"Oui, Père, je sais,
C'est sans votre accord que j'ai décidé d’imposer ma Volonté en tant que Prince sur un Domaine, mais vous approuveriez sans hésitation aujourd'hui de mes actes. Jamais une Métropole n'a semblé aussi radieuse que ce soir où j’y ai posé les pieds avec l’intention d’en devenir l’Éternel Gardien.
La Cité elle-même semble se ployer à mes désirs. Jamais son économie n’a-t-elle été aussi florissante et ses criminels ont l’instinct même de ne pas se faire remarquer de peur que la colère de la Ville ne s’abatte sur eux. Imaginez-vous, Ô mon Sire bien-aimé, que même les mièvres politiciens mortels imitent en écho mon ambition d’unir l’île en une seule grande Cité qui n’aura bientôt rien à envier aux plus belles « Urbs » de ce monde!
Bien entendu, rien de cela ne se fait facilement. Il faudra des sacrifices de ma part. Il faudra beaucoup de sacrifices de la part de mes Sujets. Je sais, vos conseils sont formels, et j’essaie tant bien que mal de les appliquer de mon mieux, mais il m’est difficile de restreindre à ce point les allées et venues des occupants légitimes de cette Cité, vous le comprendrez : la Cité leur appartient tout de même un peu. Un peu.
Sire, votre présence rassurante me manque particulièrement ce soir, et je me surprends à souhaiter une fois de plus que vous puissiez profiter de ces moments glorieux avec moi. Je suis ce soir terriblement désolé de vous avoir tué.
Dans l’attente de notre réunion en des lieux moins agréables,
Adam
Lettre d’Adam R.Douglas à Morgoth Bauglir, son Père."