Nérée Beauchemin (1850-1931)
Poète du terroir et médecin de campagne à Yamachiche.
Le docteur Charles-Nérée Beauchemin est né le 20 février 1850 à Yamachiche. Il était le fils d'Hyacinthe Beauchemin, médecin, et d'Elzire Richer Laflèche. Le docteur Hyacinthe Beauchemin était le fils d'Antoine et le frère de Charles-Odilon Beauchemin, libraire-éditeur, et fondateur de la Librairie Beauchemin, toujours vivante.
Nérée Beauchemin fit ses études primaires à l'Académie Sainte-Anne de Yamachiche, ses études classiques au séminaire de Nicolet, de septembre 1863 à mai 1870, et ses études universitaires à l'Université Laval, à Québec, de septembre 1870 au 19 juin 1874, où il obtint sa licence en médecine.
Admis à la pratique médicale, il s'établit avec son père, à Yamachiche, dans la maison natale. Dix ans plus tard, il achète la maison de député Charles Gérin-Lajoie, celle-ci étant située au coin opposé de la même rue. À peine est-il installé dans sa nouvelle maison que son père, atteint de fièvre typhoïde, meurt. Le mois suivant, Nérée Beauchemin épouse Anne Lacerte, fille du docteur Élie Lacerte, qui demeurait en face de chez lui, de l'autre côté de la rue Sainte-Anne.
Considéré comme l'un des premiers écrivains du terroir, Nérée Beauchemin a partagé sa vie entre son métier de médecin et l'écriture. En 1884, avec la publication de son poème « Le Lac » dans La Patrie, il entame une collaboration d'une vingtaine d'année avec ce journal. Parrainé par Louis Fréchette, il devient membre de la Société royale en 1896. Son œuvre poétique, simple, patriotique et intimiste, se résumera essentiellement en deux recueils, Les Floraisons matutinales (1897) et Patrie intime (1928), avant que ne paraisse, en 1973, l'édition critique d'Armand Guilmette où seront réunis, outre ces deux recueils, des poèmes de jeunesse ainsi que des poèmes posthumes. En 1930, on lui décerne la Médaille de l'Académie française.
Il s'est éteint, le 29 juin 1931, à la suite d'une courte maladie.
Crépuscule rustique
La profondeur du ciel occidental s'est teinte
D'un jaune paille mûre et feuillage rouillé,
Et, tant que la lueur claire n'est pas éteinte,
Le regard qui se lève est tout émerveillé.
Les nuances d'or clair semblent toutes nouvelles.
Le champ céleste ondule et se creuse en sillons,
Comme un chaume, où reluit le safran des javelles
Qu'une brise éparpille, et roule en gerbillons.
Chargé des meules d'ambre, où luit, par intervalle,
Le reflet des rayons amortis du soleil,
Le nuage, d'espace en espace, dévale,
Traîne, s'enfonce, plonge à l'horizon vermeil.
Mais l'ombre, lentement, traverse la campagne,
Et glisse, à vol léger, au fond des plaines d'or.
Septembre, glorieux, derrière la montagne,
A roulé, pour la nuit, le char de Messidor.Nérée Beauchemin, tiré de Patrie intime (1928)
Références :
- Portail de la poésie québécoise et francophone d'Amérique - Nérée Beauchemin : http://www.poesie-quebecoise.org/beaucheminneree/index.shtml
- Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie - Nérée Beauchemin : http://www.ssjbmauricie.qc.ca/souverain/peuple/beauchemin.php
- Poésie française - Nérée Beauchemin : http://poesie.webnet.fr/auteurs/beauchemin.html
Bibliographie :
- Armand Guilmette, Nérée Beauchemin : son oeuvre (1973, 1974)
Oeuvres poétiques :
- Les floraisons matutinales (1897)
- Patrie intime : harmonies (c1928, 1987)
- Choix de poésie de Nérée Beauchemin (1950)
- Nérée Beauchemin : textes choisis et présentés par Clément Marchand (c1957, 1964)
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