Nox Oculis


Gerard Manley Hopkins (1844-1889)

Poète britannique dont l'œuvre peu abondante est nourrie par des mythes tant chrétiens que païens. Hopkins s'exprime dans une langue influencée par le langage médiéval, mais dont les innovations stylistiques ne sont pas pour autant absentes.

Hopkins naquit à Stratford dans l'Essex et fit ses études à Oxford, où il fut profondément influencé par John Henry Newman et par le mouvement d'Oxford. Converti au catholicisme, il entra dans l'ordre jésuite et détruisit alors tous ses poèmes. Plus tard pourtant, alors qu'il étudiait la théologie au pays de Galles, Hopkins s'initia au gallois, et, inspiré par la poésie locale, se remit à écrire. Dans le long poème intitulé le Naufrage du Deutschland (1875), il raconte le martyre de religieuses allemandes victimes d'un naufrage. Il perfectionna dans des œuvres plus tardives, comme Henry Purcell, sa technique stylistique caractérisée par l'usage de rimes internes, d'allitérations et de métaphores complexes ainsi que d'un « rythme à rebond » très abrupt en comparaison du rythme très fluide caractéristique de la poésie de l'époque. Rompant avec le système conventionnel qui impose un nombre régulier de syllabes accentuées et inaccentuées par pied, la métrique selon Hopkins autorise la variation du nombre de syllabes par pied.

En 1877, Hopkins fut ordonné dans l'ordre jésuite, et assuma les charges de prêtre de paroisse et d'enseignant, en Angleterre et en Écosse, avant de devenir professeur de latin à Dublin, en 1884. Il écrivit en Irlande ses Dark Sonnets profondément tragiques, où il exprime son sentiment d'exil personnel, d'aridité spirituelle et de déception artistique.

C'est seulement après sa mort que son œuvre fut publiée. Hopkins est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus grands poètes de langue anglaise.


"I am like a slip of comet"

    - I am like a slip of comet,
    Scarce worth discovery, in some corner seen
    Bridging the slender difference of two stars,
    Come out of space, or suddenly engender'd
    By heady elements, for no man knows ;
    But when she sights the sun she grows and sizes
    And spins her skirts out, while her central star
    Shakes its cocooning mists ; and so she comes
    To fields of light ; millions of travelling rays
    Pierce her ; she hangs upon the flame-cased sun,
    And sucks the light as full as Gideons's fleece :
    But then her tether calls her ; she falls off,
    And as she dwindles shreds her smock of gold
    Between the sistering planets, till she comes
    To single Saturn, last and solitary ;
    And then she goes out into the cavernous dark.
    So I go out : my little sweet is done :
    I have drawn heat from this contagious sun :
    To not ungentle death now forth I run.

    Gerard Manley Hopkins


The Starlight Night

    Look at the stars! look, look up at the skies !
    O look at all the fire-folk sitting in the air !
    The bright boroughs, the circle-citadels there !
    Down in dim woods the diamond delves ! the elves’-eyes !
    The grey lawns cold where gold, where quickgold lies !

    Wind-beat whitebeam! airy abeles set on a flare !
    Flake-doves sent floating forth at a farmyard scare ! --
    Ah well ! it is all a purchase, all is a prize.
    Buy then ! bid then ! -- What ? -- Prayer, patience, aims, vows.
    Look, look : a May-mess, like on orchard boughs !

    Look ! March-bloom, like on mealed-with-yellow sallows !
    These are indeed the barn ; withindoors house
    The shocks. This piece-bright paling shuts the spouse
    Christ home, Christ and his mother and all his hallows.

    Gerard Manley Hopkins, 1877, dans The Later Poetic Manuscripts of Gerard Manley Hopkins in Facsimile (1991, c1918)


Références :


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