Scorekeeper, le bilan d’une première saison au service de la LHSPQ.

Par Sylvain Neveu
Montage Michel Lacas jr.

Une nouvelle technologie a fait son apparition en cette septième saison d’activité dans la LHSPQ. Les amateurs de hockey semi-professionnel ainsi que le monde journalistique qui s’y rattache auront fait connaissance avec le système scorekeeper. Ses principaux atouts, la retransmission des sommaires de rencontres en direct ainsi que la compilation instantanée des statistiques. En compagnie de son concepteur, Martin Côté, nous allons tenter ici de percer les mystères qui entourent scorekeeper.

 

Le concepteur, un Bouchervillois.

 

C’est à Martin Côté, président de la firme Révolutek inc., que l’on doit cette innovation au Québec. Ingénieur en automatisation, c’est sur les bancs de l’institut Teccart que ce dernier a fait ses classes. A prime abord, c’est dans le cadre d’un projet étudiant, il y a près de quinze ans, qu’il a débuté ses travaux sur ce logiciel.

« C’était un projet d’études, j’avais inventé un système qui ressemblait à celui-ci mais qui n’était pas aussi développé nous dira-t-il. Par la suite, j’ai laissé ce projet sur la tablette durant quelques années en me disant qu’il y aurait certainement quelqu’un d’autre qui y songerait. C’est en jouant dans une ligue de hockey à Brossard que j’ai eu l’idée de le remettre en marche. Les responsables possédaient un système mais il était peu fonctionnel et nous n’avons jamais pu obtenir nos statistiques. » ajoutera-t-il.

 

Un système qui a fait sa marque rapidement.

 

Après avoir en avoir développé son logiciel et un site web, il a fallu expérimenter le produit dans divers projets pilotes. Par la suite, il a implanté sa nouvelle technologie graduellement au travers de diverses organisations sportives, voir dans des tournois d’envergures où l’on compilait les statistiques et finalement en permanence dans quelques arénas du Québec. On le retrouve notamment au Sportplexe 4 glaces de Pierrefonds ainsi qu’à l’aréna de Ste-Julie.

 

Rien de trop sorcier.

 

Cette technologie, semblable à celle adoptée par la LNH depuis 1992, peut sembler complexe pour certains mais n’a vraiment rien sorcier. L’idée de base du système est de remplacer la traditionnelle feuille de pointage, situé au banc du marqueur officiel, par un ordinateur portable ou industriel. Chaque inscription sélectionnée est retransmise simultanément au site web. Le serveur central quant à lui, est localisé à Montréal.


Site de ScoreKeeper : http://www.sk-hockey.com/

« L’aspect visuel du logiciel est une réplique du tableau indicateur, nous explique son concepteur. Cela permet ainsi aux marqueurs de se retrouver plus facilement. De plus, l’alignement pré-programme est déjà intégré à l’écran. L’utilisateur n’a qu’à sélectionner, à l’aide d’un simple toucher, les données requises. Cela lui permettra d’ajouter ou soustraire un joueur, d’enregistrer les buts, les pénalités, les lancers ou encore contrôler les suspensions etc. Le pointage et le temps s’inscrivent automatiquement et les statistiques sont compilées en temps réel ».

Suite à ces informations recueillies, on se rend compte qu’un bon sommaire retransmis dépendra de la vigilance du marqueur et du bon vouloir des équipes de la LHSPQ. On sait que ces dernières ont la responsabilité d’assigner des gens sérieux à cette tâche.

 

L’adoption de scorekeeper par la LHSPQ, n’a pas fait l’unanimité.

 

C’est au cours de la saison estivale 2001 que la direction de la LHSPQ s’est penchée sur le dossier scorekeeper pour la toute première fois, soit un an avant de l’adopter. Un outil manquant, disait-on, et nécessaire afin de donner le plus de vision possible et d’informations en direct, que ce soit pour les médias ou les adeptes de ce circuit. On pense ici à tous les « Michel Lebel » du semi-pro ainsi qu’aux statisticiens affiliés aux journaux quotidiens, bref ceux qui ont un « dead-line » à respecter. Il ne faut pas non plus négliger ceux qui le consultent en grand nombre afin d’obtenir les résultats rapides et en direct le soir même des rencontres, soit les amateurs!

Il serait faux de prétendre que c’est à l’unanimité que scorekeeper s’est introduit dans les cadres de la LHSPQ. Avant le début du calendrier régulier, il a fortement alimenté les conversations aux réunions des dirigeants. Certaines équipes croyaient adopter un système avant-gardiste qui, bien utilisé, s’ouvrirait vers de nouvelles frontières. Tandis que d’autres étaient perplexes face à ce changement technologique, croyant même qu’en apportant plus de visibilité sur l’internet, il y aurait un risque d’abaisser une partie de leur clientèle.

Après quelque temps, et devant le sérieux de la plupart des équipes, scorekeeper, bien utilisé, s’est avéré un plus pour les adeptes du circuit. Par ailleurs, chaque équipe a dû se munir d’un ordinateur portable à ses frais et la ligue, nous dit-on, a assumé les autres frais d’implantation du réseau en cette première saison d’utilisation.

 

Coast to coast !!!

 

Comme on peut le constater, dans une ligue provinciale, les amateurs et le monde de l’information profitent mutuellement de cette technologie afin de suivre en direct le sommaire des rencontres. Par contre, il n’y a pas que les Québécois qui consultent scorekeeper dans la LHSPQ.

« Au cours de la saison, nous avons reçu quelques témoignages nous provenant des États-Unis et de l’Europe. Des parents et amis de joueurs tenaient à nous remercier de leur permettre de pouvoir suivre en direct, par le truchement de scorekeeper, le déroulement-sommaire des rencontres. » nous confiera-t-il.

Plusieurs l’auront remarqué, tout récemment le journal de Montréal a publié, dans ses pages de statistiques sportives, le sommaire de la deuxième joute de la finale pour l’obtention de la coupe Futura. « Ce relevé provenait de scorekeeper » nous mentionne Martin avec fierté. Ce dernier s'est fait un devoir, toute la saison durant, d'envoyer les sommaires de la ligue de hockey semi-professionnel aux statisticiens du journal de Montréal.

Lorsqu'on lui demande de nous faire son évaluation d’une première saison d’implantation dans la ligue, voyons ce qu’il nous mentionnera?

« Pour une première année, je crois que cela a été un succès. Il ne faut pas perdre de vue que le système était nouveau pour tous les marqueurs et ils ont eu à s’adapter rapidement en début de saison. Ils seront encore plus expérimentés l’an prochain et je crois que le meilleur est à venir. » conclura cet ingénieur en automatisation âgé de trente-trois ans.

À la prochaine!