____________________________________________________________________________________________________

Groupe de discussion    Le Tour de Table     animé par :Solange St-Pierre

______________________________________________________________________________________________________

Résumé de la discussion                Commentaires reçus         Vous voulez commenter?         Retour

______________________________________________________________________________________________________

 

L’ouverture

Citation (Inconnu)

Le témoin extérieur

L’introspection

L'intuition

La sagesse du corps

Faire notre inventaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Apprendre ne repose pas tant sur l’accumulation de nouvelles informations, mais en la découverte d’un REGARD NOUVEAU sur ce que nous soupçonnions déjà. »

                                                                                                                      Auteur inconnu

< retour   ^     suite >

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le témoin extérieur

Références : Le focusing, Eugène T. Gendin et L’intuition est une pratique (article)

J’ai choisi l’ouverture comme thème de cette discussion. J’aurais pu choisir la transparence ou l’honnêteté mais je pense que ces qualités se réalisent d’abord par une prise de contact avec l’intérieur, une ouverture vers soi. Pour communiquer honnêtement ce que nous ressentons, il faut d’abord l’avoir identifié. La thérapie est une excellente manière d’apprendre à être honnête envers soi-même. En thérapie nous disons tout haut ce que nous ressentons ou l’analyse que nous en faisons. Quelqu’un nous écoute attentivement. Nous parvenons ainsi plus facilement à réaliser les failles de notre propre raisonnement, les feintes et les échappatoires que nous avons l’habitude d’utiliser pour « ne pas voir » ce que nous avons à faire pour aller mieux.

Ayant acquis une bonne connaissance de nos mécanismes de fuite et de défense, le thérapeute, qui agit comme « témoin » est capable de nous guider dans notre inventaire et de nous ramener à la réalité quand nous essayons d’éviter d’y faire face. Ainsi, le thérapeute agit comme un miroir et sa neutralité bienveillante est aidante et apaisante lorsque nous commençons à descendre vers ces régions inexplorées de notre inconscient.

Une personne émotionnellement mal adaptée est en difficulté parce que la communication avec elle-même s’est rompue et, en conséquence, sa faculté de communiquer avec autrui est déficiente. Une certaine ambiguïté et une certaine contradiction sont toujours perceptibles quand une personne mal intégrée essaie de communiquer. En demeurant caché son Être se prive de la possibilité de connaître et d’être authentique et complet. Chez la personne névrosée les parties que l’on qualifie d’inconscientes, de refoulées ou de refusées par la conscience, subissent un blocage, de sorte qu’elles ne communiquent plus avec la partie consciente de sa personnalité. Aussi longtemps que cela est vrai, la façon dont elle exprime sa personne à autrui est sujette à des distorsions, et elle souffre ainsi à la fois à l’intérieur d’elle-même et dans ses relations avec le monde environnant.

La tâche du thérapeute est essentiellement de nous aider à obtenir une bonne communication à l’intérieur de nous-mêmes. La thérapie crée une ouverture vers notre propre « témoin intérieur » et l’habitude de retrouver ainsi le chemin vers soi chaque fois que l’on se perd quelque part dans nos émotions.

< retour   ^     suite >

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’introspection

Le processus qui consiste à contacter notre propre espace intérieur est l’introspection. La capacité d’introspection est indispensable à la réussite de toute thérapie. Certaines personnes ont cette capacité de manière naturelle tandis que d’autres auront beaucoup de difficulté à l’acquérir. La capacité d’introspection est différente de la capacité d’analyse qui nous amène à « trouver des solutions » dans le circuit de notre mémoire consciente. Dans notre esprit conscient il y a des explications, des idées, des accusations et des mots pour décrire, expliquer et finalement justifier nos problèmes et nos comportements tandis qu’avec l’accès à un plan plus profond de conscience, nous ressentons ce que les mots cachent. Nous élargissons la gamme des vieilles pensées et des vieux sentiments. Nous atteignons un nouvel espace où il n’y a plus de mots mais plutôt une impression empreinte de signification, que nous pouvons ressentir mais qui n’est pas tout à fait claire.

Ce processus est différent de celui de vouloir régler tout, tout de suite. Plusieurs personnes ne prennent jamais le temps de s’asseoir calmement pour se demander ce qui se passe réellement en elles. Elles veulent des résultats rapides, des solutions immédiates à leur inconfort moral et ne prennent pas le temps de déterminer ce qui les empêche d’évoluer.

L’introspection nous permet de connaître mieux ce qui nous prive de nous sentir bien dans notre peau. Elle nous permet de contacter le « sentiment de fond » qui ne disparaît jamais tout à fait, sentiment de « tristesse », de « peur » ou de « colère » souvent caché derrière l’angoisse diffuse. Il est possible que des difficultés que nous croyions résolues et oubliées refassent surface. Un sentiment profond de solitude, une vieille tristesse, notre vieux chien galeux qui quête une caresse, notre angoisse existentielle.

En apprivoisant progressivement ces sentiments nous commençons à dégager notre espace intérieur. Nous pouvons sentir que quelque chose s’ouvre en nous… Nous ne sommes aucun de nos problèmes et cet espace que nous découvrons est un espace amical dans lequel nous pouvons nous écouter honnêtement, sans jugement ni critique. Les réponses qui montent en nous sont perceptibles dans le ressenti corporel et non dans la tête. Nous commençons à percevoir les malaises reliés à certains aspects de notre vie.

L’habitude de l’introspection nous permet de nous sentir moins encombré par nos problèmes, d’aller à l’essentiel, et d’aborder notre vie et les décisions que nous avons à prendre d’une manière calme et ordonnée. Le plus important se dégagera alors et l’intuition, bien différente de nos habituelles impulsions nous indiquera simplement la voie à suivre.

< retour   ^     suite >

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'intuition

L’intuition est une voix qui provient de l’intérieur dans le champ de conscience auquel nous avons accès par la pratique de l’introspection et de la méditation. Elle est définie comme étant une connaissance claire, directe, immédiate de la vérité sans l’aide du raisonnement. Pour entendre la voix de l’intuition, nous devons être prêt à faire confiance aux impressions subtiles et aux sensations ressenties. Nous nous engageons dans la recherche du sens profond et de la sagesse enfouie dans notre propre vie. Nous ne pouvons rien faire pour provoquer l’intuition mais beaucoup pour créer les conditions propices à son émergence.

Nous devons d’abord arriver à formuler clairement la question qui nous préoccupe. Cette question doit être simple et brève et, surtout, ne pas dissimuler d’a priori insidieux qui limitent les choix avant même le début du processus. L’intuition aime voir large, voir globalement. Ensuite, pour que l’accès aux plans plus profonds se fasse, nous devons nous détendre physiquement par la respiration et la relaxation et diriger notre attention dans une direction précise, par exemple en nous concentrant sur notre respiration. Nous laissons ainsi la pensée rationnelle à l’arrière plan pour accueillir ce qui monte en nous. Nous ne forçons pas pour obtenir un résultat, nous n’espérons même pas un résultat. Nous restons simplement ouvert à ce qui apparaît ou n’apparaît pas.

L’intuition se présente parfois sous une forme symbolique. Ça peut être une image ou un rêve, une fantaisie qui refait surface. Elle se présente comme un fait, une évidence. C’est le AHAAA ! du zen. Ce AHAAA ! est serein et généralement neutre. Il nous ramène souvent à faire sans bruit les choses les plus proches et les plus nécessaires. La différence avec l’acte impulsif se ressent principalement par le fait que l’intuition est claire mais ne comporte généralement pas de sentiment d’urgence désespérée. Elle est également liée au moment présent à ce qui est réalisable ici et maintenant.

< retour   ^     suite >

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La sagesse du corps

Le meilleur moyen de ne pas ressentir est de ne pas respirer. La toute première chose qui se produit lorsque nous faisons face à une situation qui nous perturbe émotivement est un changement dans notre façon de respirer. Nous bloquons notre respiration. Les gens qui sont perturbés depuis longtemps (dépressifs, compulsifs, névrosés, etc..) respirent peu. Cela leur permet de moins sentir ou même de ne pas sentir du tout leurs émotions. Nous devons, pour rétablir le circuit des émotions désapprendre à bloquer notre respiration.

Notre corps a oublié comment relaxer et respirer librement et nos vieux patterns ne peuvent pas changer d’eux-mêmes. Nous devons adopter une nouvelle stratégie pour calmer notre système nerveux qui vit en état de stress et de défense depuis très longtemps. Cette stratégie est semblable à la façon dont on calmerait un cheval à l’épouvante : respirer librement, rester calme et… établir un dialogue intérieur rassurant. Une simple prise de conscience suffit parfois à amorcer le processus de retour à nos sources de vie.

Observons notre respiration. Identifions ce qui se passe dans notre corps lorsque nous retenons notre respiration. Quand cela arrive-t’il ? Lâcher prise en relâchant toute tension superflue permet à la respiration naturelle d’émerger. Le seul pré-requis est un peu de patience et suffisamment de respect et de délicatesse envers soi-même pour ne pas forcer notre système d’ouverture et de changement.

Fixons notre attention à l’intérieur de notre poitrine (plexus qui est le centre des émotions). Éprouvons-nous à cet endroit particulier une sensation distincte, quelque chose de chaud ou de vague, de tendu ou de serré,… ?

En prenant conscience de notre ressenti corporel nous constatons que le refoulement des émotions se manifeste par divers symptômes. Notre corps nous parle, écoutons le. Prenons l’habitude d’accorder une attention à ce qu’il nous signale : serrement de la gorge, contraction de la mâchoire, tension aux tempes et à la nuque, respiration retenue, tension entre les omoplates, sensation de boule dans l’estomac, etc…

Nous pouvons fréquemment dans la journée nous offrir une mini-vacance instantanée simplement en fermant les yeux et en respirant. La respiration abdominale calmante consiste à inspirer lentement en gonflant le « ballon » du ventre (compter1,2,3), expirer en laissant le « ballon » se dégonfler (compter 3,2,1) et observer la pause (en comptant 1001, 1002 par exemple). On peut faire cet exercice en s’imaginant inspirant la paix et expirant toute tension et en goûtant pleinement le calme que procure la pause naturelle suivant l’expiration.

La respiration est le début de toute démarche consciente de retour vers soi. Elle est l’étincelle de vie en nous (de notre premier à notre dernier souffle). Y revenir est la meilleure façon de contacter notre source.

< retour   ^     suite >

 

 

 

 

 

 

 

 

Faire notre inventaire

Pour faire un inventaire il faut d’abord s’arrêter, déposer notre bagage et regarder ce qu’il contient. Par où commencer ? Quand nous disposons de quelques instants, essayons de réfléchir en silence au lieu d’avoir l’esprit agité. Prenons le temps de respirer. Restons ouvert à ce que les livres et les gens nous disent mais ne retenons que ce que notre expérience intime confirme. Quand le besoin de faire le point se fera sentir en nous, plusieurs options s’ouvriront. Ou une seule. Certains procéderont par l’écriture, d’autres par la thérapie ou par la méditation, en se joignant à un groupe d’entraide ou à un groupe de douze étapes ou au contraire en partant seul dans un endroit isolé.

Faire un inventaire c’est accepter d’aller voir ce que contiennent les sentiments de surface avec lesquels nous avons l’habitude de vivre. C’est un peu rompre avec nos certitudes.

À mesure que nous deviendrons plus conscient de notre espace intérieur, là où se forment nos pensées, il est clair que l’ensemble de notre communication se placera dans un contexte de perceptions plus personnelles. La conscience exacte de notre expérience sera exprimée sous forme de sentiments, de perceptions, de déclarations se rapportant à un cadre de référence interne. Toute relation avec le monde partira de l’intérieur, de ce que l’on ressent profondément et que l’on s’autorise à exprimer.

Avec l’ouverture crée nous accepterons mieux la complexité de nos sentiments. Elle nous aidera à devenir meilleur, plus efficace, plus intéressant et surtout plus créateur.

< retour   ^     suite >

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RÉSUMÉ DE DISCUSSION

La discussion sur l’ouverture qui a eu lieu le 21 mars 2000 a débuté par une pose nous permettant de prendre le temps d’arriver. J’ai demandé aux participants de fermer les yeux et de prendre conscience de leur respiration.

Il s’agissait d’un exercice tout simple sur lequel les sept participants ont partagé leurs réactions. Pour certaines personnes, l’exercice était familier, rassurant et il leur a permis instantanément de débuter la rencontre avec une meilleure qualité de présence. Au moins deux personnes étaient réfractaires à cette forme d’approche et, pour eux, l’effet contraire s’est produit. Ils se sentaient plutôt impatients et avaient l’impression d’une perte de temps.

Lors du tour de table qui a suivi l’exercice, quelques personnes ont mentionné que le changement était perceptible au niveau de l’énergie du groupe. Une participante a réagi à l’expression « énergie » qu’elle n’aimait pas du tout. Quelqu’un lui a fait remarquer que cette expression pouvait aussi vouloir dire « niveau de communication » ou de « contact » entre les gens ou simplement « ouverture vers les autres ».

Notre rencontre qui avait lieu au restaurant le commensal de la rue St-Denis a été inopinément interrompue par la présence d’un individu qui a considérablement perturbé cette belle énergie. Il était ivre et drogué et voulait de l’argent. Après son départ nous avons refermé le cercle, partagé nos réactions et rattaché le fil de cette expérience à la notion de présence au groupe et à soi-même.

Une deuxième partie de la rencontre a été consacrée à nos moyens d’introspection. Que faisons-nous quand quelque chose nous préocupe ? Quel est notre processus de réflexion devant les situations difficiles de notre vie ? Les réponses variaient entre :

-Prendre conscience de mes émotions et réaliser qu’elles m’appartiennent à moi et pas aux autres.

-Prendre le temps d’arrêter, respirer et méditer avant de prendre une décision.

-À partir de mon ressenti corporel, rembobiner le fil des évènements pour savoir ce qui m’a touché, blessé ou dérangé puis intervenir s’il y a lieu pour dire à l’autre ce que je ressens.

-Réagir d’abord selon la circonstance parce que je suis une personne d’action et voir ensuite ce qui c’est passé. En parler ou partager avec une personne de confiance et, au besoin, revenir sur la question avec les personnes concernées.

-Analyser la situation et trouver une solution qui tienne compte des limites que je perçois chez les autres.

Quelle que soit  notre réaction, elle nous parle de notre façon d’entrer en contact avec notre monde intérieur autant qu’avec notre environnement. En prendre conscience et prendre conscience également de la diversité des réactions des autres est un enrichissement pour tous, quel que soit le point de vue d’où nous nous plaçons

< retour   ^     suite >

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMMENTAIRES

à venir

< retour   ^     Thème suivant