Harel est tenace...

Il commence par accouche de Jeannine, une toune rocambolesque qui remporte un étonnant succès dans les bars et les hotels où on la donne sur fond d'orgue Hammond et de guitare fuzzee au maximum.

Ouis, dans une discothèque de St-Sauveur, Harel invente le fameux Câline de Blues. Un flash? Un hasard? Un mal-entendu? L'anecdote est croustillante... Alors que Gerry et les autres fignolent un blues, en attendant de faire le spectacle en soirée, Harel dans son coin griffone en écoutant Gerry chanter. Évidemment, Gerry improvise en anglais... Harel se laisse imprégner par les mots et, lentement, le THAT'S WHY, THAT'S WHY... de Gerry devient... L'AUT SOIR, L'AUT SOIR...

Gerry, qui sent bien que son texte colle mal au blues, lui demande: "As-tu une idée, Harel, t'as toujours une idée sur toutte, toi!" Pierre Harel se lève, lui tend sa curieuse "traduction" et Gerry (sceptique) finit par mordre dans ces paroles: la magie est instantannée, Câline de Blues. allait devenir l'une des chansons-culte du groupe et de toute une génération.

Voilà la trouvaille: les mots de taverne de la Main (le boulevard St-Laurent a Montréal) sur un hypnotique blue d'Amérique. Gerry, qui roule ses "RRR" sur la forte rythmique qu'assemblent Denis et Willie avec, en garniture, la troublante de Johnny.

Voilà Offenbach. A l'été 72, le groupe livre son premier microsillon, Offenbach Soap Opera. Des tounes superbes. Câline de Blues, bien sur, mais aussi Faut que j'me pousse, qui restera à jamais un grand classique; Bulldozer, pour le film de Harel; Moody calvaire Moody et quatre autres encore.

Curieux disque. Il ne marchera pas beaucoup, tournera peu à la radio. Un son trop nouveau des voix hurlantes, des rythmes durs, une garniture instrumentale échevelée pour un coin d'Amerique qui cherche encore son rock n' roll. En même temps, un petit quelque chose de trop léger dans le son: ici, personne n'a encore appris à travailler avec ce type de musique.

Fuck, comme ils disent...

< >
Conception de Musipix 2001