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Mythe
Pandore
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«Aucun mythe n'est plus familier que celui de Pandore,
et aussi plus faussement interprété. Pandore
est la première femme, le beau mal; elle ouvre une
boîte défendue; en sortent tous les maux dont
héritera l'humanité; seule demeure l'Espérance.
La boîte de Pandore est devenue une image proverbiale
chose autant plus remarquable que Pandore n'a jamais
possédé de boîte.»
- C'était une belle femme «semblance»
de femme façonnée de terre et d'eau par
Prométhée (selon ce qui parait être
la plus ancienne tradition), soit à l'instigation
vindicative de Zeus, par Héphaïtos (selon
Hésoide et ceux qui ont repris sa version).
- Cette image fut animée soit par Athéna,
soit par Prométhé (grâce au feu dérobé
au ciel), et parachevée par tout les autres dieux,
dont chacun lui fit un don approprié (d'où
le nom de «Pandore»; et comme les dons d'Aphrodite
et d'Hermès était plus néfaste qu'utile,
le produit final se révéla être un
kalòk kakón un «beau mal».
- Pandore fut transportée sur la terre par Hermès
et acceptée comme épouse par Épiméthée,
frère de Prométhée, en dépit
des mises en garde de ce dernier; elle devint ainsi la
mère de la «race des femmes».
- Tandis qu'elle vivait pour avoir ouvert ce vaisseau
fatal dont, à l'exception de l'Espérance,
tout ce qu'il contenait s'est immédiatement dispersé;
selon Hésiode et la quasi-totalité des auteurs,
le vaisseau contenait originellement tous les maux; selon
Babrios et un auteur moins célèbre, Makédonios
de Thessalonique, il renfermait tous les biens mais
jamais, à notre connaissance, un mélange
équilibré des uns et des autres.
- Ce vaisseau est invariablement désigné
comme un pithos (dolium en latin), une énorme
jarre de terre cuite employée pour conserver le
vin, l'huile et autres provisions, et souvent d'une taille
telle qu'elle pouvait servir de sépulture et plus
tardivement, d'abri pour les vivant; le couvercle lui,
qui empêche l'Espérance de s'échapper,
est décrit comme «large».
- Ce pithos («kein Transportgefäss»)
n'est jamais présenté comme une possession
de Pandore, qu'elle aurait apportée de l'Olympe;
il semble acquis que ce récipient fait partie,
si l'on peut dire, des meubles du ménage Épiméthée-Pandore;
un auteur, Philodème de Gadara, va jusqu'à
attribuer l'ouverture de la jarre au mari et non à
l'épouse.
- À une exception près, le motif de cet
acte n'est pas formulé. Ce peut être, implicitement
chez tous les auteurs, la curiosité. (bien qu'apparemment
pas une source classique n'évoque une interdiction
formelle d'ouvrir la jarre); mais seul Babrios, considérant
le mythe non comme l'histoire d'une faute féminine
mais comme un commentaire sur le tragique choix humain
entre la connaissance et le bien-être, le formule
explicitement : «Zeus rassembla tous les bienfaits
dans la jarre et la donna fermés à l'homme;
mais l'homme incapable de refréner son désir
de savoir, dit "Qu'est-ce qu'il peut bien y avoir
dedans?" Et, soulevant le couvercle, il leur donna
la liberté de regagner les maisons des dieux à
tire-d'aile, s'enfuyant ainsi de la terre vers les cieux.
Seule l'Espérance demeura. »
Grégoire de Nazianze présente Pandore comme
un exemple signalé de vanité, tromperie, impudeur,
narcissisme et lascivité; surpassant même Hésiope
il la qualifie de «Délice mortel» et
conclut en rappelant aux croyants la chute de l'homme. «Jupiter,
courroucé contre Prométhée qui avait
dérobé le feu du ciel et l'avait aux mortels,
et voulant se venger par une tromperie semblable, ordonna
à Vulcan de façonner dans l'argile,aussi adroitement
qu'il le pouvait, l'image d'une jeune fille. Cela fait,
il demanda à tous les dieux et déesses de
conférer un don à l'image; c'est pourquoi,
semble-t-il, la jeune fille reçu le nom de Pandore.
Cette jeune fille donc,ayant reçu tous les dons de
la beauté, l'élégance, l'intelligence
et l'éloquence, fut envoyé à Prométhée
nantie d'une boîte, elle aussi de très belle
forme mais renfermant tous les sortes de calamités.
prométhée refusa ce présent et exhorta
son frère de ne pas accepter un cadeau apporter en
son absence. Pandore revient, captivant Épiméthée
et lui donnant la boîte. Dès qu'il {ou
elle} l'eut ouverte, de sorte que les maux s'en échappèrent,
et dès qu'il eut compris que les présents
de Jupiter n'étaitent pas des présents, il
devint assurément un homme sage trop tard.»
Dora Panofsky et Erwin Panofsky
Traduit de l'anglais par Maud Sissung.
La boîte de Pandore, Hazan, Paris, 1990,
156 p.
ISBN : 2850252115 - EAN13 : 9782850252112
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