La sociobiologie

Sommes-nous des animaux ? Y a-t-il des ressemblances entre les comportements de nos frères animaux et les comportements humains ? Ces ressemblances ne le sont-elles qu'en apparence ou sont-elles dues au fait que nous partagions les mêmes gènes ? Et jusqu'à quel point les gènes sont-ils responsables du comportement chez l'espèce humaine ?

Dans les milieux intellectuels, ces questions soulèvent des débats passionnés. Un entomologiste, Edward O. Wilson, après avoir longuement étudié le comportement d'insectes sociaux, comme les fourmis, a tenté de faire une étude similaire chez l'animal social qu'est l'humain et a exposé ses conclusions dans son livre de 1975, Sociobiology, The New Synthesis *.

Ce livre a relancé le débat beaucoup plus vieux entre l'inné et l'acquis ou nature et culture.

Ici même, au Québec, en 1989, dans un groupe qui s'appelait la Libre Pensée Québécoise, a eu lieu un débat sur ce sujet qui a fini par faire éclater le groupe. Un des fondateurs du groupe, Jean Ouellette, avait écrit un texte qu'il souhaitait voir publié dans la revue du groupe. Le comité de lecture s'est opposé violemment et avec des arguments qui étaient peu fondés et peu rationnels. Ce texte a donc dormi dans les tiroirs de Jean depuis ce temps. Je vous le propose ici comme un bel exemple d'une approche sociobiologique scientifique.


Cliquez ici pour lire : Les origines de l'instinct amoureux, par Jean Ouellette


On dirait presque que les détracteurs de la sociobiologie forment une secte, tellement leur discours est émotif et peu rationnel. Mentionnons, entre autres, Pierre Thuilier (oublié) et Nadia Khouri** dont le livre « Le biologique et le social » est une critique totalement exagérée qui frise constamment la mauvaise foi et la démagogie.

Je n'ai rien contre le fait que des personnes soient contre la sociobiologie. Qu'on en discute, je suis d'accord, mais je veux comprendre pourquoi les détracteurs de la sociobiologie sont si rapides à envoyer cette théorie à la poubelle. Ils parlent comme s'ils étaient des experts en la matière, que c'était une cause entendue et réglée depuis longtemps.

On dit que les sociobiologistes sont des « anti-humanistes ». Mais qu'est-ce que cela a à voir ? Depuis quand une science est-elle jugée sur la base de son « humanisme » ? Est-ce que pi est humaniste ? Est-ce que E=MC2 est humaniste ? La bombe ne l'est pas mais l'équation, elle, est vraie ou fausse ; c'est tout. Si la sociobiologie est fausse, et elle l'est sûrement par-ci par-là comme toutes les théories nouvelles, alors j'attends qu'on me montre où.

Même Stephen Jay Gould ne semble pas capable de nous montrer ou démontrer les erreurs de la sociobiologie. Lui, comme tant d'autres, aime mieux agiter des épouvantails et faire peur au monde en les menaçant de perdre leur « libre arbitre ».

Dans toute science il y a un danger qu'il est bien difficile de percevoir. Einstein ne pouvait pas se douter de la bombe. Mais empêcher la science est tout aussi dangereux que d'en faire. Nous sommes piégés. Et dans tout ça le pauvre Wilson* et sa sociobiologie n'est pas plus dangereux que n'importe quel autre chercheur. Ce qu'il fait, c'est de la science. Ce sont ses détracteurs qui prétendent qu'il fait de la philosophie ou de la politique et ils ont tort.

Je le répète, c'est beau l'humanisme mais ça n'a rien à faire dans une discussion scientifique à propos de l'évolution, de la biologie et de l'étude des comportements.

Quand j'entends le concert de critiques contre la sociobiologie ou quand j'assiste aux envolées « humanistes » qui se déclenchent aussitôt qu'on parle de l'inné et de l'acquis, je me pose des questions. Qu'est-ce qui motive cette agressivité et ce rejet qu'on voit souvent à l'égard de la sociobiologie ? Venant de la part de croyants plus ou moins fondamentalistes, je le comprends très bien. Mais venant de personnes qui se disent par ailleurs athées, matérialistes et rationnels, ça me laisse songeur.

Le débat ressemble un peu à celui déclenché à la fin du 19e siècle par la publication des travaux de Darwin. Encore une fois il s'agit de pousser l'humain un peu plus loin du centre de l'univers et cela provoque de la résistance.

Pensons à cela, avant de courir nous joindre à la foule qui veut lyncher les méchants sociobiologistes.


 *  Wilson, Edward O. (le « père » de la sociobiologie), Sociobiology, The New Synthesis, Harvard University Press, 1975
**  Khouri, Nadia « Le biologique et le social », Le Préambule, 1990, Longueuil, Québec


La sociobiologie suscite encore de la controverse.
Le 23 juin 2005 une critique m'a été envoyée. Vous pouvez en lire le texte en cliquant ici :
Pour info, réponse envoyée à Pierre Cloutier, concernant la sociobiologie

J'ai tenté de répondre à ce texte sur un forum européen mais j'ai aussitôt essuyé une pluie d'injures.
Je crois que c'était totallement injustifié ne prétendant pas moi-même être un spécialiste dans le domaine. Ensuite la discussion s'est déplacée sur le Forum des Sceptiques du Québec où il est encore possible de la lire en faisant une recherche avec le mot-clef « Sociobiologie ».
Pour plus d'information à propos de la sociobiologie, voir le site Sociobiologie.com.
Vos seront les bienvenus.

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