Conférence annuel de L'Association Internationale de la Dyslexie (IDA)
Sandiego, novembre 2003
Les 4 journées de conférence ont permis de constater tout le travail de recherche qui se poursuit dans différents domaines: neuropsychologie, imagerie cérabrale, développement du langage, méthodes de rééducation, outils et processus d'évaluation, accommodations en classe, méthodes d'enseignement, programmes de prévention et bien d'autres.Le travail en complémentarité a permis de préciser la définition de la dyslexie et ses manifestations ainsi que les méthodes d'enseignement et de rééducation à prévilégier.
Le cerveau
En imagerie cérébrale, nous possédons maintenant 3 techniques beaucoup moins invasives qui permettent de travailler plus fréquemment avec des enfants de tous âges.Voici 3 techniques fréquemment utilisées dans les divers milieux de recherche.
Le P.E.T. scan : mesure le taux de glucose dans les cellules du cerveau durant leur activité.
Le FMRI: mesure le taux d'oxygène dans le sang
le MEG: mesure l'influx nerveux c'est- à-dire le mécanisme d'activation entre les cellules (ordre et temps).
Ces différentes techniques permettent de constater le manque d'activation de certaines zones cérébrales chez les dyslexiques durant différentes tâches en opposition à des sujets non-dyslexiques . Elles permettent également de constater l'activation de certaines zones qui en fait, ne devraient pas être activées du fait qu'elles ne soient pas destinées à faire la tâche demandée.
Le rouge montre les zones activées ( différentes tranches du cerveau) durant la lecture de mots de ressemblance visuelle.
source: Université de Washington, (Nandy, Cordes, Berninger, Richards, Stanberry et Maravilla)

non-dyslexique dyslexique
Les recherches sur la théorie voulant que le cervelet soit affecté chez les dyslexiques se poursuivent. En 1998, Fawcett affirmait que des données récentes suggéraient l'implication du cervelet en cognition. Il est impliqué en articulation, en recherche de mots ainsi qu'en dextérité du langage. Si vous ne faites que penser au langage, le cervelet est impliqué" . 80% des dyslexiques démontrent des signes de problèmes au niveau du cervelet ( Fawcett et Nicolson, 2001).
La théorie d'un déficit des cellules magnocellulaires se poursuit également. L'hypothèse veut qu'un délai d'activation cause une lenteur de traitement d'informations visuelles qui occasionnerait une juxtaposition de l'image. Notons que les cellules magnocellulaires sont responsables de diriger l'attention vers les détails particuliers d'un mot ou d'une image.
L'hypothèse d'un déficit biochimique au chapitre de certains acides gras poursuit son cours. Les études de Robinson, Sparkes, Dunstan et Conway ont réussi à identifier chez certains mauvais lecteurs, une déficience de certaines chaînes d'acides gras. Sans entrer dans l'énumération de ces dernières, le constat qui en ressort tant chez les mauvais lecteurs que pour les enfants affichant des troubles attentionnels est que les résultats des différentes recherches sont encore à un stade beaucoup trop vague et précaire pour pouvoir identifier et isoler qu'une clientèle spécifique affiche une déficience dans un séquence d'acide gras donnée. Donc attention aux divers produits disponibles sur le marché qui vantent leur efficacité pour régler certains problèmes acédémiques. Certains de mes clients essaient un produits et ça fonctionne tandis qu'un autre enfant affichant le même profil ne verra aucun effet. Malheureusement, tout est encore à préciser.
Méthodes d'enseignement et rééducation
Les études sur les différentes méthodes d'enseignement et de rééducation ont permis d'identifier celles qui contribuent à modifier l'activation cérébrale, donc à améliorer la performance des dyslexiques dans divers domaines connexes au langage écrit. Tous s'entendent sur l'importance d'une intervention précoce ( dès 4 ans) chez les enfants présentant des signes précurseurs de troubles du langage écrit. La clé demeure une intervention explicite, systématique, multisensorielle et répétitve du code alphabétique et phonologique. La méthode dite "globale" ( mots étiquettes) demeure la moins efficace.
Des chercheurs de l'Université d'Amsterdam ont demandé à un groupe d'enseignants expérimentés spécialisés en rééducation d'évaluer l'efficacité des méthodes d'enseignement de l'orthographe dans leurs groupes respectifs. Il en ressort qu'une combinaison de règles de formation de mots et de représentation du schème orthographique du mot entier demeure le plus efficace. Hors, la méthode la moins efficace est la mémorisation du mot sans voir l'orthographe de ce dernier. De plus, l'étude de McCutchen, Harry, Cunningham, Cox Sidman et Covill (2002), démontre que la performance en lecture des étudiants est directement reliée à la connaissance du système phonologique de leurs enseignants . Il serait donc urgent de revoir la formation des enseignants et des orthopédagogues afin d'inclure des cours sur le développement des processus de lecture, du code alphabétique et phonologique.
Étant donnée la facilité pour les dyslexiques de visualiser certains concepts, l'utilisation d'organisateurs graphiques est fortement recommandée pour la compréhension de lecture, l 'écriture de textes et l'étude ( toutes matières confondues). Ces outils viennent pallier leur faiblesse à organiser les informations. Leur registre séquentiel étant très fréquemment affecté, ces organisateurs aident établir un ordre qui leur permettra de mieux comprendre les relations entre concepts et en plus, facilent leur habileté à résumer et à faire ressortir les éléments essentiels du sujets.
Voici 2 adresses où des organisateurs graphiques vous sont suggérés:
http://teachers.teach-nology.com/web_tools/graphic_org/concept_web/( vous entrez votre sujet, ils vous fournissent l'organisateur)
http://www.inspiration.com/home.cfm
http://www.graphic.org ( modèles déjà faits)
http://www.bestteachersites.com/web_tools/graphic_org/ ( vous entrez votre sujet, ils vous fournissent l'organisateur)
Développement du langage
Patricia Kull, Ph.D., orthophoniste et professeure à l'Université de Washington nous expliquait le résultat de ses recherches sur le développement du cerveau des nourrissons de 6 à 8 mois en rapport avec leurs habiletés de reconnaissance des sons propres à leur langue. Après avoir travaillé avec des bébés de plusieurs nationalités, elle constate qu'entre l'âge de 6 et 8 mois, tous les bébés " ont un cerveau universel", c'est à dire, peu importe leur nationalité et la langue auquelle ils étaient exposés, tous les enfants étaient capables de reconnaître tous les sont présentés. Entre 10 et 12 mois, le cerveau choisit et organise les structures qui seront propres à sa langue. Donc, par exemple, les bébés de cet âge qui parlaient exclusivement l'anglais ne reconnaissaient plus les sons propres à la langue mandarine et vice versa.
Durant cette période ( entre 10 et 12 mois), en exposant ces enfants à une autre langue à travers des jeux en interaction avec un adulte, le cerveau réorganise ses structures et peut reconnaîtres les nouveaux sons. Par contre, les enfants qui avaient été exposés à l'autre langue à travers des jeux d'ordinateurs ou la télévision n'ont montré aucune amélioration, donc, n'arrivaient toujours pas à reconnaître les sons de la seconde langue.
Cette découverte porte une nouvelle lumière sur l'importance de parler et de jouer avec nos enfants, DÈS LEUR NAISSANCE ! La suite des recherches précisera le type d'interventions à préviligier afin de prévenir les difficultés que causent les différents troubles scolaires affectant le langage oral et écrit ( dyslexie, certaines dysphasies ... ) Les différents programmes de nos centres de la petite enfance ( C.P.E.) tiennent-ils compte de cette réalité? La formation des techniciennes est-elle adéquate? Une grande proportion d'enfants québecois sont en garderie 5 jours par semaine de 10 à 12 mois par année. Il est donc primordial que "nos décideurs" tiennent compte de cette réalité. Les enjeux sont grands tant au niveau social qu'économique. En intervenant dès la jeune enfance, l'on contribue à considérablement diminuer le taux d'enfants en difficulté donc, à augmenter le taux de diplômés.