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À mes compatriotes Chaque pays, dit-on, a son génie, Qui les protège et veille à son bonheur; Un jour celui de ma belle patrie M'apparaissant me remplit de frayeur. Calme, dit-il, l'effroi qui te domine, Je suis l'ami du peuple Québécois; J'ai craint de voir la discorde intestine Contre son frère armer le citoyen. Vrais Québécois, la sombre jalousie, Ne convient pas à vos coeurs généreux; Prêtez l'oreille aux voeux de la patrie, Et vous vaincrez vos ennemis nombreux. Si vos efforts sont combinés ensemble, De longs succès vous les verrez bénis ; Qu'un même esprit à jamais vous rassemble! Pour être heureux, soyez toujours unis. Rappelez-vous votre source première, Rappelez-vous de qui vous êtes nés; Fils des Français, voyez l'Europe entière Suivre l'exemple offert par vos aînés Lorsque la voix du pays vous réclame, De vains débats doivent être finis! Que désormais son amour nous enflamme! Pour être heureux, soyez toujours unis. Il avait dit et dans l'air il s'élance, Par ses conseils soyons encouragés; Et méritons par notre obéissance: Les beaux succès qui nous sont présagés. Si nous suivons du bienveillant Génie, Les bons avis, le triomphe est certain; Plus de discorde : Amour de la patrie Rallions-nous et donnons-nous la main. Un Québécois, le 6 janvier 1831. |