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LE RÉVEIL

 

L'enfant peut parfois se réveiller pendant la sieste et, s'il ne voit rien d'inhabituel autour de lui et que rien ne le perturbe, il peut se rendormir aussitôt.  L'intermède passe alors inaperçu.  Toutefois, s'il reste éveillé et qu'il se met à pleurer, il signale alors un besoin et il est préférable de répondre à sa demande.  Il arrive que certains retrouvent eux-mêmes leur calme si on les laisse pleurer, mais d'autres se rendorment d'épuisement dans le tourment plutôt que dans la quiétude, ou crient encore plus fort jusqu'à ce qu'ils obtiennent ce qu'ils veulent : l'attention de l'adulte.

De plus, les pleurs d'un bébé ont un extraordinaire pouvoir sur l'entourage.  Ils peuvent être à l'origine d'une véritable réaction en chaîne.  Le premier qui pleure fait pleurer tous les autres et c'est parti pour le concert !  La situation peut devenir critique lorsque le nombre d'enfants est élevé.  Enfin, l'enfant ayant une plus grande capacité motrice pourrait essayer de grimper pour sortir de son lit si on le laisse pleurer trop longtemps, ce qui représente des dangers évidents.

Après la sieste, il y a des enfants qui sont frais et dispos dès le réveil et se précipitent sur les jeux de façon énergique et enjouée.  Par contre, la plupart vivent un moment de transition entre le sommeil et la vie active, leur réveil se fait progressivement.  Le passage du silence du dortoir et du lit douillet aux bruits de la salle de jeux est plus difficile pour ces enfants.  Un réveil brusque provoque des pleurs et de l'agitation, les rend nerveux et irritables.  Il est donc préférable de rendre ce moment le plus agréable possible en leur laissant le temps de bien se réveiller avant de les plonger dans l'activité.  S'ils possèdent un jouet ou un objet de réconfort, il est bon qu'ils puissent le retrouver facilement à leur réveil et on pourra les laisser un moment seuls dans leur lit avant de les amener avec le groupe s'ils le désirent.  Certains profitent souvent de ce moment pour explorer leur corps.

Il est tout à fait déconseillé de réveiller un enfant.  Son humeur en sera affectée; il fonctionnera moins bien tant qu'il ne sera pas vraiment remis d'un réveil provoqué.  S'il est trop fatigué, il lui faudra un surplus de câlins ou autres privilèges pour qu'il se sente prêt à affronter le monde.  Il refusera de manger si vous voulez trop le presser et il en sera de même si vous voulez le laver et l'habiller.  Il sera agité et pleurnichera.  Son attitude générale vous empêchera de vous consacrer aux autres enfants qui ont aussi besoin de vous.

Réveiller un enfant trop tôt est de plus néfaste pour sa santé mentale et physique.  En effet, le sommeil comporte deux phases pendant lesquelles le développement de l'enfant se continue de différentes façons : le sommeil profond et le sommeil agité, qui sont entrecoupés de moments de transition et qui alternent pendant toute la période où l'enfant dort.  Pendant la période agitée, l'enfant bouge, son sommeil est léger, entrecoupé de plusieurs réveils à la suite desquels il se rendort.  Si on prend l'enfant lorsqu'il est dans sa période agitée ou dans le court réveil qui précède le sommeil profond en pensant qu'il est réveillé, on nuit au développement de ses facultés de mémorisation et d'apprentissage, et on l'empêche de retomber dans un sommeil profond.  C'est pendant cette deuxième période que l'organisme récupère et sécrète l'hormone de croissance.  Un enfant qui se fait réveiller en plein sommeil profond ou qui ne peut dormir profondément pourrait avoir des retards de croissance.  En fait, réveiller un enfant avant la fin de son sommeil ne profite vraiment à personne.

Référence : Le bébé en garderie