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Foi et Lumière | | |
La vocation de Foi et Lumière
Foi
et Lumière est un mouvement communautaire. Au coeur de ces communautés, se trouvent
des personnes ayant un handicap mental plus ou moins grave, enfants, adolescents ou adultes. Elles
sont entourées de leur famille et d’amis, particulièrement de jeunes.
Aux personnes ayant un handicap mental, Foi et Lumière donne la possibilité de reconnaître et
d’exercer leurs dons et de découvrir la joie de l’amitié.
Aux parents, Foi et Lumière apporte un soutien dans leur épreuve, leur permet de mieux
percevoir la beauté intérieure de leur enfant. Nombre d'entre eux deviennent, à leur tour, un point
d’appui et un relais pour d’autres parents écrasés par leur souffrance et les difficultés quotidiennes.
Les frères et soeurs des personnes handicapées sont appelés à reconnaître que la personne
handicapée peut être source de vie et d’unité: si elle a bousculé leur vie, elle peut aussi la
transformer, la transfigurer.
Les amis aussi comprennent grâce à la personne handicapée qu'il existe un autre univers que
celui de la compétition, de l‘argent et des plaisirs matériels: la personne faible et démunie sollicite
autour d’elle un monde de tendresse et de fidélité, d’écoute et de foi.
Les communautés ne sont pas des communautés de vie, mais des communautés dont les
membres se rencontrent à intervalles réguliers et créent entre eux des liens de plus en plus profonds
par le partage de leurs difficultés et de leur espérance, par
des
temps de fête, par la prière et
l’Eucharistie et (ou) d’autres célébrations religieuses. Ces communautés regroupent normalement
une trentaine de personnes.
I. Une communauté de rencontre
Chaque rencontre comporte un temps pour se retrouver, pour parler ensemble, s'écouter
mutuellement. L’essentiel est de tisser des relations personnelles, où l’on découvre les
souffrances et les dons de l’autre, où l’on apprend à le connaître par son nom. Le partage par
petits groupes permet à chacun de s'exprimer par la parole ou par d’autres formes de
communication (dessin, modelage, mimes, gestes...). Ainsi, on cherche à porter les fardeaux les
uns des autres, à s’encourager, à se soutenir mutuellement et à répondre aux besoins de
chacun. Par l’amitié faite de tendresse et de fidélité, on devient l’un pour l’autre signe de l’amour
de Dieu.
2. Une communauté de fête et de célébration
De l’amitié fidèle jaillit la joie qui caractérise la communauté Foi et Lumière. C’est Dieu qui nous
appelle ensemble et nous fait découvrir l’Alliance qui nous unit: nous ne sommes plus seuls. Les
rencontres sont marquées par des moments d’allégresse où l’on chante, où ‘on danse, où l’on
partage le même repas. De temps à autre, une journée de fête s’ouvre à des invités frappés de
découvrir les capacités de la personne ayant un handicap mental à créer cette ambiance de
joie. En effet, quand il s’agit de fête, la personne handicapée est souvent moins handicapée que
d’autres car elle n’est pas emprisonnée par des conventions, des soucis d’efficacité ou la peur
de l’opinion. Elle vit plus simplement dans l’instant présent: son humilité et sa transparence la
disposent naturellement à la réjouissance communautaire.
Mais en communauté, on ne peut oublier ceux qui sont en marge de la fête et sont enfermés
dans leur tristesse et dans leurs peurs. Ceux-là aussi ont leur place au coeur de Foi et Lumière: ils
doivent y recevoir une attention particulière pour que, progressivement, ils connaissent la joie du
coeur que Jésus est venu nous apporter.
3. Une communauté de prière
Jésus est venu annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Ils sont aimés du Père. Jésus donne
sa vie pour ses brebis. Il les nourrit de son Corps. C’est pour cela que la rencontre humaine et la
célébration trouvent leur aboutissement dans la prière, communion avec Dieu, dans l'Eucharistie
et (ou) dans d’autres célébrations religieuses.
4. Une communauté d’amitié et de fidélité
L’amitié s’approfondit quand on prend le temps d’être ensemble. Entre les rencontres, les
membres de la communauté aiment se retrouver par petits groupes ou simplement à deux ou
trois : ils disent leur vie, leurs peurs, leurs rêves, leur espérance... ; ils prient, se rendent service,
se détendent, partagent un repas ou d’autres activités qui nourrissent l’amitié: c’est le temps de
la «fidélité» appelé aussi le quatrième temps.
5. Une communauté d’enracinement et d'intégration
Les personnes ayant un handicap mental ont un rôle essentiel dans la communauté humaine, la
société et les Eglises. Pour pouvoir exercer leurs dons et progresser, elles ont besoin d’y être
intégrées et d’avoir l’occasion d’y participer, de donner et de recevoir. «Les membres du corps
qui sont tenus pour les plus faibles sont nécessaires; ce sont ceux-là mêmes que nous entourons
de plus d’honneur. » (I Cor 12, 22-23)
Le souci de Foi et Lumière est d’intégrer les communautés et leurs membres dans les activités
de la société et dans leurs Eglises, communautés chrétiennes, paroisses...
Cette vocation d’enracinement de chaque personne et de chaque communauté nous conduit à
découvrir aussi notre vocation et notre mission oecuménique.
Aujourd’hui des communautés sont enracinées dans différentes traditions chrétiennes:
catholique, orthodoxe, anglicane et protestantes. Le plus souvent, les communautés sont établies
dans une même Eglise. Quelques unes sont inter confessionnelles.
Les chrétiens de diverses confessions sont encouragés à approfondir leur foi et leur amour de
Jésus dans leur propre Eglise. Dans les rencontres de communauté, ils recherchent comment prier
ensemble comme frères et soeurs unis en Jésus Christ.
Tous sont appelés à découvrir et apprécier dans la joie les valeurs vraiment chrétiennes qui ont
leur source dans leur patrimoine commun.
Foi et Lumière croit que la personne faible et handicapée peut devenir source d’unité dans la
société et dans chaque Eglise et aussi entre les Eglises et entre les nations.
Dans les familles où il y a des querelles anciennes qui n’ont jamais pu s’apaiser, la réconciliation
s’opère souvent autour d’une épreuve. Les griefs sont oubliés, les rancoeurs tombent. La communion
dans la croix prépare la résurrection dans l’amour fraternel retrouvé. Ainsi peut il en être entre
chrétiens appartenant à différentes confessions qui se réunissent autour du plus petit, du rejeté, de
celui qui est parfois menacé dans sa vie même.
Le manque d’humilité, de simplicité de coeur, demeure un obstacle grave à la communion entre
tous les chrétiens. Les personnes ayant un handicap mental, par le rayonnement même de leur
pauvreté, peuvent introduire les chrétiens de confessions différentes dans la béatitude de la pauvreté
du coeur qui leur permet de retrouver l’Esprit de Dieu.
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