Nox Oculis


Oscar Wilde (1854-1900)

Écrivain et dramaturge britannique, qui fut un théoricien de l'art pour l'art.

Fils d'un chirurgien irlandais, il naquit à Dublin, fit des études classiques au Trinity College, puis à l'université d'Oxford, où il rencontra notamment Walter Pater et John Ruskin. Esprit subtil et excentrique, dandy d'une rare élégance, il devint rapidement le favori de la haute société londonienne, qui accueillit avec enthousiasme ses premiers Poèmes (1881).

Théoricien de l'esthétisme, il fut invité à faire une série de conférences sur le continent américain (1881), puis s'installa à Paris, où il écrivit deux pièces de théâtre (la Duchesse de Padoue, 1883 ; Véra ou les Nihilistes, 1883) et où il se lia avec Paul Bourget et Edmond de Goncourt. De retour à Londres (1884), il épousa Constance Lloyd, dont il eut deux enfants, nés respectivement en 1885 et en 1886. Rédacteur en chef du magazine The Woman's World de 1887 à 1889, il employa son goût du paradoxe et ses talents de pamphlétaire à défendre la cause féministe. Par ailleurs, il publia des contes (le Prince heureux et autres contes, 1888), puis des nouvelles (le Crime de lord Arthur Saville et autres histoires, 1891), un essai (Intentions, 1891) et surtout un roman fantastique (le Portrait de Dorian Gray, 1891), qui met en scène deux personnages dont la vie est débarrassée de toute sentimentalité et dominée par les seules considérations esthétiques. Cette œuvre, hédoniste et nettement influencée par Walter Pater, souleva de nombreuses polémiques qui ne firent que renforcer le succès de Wilde.

Au cours d'un nouveau séjour à Paris en 1891, il fit la connaissance de Mallarmé, de Gide et de Pierre Louÿs, qui devinrent de proches amis. Peu de temps après, il composa Salomé (1891), drame écrit en français à l'intention de Sarah Bernhardt (qui le créa en 1893 à Paris), puis trois comédies consacrées à la peintures des mœurs de l'aristocratie britannique, qui reçurent un accueil enthousiaste (l'Éventail de lady Windermere, 1892?; Une femme sans importance, 1893 ; De l'importance d'être constant, 1895).

Alors qu'il était au sommet de sa gloire littéraire, la dénonciation publique de son homosexualité par le marquis de Queensberry lui valut une condamnation à deux ans de travaux forcés (1895) et ruina sa réputation. Wilde ne s'en remit jamais. Après être sorti de prison (où il avait rédigé un poème, la Ballade de la geôle de Reading, 1898, et d'étranges confessions, De profundis, posth., 1905), il revint s'installer à Paris où il vécut quelques années dans la solitude, sous le pseudonyme de Sébastien Melmoth, et où il succomba à une méningite.


We Are Made One with What We Touch and See

    We are resolved into the supreme air,
    We are made one with what we touch and see,
    With our heart's blood each crimson sun is fair,
    With our young lives each spring-impassioned tree
    Flames into green, the wildest beasts that range
    The moor our kinsmen are, all life is one, and all is change.

    With beat of systole and of diastole
    One grand great life throbs through earth's giant heart,
    And mighty waves of single Being roll
    From nerve-less germ to man, for we are part
    Of every rock and bird and beast and hill,
    One with the things that prey on us, and one with what we kill...

    One sacrament are consecrate, the earth
    Not we alone hath passions hymeneal,
    The yellow buttercups that shake for mirth
    At daybreak know a pleasure not less real
    Than we do, when in some fresh-blossoming wood
    We draw the spring into our hearts, and feel that life is good...

    Is the light vanished from our golden sun,
    Or is this daedal-fashioned earth less fair,
    That we are nature's heritors, and one
    With every pulse of life that beats the air ?
    Rather new suns across the sky shall pass,
    New splendour come unto the flower, new glory to the grass.

    And we two lovers shall not sit afar,
    Critics of nature, but the joyous sea
    Shall be our raiment, and the bearded star
    Shoot arrows at our pleasure! We shall be
    Part of the mighty universal whole,
    And through all Aeons mix and mingle with the Kosmic Soul !

    We shall be notes in that great Symphony
    Whose cadence circles through the rhythmic spheres,
    And all the live World's throbbing heart shall be
    One with our heart, the stealthy creeping years
    Have lost their terrors now, we shall not die,
    The Universe itself shall be our Immortality !

    Oscar Wilde, tiré de "Panthea", The Oxford Book of English Mystical Verse (1917)


Références :


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