Transcription transmis par Mme. Diane Poitras
Référence: Radio-Canada Enjeux.
 
LES ENFANTS DU PÉCHÉ.

BONSOIR!

-Ici Alain Gravel.

Bienvenue à Enjeux.

Cette semaine, un reportage sur une page inédite de notre histoire.

Des milliers de bébés québécois confiés à l'adoption internationale parfois de façon illégale.

L'aéroport de Dorval est souvent le théâtre de grandes émotions. Par exemple lorsque des enfants adoptés à l'étranger arrivent ici pour commencer leur nouvelle vie.

L'adoption internationale est un phénomène bien connu au Québec aussi de plus en plus répandu.

Ce qui est moins connu cependant c'est que c'était le Québec autrefois qui exportait ses enfants.

Dans les années cinquante et soixante nos bébés étaient très en demande auprès de parents qui cherchaient des enfants blancs, catholiques et en bonne santé.

Enjeux a enquêté sur cette page cachée de l'histoire du Québec.

Nous avons retrouvé certains de ces enfants ainsi que leurs parents.

Pour eux ce drame est d'autant plus troublant qu'ils ignoraient que leurs enfants avaient été confiés à l'adoption internationale, ce qui rendait presque impossible d'éventuelles retrouvailles.
 
 PATRICIA DUROCHER RETROUVE SA FILLE À PORTO-RICO.
 

Il y a 36 ans, Patricia Durocher laissait derrière elle à l'Hôpital de la Miséricorde de Montréal, une petite fille âgée d'un jour à peine appelée Sylvie.

Patricia:
-Ça fait mal au coeur, parce que tu te dis je la reverrai jamais. Ce qu'elle va devenir, alors avec les années on essaie d'oublier.

Journaliste:
-À 19 ans, sans mari, Patricia n'avait pas le choix. À l'époque, c'était une honte d'être une fille-mère. Alors, pour sauver son honneur, celui de sa famille, pour le bien de l'enfant, il lui fallait confier son enfant à l'adoption.

Je confie à La Société d'Adoption de Hull mon enfant Sylvie née le 16 janvier 1964
et renonce à tout droit sur ce dit enfant pour le présent et l'avenir.

Je reconnais aux autorités de cette agence le droit de disposer légalement de mon enfant selon l'article 9 de la loi concernant l'adoption, statut refondus 1925 chapitre 196.

La Société d'adoption de Hull, Qué.

Je soussigné_______________________

né le _______________________

En foi de quoi j'ai signé le _______________
 

Patricia:
-Il ne fallait pas en parler, c'était aussi simple que cela. Quand tu revenais à la maison, il y avait jamais personne qui en parlait parce que tu étais sensée avoir oublié; d'oublier ça puis continuer ta vie.
 

Journaliste:
-Patricia a toujours cru que sa fille avait été adopté à Montréal ou à Québec.
Ça été quoi votre réaction quand vous avez appris cela?

Patricia:
-Ça été ah! mon Dieu c'est loin! Puis je me suis demandé pourquoi Porto-Rico.

Journaliste:
-Quelques jours après sa naissance, la petite fille de Patricia a été transféré à l'orphelinat Ville-Joie Sainte-Thérèse de Hull. Elle y est restée trois mois.  Puis elle a été adoptée par un couple aisé de San Juan. La petite Sylvie est devenue Zaïda et l'espagnol sa langue maternelle.

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On voit le Registre des admissions à Ville-Joie Ste-Thérèse de Hull par ordre alphabétique.
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Andrée Riopelle Centres jeunesse de l'Outaouais:

- On dit dans nos procès verbaux qu'on recevait une demande assez incroyable, assez impressionnante de l'étranger pour adopter. francophone, blanc, religion catholique.

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Entre 1950 et 1970 on parle de milliers de petits québécois qui sont partis vivre à l'étranger dans des familles riches. Les crèches étaient surpeuplées, on comptait jusqu'à 1000 enfants par crèche. Ces enfants étaient d'abord placés au Québec puis dans le reste du Canada. Faute de parents disponibles il fallait se tourner vers l'étranger.  Ces adoptions se faisaient par l'intermédiaire d'organisations catholiques.

Ici à Hull, les demandes venaient du Mexique, de l'Argentine, du Venezuela, des États-Unis. À l'orphelinat Ville-Joie Ste-Thérèse on a placé entre autre 25 enfants à Porto-Rico.
 
 C'est après la naissance de sa seconde fille que Zaïda a décidé d'entreprendre des recherches pour retrouver sa mère biologique.

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-Zaïda se posait les questions suivantes:
-Comment se sentait-elle (sa mère bio.) après l'adoption?
Elle se demandait peut-être ce qui m'était arrivée.
Les recherches ont été difficiles. C'était difficile car on habitait pas le même pays.
On se demande par où commencer.

Les parents adoptifs avaient conservé tous les papiers.

*United States department of Justice Immigration and Naturalization Service.

Et de plus, le nom de jeune fille de Patricia avait été inscrit par erreur au dossier d'adoption.

Zaïda:
-Une chance que j'étais assise sinon je serais tombée. J'étais tellement heureuse. Je l'avais trouvée.

Andrée Riopelle:
-C'est assez spécial qu'elle ait eu le nom de sa mère. Ça se donnait pas.

On ne donnait jamais le nom de la mère mais peut-être qu'à cette époque on s'était dit bon de toute façon c'est tellement loin et dans les années 60 on pensait même pas qu'un jour que les enfants qui avaient été adoptés pourraient faire des recherches, pourraient retrouver leurs parents biologiques.

Journaliste:
-Après avoir trouvé le nom de sa mère biologique Zaïda a tout de suite fait venir de Hull les pages des bottins téléphoniques où étaient écrit le nom Durocher.

Vous alliez téléphoner à tous les Durocher?
 
Zaïda:
-Non, je voulais plutôt envoyer la même lettre à tous les Durocher en espérant trouver un parent.

Journaliste:
-Son désir de rejoindre tous les Durocher a bousculé le personnel des Centre Jeunesse de Hull où sont aujourd'hui regroupé les archives

Zaïda:
-Ça faisait deux ans que j'attendais mon tour.

Journaliste:
-Il y a trois ans Patricia et Zaïda se sont rencontrés pour la première fois.
Elles se sont vues quatre fois depuis.

Patricia:
-On se parle au téléphone, quand on se voit c'est quand même c'est excitant, on est tout content, on est tout énervé. On se prépare à aller à Porto-Rico la même chose qu'elle se prépare pour venir au Canada.

Zaïda:
-C'est mieux qu'elle (sa mère bio) vive loin.
C'est ici que j'ai grandi. Je suis Portoricaine pas Canadienne. J'ai ma mère ici à Porto-Rico. Ce serait difficile si les deux vivaient ici.

Journaliste: -Pourquoi?

Zaïda:
-Partager mon temps entre les deux, elles sont si différentes. Ma mère adoptive n'est pas très heureuse de tout ça. Elle craint que je la quitte pour ma nouvelle famille.

Journaliste:
-Patricia n'a jamais entrepris de démarches pour retrouver sa fille. Elle avait peur de la perturber.
Après les retrouvailles, elle a rencontré brièvement la mère adoptive de Zaïda.
 
 Elle avait remis auparavant une lettre.

Patricia:
-Elle a une vie parfaite. Elle a été choyée. Elle a eu une très bonne éducation puis tout ça, puis ils ont fait une très beau travail avec elle, je crois là. Puis aussi pour lui dire  que j'étais pas là pour lui enlever Zaïdi, que je comprenais ce qu'elle pourrait ressentir.
Je pense que Zaïdi dans sa vie a de la place pour deux. La même chose avec les enfants. Ça leur fait une grand mère de plus. Ça va très bien.

Zaïda a retrouvé sa mère bio. et aussi une demi-soeur Christine.

Christine:
-Heureusement, elle parle anglais alors le lien de communication se fait très bien. En découvrant la culture canadienne française je me rends compte de la similarité avec les miennes. La religion et l'éducation sont les mêmes. Zaïda et sa demi-soeur sont toutes les deux mariées et ont chacune deux enfants. Christine est infirmière. Zaïda a une maîtrise en math. Elle enseigne à l'Université du Sacré-Coeur à San Juan.

Patricia:
-Curieusement, quand j'ai su qu'elle avait ça, que la travailleuse sociale avait dit, ma matière la plus forte c'était les math.

Journaliste:
- Zaïda a plusieurs amis qui sont nés comme elle au Canada et qui ont été adoptés par de riches portoricains.
 

-Je m'appelle Irma Rios Ramirez. Mon nom à la naissance était: Marie Louise Réjeanne Morin. Ja suis née à Hull (Québec).
 

-Mon nom est Maria del Pillar Tellet Lopez. Au Canada mon nom est: Mon nom est Marie Linda Desgagnés.

-Je suis Juan Rosado Malavez. À Toronto, j'étais John Kaschuk.

-Maria del Pillar Tellet Lopez (Marie Linda Desgagnés): J'ai un frère qui vient du Canada; j'ai également un voisin et sa soeur qui sont du Canada. Une copine d'école canadienne. J'en connais plusieurs.

Journaliste: -Êtes-vous surprise de voir autant de gens nés au Canada ici?

Zaïda:
-Non, ça vous surprend plus que moi. Je les côtoie depuis mon enfance. J'en connais au moins une vingtaine.

Journaliste: -Vous connaissiez le Québec à l'époque?

Marie del Pillar Tellet Lopez (Marie Linda Desgagnés):
-J'ai regardé des cartes. À l'école, on m'a demandé d'où je venais?
J'ai répondu fièrement que je venais du Canada, du Québec.

Irma Rios Ramirez. Marie Louise Réjeanne Morin:
-J'ai des photos, des cartes. J'ai mes photos de bébé. j'ai les billets d'avion de mes parents quand ils sont venus m'adopter. Je sais tout.

Ils ont tous retrouvé leur mère biologique. Irma ne l'a pas encore rencontrée.

Maria Pillar est venue à deux reprises voir la sienne à Québec et Juan l'a vu lors d'un événement très spécial.

Juan:
-J'ai rencontré ma mère l'an passé à ses 50 ans. J'étais le cadeau, la surprise de la part de sa famille.

Journaliste:
-Est-ce que l'on peut dire qu'on envoyait les plus beaux enfants à l'étranger?

Andrée Riopelle:
-Je pense qu'on le faisait en pensant que cet enfant là qui vivrait ans un milieu où le niveau d'éducation serait plus élevé. Donc c'était aussi en même temps pour favoriser le développement de cet enfant là.
 
Soeur Marie Larivière:
-Il y avait tellement de bébés, il y en avait 318 un jour d'avril 1954. On prenait des baignoires pour faire leur lit. C'était pas une pouponnière c'était une salle de bain.

Journaliste:
-Soeur Marie Larivière, soeur du Bon-Pasteur  était infirmière à la Crèche Saint Vincent de Paul à Québec. Chaque matin elle accompagnait le médecin dans sa ronde.

Soeur Gabrielle Laberge:
-Une fois je me souviens, c'était le décompte à tous les jours, on était monté jusqu'à 800.

Journaliste:
-Soeur Gabrielle Laberge était responsable des enfants de 6 mois à un an. Soeur Laberge a aujourd'hui 90 ans.

Soeur Laberge:
-On mettait des biscuits dans du lait. À mon département j'en avait à peu près 150.

Soeur Marie-Marthe Bailly:
-Y a pas de mère qui abandonnait leur enfant, j'en ai pas connu. C'est vrai que j'ai pas été 25 ans à la crèche là, mais le petit peu de temps que j'ai été j'ai vu rien que du monde qui les aimaient leurs enfants puisqu'ils les laissaient aller parce que justement il l'aimait assez pour lui vouloir le bien d'une famille qu'elle ne pouvait pas leur donner à cause de la mentalité du temps.
Quand elle signait l'autorisation d'adopter c'était pas marqué au Canada, à Québec ou aux étrangers là. Donc adopter ça pouvait être n'importe où.

Journaliste:
-Est-ce qu'il y avait beaucoup de parents qui venaient de l'étranger?

Soeur Gabrielle Laberge:
-Ah oui! Mais je peux pas vous dire le nombre, mais beaucoup, beaucoup. On en a placé beaucoup.
 
Journaliste:
-La Crèche Saint-Vincent de Paul a placé en 15 ans 1,600 enfants aux E.U.
Les américains pouvaient adopter 2 ou 3 enfants à la fois.
Les Soeurs du Bon-Pasteur se souviennent de ce couple de Chicago.
 

Journaliste:
-Les Soeurs du Bon-Pasteur se souviennent de ce couple de Chicago.

Ce couple d'une charité admirable repartira lundi avec deux jumeaux qui auront 1 an en avril.

Soeur Laberge: -Madame était infirmière puis lui était médecin.

Journaliste: -10 enfants

Soeur: -oui

Journaliste:
-américains là, les gens des Etats-Unis.

Soeur Laberge:
-Les gens des États-Unis.  Moi j'avais dit Mon Dieu, vous devez avoir plusieurs personnes pour vous aider. Pas du tout, je suis seule.

Journaliste:
-En fait, ce couple n'a pas adopté 10 mais 11 enfants dont deux couples de jumeaux entre 1954 et 1969.

Couple américain: -On devait adopter un enfant.

Journaliste: -Qu'est-ce qui s'est passé?

Couple américain de Galena en Illinois:
-Ils ont dit qu'on pouvait en adopter deux. On s'est dit: Tant qu'à payer pour le voyage pourquoi pas en adopter deux.
 
 Journaliste:
-Les Morrison ont aussi adopté 3 enfants à Chicago dont un autre couple de jumeaux mais là-bas on limitait les adoptions, pas plus de deux par famille. Trois c'était exceptionnel. Les enfants disponibles étaient rares. Au Québec on en avait trop.

Madame Morrisson:
-La religieuse disait que les gens venaient au Québec de partout. la distance n'était pas un problème. Ils étaient tous des canadiens-français.
Ça ne nous dérangeait pas.

Journaliste:
Les américains aimaient les petits canadiens-français. Ils étaient en santé mais aussi et surtout ils étaient blancs. Vous vouliez des enfants de race blanche!

Madame Morrisson:
On ne l'a pas demandé. On a présumé qu'ils l'étaient. À cette époque c'était pas une mauvaise chose. Les prêtres nous disaient d'adopter des enfants de notre race.
Les Asiatiques.......ça serait plus dur de  grandir dans un autre milieu, pas au niveau familial mais dans la communauté.

Journaliste:
-À l'époque, on employait même l'expression pure white ou si vous préférez blanc blanc.
Le Père Roger Co......... était assistant directeur au sein de l'organisation Catholic Charities à Chicago, une oeuvre de charité qui s'occupait d'adoption.
(The Catholic Charities  St-Vincent Center)

Journaliste: -Est-ce parce qu'on les trouvait blancs blancs?

Prêtre:
-Ça dépend, ils ne l'étaient pas tous. Mais la majorité oui. Oui, la plupart. Ils avaient plus de chance d'être adoptés. Ils s'intégraient mieux dans les familles américaines.

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 Service des Adoptions. M. l'abbé Germain.

Journaliste:
-Le grand responsable de l'adoption à la Crèche St-Vincent de Paul c'était  l'abbé Germain un homme qui avait à coeur le sort des orphelins. Il correspondait avec les "Catholic Charities" que l'on retrouve encore aujourd'hui dans tous les états américains.

Soeur Marie-Marthe Bailly:
-L'abbé Victorin Germain qui est devenu plus tard.  Monseigneur Victorin Germain a écrit beaucoup.
C'était  vraiment un écrivain qui a fait énormément de sa plume aussi pour que l'information sur la situation des enfants de la crèche se répande partout.
 
Journaliste:
-Les religieuses avaient un petit problème de communication avec les américains. Elles ne parlaient pas anglais sauf.......

Soeur Bailly:
-Nous avions une soeur irlandaise Soeur Jane Philipp qui s'en ai beaucoup occupé et qui a entretenu aussi avec ces gens là une correspondance très assidue et c'est elle qui les guidait le plus. Moi je n'avais pour fonction je dirais que d'entrer dans les dortoirs et de montrer le bébé.

Journaliste:
-Comment vous les prépariez les enfants? Qu'est-ce que vous faisiez de spécial?

Soeur Laberge:
-On les mettait en toilette pour les présenter pour que ça flash un peu ah! ah!

Soeur Bailly:
-Notre préoccupation était vraiment que l'enfant trouve une famille où qu'elle soit. Une famille c'est une famille.
 

Journaliste:
-L'adoption était gratuite mais les Morrisson ont dû débourser quand même beaucoup d'argent. Il y avait les frais d'avocat pour les papiers d'adoption, le séjour à Québec et puis le don que l'on faisait en quittant l'orphelinat.
-On vous a demandé de faire un don?

Madame Morrisson:
-Non, mais on s'y attendait. On disait: vous êtes catholique.. alors... Ils voulaient un don. Ils l'espéraient.

Journaliste:
-Les enfants Morrisson si on en croit leurs parents n'ont jamais fait de démarche pour trouver leur père ou leur mère biologique respectif. Ils n'ont jamais non plus souhaité visiter le Québec. Ils vivent un peu partout aux États-Unis.

Journaliste: -Pourquoi tant d'enfants?

Madame Morrisson:
 -Ça fait boule de neige.
 
M. Morrisson:
 -On adore les enfants et ils s'entendent bien.  On s'est dit qu'on pouvait se le permettre.  On a pas réussi à leur payer des études supérieures.

Madame Morrisson: -Mais on les a aidés. habillés et aimés. Ils ont été heureux et le sont toujours.

Journaliste: -Pourquoi avoir cessé d'adopter?

Madame Morrisson: -On était trop vieux.

M. Morrisson: -Quatorze c'est pas suffisant!

Journaliste: -C'était difficile d'élever 14 enfants?

Madame Morrisson: -Quelle aventure! Nos enfants nous trouvaient fous.

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 NICOLE  BEAULIEU MÈRE BIOLOGIQUE.

Nicole:
-Je voulais ignorer. Tu sais, à 14 ans t'es encore un enfant. Alors je réalisais peut-être pas ce que c'était d'être enceinte. J'étais même pas au courant que j'étais enceinte de jumeaux jusqu'au jour de la naissance de mes jumeaux. Mario le premier qui est né pesait 3lbs et 14 et puis Jean-Marc est né dans l'ambulance pesait 2 lbs et 8 alors c'est  très très petit. Je suis partie de l'hôpital et puis je ne l'ai jamais revu.

Vive le Québec libre!

M.Perrin:
-C'est à ce moment là que l'adoption a démarré pour la France, C'est vraiment le Général de Gaulle qui est au départ.

Madame Perrin:
-Alors pas seulement pour l'adoption mais évidemment mais il y a eu ce               rapprochement entre la France et le Québec.

Journaliste:
-Nos cousins français ont adopté plus de 500 enfants à Montréal.

Les dernières adoptions ont eu lieu en 1972, l'année où les crèches ont fermé leurs portes.

Madame Perrin:
-À Montréal, ils ont plein d'enfants à adopter et ils cherchent des couples jeunes. Alors 25 ans c'est parfait. Vous avez un bébé dans un an. Nous on trouvait ça très court.

Journaliste:
-En 1968, les Perrin originaires de Annonay près de Lyon sont venus à  Montréal pour chercher leur premier garçon. Ils ont séjourné 48 heures dans la métropole.
 

Madame Perrin:
-C'est une religieuse, il y avait beaucoup de religieuses qui étaient à la Crèche d'Youville qui dirigeaient ce service. Elle m'a donné Cristophe dans les bras.

Journaliste:
-Quatre ans plus tard, ils ont adopté Jean-Marc un petit garçon chétif. Cristophe et Jean-Marc ont toujours su qu'ils étaient nés au Québec.

Madame Perrin:
-Dis maman, raconte-nous l'histoire quand vous êtes venus nous choisir.
On peut dire qu'on s'est battu pour les avoir. À l'époque, en plus on allait   pas au Canada comme maintenant.

Journaliste:
-En grandissant, le petit Jean-Marc est devenu un jeune athlète accompli mordu de course à pied et de vélo.

Nicole Beaulieu:
-À toutes les fois que je voyais des jumeaux, c'est sûr que je pensais à eux. Même à un certain moment donné je pensais les avoir vus à Ville Lasalle.

Journaliste:
-Jean-Marc vit toujours à Annonay.
Il est infirmier marié et père de deux enfants.

Nicole Beaulieu:
-Mon frère a eu des jumeaux alors ça te ramène tout le temps, à un moment donné j'ai dit je pense je suis prête.

Journaliste:
-En 1996, Nicole a quarante ans. Elle est mariée mais n'a pas eu d'autres enfants. Elle décide d'entreprendre des recherches pour retrouver ses jumeaux qu'elle avait été forcé de confier à l'adoption en 1969. Six mois après le début des recherches elle reçoit deux lettres.
 
 
 Nicole Beaulieu:
-Ça m'apprenait que Jean-Marc était bien Marc, bien parce que moi je  l'avais prénommé Marc. Il était adopté en France et puis que Mario avait été adopté au New-Jersey aux États-Unis. Alors ça été un gros choc parce que je m'attendais pas à ça qu'ils soient séparés.
Pour moi, des jumeaux c'est inséparable; c'est des frères de sang puis  c'était des jumeaux identiques. Quand tu y penses il y en a un en  Europe, moi je suis au Canada, l'autre au États-Unis, alors c'est trois pays.

Madame Pauline St-Jacques:
-Elle a eu une période dépressive assez importante. Elle n'était pas prête à entreprendre les retrouvailles avec Jean-Marc. Elle me disait: "Nous allons attendre."   J'ai dit: Quand  vous serez prête téléphonez-moi.

Journaliste:
-Madame St-Jacques une psychologue spécialisée dans les retrouvailles à l'emploi des Centres jeunesse de Montréal. On savait très peu de choses sur le jumeau américain mais on connaissait le numéro de téléphone des parents de Jean-Marc. Alors ce sont eux que la psychologue a appelé en premier.

Madame Perrin:
-Le téléphone a sonné, c'est moi qui suis allée répondre. Sur le moment, j'ai pas compris. J'ai reconnu l'accent canadien. Alors c'est là elle commence à me dire: Je suis une psychologue et vous comprenez sa mère l'a retrouvé. Alors là ça été le choc. Là d'ailleurs, le docteur que j'ai vu après alors les psychiatres parce que j'ai pas eu peur d'aller quand même voir un psychiatre à Lyon. Il m'a dit: Mais Madame, vous auriez été cardiaque vous auriez pu mourir sur le champ.

Journaliste:
-Madame St-Jacques leur apprend aussi que Jean-Marc a un frère jumeau.

Madame Perrin:
-Ça aussi on nous l'avait caché, on ne savait pas que c'était des jumeaux.
Alors, bon on a su après que le premier jumeau était né en meilleure forme que Jean-
 Marc ce qui explique qu'il a été adopté plus vite. Ça nous a perturbé aussi parce qu'on aurait adopté les jumeaux.

M. Perrin: -On les aurait pris tous les deux.

Journaliste: -Et c'est tout cela que Madame Perrin va révéler à son fils adoptif.

Journaliste: -Dans quel état vous étiez?

Jean-Marc:
-Et bien en fait, je pourrais dire assez excité, je voulais en savoir plus. On a parlé d'un frère jumeau mais sans bien préciser.

Journaliste:
-Jean-Marc a rapidement rejoint la psychologue. Les retrouvailles avec sa mère biologique ne se sont pas fait dans le bureau de Madame St-Jacques mais par téléphone à cause bien sûr de la distance.

Nicole:
-Il n'a pas pris de chance il nous a enregistré. Il a réécouté notre première conversation. Mais maintenant il n'y a plus de problèmes avec ça. Il comprend bien notre langage parce que c'est quand même pas comme la France (l'accent c'est ça).

Jean-Marc:
-On s'est envoyé de la correspondance avec des photos. Elle m'a envoyé tout un paquet de photos là. Elle est toute jeune, puis leur mariage, leur vie tout ça. Puis moi j'ai fait pareil.
Nos lettres se sont croisées sur l'Atlantique.

Journaliste:
-La lune de miel qu'ont vécu Jean-Marc et Nicole a complètement bouleversé la vie des Perrin. Ils se sentent floués.
À l'époque on leur avait assuré que tous les papiers avaient été détruits.
 
Madame Perrin.
-Ah oui! complètement brûlés même.
On nous avait dit vous pouvez partir tranquille. Alors c'est vrai qu'on a vécu sans du tout se dire que un jour la mère biologique pouvait se manifester.

M. Perrin:
-Surtout qu'on est parti quand même de Montréal chaque fois avec un passeport canadien en notre nom. L'enfant portait déjà notre nom d'où on s'était dit: sécurité complète; vous ne pouvez pas avoir de problèmes.

Journaliste:
-Malgré les kilomètres qui les séparent, Jean-Marc et Nicole se sont vus en France plusieurs fois depuis 1996; puis au Québec en pleine crise du verglas. Jean-Marc était déjà venu avec ses parents puis avec sa femme. Mais il y a deux ans il a fait le voyage seul.

Jean-Marc:
-Je suis venu à Montréal puis on a visité l'hôpital de La Salle. Ça été un moment vraiment intéressant. Le bâtiment était le même. Pour elle c'était très émouvant. Moi j'avais pas la même sensation mais je savais que c'était là. Même c'était très émouvant de refaire le voyage avec moi. On était tous les deux dans la voiture.

Journaliste: -Est-ce que vous ne pensez qu'à ça au Québec?

Jean-Marc:
-Oui, il y avait une époque ou c'était fort fort fort quoi. C'était un peu dur pour tout le monde.

Journaliste:
-Pourquoi?

Jean-Marc:
-Ben parce que _____________________________
 

Journaliste:
-Vous vouliez vraiment vous en aller là-bas?

Jean-Marc:
-Ben ouais il y avait une époque où c'était vraiment, je me disais tiens ça fait l'occasion de vouloir changer, de partir.

Femme de Jean-Marc:
-Plus le temps passait, Jean-Marc était monopolisé par Nicole et ils étaient tous les deux tout le temps ensemble. Nous, on existait pratiquement plus. Ce qui était dur à supporter pour nous, c'était les problèmes financiers que tout ça entraîne aussi. Ça avec la distance, les communications téléphoniques, tout ça, j'ai vu arriver des notes de téléphone qui étaient astronomiques aussi. Donc nous, il fallait qu'on vive de notre côté. Je sentais aussi qu'il voulait partir au Canada. Ça aussi cela a entraîné des frais. Tout ça ça ne me faisait pas.

Nicole Beaulieu:
-À un moment donné je pense que il s'est senti mis de côté e puis je le comprends parce que moi aussi j'étais un peu comme ça. Mais c'était comme 27 années qu'on avait à reprendre. Là, on s'est un peu tranquillisé. Moi je suis allée, lui il est venu ici. Alors puis là on y retourne. Alors là ça s'est apaisé. Puis je pense que là ça va mieux.

Journaliste: -C'est quoi votre rapport avec eux maintenant?

Femme de Jean-Marc:
-J'en ai aucun. Non, j'ai jamais pu leur parler même par internet. Je sais pas quoi leur dire. Donc, je me suis complètement effacée.

Journaliste:_________la possibilité de la rencontrer.

M.Perrin:
-Non, moi je suis contre parce que ça nous démolit.
 
Madame Perrin:
-Moi je pense que je pourrais cette année mais mon mari ne veut pas.
 
 Journaliste:
-Pour eux et Virginie leur unique consolation est que Nicole habite très loin.

Virginie:
-Oui ça me tranquillise parce ce qui se serait passé, elle aurait été en France, je crois qu'il serait parti. Tandis que là il y a la distance quand même qui le retenait, qui lui a peut-être obligé à penser, à réfléchir un peu à ce qu'il devrait faire et ce qu'il allait faire.

Jean-Marc:
-On aurait aimé être tout le temps ensemble, mais ça aidé aussi parce qu'on était loin et que ça permettait de mettre un peu les ho là quoi de freiner un peu.

Journaliste:
-C'était le document de la Crèche d'Youville?

Jean-Marc:
-Oui et on a rayé le mot jumeau c'est évident.

Journaliste:
-Les recherches pour retrouver ce jumeau américain sont plus ardues.
La France a bien collaboré à travers ses agences mais aux États-Unis ce n'est pas du tout la même chose.

Madame St-Jacques, psychologue:
-C'est compliqué parce que souvent aux États-Unis quand on veut faire pour la moindre chose il faut prendre un avocat et c'est des frais incroyables; et même ici avec la recherchiste on accepte pas de donner des renseignements.

Nicole:
-Alors, voici l'annonce que j'ai mis dans le site américain.

Journaliste:
-Madame St-Jacques connaît le nom du jumeau américain, mais elle ne peut le révéler le nom à Nicole. Tout est confidentiel. Il faut d'abord rejoindre ce jeune homme de 31 ans et lui demander si il veut rencontrer sa mère. Les recherches sont difficiles car aux États-Unis les gens déménagent plus souvent qu'en France. On a pour le moment perdu sa trace.

Avis de recherche du jumeau au Mouv. Retrouvailles.
Joseph Mario Beaulieu  19 avril 1969 Lasalle, Canada. adopté en 1971 New-Jersey.
Message: frère jumeau identique  France en juin 1997.

Nicole:
-Jean-Guy peux-tu venir ouvrir les photos s'il vous plaît!

Journaliste:
-Nicole essaie aussi de son côté de le retrouver mais comme ses jumeaux sont identiques c'est la photo de Jean-Marc qu'elle envoie sur internet.

Nicole:
-Peut-être que quelqu'un va le reconnaître, on sait jamais, le monde est petit dans le fond.

Jean-Marc:
-Au début, ça m'a beaucoup excité; je me suis mis à prendre des cours d'anglais. Je me suis dit on va le retrouver et puis après de fil en aiguille j'ai vu que ça avançait pas et puis vraiment maintenant c'est bien plus calme.

Nicole Beaulieu:
-Je pense qu'il n'y a pas une journée que je vis que je pense pas à Mario.
 
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BÉBÉS QUÉBÉCOIS VENDUS AUX JUIFS.

L'adoption des bébés québécois à l'étranger organisé par les religieuses était tout à fait légale. Ce qui n'a pas empêché dans les années 40 et 50 la mise sur pied d'un marché noir d'enfants québécois à Montréal et à New-York. Ça se passait entre autre dans cette maison de la rue Lesner ou Besner à Mtl. Nous avons rencontré des témoins de l'époque.
 

M. Jules Arsenault, sergent-détective privé:
-Quand on fait quelque chose d'illégal on essaie que la police le sait pas que les autres autorités sont pas au courant. Alors le chat a sorti du sac. Il y avait des personnes des femmes surtout qui se promenaient dans Montréal dans les restaurants et les endroits publics. Lorsqu'on constatait qu'une jeune femme était enceinte on l'approchait doucement. Ce qu'on voulait c'était le bébé qu'elle portait. On lui proposait de payer en échange de payer tous les frais reliés à l'accouchement pour ces jeunes filles enceintes, seules, désemparées. Cette offre était un soulagement. Nous étions dans les années 50.
La jeune femme rendue à un certain terme de sa grossesse était dirigée vers une maison à Montréal et éventuellement accouchait là et par la suite cet enfant là était mis sur le marché.

Journaliste:
-Ce marché noir avait été mis sur pied pour répondre à une forte demande de la communauté juive. Il était impossible pour un couple juif d'adopter un enfant catholique dans une crèche. Les parents devaient être de la même religion que l'enfant. La possibilité d'avoir un enfant juif était quasiment nulle. Les juifs n'avaient d'autre choix que d'adopter dans l'illégalité des petits catholiques qu'on allait ensuite convertir.

DOUG ET LINDA MORRIS.

-Doug Morris:
4221 rue Laval. C'est ici que j'ai adopté ma fille. C'est très émouvant de revenir après tant d'années.

-C'est tout rénové.

Journaliste:
-C'est ici dans cette maison de la rue Laval en plein coeur du plateau Mont-Royal que Doug Morris a acheté en 1951 une petite fille. Le coût de la transaction un peu plus de mille dollars.

M. Doug Morris:
-Dès qu'on a su on a pris la voiture pour s'y rendre.
 
Journaliste:
-Dans cette maison il y avait plusieurs bébés et des jeunes filles sur le point d'accoucher. On appelait ces maisons privées des fabriques à bébés. Il y en avait une douzaine à Montréal. L'information circulait de bouche à oreille.

M. Doug Morris:
-Nous avons téléphoné à nos amis.
Ils ont apporté des couvertures, des vêtements, tout. Nous sommes allés chercher le bébé.

Journaliste:
-M. Morris a fait des démarches pour adopter légalement sa fille. Personne ne lui a demandé si son enfant était né d'une mère catholique. Sa fille Linda veut aujourd'hui connaître ses origines.

Linda Morris:
-Je voulais connaître mes origines, pas remplacer mes parents adoptifs, simplement savoir d'où je venais.

Journaliste:
-La fille de M. Morris n'a pas grand chance de retrouver sa mère biologique.
Elle est née dans la clandestinité. Les documents sont introuvables.

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HAROLD ROSENBERG

Journaliste:
-M. Rosenberg est-ce que vous êtes juif?
-Oui.
-Est-ce que vous vous sentez juif?
-Pas vraiment
-Pourquoi?
-Actuellement, j'ai jamais eu le feeling d'être juif.
 
Journaliste:
-Harold Rosenberg est fils unique. Il a su bien après la mort de ses parents qu'il était adopté. Des membres de sa famille lui ont fait cette révélation étonnante.

Harold:
-J'ai été acheté par mes parents d'une femme dans la communauté juive qui s'appelait Madame Baker m'a vendu à mes parents.

Journaliste:
-En lisant un article d'un journal anglophone "The Gazette" qui relatait l'histoire de ce commerce Harold Rosenberg a pensé tout de suite qu'il était un bébé du marché noir car on y parlait d'une certaine entremetteuse.

Harold:
-Elle s'appelait Madame Richard Baker. J'ai fait la connection. J'ai dit Aie! Ça me dit quelque chose Baker. Ça explique beaucoup de choses.

Journaliste:
-M.Rosenberg est aussi convaincu que son certificat de naissance est faux.

M. Rosenberg:
-Quand j'ai appelé la Synagogue pour vérifier parce que c'est marqué selon les archives de la Synagogue à Mtl. Quand j'ai contacté les autres pour vérifier les informations ils m'ont dit: on a rien ici.  On a absolument rien.

Journaliste:
-À votre avis?

M.Rosenberg:
-À mon nom?

Journaliste:
-Qu'est-ce que ça vous fait d'apprendre que votre père aurait payé pour vous?

Harold:
-Rien. J'ai pensé que c'était peut-être le prix du marché ou quoi, mais ça m'a pas touché. Absolument pas affecté. Pour moi y a pas de différence avoir payé ou non parce qu'aujourd'hui y a des parents qui paient une petite fortune pour avoir des enfants.

Journaliste:
-Il y avait ce marché noir à l'échelle locale mais le même groupe en opérait un autre beaucoup plus lucratif à New-York. Près de mille enfants québécois ont été achetés par des couples juifs américains. Ces derniers ont déboursé jusqu'à $10,000.00 pour avoir un enfant. $10,000.00 c'est près de $80,000.00 aujourd'hui.

M.Jules Arsenault:
-L'information nous parvenait du côté américain le secreattorny de Manhattan à New-York avait communiqué avec les autorités québécoises. Ce trafic impliquait entre autres deux avocats et un rabbin. C'est lui qui donne à l'enfant le nom juif. Et de là on se dirigeait toujours avec l'avocat vers le palais de justice à la division des enregistrements des naissances et effectivement la naissance était enregistrée dans la province de Québec sous le nom juif.

Journaliste:
-Contrairement à M. Morris, les couples de New-York croyaient dur comme fer qu'ils adoptaient des enfants nés de mères juives. Ce trafic de bébés durait depuis une dizaine d'années. Nous avons à ce moment là décidé un plan qui a été mis sur pied et qui a réussi par la suite.

M. Jules Arseneault était sergent détective à la police provinciale, l'ancienne sécurité du Québec. Ses collègues et lui ont fait équipe avec un avocat et une policière de New-York. Thérèsa Bagata s'est fait passer pour une mère juive désireuse d'adopter. La transaction a eu lieu dans une maison rue Bellechasse à Montréal. Il fallait effectivement être là, rentrer au bon moment et c'est ce que nous avons fait. Nous avons réussi.

Journaliste:
-C'est quoi le bon moment?

M.Arsenault:
-Lorsque l'argent avait changé de main

Journaliste:
-Comment avez-vous su que l'argent avait changé de main?

M.Arsenault:
-Disons qu'on a pris une chance. On a laissé le temps qu'il fallait au cours de la discussion et on pouvait épier un peu peut-être par la fenêtre d'en avant pour voir ce qui se passait et au bon moment c'est arrivé.

Journaliste:
-Est-ce qu'ils ont voulu nier?  Comment ils ont réagi?

M.Arsenault:
-Y pouvaient pas. L'argent avait été donnée.  Elle avait été transférée.  Elle était déjà dans les poches de l'avocat.

Journaliste:
-Jules Arsenault a remis le bébé aux Services Sociaux. Les avocats ont été arrêtés. Hermman Muller qui était à la tête du réseau a été radié du barreau en 1955.

-Est-ce que le marché noir s'est arrêté à ce moment là?

M.Jules Arsenault:
-À ma connaissance, on peut dire oui.

Journaliste:
-Pour M. Morris, ce scandale n'en était pas un. Il a permis à bien des enfants de trouver une famille. Ça été une chance pour eux. Autrement on ne saurait pas ce qu'ils seraient devenus. Pour moi c'était pas un scandale.... mais vu les circonstances.......

On les appelaient les enfants du péché. Ils ont été adoptés ici ou à l'étranger ou laissé- pour-compte, désiré ou abandonné à  une époque pas si lointaine où on forçait leur mère à les laisser partir.
 

Aujourd'hui ils vivent aux quatre coins du globe mais jamais ces femmes n'ont cessé de penser à eux.
 

Enjeux  fax: 514-597-7829      internet: http://enjeux.montreal.radio-canada.ca

Références: enjeux@montreal.radio-canada.ca 

Josée Dupuis  Enjeux  Radio-Canada. Mtl. 1-514- 597-4850

Remerciements: Archives nationale du Québec
                         Bibliothèque nationale
                         Musée du Bon-Pasteur.

Référence: Radio Canada Enjeux, regarder dans reportages récents, les enfants du péché.