En
quoi croyez-vous ?
Croyez-vous
en quelque chose ? En quoi croyez-vous ? D’abord croire qu’est-ce
que ça veut dire ?
Selon
le dictionnaire croire ça veut dire tenir pour vrai ou véritable,
accepter, admettre, donner son plein assentiment à une vérité,
avoir la certitude morale de…, avoir confiance, accorder une
adhésion morale, être persuadé de l’existence et de la valeur de…,
tenir pour réel, vraisemblable ou possible.
Et
le contraire de croire est rejeter, douter, contester, démentir,
discuter, nier et protester.
Pour
la plupart d’entre nous, nos valeurs profondes ont pris naissance
dans notre conscience au cours de notre enfance et de notre
adolescence. Avant de croire, de donner notre adhésion nous
nous sommes interrogés. Nous avons peut-être rejeté, douté,
contesté, démenti, discuté, nié et protesté. Au bout de toutes
ces protestations, au-delà de notre période
« existentialiste » où des sentiments de dépression ont
parfois fait surface, il est resté sans doute un petit quelque chose.
Et nous avons choisi de croire :
| au
bien |
au
Progrès |
au
Surnaturel |
| aux
Extra-Terrestes |
à
l'Astrologie |
à
la Science |
| à
la Médecine |
à
l'Amitié |
à
l'Amour |
| aux
Enfants |
à
la Famille |
à
la Patrie |
| à
la Vie |
en
Nous |
en
notre Étoile |
| à
l'Âme |
à
la Rédemption |
à
la Réincarnation |
| à
la Paix universelle |
à
la Pérennité |
à
l'Évolution |
|
Ajoutez
ici vos propres croyances. Inspirez-vous de cette liste. Quelles
sont vos croyances ?
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_________________________
____________________
Nous
croyons tous en quelque chose et c’est ce qui nous fait agir.
Lorsque nous croyons en quelque chose nous avançons et lorsque
nous perdons la foi nous cessons d’avancer. Quand nous cessons
d’avancer mieux vaut alors arrêter, poser nos bagages et
prendre le temps de nous demander encore une fois :
« Que sont devenues nos croyances profondes ? »
« Où est passée notre foi ? » . C’est de ce
questionnement que découlera la suite de notre vie.
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Croire
en l’humanité
Ainsi
à travers mon cheminement de vie, j’ai choisi de croire en
moi, en mon étoile, à l’amitié, à l’amour, aux enfants,
à la famille, à la communauté, à l’âme, à la
pérennité, à l’évolution, au bien, à la vie. Je pourrais
résumer en disant que j’ai foi en l’Humanité. Cette foi
que j’ai en l’Humanité m’aide vraiment à vivre.
J’ai
peu de croyance au surnaturel (fantômes, médiums, anges,…),
aux extra terrestres, à l’astrologie, à la Rédemption, à
la réincarnation. Non pas que je réfute en particulier l’une
ou l’autre de ces croyances mais elles ne m’aident
absolument pas à vivre.
Pour
ce qui est du progrès, de la science et de la médecine, j’y
crois dans le sens du bien et du bonheur. Je crois que les
hommes seront un jour après l’autre et une génération
après l’autre, plus aptes à trouver l’équilibre dans leur
vie et à se réaliser plus pleinement en tant qu’êtres
humains. Je crois que les progrès réalisés par la science et
la médecine devraient, en bout de ligne, favoriser la
« qualité d’être ». À partir de cette croyance,
je me propose d’abord de trouver pour moi un meilleur
équilibre que celui que j’ai pu observer chez mes parents et
de dépasser le niveau de sérénité qu’ils ont pu atteindre
en m’inspirant toutefois des humains qui sont passés avant
moi sur la route et qui ont déjà trouvé des réponses à
quelques-unes de mes angoisses.
Je
crois que dans l’ensemble l’humanité progresse vers le Bien
et la force qui la porte est pour moi l’aspect Divin de l’existence.
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L’évolution,
la science et la religion
Au
cours de notre vie, la compréhension que nous avons du monde et
de la place que nous y occupons évolue. Cette compréhension,
selon Scott Peck, est notre religion et elle est bien plus forte
que l’appartenance à un culte, la pratique d’un rituel ou
encore la croyance en un Dieu particulier. Sur le chemin de la
santé mentale et de l’évolution spirituelle, il est
important de nous soucier de notre vision du monde car elle
détermine en partie notre comportement et nos actions.
La
façon dont une personne voit le monde révèle toujours une
partie de ses problèmes et peut parfois être considérée
comme un symptôme de son « mal de l’Âme » et une
correction de cette approche est nécessaire à sa guérison.
Notre
compréhension du monde peut être limitée, inexacte ou
primitive. Elle peut aussi être toute simple mais très
efficace ou très complexe et sophistiquée mais parfaitement
inutile et même parfois nuisible à notre évolution (l’évolution
s’entend ici dans le sens d’un plus grand équilibre et d’une
meilleure harmonie dans notre vie). Elle peut être implicite ou
exprimée ouvertement. Elle n’est généralement pas
entièrement consciente et nous ne savons pas précisément d’où
elle provient.
Lorsque
nous sommes enfants, le monde que nos parents créent pour nous
est le microcosme de notre représentation du monde et les
parents y sont des figures divines. Notre première notion de la
nature divine est donc une extrapolation de la nature de nos
parents et ce que nous concevons comme étant la nature du monde
est déterminée par la nature de nos premières expériences.
Dans le processus thérapeutique on constate que le goût des
premiers souvenirs d’enfance se retrouve souvent dans les
sentiments profonds d’une personne vis-à-vis de l’existence
et cette vision demeure incomplète et inadéquate. Pour
évoluer nous devons transcender l’influence de notre culture
propre, de nos parents et de nos expériences de l’enfance
pour appréhender le monde dans une plus vaste perspective.
Pour
beaucoup d’entre nous l’Église n’a servi qu’à sceller
et accentuer l’autoritarisme excessif de notre éducation et
elle est devenue une ennemie à combattre. Personne, au cours de
notre enfance, ne nous a encouragé à remettre en question la
doctrine religieuse et à développer notre idée personnelle.
Dans ce sens la religion peut aussi être à l’origine des
névroses et, lorsqu’elle constitue un ensemble d’idées
irrationnelles qui ne servent qu’à enchaîner l’esprit,
nous devons nous libérer de ce carcan de vieilles croyances qui
ne sont souvent que superstitions et dogmes pour nous forger une
religion plus adéquate, plus originale et plus personnelle.
La
science en tant que religion, représente déjà un progrès.
Elle est une étape dans l’évolution par rapport à d’autres
façons d’appréhender le monde mais beaucoup de scientifiques
ont à peine commencé leur chemin vers l’évolution
spirituelle et leur point de vue sur la spiritualité tient de l’esprit
de clocher et s’avère parfois aussi dogmatique que celui de
la religion (un peu de
science éloigne de la religion, beaucoup de science y ramène).
Pour eux la croyance en une Puissance supérieure est une forme
de psychopathologie qu’il faut guérir pour être considéré
comme une personne mature. C’est un peu ce que pensait Freud
et il est étonnant de voir le nombre de ses proches
collaborateurs et disciples qui ont mis fin à leurs jours en n’ayant
pas trouvé, dans le processus analytique, un niveau de
conscience qui leur permette tout simplement de vivre. La
communauté scientifique reste coite devant la rémission et la
guérison de certaines maladies obtenues par la foi là où la
médecine avait échoué et le succès obtenu par les groupes en
douze étapes dans le rétablissement et la maturation des
personnes dépendantes dépasse de loin celui des méthodes
dites scientifiques. Pourquoi ?
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Et
qu’arrive-t-il de la foi lorsqu’on évolue à l’aide de la
psychothérapie ?
Après
avoir remis en question une à une chacune des attitudes bien
ancrées dans notre vie grâce à la force que nous procure l’alliance
avec le thérapeute (alliance indispensable pour une
psychothérapie réussie), nous en venons toujours à travailler
sur notre relation avec nos parents pour finalement, une fois
libérés des injonctions inconscientes, en venir à la terreur
et à la terrible responsabilité quotidienne d’être vraiment
soi-même dans les milliers de petits détails de la vie. En
rejetant les modèles appris, nous devons faire face au
processus d’établissement de nos propres valeurs et nous
habituer à décider pour nous-mêmes. Cela représente beaucoup
de travail.
Pour
avoir une vision plus large, nous devons abandonner notre vision
limitée. Pour pouvoir nous libérer de nos transferts, il faut
avant tout acquérir de nouvelles connaissances. Nous
élargissons notre champ de vision par la lente digestion et l’assimilation
de nouvelles données. Il nous faut adopter un esprit
scientifique et être sceptique au sujet de ce que nous croyons
avoir appris jusqu’alors.
La
thérapie se termine habituellement lorsque nous avons acquis la
capacité de remettre en question notre carte du monde chaque
fois que nos connaissances deviennent trop limitées pour nous
permettre de continuer à évoluer.
Il
n’est pas étonnant, au cours d’une thérapie, de voir se
transformer des croyances que nous considérions immuables.
Certains passent d’une religion empreinte de superstition à l’agnosticisme
puis hors de l’agnosticisme vers une connaissance personnelle
et une conscience élargie de la nature Divine.
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L’évolution
spirituelle
Aimer
la vérité, croire en notre évolution et en celle de l’humanité
et chercher à progresser dans le bien-être et la sérénité
est déjà un signe de notre évolution spirituele. Il n’y a
pas de différence entre l’évolution spirituelle et l’évolution
mentale car la spiritualité supérieure est celle qui donne le
courage de se poser des questions. Elle s’enracine dans la
confiance que nous avons en notre pouvoir de pensée, d’observation
et de jugement.
Pour
vivre pleinement, tel que l’exprime Erich Fromm dans « L’Art
d’Aimer », il est indispensable que notre religion soit
complètement personnelle, entièrement forgée par nos doutes
et la remise en question de notre propre expérience de la
réalité. C’est dans la mesure ou nous avons expérimenté la
croissance de nos propres potentialités, la réalité d’une
croissance en nous-mêmes, la force de notre pouvoir de penser
et d’aimer, que nous avons foi dans les potentialités d’autrui,
dans les nôtres et dans celles de l’humanité.
Le
fondement de la foi rationnelle est toujours positif :
vivre de sa foi signifie vivre productivement .
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Résumé
de la discussion
Un
court exercice individuel a permis à chacun des six
participants, au début cette rencontre du 28 février 2000, d’identifier
ses croyances profondes ainsi que les sentiments qui
accompagnent ses croyances.
Presque
tout le monde avait l’amour, l’amitié et la famille dans
ses bagages. Nos deux participants masculins ont souligné leur
croyance en la science tandis que deux participantes avaient
plutôt une connection importante à l’univers par le biais de
la nature. Deux personnes ont indiqué avoir une croyance dans
la vie après la vie ou la réincarnation.
Pour
un des participants, la « qualité de certitude »
qui marquait ses convictions n’était pas toujours présente
(ex : il pouvait perdre foi en l’amour). J’ai
mentionné que je croyais au mal et à la souffrance dans le
monde, mon sentiment, par rapport à cette croyance, étant que
je devais faire quelque chose.
Ainsi,
chacun d’entre nous avait son système de valeurs personnelles
et toujours la possibilité d’évoluer à travers ses
échanges avec les autres. Le doute est parfois nécessaire à l’évolution.
Un système de croyance rigide ne peut évoluer parce qu’il ne
se remet jamais en question.
La
discussion est apparue à tous comme une bonne occasion de
revoir ses propres croyances sous un nouveau jour. Il n’y
avait rien de menaçant mais il a été dit, à la toute fin,
dans le tour de table, que l’aspect de la relation entre les
croyances et les sentiments n’avait pas été suffisamment
exploré. La discussion est restée queque peu au niveau de l’intellect.
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Commentaires
À
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