour la saison prochaine.
Joueur-entraîneur, l’expérience au profit de la jeunesse.
Normand Rochefort est venu apporter une dose d’expérience dans l’équipe. On en a parlé, son côté professionnel a été scruté par les membres de cette édition. Un joueur qui est né pour jouer au hockey, Normand a même déménagé sa famille non loin de Rivière-du-Loup, plus précisément à Notre-Dame-du-Portage, afin de se concentrer davantage sur son hockey.
À l’image d’un Bobby Dollas par exemple, ce type de joueur exécutera plusieurs jeux qui ne paraissent pas au sommaire mais combien important pour le déroulement d’une rencontre. Il suffit de les observer davantage pour réaliser tout ce bagage d’expérience accumulé au fil des ans. Le reverra-t-on dans la ligue? Même à 42 ans, il pourrait encore stabiliser la défensive de bien des équipes tout en aidant les plus jeunes. D’autre part, si Trois-Rivières obtient une concession à court terme, je crois sincèrement que les gens de la Mauricie, aimeraient y revoir « The Rock » dans cet uniforme.
À l’intérieur du Stade de la Cité des jeunes.
Cette saison, au Stade de la cité des jeunes, la moyenne des assistances s’est chiffré autour de 1,500 spectateurs. Par ailleurs, les équipes auquel on a noté les plus grandes rivalités cette saison auront été le Lacroix de Windsor, les As de Québec, le Caron et Guay de Pont-Rouge ainsi que le Paramédic du Saguenay.
Un autre fait remarquable au cours de cette campagne, c’est que la majorité des joueurs habitaient dans la région. Cela aura permis à l’équipe, lors des entraînements, de bénéficier d’un plus grand nombre de joueurs sur la glace.
Des besoins immédiats.
Au cours de la saison estivale, au souhait de plusieurs amateurs, l’équipe devra travailler sur deux points, sans pour autant en affecter le noyau de l’équipe. Dans un premier temps, pouvoir miser joute après joute sur quelques solides bagarreurs. Finalement, trouver les éléments pour aller chercher le gros but dans les situations précaires.
Le Promutuel de Rivière-du-Loup, une équipe qui ne peut que continuer sa progression!
A la prochaine.