Le retour à la terre (4/4)

Posté par Bespin le 23 mars 2004 dans Biographie
Édité : 07 juillet 2009 19:27

Jacques Desrosiers Au fil des ans, Jacques Desrosiers est devenu un homme d'affaires redoutable, devant sa bonne fortune à la chance et à son insécurité incurable qui l'a toujours poussé à faire fructifier ses économies. Il est retourné à la terre paternelle et s'est mis à lotir le Domaine Desrosiers, une étendue de près d'un million de mètres carrés à Sainte-Lucie, au nord de Sainte-Adèle, qu'il avait acquis avant l'aventure Patof. 

« Depuis mes débuts, je n'avais pas eu le temps de faire de pauses, de faire le point, étant trop occupé par la volonté de réussir. Toute mon énergie était consacrée au métier, et chaque pas était orienté vers ce but. Ça n'a pas été facile de vivre si intensément, de parcourir un si long chemin et d'arrêter si radicalement! C'est une nouvelle adaptation qui ne se fait pas aussi facilement! Même en vivant à la campagne, je me pose encore des questions : "Moi, Jacques Desrosiers, qui voulais devenir comédien, j'ai travaillé, j'ai tout fait pour, j'ai sué, j'en ai bavé, puis je voulais une sécurité, de l'argent! Ensuite, il vient quoi?"1. »
« Je vois les saisons passer, les feuilles pousser, les feuilles tomber, les journées de pluie, les cieux ensoleillés, je fais quoi? Assis dans ma campagne, j'essaie de me retrouver, puis je m'ennuie du métier! C'était mon essence de vie! Suis-je comme Malakova qui avait de la difficulté à faire son triple saut? Est-ce que je vais le réussir moi, mon saut, de Patof à Desrosiers1? »

Comme comédien, Jacques Desrosiers a tenu des rôles dans les téléromans « Chère Isabelle » (TM, 1976-1977), « Chez Denise » (SRC, 1978-1982) et « Terre humaine  » (SRC, 1978-1984) ainsi que dans les dramatiques « Michel et François », de la série « Avec un grand A » (SRC, 1990) et « Scoop IV » (SRC, 1995). 

Au cinéma, il a joué dans les films « YUL 871  » (ONF, 1966) de Jacques Godbout, « C'est pas la faute à Jacques Cartier » (ONF, 1967) documentaire de Clément Perron et Georges Dufaux, « Après-ski » (1971) de Roger Cardinal, « Le Party » (1990) de Pierre Falardeau et « La Florida » (1993) de Michel Poulette

Il a joué au théâtre dans quelques comédies, dont « La muselière » (1991) et « Femme demandée  » (1995) au Théâtre des Variétés. 

Jacques Desrosiers est né le 8 juillet 1938 à Montréal, il a succombé à un cancer des os et des poumons le 11 juin 1996 après une courte maladie.


 
« Après tout, je ne suis qu'un artiste qui a seulement essayé de tirer son épingle du jeu. Quand on est en pleine gloire, le succès apporte l'argent, mais le succès est éphémère et souvent, la retraite de l'artiste est beaucoup plus longue. Le drame de ma vie, ça a été l'insécurité mais c'est elle, aujourd'hui, qui me permet de prendre le temps de vivre et de penser. Mon angoisse m'a fait peut-être rater de bien belles choses, de bons moments, mais c'est le prix que j'ai dû payer! Cependant, j'aime la vie, j'aime mon métier et je n'ai pas hâte d'en voir la... fin1. »



 


1. DESROSIERS, Jacques.  Jacques Desrosiers, Millionnaire. Boucherville, Les Éditions de Mortagne, 1981.



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