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Groupe de discussion    Le Tour de Table     animé par :Solange St-Pierre

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Le Partage

Citation (Anonyme)

Le partage des AA

Les groupes de rencontre

Comment évolue-t-on dans un groupe de rencontre ?

Les racines de l’empathie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Rien n’entre en moi qui pourait me blesser, rien non plus ne sort de moi. J’ai refoulé tant d’émotions que je suis au bord de la stérilité émotionnelle. Cette situation ne me rend pas heureux mais je ne sais comment en sortir. »                                                                                                                             Anonyme.

 

Référence : Les groupes de rencontre, Carl Rogers

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Le partage des AA

J’ai choisi le thème de cette discussion en pensant à la notion de « partage » telle que comprise dans les groupes en douze étapes. Le partage, dans une réunion typique des groupes Alcooliques Anonymes, est cette partie de la soirée où une personne se place devant le groupe pour raconter son histoire avec les bons et les mauvais épisodes. Nous entendons alors de touchants témoignages qui nous permettent de comprendre le cheminement d’un alcoolique vers la réhabilitation. Les partages sont destinés à apporter un message d’espoir aux nouveaux membres, mais ils sont également, pour la personne qui raconte, une occasion unique de poursuivre l’exploration de ses difficultés personnelles. Avant de pouvoir partager, les AA doivent déjà avoir franchi quelques étapes dans leur nouveau mode de vie.

Selon la définition du dictionnaire, partager signifie également :

Participer à..  éprouver avec… partager la joie ou la peine de quelqu’un… être en communauté de… partager l’opinion de quelqu’un.

Dans le partage des AA, il s’agit de partager sa propre expérience intérieure pour l’enrichissement spirituel de tous. Le partage est une part importante de cette démarche de croissance personnelle que constitue la participation à un groupe de douze étapes.

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Les groupes de rencontre

Lorsque les alcooliques anonymes ont créé leur mouvement dans les années trente, les groupes de rencontre n’étaient pas chose courante. On a vu depuis ce temps les groupes de soutien de toute sorte se multiplier partout à travers le monde. Les groupes anonymes sont basés sur une problématique : on se joint à un groupe de soutien anonyme parce que l’on souffre d’un problème ou d’une grave difficulté que l’on souhaite voir éliminer (alcool, drogue, nourriture, dépendance affective, etc… ).

Parallèlement à ces groupes fondés en fonction d’une certaine problématique on a vu également émerger d’autres types de regroupements dont le but était simplement l’amélioration de l’aptitude aux relations humaines. Ce mouvement s’est développé presque entièrement en dehors de l’establishment et les professions « établies », comme la psychologie clinique ou la psychiâtrie, se sont d’abord tenues à distance. Ces groupes exprimaient en réalité les besoins et les désirs de personnes plutôt que d’institutions et le mouvement s’est amplifié et épanoui au fil du temps finissant par rejoindre le monde de la psychologie ou ce type d’activité est maintenant proposé et encadré par certains thérapeutes.

Les groupes de rencontre mettent l’accent sur l’évolution personnelle ainsi que sur le développement et l’amélioration, grâce à une expérience vécue, des communications et des relations interpersonnelles. Ils  peuvent être formés à partir d’individus qui ne se sont jamais rencontrés ou réunir des personnes ayant déjà entre elles des liens quotidiens. Ils peuvent prendre la forme de « séminaires », « ateliers » ou « laboratoires ». Certains groupes réunissent même des couples mariés dans l’espoir que l’aide mutuelle qu’on y pratique améliorera leurs relations conjugales. Aujourd’hui, plusieurs personnes ont déjà vécu, sous une forme ou sous une autre, une expérience de groupes de rencontre.

Les groupes diffèrent aussi entre eux par la durée. Certains comportent un nombre intensif de réunions concentrées sur un court laps de temps tandis que d’autres n’ont lieu qu’une ou deux fois par semaine. On constate cependant, dans la plupart des cas, que le groupe est petit (8,10 personnes) et peu structuré. L’expérience peut contenir un apport théorique ou des matériaux d’information qui sont proposés au groupe et le rôle de l’animateur est généralement de faciliter aux membres du groupe l’expression de leurs sentiments et de leurs idées.

L’expansion des groupes de rencontre s’explique par la déshumanisation croissante de notre civilisation qui laisse de moins en moins de place à l’individu. Nous avons de plus en plus besoin de trouver des gens à qui parler au-delà des conversations sociales. Une plus grande aisance économique et une plus grande disponibilité de temps sont également des facteurs importants dans l’émergence de l’intérêt que l’on prête à nos besoins psychologiques. On retrouve souvent dans ces groupes des gens qui ont simplement pris l’habitude de s’interroger sur différents aspects de leur cheminement personnel et qui ont le goût de partager leur réflexion.

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Comment évolue-t-on dans un groupe de rencontre ?

Dans un groupe de rencontre l’objectif principal du participant est toujours, au fond, de trouver comment entrer en relation avec les autres membres du groupe et avec lui-même.

Lorsqu’un groupe de rencontre se réunit de manière suivie, on voit généralement se créer un climat de sécurité dans lequel la liberté d’expression s’accroît à mesure que diminuent les défenses. Dans un tel climat, chacun des participants exprime généralement les réactions qu’il éprouve à l’égard des autres ou à l’égard de lui-même. Une atmosphère de croissance réciproque se crée à partir de cette liberté que l’on s’accorde mutuellement d’exprimer ses sentiments réels, positifs ou négatifs.

Les individus peuvent s’écouter et apprendre les uns des autres et, une fois qu’ils sont moins inhibés par la rigidité de leurs défenses, il leur apparaît moins menaçant de modifier leurs attitudes personnelles et leurs comportements. On constate généralement que les apprentissages effectués ont des répercussions sur l’ensemble des comportements relationnels en dehors du groupe.

Au fur et à mesure que les participants se mettent à explorer, à approfondir, avec crainte et hésitation, les sentiments qu’ils éprouvent et les attitudes qu’ils adoptent les uns à l’égard des autres ou à l’égard d’eux-même, il devient évident que ce qu’ils avaient montré d’eux-mêmes au début n’était souvent que masques et façades. Ce n’est qu’avec beaucoup de précautions que les sentiments réels et les personnes réelles viennent à la lumière. Le contraste entre la coquille externe et la personne intime devient de plus en plus apparent au fil des heures. Peu à peu, se développe une communication authentique, et la personne qui vivait en partie séparée des autres découvre qu’elle est d’autant mieux acceptée qu’elle est plus authentique.

Dans un groupe, l’individu en vient à se connaître lui-même et à connaître les autres plus complètement que cela ne lui est généralement possible dans ses relations sociales ou professionnelles et cela est dû principalement aux interrelations dans le groupe et au feed-back qu’il reçoit. Souvent, une atmosphère de plus grande confiance s’établit, avec une impression de chaleur humaine et d’amitié pour les autres membres du groupe. Certains en viennent à éprouver une proximité et une intimité qu’ils ont rarement connues ailleurs.

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Les racines de l'empathie

Quel meilleur endroit et quel meilleur climat peut-on trouver que celui du groupe de rencontre qui nous permet d’évoluer chacun à notre rythme ?

La nature de nos torts et de nos travers nous est révélée au fil de notre écoute et de notre partage à travers le feed-back que nous recevons des autres. Il devient, par exemple, beaucoup plus aisé de démystifier nos attitudes rigides ou contrôlantes, nos sentiments d’infériorité ou de culpabilité, la gêne que nous éprouvons de notre passé, de nos erreurs ou de nos travers.

Ayant souvent participé à des groupes d’entraide et à des groupes de rencontre de toute sorte, j’ai pu y remarquer, à plusieurs reprises, l’effet bénéfique presque toujours produit par la communication authentique d’un participant.

Quand une personne est touchée, tout le monde est touché. Nous découvrons alors les racines de l’empathie et notre capacité d’aidant.

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RÉSUMÉ DE DISCUSSION

Nous étions sept personnes à partager autour de la table ce mardi 28 mars 2000. La discussion a débuté avec la citation de la page couverture du texte sur le partage :

« Rien n’entre en moi qui pourait me blesser, rien non plus ne sort de moi. J’ai refoulé tant d’émotions que je suis au bord de la stérilité émotionelle. Cette situation ne me rend pas heureux mais je ne sais comment en sortir. »

Chaque participant a exprimé ce qu’il ressentait à la lecture de cette phrase. Certains ce sont reconnus dans leur être actuel, d’autres dans leur passé pas encore si lointain. Un participant se sentait plutôt à l’aise avec l’expression de ses émotions et ne considérait pas qu’il était « émotionellement stérile ». Il ne se reconnaissait aucunement dans cette citation. Pour lui cette aisance avait toujours existée. Un autre participant a dit qu’il se sentait plutôt comme une éponge qui absorbe tout mais qu’il avait de la difficulté à communiquer ce qu’il ressentait.

ous avons abordé la notion du partage à travers différentes formes de groupe auxquels nous avons participé ainsi qu’à travers différentes formes de relations sociales ou amicales que certains qualifiaient de relations « fonctionelles ». La relation « fonctionelle » a été décrite comme une relation qui se nouait au fil des circonstances de la vie qui nous mettent en présence d’individus que nous n’aurions peut-être pas choisis comme amis. Nous cotoyons ces personnes souvent pendant plusieurs années et une relation se développe. Cette relation reste circonscrite dans le cadre ou elle s’est développée. Certains disaient qu’ils avaient surtout dans leur vie ce genre de relation tandis que d’autres se permettaient diverses manières d’être en relation avec le monde. Leurs relations comprenaient des amitiés profondes sans toutefois discréditer l’enrichissement pouvant leur être apporté par les relations dites « fonctionelles ».

Nous avons parlé de la notion de partage à l’intérieur de notre groupe de discussion. Nous avons conclu que notre groupe est actuellement en gestation, qu’il prend peu à peu sa personnalité propre et que nous nous souhaitons qu’il puisse continuer de s’enrichir par l’apport de nouveaux membres.

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COMMENTAIRES

 

à venir bientôt

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