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Groupe de discussion    Le Tour de Table     animé par :  Solange St-Pierre

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La Foi

Citation

En quoi croyez-vous ?

Croire en l'Humanité

L'Évolution, la Science et la Religion

La Foi et la Psychothérapie ?

L'évolution spirituelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La foi rationnelle est une conviction qui s’enracine dans notre propre expérience de pensée et de sentiment ; elle n’est pas d’abord une croyance en quelque chose, mais la qualité de certitude et de fermeté qui marque nos convictions.

Erich Fromm, L’art d’aimer

Références : Le chemin le moins fréquenté, Scott Peck et L’Art d’aimer, Erich Fromm

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En quoi croyez-vous ?

Croyez-vous en quelque chose ? En quoi croyez-vous ? D’abord croire qu’est-ce que ça veut dire ?

Selon le dictionnaire croire ça veut dire tenir pour vrai ou véritable, accepter, admettre, donner son plein assentiment à une vérité, avoir la certitude morale de…, avoir confiance, accorder une adhésion morale, être persuadé de l’existence et de la valeur de…, tenir pour réel, vraisemblable ou possible.

Et le contraire de croire est rejeter, douter, contester, démentir, discuter, nier et protester.

Pour la plupart d’entre nous, nos valeurs profondes ont pris naissance dans notre conscience au cours de notre enfance et de notre adolescence. Avant de croire, de donner notre adhésion  nous nous sommes interrogés. Nous avons peut-être rejeté, douté, contesté, démenti, discuté, nié et protesté. Au bout de toutes ces protestations, au-delà de notre période « existentialiste » où des sentiments de dépression ont parfois fait surface, il est resté sans doute un petit quelque chose. Et nous avons choisi de croire :

au bien au Progrès au Surnaturel
aux Extra-Terrestes à l'Astrologie à la Science
à la Médecine à l'Amitié à l'Amour
aux Enfants à la Famille à la Patrie
à la Vie en Nous en notre Étoile
à l'Âme à la Rédemption à la Réincarnation
à la Paix universelle à la Pérennité à l'Évolution

 

 

Ajoutez ici vos propres croyances. Inspirez-vous de cette liste. Quelles sont vos croyances ?

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Nous croyons tous en quelque chose et c’est ce qui nous fait agir. Lorsque nous croyons en quelque chose nous avançons et lorsque nous perdons la foi nous cessons d’avancer. Quand nous cessons d’avancer mieux vaut alors arrêter, poser nos bagages et prendre le temps de nous demander encore une fois : « Que sont devenues nos croyances profondes ? » « Où est passée notre foi ? » . C’est de ce questionnement que découlera la suite de notre vie.

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Croire en l’humanité

Ainsi à travers mon cheminement de vie, j’ai choisi de croire en moi, en mon étoile, à l’amitié, à l’amour, aux enfants, à la famille, à la communauté, à l’âme, à la pérennité, à l’évolution, au bien, à la vie. Je pourrais résumer en disant que j’ai foi en l’Humanité. Cette foi que j’ai en l’Humanité m’aide vraiment à vivre.

J’ai peu de croyance au surnaturel (fantômes, médiums, anges,…), aux extra terrestres, à l’astrologie, à la Rédemption, à la réincarnation. Non pas que je réfute en particulier l’une ou l’autre de ces croyances mais elles ne m’aident absolument pas à vivre.

Pour ce qui est du progrès, de la science et de la médecine, j’y crois dans le sens du bien et du bonheur. Je crois que les hommes seront un jour après l’autre et une génération après l’autre, plus aptes à trouver l’équilibre dans leur vie et à se réaliser plus pleinement en tant qu’êtres humains. Je crois que les progrès réalisés par la science et la médecine devraient, en bout de ligne, favoriser la « qualité d’être ». À partir de cette croyance, je me propose d’abord de trouver pour moi un meilleur équilibre que celui que j’ai pu observer chez mes parents et de dépasser le niveau de sérénité qu’ils ont pu atteindre en m’inspirant toutefois des humains qui sont passés avant moi sur la route et qui ont déjà trouvé des réponses à quelques-unes de mes angoisses.

Je crois que dans l’ensemble l’humanité progresse vers le Bien et la force qui la porte est pour moi l’aspect Divin de l’existence.

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L’évolution, la science et la religion

Au cours de notre vie, la compréhension que nous avons du monde et de la place que nous y occupons évolue. Cette compréhension, selon Scott Peck, est notre religion et elle est bien plus forte que l’appartenance à un culte, la pratique d’un rituel ou encore la croyance en un Dieu particulier. Sur le chemin de la santé mentale et de l’évolution spirituelle, il est important de nous soucier de notre vision du monde car elle détermine en partie notre comportement et nos actions.

La façon dont une personne voit le monde révèle toujours une partie de ses problèmes et peut parfois être considérée comme un symptôme de son « mal de l’Âme » et une correction de cette approche est nécessaire à sa guérison.

Notre compréhension du monde peut être limitée, inexacte ou primitive. Elle peut aussi être toute simple mais très efficace ou très complexe et sophistiquée mais parfaitement inutile et même parfois nuisible à notre évolution (l’évolution s’entend ici dans le sens d’un plus grand équilibre et d’une meilleure harmonie dans notre vie). Elle peut être implicite ou exprimée ouvertement. Elle n’est généralement pas entièrement consciente et nous ne savons pas précisément d’où elle provient.

Lorsque nous sommes enfants, le monde que nos parents créent pour nous est le microcosme de notre représentation du monde et les parents y sont des figures divines. Notre première notion de la nature divine est donc une extrapolation de la nature de nos parents et ce que nous concevons comme étant la nature du monde est déterminée par la nature de nos premières expériences. Dans le processus thérapeutique on constate que le goût des premiers souvenirs d’enfance se retrouve souvent dans les sentiments profonds d’une personne vis-à-vis de l’existence et cette vision demeure incomplète et inadéquate. Pour évoluer nous devons transcender l’influence de notre culture propre, de nos parents et de nos expériences de l’enfance pour appréhender le monde dans une plus vaste perspective.

Pour beaucoup d’entre nous l’Église n’a servi qu’à sceller et accentuer l’autoritarisme excessif de notre éducation et elle est devenue une ennemie à combattre. Personne, au cours de notre enfance, ne nous a encouragé à remettre en question la doctrine religieuse et à développer notre idée personnelle. Dans ce sens la religion peut aussi être à l’origine des névroses et, lorsqu’elle constitue un ensemble d’idées irrationnelles qui ne servent qu’à enchaîner l’esprit, nous devons nous libérer de ce carcan de vieilles croyances qui ne sont souvent que superstitions et dogmes pour nous forger une religion plus adéquate, plus originale et plus personnelle.

La science en tant que religion, représente déjà un progrès. Elle est une étape dans l’évolution par rapport à d’autres façons d’appréhender le monde mais beaucoup de scientifiques ont à peine commencé leur chemin vers l’évolution spirituelle et leur point de vue sur la spiritualité tient de l’esprit de clocher et s’avère parfois aussi dogmatique que celui de la religion (un peu de science éloigne de la religion, beaucoup de science y ramène). Pour eux la croyance en une Puissance supérieure est une forme de psychopathologie qu’il faut guérir pour être considéré comme une personne mature. C’est un peu ce que pensait Freud et il est étonnant de voir le nombre de ses proches collaborateurs et disciples qui ont mis fin à leurs jours en n’ayant pas trouvé, dans le processus analytique, un niveau de conscience qui leur permette tout simplement de vivre. La communauté scientifique reste coite devant la rémission et la guérison de certaines maladies obtenues par la foi là où la médecine avait échoué et le succès obtenu par les groupes en douze étapes dans le rétablissement et la maturation des personnes dépendantes dépasse de loin celui des méthodes dites scientifiques. Pourquoi ?

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Et qu’arrive-t-il de la foi lorsqu’on évolue à l’aide de la psychothérapie ?

Après avoir remis en question une à une chacune des attitudes bien ancrées dans notre vie grâce à la force que nous procure l’alliance avec le thérapeute (alliance indispensable pour une psychothérapie réussie), nous en venons toujours à travailler sur notre relation avec nos parents pour finalement, une fois libérés des injonctions inconscientes, en venir à la terreur et à la terrible responsabilité quotidienne d’être vraiment soi-même dans les milliers de petits détails de la vie. En rejetant les modèles appris, nous devons faire face au processus d’établissement de nos propres valeurs et nous habituer à décider pour nous-mêmes. Cela représente beaucoup de travail.

Pour avoir une vision plus large, nous devons abandonner notre vision limitée. Pour pouvoir nous libérer de nos transferts, il faut avant tout acquérir de nouvelles connaissances. Nous élargissons notre champ de vision par la lente digestion et l’assimilation de nouvelles données. Il nous faut adopter un esprit scientifique et être sceptique au sujet de ce que nous croyons avoir appris jusqu’alors.

La thérapie se termine habituellement lorsque nous avons acquis la capacité de remettre en question notre carte du monde chaque fois que nos connaissances deviennent trop limitées pour nous permettre de continuer à évoluer.

Il n’est pas étonnant, au cours d’une thérapie, de voir se transformer des croyances que nous considérions immuables. Certains passent d’une religion empreinte de superstition à l’agnosticisme puis hors de l’agnosticisme vers une connaissance personnelle et une conscience élargie de la nature Divine.

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L’évolution spirituelle

Aimer la vérité, croire en notre évolution et en celle de l’humanité et chercher à progresser dans le bien-être et la sérénité est déjà un signe de notre évolution spirituele. Il n’y a pas de différence entre l’évolution spirituelle et l’évolution mentale car la spiritualité supérieure est celle qui donne le courage de se poser des questions. Elle s’enracine dans la confiance que nous avons en notre pouvoir de pensée, d’observation et de jugement.

Pour vivre pleinement, tel que l’exprime Erich Fromm dans « L’Art d’Aimer », il est indispensable que notre religion soit complètement personnelle, entièrement forgée par nos doutes et la remise en question de notre propre expérience de la réalité. C’est dans la mesure ou nous avons expérimenté la croissance de nos propres potentialités, la réalité d’une croissance en nous-mêmes, la force de notre pouvoir de penser et d’aimer, que nous avons foi dans les potentialités d’autrui, dans les nôtres et dans celles de l’humanité.

Le fondement de la foi rationnelle est toujours positif : vivre de sa foi signifie vivre productivement .

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Résumé de la discussion

Un court exercice individuel a permis à chacun des six participants, au début cette rencontre du 28 février 2000, d’identifier ses croyances profondes ainsi que les sentiments qui accompagnent ses croyances.

Presque tout le monde avait l’amour, l’amitié et la famille dans ses bagages. Nos deux participants masculins ont souligné leur croyance en la science tandis que deux participantes avaient plutôt une connection importante à l’univers par le biais de la nature. Deux personnes ont indiqué avoir une croyance dans la vie après la vie ou la réincarnation.

Pour un des participants, la « qualité de certitude » qui marquait ses convictions n’était pas toujours présente (ex : il pouvait perdre foi en l’amour). J’ai mentionné que je croyais au mal et à la souffrance dans le monde, mon sentiment, par rapport à cette croyance, étant que je devais faire quelque chose.

Ainsi, chacun d’entre nous avait son système de valeurs personnelles et toujours la possibilité d’évoluer à travers ses échanges avec les autres. Le doute est parfois nécessaire à l’évolution. Un système de croyance rigide ne peut évoluer parce qu’il ne se remet jamais en question.

La discussion est apparue à tous comme une bonne occasion de revoir ses propres croyances sous un nouveau jour. Il n’y avait rien de menaçant mais il a été dit, à la toute fin, dans le tour de table, que l’aspect de la relation entre les croyances et les sentiments n’avait pas été suffisamment exploré. La discussion est restée queque peu au niveau de l’intellect.

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Commentaires

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