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Un logiciel canadien bientôt en français : the Earth Centered Universe (ECU) / Mario Tessier et Alain Dussault. -- Astronomie-Québec, 3(3), mai-juin 1993, pages 26-27.


THE EARTH CENTERED UNIVERSE (ECU) est un logiciel de planétarium conçu pour micro-ordinateur IBM ou compatible fonctionnant sous l'environnement Windows. Il est distribué sous forme de partagiciel, par un Canadien de la Nouvelle-Écosse. Nous avons testé la version 1.4 bêta.

Fiche signalétique

Titre        : The Earth Centered Universe (ECU) v1.4
Ordinateur   : IBM
Prix         : 40 $ CAN
Mémoire vive : 700 Ko
Équipement   : processeurs 30286+; Microsoft Windows 3.X+; disque rigide
Support      : cartes EGA/CGA; souris; coprocesseur mathématique
Adresse      : David J. Lane
               4-26 Randall Avenue
               Halifax (Nouvelle-Écosse)
               Canada B3M 1E2
Téléphone    : (902) 443-5989
CompuServe   : 1601,247
E-Mail       : 71601.247@compuserve.com
Année        : 1993
Site Web     : http://www.nova-astro.com/
Commentaires :
Prix : - Logiciel : 40 $ - Catalogue SAO : 23 $ - Mise à jour : 17 $ - Démo : 10 $; 
Capacité de disque requise: - Version partagiciel : 500 Ko
- Version autorisée (registered): 2,2 Mo; Version avec catalogue SAO : 5,5 Mo

La documentation

Une documentation brochée d'une quarantaine de pages est fournie avec les disquettes contenant la version autorisée. On trouve également ce manuel sous forme de fichier ASCII, d'une longueur de 75 Ko, distribué avec la version partagiciel. Il est cependant dommage qu'on ne puisse pas le consulter à l'intérieur du logiciel grâce à la fonction d'aide (éditeur de texte simple) qu'on trouve habituellement dans les applications Windows.

La documentation explique la procédure d'installation, le contenu des menus, les fonctions du logiciel et les opérations de la souris. Dans l'ensemble, le manuel est bien fait. Par ailleurs, l'interface est remarquablement facile à utiliser, le manuel devenant pratiquement superflu. C'est même l'interface la plus intuitive qu'il nous ait été donné de voir dans les programmes de ce type. Toutefois, on aurait apprécié dans la documentation la présence d'exercices portant sur la pratique des fonctions afin de mieux mettre en valeur les qualités et les capacités du logiciel. Pour le moment, ce dernier est surtout destiné aux amateurs ayant déjà une connaissance de base de l'astronomie.

L'interface de commande

L'interface du logiciel, basée sur l'environnement Windows, exploite à fond l'affichage graphique en mode VGA et l'utilisation de la souris. On se déplace sur la sphère céleste grâce aux barres de navigation de Windows, en s'assurant ainsi le contrôle sur l'ascension droite et la déclinaison. En cliquant sur la touche de droite vers un point du ciel, le logiciel le redessine à partir de ce point. On agrandit une portion du ciel en glissant la souris tout en appuyant sur la touche de gauche. On obtient de cette manière un champ de vision variant de 2 à 180 degrés. En pointant la souris vers un objet céleste, on l'identifie en cliquant sur la touche de gauche.

Bien entendu, il est possible de configurer cette interface selon nos préférences, notamment en ce qui concerne les couleurs. Par exemple, on peut changer les couleurs d'affichage de l'écran de façon à reproduire l'apparence d'un atlas céleste avec des étoiles blanches sur fond noir ou des étoiles noires sur fond blanc, ou pour une vision de nuit avec un affichage rouge. Bien entendu, comme dans toutes les applications sous Windows, on dispose de menus déroulants standardisés à partir desquels on peut appeler toutes les fonctions; évidemment, il est aussi possible d'utiliser le clavier pour l'entrée des commandes.

L'affichage

La représentation des objets célestes est similaire à l'imagerie qui se trouve sur les cartes détaillées du ciel (ou dans un logiciel comme The_Sky for Windows). Ainsi, une galaxie est dessinée sous la forme d'une ellipse, un amas ouvert est représenté par un cercle pointillé, etc. Chaque type d'objet est identifié par une couleur différente. Quant à la représentation des étoiles, elle est très réaliste puisque les points simulant celles-ci varient en grosseur selon leur magnitude. L'affichage des noms est disponible pour les constellations, les planètes, les objets NGC et Messier, et les étoiles brillantes. Le tracé et les frontières des constellations peuvent également être affichés. Alors que les planètes se présentent sous la forme de points, comme dans beaucoup de programmes de planétarium qu'il nous a été permis de tester, le Soleil et la Lune ont l'aspect de disques. Cette caractéristique permet une simulation réussie des éclipses solaires.

Les fonctions

ECU dispose de toute une gamme de fonctions: 1) la sauvegarde les événements en simulation, 2) le repérage des objets et 3) leur identification, 4) un filtre de magnitude, 5) l'animation des planètes, 6) l'affichage d'orbites cométaires, 7) l'impression de cartes célestes, etc. Arrêtons-nous brièvement aux fonctions les plus intéressantes du logiciel.

  1. La commande de sauvegarde des événements permet de conserver la configuration du logiciel lors d'une simulation donnée. On créera alors un fichier contenant toutes les informations concernant l'endroit d'où l'on observe, l'époque, l'angle de vue et les diverses options utilisées (noms, lignes, couleurs, etc.). C'est là une excellente initiative qui permet de sauver beaucoup de temps.
  2. La fonction d'animation des planètes s'effectue en mode manuel, avec une échelle de temps modifiable à volonté, ou en mode automatique. L'interface liée à cette fonction est certainement la plus intuitive et la plus ergonomique de tous les programmes qu'il nous a été donné de voir. C'est un des points forts du produit.
  3. Il est facile de chercher un objet dans le catalogue d'étoiles ou d'objets célestes et de l'identifier à l'écran. De plus, on peut centrer l'écran autour de n'importe lequel de ces points ou des coordonnées célestes.
  4. L'affichage du ciel peut être renversé horizontalement ou verticalement de manière à imiter la vue dans un télescope de type Newton, Schmidt-Cassegrain ou dans une lunette. Notons que cette fonction, si simple en apparence, ne se trouve pas dans tous les programmes de planétarium !
  5. On obtient facilement la distance angulaire entre deux points ou objets en cliquant sur un des boutons de la souris. Voilà une commande extrêmement utile et finalement très simple qui ne se trouve que dans ce logiciel! Encore une fois, l'auteur montre sa connaissance des besoins des astronomes amateurs, besoins qui sont quelquefois négligés dans les produits commerciaux.
  6. Le programme permet d'imprimer des cartes célestes d'excellente qualité, rivalisant avec les cartes provenant de logiciels comme The_Sky for Windows. La carte elle-même renferme toutes les informations nécessaires: date et heure, grandeur du champ, tableau des objets et des magnitudes, coordonnées célestes, et même un espace pour les notes. Sur une imprimante à jet d'encre, l'impression est superbe, les traits sont précis et le tout est d'une grande lisibilité.

Les catalogues d'objets

ECU dispose de deux bases de données stellaires basées sur : 1) le Yale Bright Star Catalog (YBSC) de l'Université Yale, contenant 9110 étoiles (jusqu'à la magnitude 6,5), est le catalogue d'étoiles de base, et 2), le catalogue Smithsonian Astrophysical Observatory Star Catalogue (SAO), de 259.000 étoiles (jusqu'à la magnitude 9,5), est offert en option.

La base de données d'objets célestes repose sur le catalogue du Saguaro Astronomy Club (SAC version 5.2) d'Arizona, contenant plus de 10.367 objets (nébuleuses, amas, galaxies, etc.), soit le catalogue NGC en entier et quelques autres objets dignes d'intérêt.

Chaque base de données contient la magnitude et les coordonnées célestes en J2000.0. Le catalogue Yale donne plusieurs numéros de catalogue et noms pour chaque étoile : l'identification Bayer/Flamsteed, le numéro de catalogue Yale, le numéro de catalogue SAO, et le numéro de catalogue Henry Draper, la classification spectrale, la magnitude B-V, et le mouvement propre. Le catalogue SAO contient le numéro SAO et le type spectral. Le logiciel calcule les heures de lever et de coucher des objets.

Les limites chronologiques et la précision

Les dates limites d'utilisation du logiciel se situent entre le premier janvier de l'an mil après J.-C. et l'an 3 000 après J.-C. Comme on le voit, cette fourchette chronologique ne donne pas beaucoup de latitude pour l'exploration des événements astronomiques ou pour l'archéoastronomie. Par contre, le programme est assez « intelligent » pour ignorer les dates proposées entre le 5 et 15 octobre 1582 (dates de la révision du calendrier grégorien).

L'exactitude du logiciel est excellente si on utilise la fonction de calcul de haute précision. Le programme pourra alors prendre en considération plusieurs facteurs comme : la réfraction atmosphérique, la parallaxe de l'observateur, le mouvement de nutation, les phénomènes d'aberration et de précession pour les objets solaires, etc. Une fonction de calcul moins précise permet d'accélérer la vitesse du logiciel mais donne des résultats beaucoup moins exacts. Cet algorithme sera d'ailleurs modifié sous peu afin d'améliorer le rendement du programme.

A cause de ces calculs multiples et de la mise à jour continuelle de l'écran, le programme ne roule que très difficilement sur les ordinateurs de type 286. Il fonctionne lentement sur les ordinateurs de type 386 mais il devient réellement performant avec un coprocesseur mathématique.

Les algorithmes de calcul

Les sous-programmes de calcul de haute précision reposent sur les algorithmes de Jeffrey Sax (Astronomical Algorithms Software, 1991) et de Jean Meeus (Astronomical Algorithms, 1991). Les sous-programmes de calcul de basse précision, mais plus rapides, sont basés sur un livre de Peter Duffett-Smith, Practical Astronomy with Your Calculator.

Historique

La première version d'ECU (v. 1.1) est parue en mars 1992. Depuis ce temps, les versions progressives du logiciel ont clairement démontré le désir de l'auteur d'améliorer son produit pour qu'il soit sur le même pied que ce qui se fait de meilleur dans cette discipline. De plus, le programme est régulièrement testé par des utilisateurs « bêta ». Bien que le programme soit encore très jeune, sa croissance a été fulgurante. Aujourd'hui, il se compare favorablement aux produits commerciaux américains ou aux logiciels européens de même type.

La liste des améliorations et des ajouts que l'auteur se propose d'incorporer devrait faire passer ce logiciel du niveau de planétarium à celui de planétarium intégré, avec des fonctions supérieures comme: calcul des éphémérides, support électronique des télescopes (avec SGT-MAX), affichage des satellites de Jupiter, meilleures projections célestes afin de réduire la distorsion, carnet de l'observateur, simulation des éclipses lunaires, support pour disques optiques (catalogue Hubble sur CD-ROM), etc.

Version française

Ajoutons finalement que THE EARTH CENTERED UNIVERSE sera avant la fin de l'année 1993 en version française ! En ce moment même, un amateur québécois en effectue la traduction qui sera destinée tout spécialement au marché francophone d'Amérique. Nous vous tiendrons au courant de la parution de l'édition française.

Conclusion

THE EARTH CENTERED UNIVERSE se place au premier rang des logiciels de planétarium si l'on tient compte de la qualité de l'interface, de la variété de ses fonctions, de sa puissance et de sa souplesse. A cause de son prix plus qu'abordable, ECU constitue la porte d'entrée idéale pour les amateurs désirant s'équiper d'un programme peu coûteux, fonctionnant sous l'environnement très populaire de Windows, susceptible d'être mis à jour progressivement et à peu de frais. Nous recommandons donc avec le plus grand enthousiasme ce logiciel canadien.


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